Dimanche 1 février 2009

Partie 2

Sidned enroula ses bras autour de son corps, tenta de s’accorder au rythme des pas de Liam. Il marchait vite. Bien trop rapidement pour lui qui avait brusquement senti le froid s’insinuer sous ses vêtements. Sous le fin tissu de la chemise qu’on lui avait prêtée. Il fallait dire que ce n’était pas bien difficile lorsque l’on considérait avec quelle largeur elle reposait sur son corps fin. Sidned en avait presque les épaules découvertes. Mais ce serait trop que de me plaindre, se dit-il. Ce serait bien trop de protester alors que je souhaite quitter cet endroit au plus vite. Un frisson passa dans son dos et il ne pu s’empêcher de trembler. Liam se retourna sur lui comme par automatisme.

-         Est-ce que tu as froid ?

-         Un peu, répondit Sidned. Ce n’est pas ton cas ?

-         Non. Je ne sens pas le froid.

Sidned se dispensa de tout commentaire. Dès lors où il s’était finalement décidé à quitter les jardins pour espérer récupérer un peu de chaleur, Liam avait accepté de continuer à l’accompagner à travers le château. Car Sidned se savait de nouveau capable de se perdre. Il se savait doté d’un très mauvais sens de l’orientation, et par-dessus tout, il n’avait aucune envie de mettre des heures avant de retrouver Seth. Seth lui manquait. Sa présence lui était trop indispensable pour se passer de lui plus longtemps. Liam semblait le comprendre. Que demander de plus ?

Sidned envisagea les alentours, ne reconnaissant pas le décor. Il aurait pu poser la question à Liam. Il aurait pu lui demander où ils se trouvaient. Mais Liam était calme. Il parlait si peu que Sidned craignait de briser les longs moments de silence qui s’installaient irrémédiablement entre eux. Quelque part, il savait d’avance que ça aurait quelque chose de gênant. C’était comme quand Seth lui demandait de se taire. Il ne cherchait plus du tout à prononcer le moindre mot. Il se taisait afin de le laisser planer dans ce qui devait être un confort à son esprit. Mais Liam n’était pas Seth, et Sidned le comprit à l’instant suivant.

-         Pourquoi ne me poses-tu pas de question ? Dit-il. Pourquoi n’essayes-tu pas de parler ?

La réponse était simple.

-         Parce que c’est trop calme. Tu es trop calme…

-         Les silences sont faits pour être comblés.

-         Qu’est-ce que tu veux dire ?

-         Simplement que ça ne me dérangerait pas de t’entendre t’exprimer.

Le ton lent et les paroles de Liam étaient déstabilisants. Comme il se sentait dérouté ! Jamais il n’avait rencontré une personne aussi difficile à cerner. Rien ne semblait l’atteindre. Aucun tracas ne semblait l’effleurer. Liam était si détendu et étrange que Sidned ne savait plus comment se comporter avec lui. L’avait-il déjà su ? En tout cas, il ne cessait plus de se demander s’il devait parler ou se taire. Il n’osait pas le questionner sur quoi que ce soit. Il ne s’autorisait simplement pas un comportement normal en sa présence. C’était frustrant de constater à quel point il pouvait se sentir mal à l’aise. Pour tout dire, il avait juste espéré que Liam daigne bien vouloir s’adresser à lui en premier. Pour qu’il n’ait pas à le faire de lui-même. Ca n’avait malheureusement pas été le cas.

Sidned allait alors tenter de dire quelque chose lorsqu’ils s’arrêtèrent devant une porte. En l’espace d’une fraction de seconde, c’était comme si le temps venait de s’arrêter. Comme si Liam venait de prendre ses distances avec lui. Encore une fois. Pourquoi faut-il qu’il se rétracte aussi facilement ? Pourquoi maintenant ? Pourquoi absolument au moment où je m’apprête à parler ? Ca m’énerve. Il m’énerve. Ce n’est qu’un étranger, et il possède sans doute tout ce que je déteste chez quelqu’un. Et pourtant, je ne parviens même pas à lui en vouloir. Je ne suis pas assez méchant pour ça. Je ne possède pas la force de caractère de Seth. Mais Liam était de nouveau lointain.

-         Je ne compte pas aller plus loin, dit-il comme pour confirmer ses doutes. Tu devras passer cette porte sans moi.

C’était comme s’il lui annonçait un terrible danger. Sidned ne s’en sentit que plus déstabilisé. Son mal de crâne lui indiquait bien qu’il y avait une ou plusieurs personnes derrière cette porte. Il espérait bien entendu y retrouver Seth. Mais il ne comprenait pas Liam. Pourquoi ne pas entrer avec lui ? Même si Seth pouvait s’avérer dangereux, Sidned ne le voyait pas commettre quoi que ce soit d’inconsidéré. Pas en présence de plusieurs personnes. Plusieurs témoins. Il était intelligent. Sidned se le rappelait chaque jour, chaque matin, de son existence. Parfois même avant de s’endormir. Ca lui donnait ainsi la confirmation que Seth serait capable de le retrouver s’il lui arrivait de se perdre au sein de ses cauchemars les plus terribles. Mais là n’était pas le problème.

-         Pourquoi ne désires-tu pas entrer toi aussi ?

-         Je n’en ai pas envie.

-         Mais pourquoi ?

-         Tu n’as pas besoin de le savoir.

Sidned se mordit la lèvre inférieure en prenant conscience que Liam n’était définitivement pas disposé à le suivre comme à lui donner la moindre explication. Il aurait dû s’y tenir. Se contenter d’un simple refus. Mais pour ne pas changer, Sidned aimait à connaître les raisons de n’importe quel choix qui s’opposait à sa volonté, si infime soit-elle. En l’occurrence, il voulait connaître les raisons de Liam. Aujourd’hui, c’était Liam qui le forçait à devenir un peu curieux. A croire que Seth déteignait sur lui à force de le côtoyer. Sidned ne se gêna en tout cas pas pour insister.

-         J’ai envie de savoir, dit-il.

-         Et je n’ai pas envie de te le dire.

-         Pourquoi ?

Sidned avait conscience que ça faisait beaucoup de Pourquoi en peu de temps. Il n’aurait jamais osé user de cette méthode avec Seth. Pas plus avec Virgil. Toutefois, son esprit lui disait que Liam n’était pas comme eux. Aussi étrange semblait-il être, il ne lui ferait pas de mal. Liam ne le blesserait pas d’une quelconque manière. D’ailleurs, sa réponse n’évoqua à Sidned qu’un doux murmure. Aussi léger et glacial qu’une brise en cette période d’automne.

-         Tu poses trop de questions. Je crois te l’avoir déjà dit, il y a des choses qui ne te regardent pas.

-         Pas même celle-ci ?

-         Non. Pas même celle-ci.

-         Il m’est difficile de saisir la logique avec laquelle tu fonctionnes, Liam.

Liam fut déstabilisé en entendant Sidned prononcer son prénom. Ce n’était pas la première fois. Et Sidned ne savait pas avec quelle volonté il s’était permis de le formuler de nouveau. Seth lui disait souvent que prononcer le prénom de quelqu’un signifiait qu’on lui prêtait une attention toute particulière. Qu’importe la situation. Qu’importe sa consonance. Pour le coup, Sidned commençait à comprendre. Il comprenait que ce que Seth voulait en réalité dire, c’était que l’on pouvait se montrer intime sans toutefois l’être. Juste par le biais d’une simple appellation.

-         J’en suis désolé, répondit Liam. Peut-être ai-je eu tort de me montrer un peu trop prévoyant à ton égard.

Ce n’était pas qu’une question de prévoyance ou de sympathie parce qu’il avait eu l’honnêteté de le mettre en garde contre l’éventuel danger de ce château. Sidned connaissait déjà les risques de toute façon. Bien avant qu’il n’en soit averti. Il haussa à demi les épaules. Pas comme l’aurait fait Seth. Plutôt comme il lui arrivait de le faire avec ce sens de la naïveté et de l’abandon qui lui étaient propres. C’était dans son caractère, et on ne l’en changerait pas.

-         Ce n’est pas une question de prévoyance, expliqua-t-il. J’aurais sans doute juste espéré que tu me suives jusqu’au bout.

-         Je ne t’ai pas suivi. Juste indiqué le chemin.

-         D’accord, tu m’as juste indiqué le chemin. Mais pourquoi ne pas le terminer jusqu’au bout ?

-         Il est terminé.

-         Non, il ne le sera que lorsque j’aurais franchi cette porte.

-         Ce n’est qu’un détail.

-         Certains détails peuvent faire toute la différence.

-         Aucun détail n’a d’importance pour moi. Je ne ressens pas ce qui est essentiel.

Tu ne sembles visiblement rien ressentir. Sidned aurait voulu trouver l’argument qui aurait fait tomber cette barrière infranchissable que Liam s’obstinait à dresser entre eux. Mais Liam semblait déterminé à ne pas flancher de si tôt. Il gardait indéfiniment cette distance incompréhensive pour Sidned.

-         Est-ce que tu en as assez de me tenir compagnie ?

-         Je ne t’ai pas tenu compagnie.

-         Je sais. Tu m’as juste indiqué le bon chemin. Alors c’est cette pièce que tu n’apprécies pas ?

-         Ca n’aurait pas de sens.

Sidned réfléchit quelques secondes à la situation. Il observa Liam durant un long moment et opta finalement pour une raison tout autre.

-         Et s’il y avait une personne que tu ne pouvais pas considérer derrière cette porte, ça pourrait tout changer.

Liam ouvrit un peu plus grand les yeux. Lui prêta plus d’attention.

-         C’est ça ? Questionna Sidned.

-         Non.

-         J’ai raison, n’est-ce pas ?

-         Tu as tort.

Sidned jugea l’attitude de Liam comme brusquement moins menaçante. Vraiment, il ne parvenait plus à l’imaginer en train de lui faire du mal. C’était comme si Liam venait de balayer toute menace d’un seul coup. Comme si Sidned l’avait d’abord jugé trop rapidement. Si Sidned venait à raconter à Seth qu’il l’avait saisi par la gorge lorsqu’il était venu à lui la toute première fois, Seth ne le croirait pas. Seth distinguerait ce que lui-même avait mis plusieurs heures à voir. Mais Sidned s’apercevait qu’il y avait peut-être une question qu’il aurait dû poser à Liam depuis le début.

-         Quel âge as-tu ? De ça, tu ne vas quand même pas en faire un secret ?

-         Seize ans.

Comme il l’avait pressenti, Liam était jeune. Très jeune, et plus mâture qu’il n’était possible de l’imaginer à cet âge. Finalement peut-être plus mature que lui-même ne le serait jamais. Car Sidned savait que le peu de précocité qu’il possédait lui venait de Seth. Seth lui avait appris pratiquement tout ce qu’il savait ou devait en tout cas savoir sur lui-même comme sur les autres. La seule autonomie que possédait alors Sidned était cette communication avec l’au-delà qui n’appartenait qu’à lui. Ce don qui lui était inné et qu’il travaillait sans aucune aide. Par ses seuls moyens. Et quels moyens ! La plupart du temps, c’était sa tête qui souffrait de maux considérables.

Sidned chassa immédiatement ces pensées de sa mémoire. Il décida qu’il était temps d’accélérer le mouvement. Liam comme lui n’allaient pas rester plantés au même endroit indéfiniment. Ce n’était pas possible. A ce rythme, Sidned ne reverrait pas Seth de si tôt. Alors, dans un geste lent, il posa une main sur la poignée de la porte sans pour autant ouvrir cette dernière. Liam s’intéressa à peine à son geste.

-         Tu comptes finalement entrer ? Demanda-t-il d’une voix éteinte.

-         Oui. Mais j’aurais espéré que tu reviennes sur ta décision.

-         Je ne comprends pas pourquoi tu tiens tellement à ce que je vienne avec toi. Est-ce que tu aurais peur ?

En réalité, je suis le plus grand trouillard que cette terre ait pu porter.

-         Je n’ai pas peur.

Il devait déjà l’avoir dit précédemment. Il ne se souvenait pas quand il l’avait dit, mais il l’avait bien dit. Il avait déjà bien menti. Car en réalité, Sidned ne voyait pas qui d’autre que Seth ou Virgil se trouvait derrière la porte. A moins qu’il n’y ait d’autres hôtes imprévus, Sidned ne doutait pas de cette perspective. Et l’un comme l’autre, ils avaient quelque chose d’effrayant. Même s’il était habitué au tempérament de Seth, Sidned ne voulait pas l’affronter seul après son absence le reste de la nuit. Il ne voulait pas l’entendre lui dire quel petit frère pitoyable il faisait.

Finalement, lorsqu’il vit Liam lui jeter un dernier regard pour ensuite lui tourner le dos, il abandonna. Il ne chercha pas non plus à le retenir lorsqu’il fit quelques pas dans le but de s’en aller. On ne forçait pas les gens à se plier à votre volonté. Pire, on ne les forçait pas à assumer le fait que vous puissiez vous servir d’eux. C’était tout juste intolérable de se le dire. Sidned en abandonna même l’idée. Il aurait au moins essayé.

Respirant un bon coup, il se décida à affronter ce qui l’attendait de face. Avec un minimum de courage. Ce n’était pas la première fois qu’il craignait la colère de quelqu’un, ce ne serait pas non plus la dernière. Sa main abaissa d’elle-même la poignée dans un grincement sonore. Et la porte s’ouvrit. Elle s’ouvrit sur cette grande pièce faite de richesse que Sidned avait déjà eu l’occasion d’admirer. Cette fois, il était entré par la seconde porte, mais cela n’empêcha pas tous les regards de se poser sur lui. Ou du moins, de sentir Seth comme Virgil le dévisager avec cette expression qui se voulait de le prévenir qu’il mettait les pieds en un lieu où il n’avait peut-être pas été attendu à ce moment précis. Lequel devait-il le plus craindre ? Sidned se le demandait. Cependant, Virgil le coupa rapidement dans sa brève réflexion.

-         Sidned, s’exclama-t-il sur un ton douceâtre, nous ne nous attendions certainement pas à vous voir apparaître dans cette pièce aussi soudainement. D’où venez-vous ?

-         Je m’étais perdu.

-         Je n’en suis pas surpris. Le château est grand. Heureusement, vous semblez avoir retrouvé la bonne direction. Venez donc vous asseoir avec nous.

Virgil fit un geste de la main que Sidned identifia comme de banal à la vue de ces yeux qui l’observaient sans grand intérêt. Sidned revint sur son avis de cette nuit. Il n’était pas intéressant pour Virgil. Il n’était pas la principale attraction en ces lieux. Dans ce cas, était-ce Seth ? Etait-ce toujours Seth qui le fascinait au plus haut point ? Quoiqu’il en soit, il prit place à la table. Non loin de Seth, mais assez près au cas où cela s’avèrerait nécessaire. En passant, il pu remarquer l’indifférence avec laquelle le fixait son frère. Une indifférence surmontée d’un sourire en coin. D’un sourire carnassier. Sidned tressaillit. Que va-t-il me faire ? Se demanda-t-il. Quel sort me réserve-t-il ? Mais Seth ne ferait rien dans l’immédiat, il le savait.

-         Prendrez-vous du café ? Lui demanda Virgil.

Il s’efforça de revenir à l’instant présent.

-         Non, merci.

-         Oh, vraiment ? Rassurez-moi et dites-moi que ce n’est pas parce que vous me tenez en méfiance comme votre frère l’a déjà fait.

Sidned se tourna vers Seth, ne comprenant que très vaguement. Seth haussa simplement les épaules et adressa un sourire cruel à Virgil.

-         En réalité, Sidned déteste le café. Il ne boit que du chocolat chaud. Il ne faut pas qu’il soit trop épais, mais en revanche, il peut parfaitement être sucré avec exagération.

-         Vous semblez parfaitement connaître ses goûts, affirma Virgil.

-         C’est uniquement parce qu’il s’agit de mon cher frère.

Les mots sonnaient si mal dans la bouche de Seth que Sidned comprit tout de suite avec quel plaisir il tentait de le mettre mal à l’aise. Sidned était tellement habitué à ce qu’il se joue de lui qu’il n’aurait su dire s’il était réellement en colère ou non. Après tout, il était destiné à n’être que le bouffon de Seth. Un souffre-douleur que l’on venait sans aucune forme et manière de placer à l’arrière-plan. Sidned s’en contenterait. Pour ne pas changer. Il n’avait pas sa place dans la joute qui confrontait Seth et Virgil l’un à l’autre.

Contre toute attente, on lui servit un chocolat chaud sous les ordres de Virgil. Sidned n’avait une fois de plus pas eu son mot à dire, et il ne pu que le remercier de cette attention. Attention qu’il savait n’être qu’une vulgaire technique pour le charmer et le faire tomber dans un piège qui se refermerait bien vite sur lui. Jusqu’à l’étouffer. Jusqu’à le torturer. Tel un oiseau auquel on aurait coupé les ailes. C’était une particularité chez Virgil qui ne lui avait pas échappée. Seth l’avait-il également remarqué ? Sidned n’en doutait pas.

Lorsque le jeune homme avala une gorgée de chocolat, il sentit le liquide lui brûler la gorge et lui amener les larmes aux yeux. C’était dans ces moments qu’il se disait qu’il était bon d’être vivant.

-         Vous semblez en apprécier la saveur, commenta Virgil. Est-ce que cela vous plaît ?

-         Oui, merci beaucoup.

-         Vous m’en voyez ravi. Le chocolat que vous buvez a tout droit été exporté des caraïbes les plus profondes. Je ne me contente sans cesse que de ce qui se fait de mieux. N’êtes-vous pas de mon avis, Sidned ? Ce chocolat n’est-il pas un délice ?

-         Je me serais parfaitement contenté d’un simple chocolat de la région.

-         Là, je dois avouer que vous me choquez quelque peu.

L’attitude de Virgil laissait pourtant entendre tout le contraire. Il n’était en rien vexé. Tout n’était que comédie. Chacun de ses mots. Chacun de ses gestes. Sidned aurait espéré qu’il se serait contenté de peu pour l’ennuyer, mais Virgil paraissait être bien plus emprunt à s’amuser qu’il ne l’aurait imaginé. Virgil était sournois.

-         J’ai ouï dire que vous aviez été victime d’un malaise au cours de la nuit. Vous sentez-vous mieux à présent ?

Sidned s’en sentit légèrement honteux. Il fit tout pour ne pas croiser le regard de Seth, mais il ne chercha pas pour autant à fuir celui de Virgil.

-         Je vais bien, répondit-il.

-         Très bien. Surtout, n’hésitez pas à me faire savoir que vous vous sentez de nouveau mal si cela devait survenir.

-         Ce ne sera pas le cas.

On ne pouvait plus affirmatif. Cependant, Seth reprit la parole par-dessus. Sidned appréhendait la suite des évènements.

-         Vous le mettez mal à l’aise, Virgil ! S’exclama-t-il dans un éclat de rire moqueur. Laissez-le donc un peu tranquille !

-         Vous avez raison. Pardonnez-moi.

Virgil se joignit à son rire. La moquerie, ce fut tout ce que cela inspira à Sidned. La moquerie de Seth jointe à celle de Virgil. Pouvait-ce être pire ? Non. Bien sûr que non. Il y avait un moment maintenant que Seth ne s’était pas fendu de ses mesquineries par rapport à lui. Sidned ne savait s’il devait s’en sentir soulagé ou pas. En tout cas, Seth continuait de s’intéresser à lui. Même si c’était dans un but peu jouissif pour tous.

Le rire de Virgil s’arrêta en premier, et Sidned pu sentir qu’il avait apprécié ce court échange d’émotions. Car il s’agissait bien d’émotions, même si elles étaient dérangeantes en un sens. Parfois, un rire était bien plus communicatif qu’un long récit.

-         Je n’avais plus ri depuis longtemps, avoua-t-il. Ca fait un bien fou. Par contre, si vous le permettez, j’aimerais me retirer pour un certain temps. J’ai certaines choses à régler. Rien de bien important mais qui ne peut toutefois attendre. Et puis, je ne crois pas me tromper en affirmant que vous avez sans doute besoin de parler entre frères. N’est-ce pas, Seth ? Même si ce n’est que pour quelques heures, Sidned a dû terriblement vous manquer. Vous semblez si liés.

Seth resta égal à lui-même.

-         Nous avons forcément tous des liens étroits avec une personne en particulier. Vous comprenez, Virgil ?

-         Mais absolument, mon cher Seth.

Par Azalea - Publié dans : Nuits éternelles - Communauté : Lawful Drug
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