Chapitre I: Premier face à face.
Assis devant une table reconnaissable entre mille, June fixait chaque personne qui lui faisait face avec un intérêt certain. A travers son regard d’un bleu profond se lisait une ironie narquoise. Jamais il n’avait eu de considération pour quiconque et encore moins pour ses adversaires. S’ils étaient là, cela signifiait qu’ils connaissaient les risques à courir tout comme lui en ce moment même.
- Je me couche. Dit l’un d’eux.
Personne ne répliqua quoique ce soit, fixant simplement la personne qui venait de parler. C’était un homme de la cinquantaine, le crâne dégarni et le cigare en bouche.
- De toute façon, je crois que j’ai déjà perdu assez d’argent pour aujourd’hui. Continuez sans moi.
Sans un mot de plus, il se leva et quitta la table. Ils n’étaient à présent plus que trois à attendre que l’autre face un geste. Car oui, au Poker, tout n’était que question de stratégie et de chance.
June était sans nul doute celui qui pouvait au mieux se vanter de connaître les ficelles de ce jeu. Cela faisait maintenant plusieurs années qu’il y jouait et jamais encore il n’avait perdu une partie. Il était donc confiant. Ses deux derniers adversaires ne tiendraient pas bien longtemps. Entre une femme à l’allure sexy qui tentait par tous les moyens de tricher sans y parvenir et un jeune homme qui ne devait même pas être majeur, il n’y avait aucune raison pour lui de perdre.
La partie avait débuté en début de soirée, et plusieurs heures étaient passées, amenant avec elles la tombée de la nuit.
Voyant que personne ne semblait se décider à jouer, la seule femme présente perdit patience.
- Bien, puisqu’il en est ainsi, je me jette à l’eau ! S’exclama-t-elle avec apparemment une certitude en son jeu qu’elle jugeait infaillible.
Elle mit alors en jeu les derniers jetons qu’il lui restait.
June connaissait bien ce genre de personne qui jouait avec une confiance aveugle en leurs capacités. De véritables imbéciles qui pensaient qu’il était facile de berner les autres avec de petites stratégies minables. Il la regarda juste retourner ses cartes… Un full.
- Alors que dites-vous de cela, messieurs ?!
Il ne prit pas la peine de répondre. Il n’avait pas d’aussi bonnes cartes, mais il ne perdrait pas grand-chose.
- Bien, je crois que je peux déjà reprendre ce qui m’appartient !
D’un mouvement souple, elle se penchait déjà pour attirer les jetons de son côté, exposant par la même occasion son décolleté duquel débordait une poitrine volumineuse. Mais alors qu’elle pensait bien s’en sortir, une voix lui fit stopper tout mouvement.
- Attendez ! Je n’ai pas encore joué.
Le plus jeune d'entre eux qui gardait un visage fermé depuis le début, ne semblant vouloir laisser personne lire en lui ce qu’il avait en tête, retourna doucement ses cartes. Une expression d’horreur apparut brusquement sur le visage de cette femme plus arrogante que jamais.
- Une quinte flush ! Dit-elle sur un ton moqueur. Ne vous fichez pas de moi ! Comment un gamin pourrait-il avoir un aussi bon jeu ?!
- Madame, acceptez votre défaite sans faire de scandale, s’il vous plait.
Le croupier qui venait de parler et qui était présent depuis le début, observant le jeu sans faire de remarques, tentait de la calmer.
Pendant ce temps, le concerné restait silencieux, ne cherchant même pas à se défendre. June en profita pour mieux l’observer. Avec son teint pâle, ses grands yeux verts et ses cheveux bruns en bataille, il ressemblait énormément à un lycéen. Peut-être était-ce même le cas. Mais dans ce cas, que faisait-il ici à jouer contre un professionnel comme lui ? Et surtout, il n’avait pas l’air d’être majeur. Alors comment était-il parvenu à entrer dans un lieu tel que celui-ci ?
June revint brutalement à la réalité lorsque la voix de la femme se fit encore plus aigue qu’elle ne pouvait l’être.
- Ce gosse est un tricheur ! S’écria-t-elle en désignant le concerné.
Une fois de plus, celui-ci ne tenta rien pour se défendre de ses accusations. Le croupier fit alors appeler deux hommes qui obligèrent cette enragée à quitter la table.
Le calme revint finalement. Ils n’étaient plus que deux à se faire face. June se méfiait. Son vis-à-vis venait de prouver qu’il savait parfaitement manier les cartes. Parvenir à sortir une quinte flush était tout simplement plus que brillant face à un full.
Pourtant, après coup, le jeune homme qu’il avait sous les yeux semblait brusquement un peu plus stressé qu’en début de soirée. Un sourire se dessina sur ses lèvres. Etait-ce donc lui qui lui faisait ainsi peur ? Il l’aperçut alors jeter un coup d’œil à sa montre le plus discrètement possible.
- Messieurs, veuillez continuer cette partie, je vous prie.
Revenant tout deux à la réalité, ils s’échangèrent un regard, signe que la moindre faille dans le jeu de l’un ou de l’autre serait sans retour. Mais alors qu’il s’y attendait le moins, le brun prit une décision qui le surprit.
- je mise tout, dit-il.
C’était impensable. Il avait joué avec prudence tout au long de la soirée. June ne comprenait pas. Etait-ce son précédent jeu qui l’avait mis autant en confiance ?
- je vois ! Se moqua-t-il, saisissant alors l'occasion qui s'offrait à lui. Tu prends rapidement la grosse tête !
- Absolument pas. Je n’ai juste pas de temps à perdre. Je tiens à ce que cette partie se termine au plus vite.
June laissa un rictus apparaître au coin des ses lèvres.
- Très bien. Dans ce cas, je mise également tout.
Il devait bien se l’avouer. Oui, il trouvait le geste de son adversaire arrogant. Néanmoins, il aimait les gens qui savaient prendre des risques. Et à travers ce décor de casino, il sentait même une certaine fièvre le gagner. Qu’en serait-il du résultat ? Il ne lui restait qu’à jouer pour le savoir. Mais quoiqu’il en soit, gamin ou non, il ne comptait certainement pas le laisser gagner.
Les cartes distribuées, une atmosphère pesante s’installa presque immédiatement dans la pièce. Son vis-à-vis ne disait plus un mot. June le regarda un instant. Il semblait en pleine concentration bien qu’il ne pu lire aucune expression visible sur son visage.
Au bout d’un quart d’heure qui sembla durer une éternité, une ride se dessina finalement sur son front. Hésitant, il le vit brusquement relever la tête vers lui. Suite à cela, il retourna ses cartes sur la table.
- Carré d’as. Avez-vous mieux ?
June prit un air déçu, ce qui sembla encourager le jeune homme. Il le fit languir un moment avant de répondre.
- Je suis vraiment désolé que notre duel prenne fin maintenant, dit-il. J’aurais espéré qu’il dure un peu plus longtemps.
Sur ce, il posa à son tour ses cartes, les exposant aux yeux de tous.
- Quinte flush royale !
Aussitôt, il vit le visage de celui qui lui faisait toujours face se décomposer. Certes il s’était bien défendu, mais le jeu était le jeu. L’espace d’un instant, il cru qu’il allait se mettre à pleurer devant lui tant il affichait un air désespéré, mais il n’en fut rien.
Au contraire, il se releva d’une seule traite et tendit la main vers lui.
- Félicitations, vous avez gagné !
A cette main tendue, il fut d’abord surpris. Mais bien vite, il éclata d’un rire railleur sans aucune gêne.
- Désolé, mais je n’ai pas pour habitude de serrer la main des perdants. Je trouve la défaite bien trop repoussante pour m’en donner la peine. Comme il est si souvent dit, il vaut mieux laisser les minables avec leurs semblables !
Il sentit le plaisir l’envahir lorsque le garçon retira sa main pour lui lancer un regard de pur dégoût.
- Vous êtes d’une arrogance inqualifiable, dit-il en gardant toutefois son calme.
Toute autre personne aurait sans doute laissé exploser sa colère, mais en ce qui concernait cet inconnu, il semblait que rien ne pouvait l’atteindre. Etonnement, cette simple idée le poussa à continuer de le narguer.
- Que se passe-t-il ? Reprit-il avec ironie. Tu ne supportes pas de perdre ?
- Cela n’a rien n’à voir. Ce que je ne supporte pas, c’est votre comportement. Quel plaisir retirez-vous à mépriser les autres ?
Ce n’était pas la première fois que quelqu’un lui rétorquait cela. A chaque fois, l’envie d’en rire s’installait en lui comme un automatisme. Etait-ce la lassitude qui voulait cela ou bien la simple ironie d’observer toutes ces personnes sortir de leurs gongs et qui ne trouvaient jamais rien de bien original que ce genre de réplique pour se défendre ?
Pourtant, le garçon qui se tenait devant lui paraissait différent des autres. Pas un seul instant il n’avait flanché face à lui. Dès le moment où il s’était montré désagréable avec lui, il avait plongé son regard dans le sien avec franchise, lui tenant ainsi tête.
June s’approcha un peu plus près de lui. Il voulait prendre plaisir à le remettre à sa place. Il voulait lui faire comprendre qu’il n’était pas quelqu’un avec qui on pouvait prendre le risque de se montrer provocant.
Plus il approchait, plus il le voyait reculer. D’un pas plus large, l’homme se dressa furtivement de toute sa hauteur, faisant face au jeune homme. Il était bien plus grand que lui et il en tirait un avantage évident.
- Je vous prierai de bien vouloir garder vos distances. Je n’aime pas cette proximité.
Un ton poli alors qu’il se montrait menaçant. C’en était plus que risible.
- Pourquoi faire preuve de tant de manières ? Demanda-t-il.
Le garçon ne semblait pas emprunt à bien vouloir lui répondre. Alors, sans prévenir, June se pencha à sa hauteur afin de saisir son menton entre ses doigts et approcher son visage du sien.
- L’heure à laquelle les enfants doivent aller se coucher n’est-elle pas passée depuis longtemps maintenant ? C’est papa et maman qui risquent de ne pas être contents, dis-moi !
La réaction de son vis-à-vis ne se fit pas attendre bien longtemps. D’un geste vif, il le repoussa, jugeant certainement qu’il se faisait bien trop proche, et se recula le plus loin possible de lui.
A ce moment, June s’attendit à ce qu’il lui crache sa haine au visage, peut-être même qu’un geste malencontreux se perde, mais rien ne vint. Il ne tentait pas de se défendre davantage.
Au contraire de ce qu’il avait imaginé, il le vit continuer à reculer, jusqu’à ce que son dos heurte le mur et qu’il se laisse tomber à même le sol.
Le croupier qui avait assisté à la scène depuis le début en faisant preuve de discrétion préféra brusquement intervenir pour mettre fin à toute cette comédie. Le gosse qu’il avait sous les yeux s’était mis à trembler et il ne voulait pas avoir à gérer une situation imprévue.
- Messieurs, dit-il calmement. La partie est terminée. Veuillez tout deux à présent quitter le casino. Nous allons fermer.
A son plus grand soulagement, le plus âgé des deux se dirigea immédiatement vers la sortie sans se faire prier davantage. Toutefois, avant de partir pour de bon, il se retourna une dernière fois vers la forme qui se tenait lamentable assise par terre.
- Tu ferais vraiment mieux de mener la vie de tous les jeunes de ton âge, murmura-t-il d’une voix lasse. Ce que moi je ne supporte pas, ce sont les sales gamins qui se permettent de venir fréquenter ce genre d’endroit en pensant qu’ils pourront ensuite aller se vanter auprès de leurs petits camarades le lendemain d’avoir fait quelque chose hors du commun. La prochaine fois, tu y réfléchiras à deux fois avant de claquer toutes tes économies pour un simple caprice !
June ne vit pas le regard blessé en réaction à ses paroles. Il ne vit pas non plus avec quelle difficulté le jeune garçon se releva comme assommé par son attitude plus que mesquine. Non, sans doute vexé de ne pas avoir eu les réactions attendues à ses provocations, il préféra quitter ce lieu, déçu, empochant malgré tout l’argent qui lui était dû.
Depuis des années où il venait jouer au poker, c’était bien la première fois qu’il rencontrait quelqu’un d’aussi étrange que ce garçon. A 29 ans, il remarquait brusquement que les adolescents ne semblaient plus être ce qu’ils étaient auparavant. Depuis quand étaient-ils devenus si ennuyeux ?
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Environ dix minutes plus tard, traînant des pieds sur la route, un jeune homme ne cherchait même pas à se protéger de la pluie. Depuis quand pleuvait-il ? Il n’avait même pas senti les premières gouttes lui tomber dessus, inondant ses vêtements et le faisant frissonner de froid.
Comment avait-il pu perdre autant d’argent en une seule soirée ? Il avait pensé un moment que gagner au poker lui offrirait une chance de se faire beaucoup plus que ce qu’il avait déjà, mais il n’avait apparemment pas mesuré l’étendue de sa bêtise.
Déboussolé, Liam continua à marcher sans trop savoir où il allait. De toute façon, il préférait encore traîner dehors toute une nuit plutôt que de rentrer chez lui où il savait que ses parents devaient certainement l’attendre de pied ferme.
Décidément, il devait avoir un don pour accumuler les problèmes ces derniers temps.
De plus, comme si cela arrangeait quelque chose, il avait cours le lendemain et il ne se sentait même pas d’attaque à rester assis sur une chaise pour écouter ces profs qui pensaient qu’en préparant à l’avance leurs petits discours avec soin ou en nommant quelques références bien connues du monde des jeunes, ils parvenaient à attirer l’attention de ceux-ci. C’était tout simplement naïf.
Alors qu’il arrivait près d’un lac, Liam fut brusquement attiré par le reflet de la lune qui se reflétait sur sa surface tel un miroir, juste troublé par la pluie qui ne cessait toujours pas de tomber. Il se sentait épuisé. Epuisé physiquement comme épuisé de lutter à longueur de journées pour une bataille qu’il savait perdu d’avance. Après tout, il venait de perdre le peu d’argent qu’il était parvenu à économiser, en si peu de temps. Cela équivalait à perdre ses derniers espoirs.
La terre se faisait boueuse en certains endroits à cause de l’humidité, mais il n’en avait que faire. Il s’assit en bordure de l’eau. Il ne sentait pas le froid et tout était calme. Quelque part, cela suffisait à le rassurer.
Il repensa alors à cet homme qui ne s’était pas gêné pour le narguer. Il ne comprenait pas ce genre d’attitude. En plus de lui avoir pompé tout son fric, il trouvait encore le moyen de le provoquer. Dès l’instant où il était entré dans la pièce et qu’il s’était installé en face de lui, prêt à jouer, Liam avait bien remarqué ce regard insistant qu’il posait sur chacun de ses adversaires.
Toutefois, il devait bien le reconnaître. Ce qui l’avait particulièrement attiré chez celui-ci au premier coup d’œil était ce charisme qui émanait de lui. Il était particulièrement beau. Des cheveux noirs lui arrivant jusqu’aux épaules, un visage fin aux traits provocants, mais surtout un regard profond duquel découlait un sentiment de supériorité. C’en était presque troublant.
Réalisant brusquement qu’il venait de perdre son argent contre quelqu’un d’aussi détestable, le jeune homme se laissa tomber de tout son long sur le sol, se fichant complètement de la saleté qui s’incrustait dans ses vêtements. Après tout, lui-même se sentait déjà si pitoyable.
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Au volant de sa voiture, June maudissait cette pluie qui ne lui permettait pas d’avoir une vision de la route impeccable. De plus, il détestait conduire en pleine nuit. Jamais encore une partie de poker n’avait duré aussi longtemps. Mais il devait bien le reconnaître. Malgré son jeune âge, ce garçon était très doué. Dommage qu’il ait pris trop de risques lors de la dernière partie.
Néanmoins, il n’avait pas supporté de le voir se laisser insulté tout au long de la soirée sans réagir ou encore d’accepter de perdre avec autant de facilité. Il détestait les personnes qui s’avouaient rapidement vaincues et qui ne semblaient avoir aucune rage pour obtenir à tout prix ce qu’elles voulaient. Lui-même avait rapidement compris que lutter dans la vie était primordial si l’on ne voulait pas se laisser écraser par les autres. Depuis maintenant longtemps, c’était avec cet état d’esprit qu'il passait presque toutes ses soirées au casino, ruinant jusqu’au dernier sou ceux qui avaient le courage de le défier.
Sa réputation avait, de ce fait, rapidement été faite. Imbattable et méprisant. Jamais encore il n’avait perdu une seule partie de poker et c’était tout en son honneur, mais c’était également ce qui faisait la malchance de ses adversaires. Par-dessus tout, il ne se gênait pas un seul instant pour se vanter aux yeux de tous. Il était détesté et il le savait. Mais cela le faisait sourire plus que toute autre chose.
Plongé dans ses pensées, il ne s’attendit alors pas à voir surgir brusquement une voiture à toute vitesse dans le sens inverse. Freinant du mieux qu’il pu, il fut néanmoins obligé de donner un bref coup de volant sur le côté pour éviter que le chauffard ne lui rentre dedans. Ce qu’il n’avait pas prévu, ce fut les arbres qui se trouvaient sur sa droite. Ne pouvant les éviter, il ne pu alors que se préparer à les percuter. Le choc fut violent.
June qui avait fermé les yeux un instant finit par les rouvrir lentement. Il ne semblait pas être blessé. Quant à savoir l’état de sa voiture, c’était autre chose. Il parvint à sortir de celle-ci sans trop de mal. Il s’éloigna alors juste un peu pour voir ce qu’il en était, mais à peine avait-il fait quelques pas qu’il se mit à pester tout seul. Tout le côté avait pris.
- Ca va me coûter cher ! S’exclama-t-il tout haut même s'il savit que personne ne pourrait l’entendre.
Il devait bien se l’avouer, il s’était attendu à pire. Heureusement pour lui, il n’aurait sans doute aucun mal à redémarrer pour retourner jusque chez lui et aller dès que possible porter plainte pour délai de fuite. Si l’imbécile qui avait abîmé sa voiture comptait s’en sortir sans aucun problème, il se trompait totalement.
June s’apprêtait à reprendre la route. Mais tandis qu’il reprenait sa place de conducteur, quelque chose attira son attention.
Devant lui se dessinait un lac. Pourtant, ce n’était pas ce qui avait attiré le plus son regard. Non, il s’agissait plutôt un corps allongé sur le bord de celui-ci. Aussitôt, l’idée d’un cadavre abandonné là lui traversa l’esprit. Sa conscience lui indiquait de fuir, mais la curiosité l’emporta sur tout le reste.
Il ne lui fallut ainsi que quelque minutes pour arriver juste au-dessus du corps. Il se sentit alors soulagé en voyant qu’aucune trace de blessure n’était visible. La personne était apparemment toujours vivante et semblait juste s’être endormie. La poussant légèrement du pied, il tenta de la réveiller.
- Eh ! Tu vas mourir de froid si tu restes ici, et je ne m’en porterai pas responsable !
Aucune réaction. June s’accroupit alors, retournant l’endormi pour qu’il lui fasse face. Le sol sous lui était boueux tout autant qu’une partie du visage qu’il pouvait à présent voir. Quelle ne fut pas alors sa surprise en reconnaissant celui-ci.
- Dites-moi que je rêve ! Ironisa-t-il sur un ton détaché. Je crois que je n’ai jamais vu quelqu’un d’aussi lourd que toi en à peine quelques heures. Tu n’es vraiment qu’un petit con à ce que je vois !
Poussant un soupir, il n’eut aucun mal à reconnaître, malgré la pénombre de la nuit, celui qu’il avait ruiné quelques heures plus tôt.
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