Dimanche 23 novembre 2008

Partie 2

 

Il l’entendait hurler. Il l’entendait hurler, mais il ne pouvait pas agir. Il ne pouvait rien faire pour elle. Il ne pouvait rien faire pour cette jeune femme qui gisait sur le sol. Elle était mal en point, il le savait. Elle était recroquevillée sur le sol. Sur l’un de ses côtés. Avait-elle seulement remarqué la tâche sombre qui s’agrandissait sous son oreille ? Avait-elle remarqué cette couleur rouge qui s’imprégnait peu à peu sur ses vêtements ? Etait-ce pour cela qu’elle hurlait ? Etait-ce la raison qui faisait qu’elle l’appelait à l’aide ? Car même si Sidned ne pouvait pas convenablement entendre ce qu’elle disait, il savait qu’elle le priait d’intervenir. Elle ne souhaitait pas mourir. Aucune personne censée ne voulait mourir. Il se décida enfin à l’approcher. Faisant un pas devant l’autre. Sans craindre ce qu’il pourrait voir. Sans se méfier. Quand il arriva à sa hauteur, il pu juste constater que plusieurs de ses os devaient être fracturés. Il pu voir combien elle saignait de plusieurs blessures. Mais par-dessus tout, il eut l’horrible vision de son crâne fendu à même le sol. Le sang y était si épais qu’il s’avérait difficile, voire impossible de faire la différence entre le carrelage et sa tête. Ce qui choqua néanmoins davantage Sidned, ce n’était pas son état. Non, ce qui le choqua au-delà de tout ça, c’était que Roxane attendait de lui un miracle. Les yeux vitreux de Roxane le fixaient en le suppliant de l’aider. De ne pas la laisser mourir.

 

Sidned se réveilla brutalement. Il inspira profondément une goulée d’air comme s’il avait cessé de respirer durant trop longtemps. Durant tout le temps où il avait été en contact avec le cadavre de Roxane. C’était bien le mot pour décrire l’état dans lequel elle se trouvait lorsqu’il l’avait vu. Etait-ce Seth qui lui avait ça ? Etait-ce une vision de la réalité qu’il avait pu entrevoir ? Sidned se le demandait sincèrement. Terrifié par cette idée, il se força à reprendre ses esprits pour ensuite tourner la tête du côté de Seth. Seth le regardait. Seth ne le quittait pas des yeux. Il souriait. De son habituel sourire moqueur. Sidned détestait ce sourire. Cependant, il lui permit de revenir complètement à la réalité. Seth le remarqua.

-         Ca y est, tu es de retour parmi les vivants ? Dit-il.

-         Je crois.

-         Tu crois ? Ce que tu es drôle, Sidned !

Seth rie sans prévenir. D’un rire discret. Comme un malade mental l’aurait fait. Comme si tout était normal. Or, rien n’était normal. L’attitude de Seth n’était pas normale. Le songe duquel il sortait n’était pas normal. Pas plus que ce voyage. Pas plus que sa présence dans cette voiture. Mais Sidned s’y accommodait. Il s’accommodait toujours de tout. Pour ne pas changer, il ignora juste la façon dont Seth le narguait pour directement lui faire part de ses pensées les plus macabres. De sa pensée la plus macabre. Encore maintenant, il ne parvenait pas à s’en défaire.

-         J’ai vu Roxane, parvint-il à articuler. Elle était aux portes de la mort. Elle me suppliait de l’aider.

Il observa un instant les traits de Seth. Espérant qu’ils changeraient peut-être du tout au tout. Espérant que Seth ressentirait quelque chose. Seul un rictus se dessina au coin de ses lèvres. Un rictus des plus mauvais. Sidned comprit que cette nouvelle ne semblait pas l’affecter plus qu’il ne l’aurait voulu. C’était comme s’il était imperméable à ce qu’il venait de dire. Comme si Roxane n’était plus morte. Comme s’il ne l’avait jamais tuée. Ou plutôt comme s’il était déjà passé à autre chose. Il n’y avait plus que leur fuite à deux qui restait témoin des derniers évènements. Seth s’humidifia les lèvres.

-         Le spectacle était-il à ton goût ? Demanda-t-il.

Sidned aurait bien eu envie de le gifler si seulement il n’y avait pas cette peur continuelle qui le retenait de faire un quelconque geste de trop envers Seth. Il se demandait parfois s’il parviendrait un jour à dépasser ses propres frayeurs. Celles liées à ses cauchemars. A ses cauchemars et à ses visions. Mais aujourd’hui, il se trouvait déjà bien assez courageux pour ne pas commencer à se faire des reproches personnels. Aujourd’hui, il osait parler plus ou moins franchement avec Seth. Bien qu’il surveillait toujours ses propos de très près.

-         Il était abominable, répondit-il sans faire preuve d’hésitation. Qu’est-ce que tu lui as fait pour qu’elle soit dans cet état ? Quel type d’arme as-tu bien pu utiliser pour qu’elle soit à ce point mutilée ?

Seth eut un léger sourire.

-         Aucune. Je n’ai pas utilisé d’armes.

-         Tu veux dire que…

-         Oui. Tu as bien compris. Je l’ai tué de mes propres mains. Comme tout homme pourrait le faire. Est-ce que tu sais ce que l’on ressent lorsqu’on entend un être fait de chair et de sang comme vous hurler pour qu’on le laisse en vie ? Est-ce que tu sais quelles sensations se propagent dans tout le corps, dans tout le cerveau, quand on s’apprête à tuer par pure vengeance ? C’est comme l’adrénaline. Ca forme un plaisir intense. Et on ne peut plus s’arrêter.

-         Arrête ça, Seth. Tais-toi. Je ne veux pas en savoir plus.

Sidned se surprit à poser ses mains sur ses oreilles. Par réflexe. Par pure réflexe. Car entendre Seth déblatérer un tel discours sur le meurtre qu’il avait commis était impitoyablement douloureux. Réaliser qu’en plus de la vengeance, il y avait eu un plaisir certain à toute cette boucherie le laissait perplexe. Seth pouvait être cruel. Seth pouvait prendre un malin plaisir à blesser. A faire mal autour de lui. Mais pour le coup, Sidned ne reconnaissait même plus celui qui avait jadis été son frère.

-         Je n’aurais jamais pensé que tu puisses être aussi corrompu.

-         Est-ce que tu penses vraiment qu’il faut être corrompu pour tuer ?

-         Oui. Enfin non… Je ne sais plus.

Ne surtout pas lui dire qu’il lui faisait peur. Ne pas lui dire. Il le savait déjà. Mais il profiterait de cette nouvelle faiblesse. Il en profiterait pour jouer avec ses nerfs. D’abord lentement. Puis il ajouterait couche sur couche. Jusqu’à le faire céder. Jusqu’à le faire craquer. Sidned décida d’ôter ses mains de ses oreilles et de se redresser sur son siège.

-         Pourquoi as-tu fait ça, Seth ? Je ne te parle pas seulement de vengeance. Je veux juste savoir ce qui a pu te pousser à franchir le pas. A avoir un tel geste. A devenir si brutal.

Sidned sentit la voiture partir sur la droite pour la seconde fois de la journée. Se garer. Le moteur se couper. Et inconsciemment, il ne pu s’empêcher de trembler. Il était si terrorisé qu’il n’osa même pas regarder autour de lui. Il fixait juste Seth. Craignant ce qu’il pourrait faire. Ce qu’il pourrait lui faire. A la place de tout ce qu’il imaginait déjà, il se retourna sur lui. Ancra ses yeux dans les siens. Avec cette lueur déterminée. Ce quelque chose qui se voulait de dire qu’il avait déjà longuement réfléchi sur ce qu’il s’apprêtait à dire.

-         Parce que c’est dans la nature de l’homme, finit-il par lui annoncer. Et parce que je ne peux pas lutter contre une telle nature.

-         La nature de l’homme ? Répéta Sidned d’une voix grave. Mais je ne suis pas comme toi, moi. Je ne pourrais jamais tuer. L’idée même me révulse.

-         Tu le pourrais, Sidned. Tout le monde le pourrait.

-         Non, je ne le pourrais pas.

-         Même pour sauver ta vie ?

-         Je te répète qu’il me serait impossible de tuer.

-         Et pour protéger une personne chère ?

-         Seth…

Il se sentait brusquement piqué au vif. Il n’avait jamais pensé à ce genre de choses. Au fait que l’on pouvait tuer pour protéger quelqu’un. Il n’avait même jamais envisagé cette possibilité. Sidned était convaincu qu’il était impossible de se prononcer là-dessus sans être directement impliqué. Tout devait aller tellement vite. Tout devait être totalement imprévisible. Il s’efforça de revenir à la réalité.

-         Dans ta situation, ce n’était pas pour protéger Roxane que tu l’as tuée.

-         Non. Tu as raison. C’était pour la garder.

-         Tu vas me faire croire au meurtre passionnel ?

-         Ce n’est pas mon intention. Je n’ai d’ailleurs aucunement l’intention de me suicider pour aller la rejoindre. Ce qui est fait est fait. Je n’éprouve même pas de regrets.

Sidned resta un instant sonné par cette révélation. Tuer était une chose. Ne pas avoir de regrets en était une autre. Seth lui apparaissait de plus en plus comme insensible. Cependant, il y avait un détail qu’il voulait savoir. Un détail essentiel à ses yeux.

-         Quand ? Quand l’as-tu tuée ?

-         Tu veux savoir si tu aurais pu ressentir sa mort ? Se moqua son frère.

Il ne pu que l’admettre.

-         Oui.

-         Tu aurais pu, lui confirma Seth. Si seulement tu n’étais pas en train de dormir.

-         Tu veux dire que ça s’est passé dans la maison ? Dans notre maison ? Dans la maison de nos parents ?

-         Tu as bien compris.

-         Comment as-tu… Je croyais qu’elle comptait aussi pour toi.

Sidned avait brusquement envie de laisser ses larmes couler. Il les sentait très proches. Mais il parvint à se retenir. Il avait déjà pleuré la veille. Il n’allait pas remettre ça une seconde fois. D’autant plus que Seth continuait à le fixer. Il devait deviner sans mal sa tristesse. Et quelle tristesse. Celle de se souvenir qu’ils avaient lutté pour ne pas être obligés d’intégrer un orphelinat ou une famille d’accueil. Il ne savait comment, mais Seth était parvenu à faire en sorte qu’ils continuent à vivre dans la maison de leur enfance jusqu’à ce qu’ils atteignent l’âge majeur et qu’il n’y ait plus aucun obstacle à cela. Seth était encore jeune. Mais Seth était intelligent. Très intelligent. Déjà à l’époque. Sidned n’avait aucun mal à s’en souvenir.

-         Qu’est-ce qui te perturbe le plus ? L’entendit-il reprendre. Est-ce que c’est le fait de savoir désormais que j’ai tué Roxane dans la maison, ou bien le fait que tu n’ais rien pu entendre ? Tu n’as pas entendu ses cris ? Tu n’as pas senti sa pauvre âme quitter son corps en lambeaux ? Alors dis-moi, Sidned. Qu’est-ce qui te perturbe dans tout ça ?

-         Tu sais déjà ce qui me perturbe. Tu sais que tous ces éléments s’assemblent entre eux.

Et tu sais que ce qui me perturbe réellement, c’est de prendre conscience de toute l’étendue de ta folie. Je commence à le croire, Seth. Si tu n’es pas fou, tu le deviens. Quand Sidned repensait à leur discussion de quelques heures plus tôt, l’envie de rire le prenait quasiment. Il avait reproché à Seth de le faire passer pour fou à l’auberge. Il n’avait pas trouvé ça normal. Presque irrespectueux et humiliant. A présent, il se rendait compte qu’une personne malade ne se rendait pas forcément compte de son état. Ou tout du moins, elle le conceptualisait à sa manière. A sa manière la plus plaisante.

-         Néanmoins, j’admets que je m’en veux tout de même de ne rien avoir senti. Tout ce dont je me souviens, c’est de m’être levé le lendemain avec un mal de tête affreux. Et toi, tu ne m’as pas laissé beaucoup de temps avant de me traîner derrière toi.

-         Est-ce que tu serais en train de me le reprocher ?

Au contraire de lui-même qui paniquait doucement en réalisant la gravité de tout ce qui s’était passé, Seth gardait un comportement calme. En aucun cas il ne semblait être en colère. En aucun cas il ne semblait vouloir manifester le moindre signe d’impatience. Et dire qu’il avait toujours aussi peur, si pas davantage. Dire que lui-même n’osait exprimer tout ce qu’il pensait en réalité. Il en avait toujours été ainsi entre eux. Sidned avait toujours fait preuve de retenu pour ne pas risquer de le vexer. Pour ne pas risquer d’attiser sa colère.

-         De cette question là aussi, tu connais la réponse, dit-il dans un souffle. Tu sais que tu resteras toujours Seth, qu’importent les circonstances. Qu’importe ce que tu peux faire.

Et il baissa la tête, n’osant plus le regarder. Visiblement satisfait, Seth ne semblait pas vouloir accepter de lui qu’il le fuit. Même si ce n’était que du regard. Aussi, Sidned sentit-il une main lui empoigner délicatement le menton et le forcer à relever le visage. Une bouche vint se coller sur son front. Une bouche qui exprimait combien son propriétaire était satisfait de son attitude. De son obéissance. Un instant, Sidned aurait presque espéré que cette bouche se pose de nouveau sur ses lèvres. Comme la veille. Mais Seth n’en fit rien. Pas cette fois.

-         Pour te récompenser de ta loyauté, je t’ai réservé une surprise, dit-il. Ce n’est pas grand-chose. C’est même beaucoup moins bien que tout ce que tu as pu voir et visiter jusqu’à maintenant, mais je sais que tu vas aimer.

Profitant du fait que Seth avait lâché son visage, Sidned détourna son regard du sien. Envisagea les alentours. Le nouveau lieu qu’avait choisi Seth pour eux. Il ne fut que vaguement surpris de découvrir un cimetière non loin de là. Comme Seth l’avait prévenu, il n’avait pas grand-chose à voir avec tout ce qu’il avait déjà connu. Ce n’était qu’un petit cimetière. Un petit cimetière délaissé depuis apparemment des années. Si pas des siècles. Il arrivait parfois que certains édifices traversent les années en survivant plus ou moins au temps. Sidned allait pouvoir le vérifier de ses yeux. Sans se faire prier, il descendit de la voiture, imité par Seth. A deux, ils marchèrent et passèrent la grille en fer forgé. Un grille rongée autant par la rouille que la verdure. Sidned doutait fortement qu’elle puisse encore se fermer convenablement. Mais ce n’était pas sa principalement préoccupation.

A peine s’eut-il approché des premières tombes de l’allée centrale que déjà son esprit entrait en effervescence. Heureusement pour lui, il parvenait la plupart du temps à ériger l’une ou l’autre barrière mentale. Pour ne pas être envahi par les esprits dits traditionnelles. Pour limiter le passage des âmes tourmentées. C’était peut-être pour ça qu’il n’avait pas ressenti la présence d’un cimetière lorsqu’ils parlaient dans la voiture. C’était également peut-être la raison qui expliquait qu’il n’ait pas ressenti la souffrance de Roxane cette nuit-là. Il lui suffisait de faire le vide dans son esprit. Rien de plus. Soit ça fonctionnait. Soit ça échouait lamentablement.

-         Comment te sens-tu ? Lui demanda Seth.

-         Comment je devrais me sentir ? répondit-il.

-         Je ne sais pas. Dis-le-moi.

Sidned continua d’avancer dans l’allée. Fermant de moins en moins son esprit. Se laissant aller à ressentir l’atmosphère présente tout autour de lui. Ses doigts jouaient avec le vent. Il aimait les vieux cimetières. Il les aimait parce que les âmes les plus anciennes étaient toujours les plus intéressantes. Elles étaient encore pleines d’un passé inexplicable. D’un passé dont il fallait partir à la découverte. Sidned se laissa complètement aller, ne se gênant plus pour s’aventurer au-delà des mauvaises herbes et des sépultures anciennes. Derrière lui, Seth le suivait en silence.

------------

 

Seth était toujours fasciné par Sidned lorsqu’il le voyait se prendre de joie tout en allant à la rencontre d’esprits. D’esprits souvent inconnus. Sidned était surprenant quand il agissait de la sorte. Et Seth possédait alors toutes les prédispositions pour s’amuser de la situation. Pour se moquer du monde dans lequel osait se perdre son frère. De la franchise dont il faisait de temps à autres preuve. Il l’aurait bien nargué à cet instant précis. Il l’aurait bien nargué si seulement Sidned ne s’était pas arrêté devant une tombe à la pierre usée. Le temps semblait avoir pris l’assaut de cette sépulture. La croix n’en était plus une, brisée. La mousse recouvrait toute la surface de ce qu’il en restait. Toute la surface de la tombe. Et pourtant, il n’était pas difficile d’identifier quelques écritures. Les lettres avaient dû être de couleur or par le passé. Sidned parvint à enlever une partie de la mousse. Celle qui les empêcher de lire le contenu du message. A notre petite Anna que nous avons aimé et que nous continuerons d’aimer. Ta mort sera pour nous le plus pénible des chagrins, mais nous continuerons de penser à toi à travers les années qui passent. Puisses-tu continuer à vivre à travers nous tous. Seth ne se permit pas de prendre la parole, laissant ce devoir à Sidned. Après tout, c’était son domaine, pas le sien.

Sidned sembla se concentrer. Communiquait-il  avec l’esprit de la fillette ? Car de toute évidence, le message était adressé à un enfant.

-         Il s’agissait d’une petite fille, commenta-t-il. Une petite fille malade. Ca remonte à très loin. Elle est morte il y a longtemps. Ses parents ont eu beaucoup de peine. Ils ont énormément pleuré.

-         C’est elle qui t’apprend tout ça ? Demanda Seth.

-         Ses souvenirs. Ils m’expliquent que c’était en période de famine. C’était une mauvaise époque. Une époque de pauvreté. Dans un petit village de la région. Non loin d’ici.

-         Bon sang, Sidned. Tu te rends compte de ce que tu es en train me dire ?

Seth se rendit rapidement compte que si lui ne ressentait pas grand-chose, Sidned n’était pas indifférent à tout ce qu’il venait de lui raconter. Au drame de cette famille qui avait apparemment perdu leur enfant. A la tristesse d’une gamine qui avait ressenti celle de ses parents. Il dû poser une main sur son épaule pour le tirer de ces sinistres souvenirs, s’il s’agissait vraiment de souvenirs. Quand il respira un bon coup plus profondément, Seth comprit qu’il avait fallu au moins ça pour le tirer de son petit manège. Sidned se tourna alors vers lui, se laissant choir sur la tombe. Etrangement, cette manifestation des esprits en lui parvenait à le déstabiliser. A le vider de son énergie. Il lui fallut d’ailleurs plusieurs minutes pour se reprendre convenablement avant de se décider à lui répondre.

-         Est-ce que ça te déplait que je te parle de ça ?

-         Ce n’est pas vraiment ça. Pour tout te dire, je m’en fiche complètement. Assez en tout cas pour observer la situation.

-         Et ?

-         Et je me dis que tu es peut-être réellement fou. Va raconter ça à des psychiatres et ils t’enfermeront dans leur hôpital, se moqua Seth.

Pour la première fois depuis longtemps, Sidned eut du courage et de la répartie.

-         Crois-tu que le sort qu’ils réservent aux meurtriers soit plus avantageux ?

Seth retrouva aussitôt son sourire de tous les jours. Celui qui ne le quittait pratiquement jamais. Qu’il bâtissait sur une bonne dose d’amertume et de cynisme.

-         D’après toi ?

-         Je n’en ai pas la moindre idée.

-         Ils les gardent en vie, Sidned. Ils les gardent en vie et ils les bourrent de médocs. Pour leurs tests personnels. Pour qu’ils puissent ensuite être disséqués une fois morts. Est-ce que tu sais le prix qu’ils mettraient pour obtenir le corps de quelqu’un comme moi ? Est-ce que tu imagines un peu ce que pourrait représenter mon cerveau pour eux ?

Devrait-il s’en sentir flatté si un jour ça lui arrivait ? Se sentait-on simplement suprême en sachant ce que l’on représentait pour la science uniquement parce que l’on était un tueur ? Pouvait-on être comblé de savoir son intelligence recherchée ? Seth se disait bien de toute façon que si ça devait arriver un jour, il ne serait plus là pour le voir. Il préféra donc laisser cette idée de côté, voyant Sidned déglutir du sien. Il ne devait pas s’être attendu à un tel traitement de faveur à l’égard des plus grands meurtriers. Mais Seth avait mieux à faire que de se préoccuper de ce qu’il pouvait bien ressentir. Sidned lui devait quelque chose. Quelque chose de bien plus amusant que de communiquer avec les esprits.

Par Azalea - Publié dans : Nuits éternelles - Communauté : Lawful Drug
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires - Recommander
Retour à l'accueil

Présentation

Créer un Blog

Recherche

Calendrier

Novembre 2009
L M M J V S D
            1
2 3 4 5 6 7 8
9 10 11 12 13 14 15
16 17 18 19 20 21 22
23 24 25 26 27 28 29
30            
<< < > >>
Créer un blog sexy sur erog.fr - Contact - C.G.U. - Signaler un abus

: les blogs pour adultes d'