Jeudi 6 novembre 2008 4 06 /11 /Nov /2008 20:26

sakura: Voici l'épilogue. Cette histoire se termine, et je ne peux que te remercier de tout le soutien que tes commentaires m'ont apporté. Un grand merci. J'espère sincèrement que tu retrouveras les mêmes émotions dans cet épilogue que tout au long des chapitres^^

Epilogue.

 

Partie 1

Dix ans plus tard.

 

Le jeune homme reposa le journal sur la table basse sans la moindre expression. Sans émettre le moindre commentaire. Il s’y était attendu. C’était inévitable. Il n’arrivait simplement pas à croire qu’il avait fallu attendre dix années entières. Dix années avant que l’Etat ne prenne cette décision sans appel.

-         Qu’est-ce qu’il te prend d’être aussi silencieux ?

Yanis revint à la réalité et ancra son regard dans celui de Maxime. Avec un grand sérieux. Un sérieux qui lui était familier, mais que son compagnon avait appris à interpréter au fil des années. Pourtant, cette fois, il ignorait ce qui lui passait par l’esprit.

-         Sainte Bénédicte ferme ses portes, annonça de but en blanc Yanis.

-         Tu es certain de ce que tu affirmes ?

-         Si tu ne me crois pas, jette un œil sur le journal.

Maxime ne se fit pas prier plus longuement avant de se saisir du torchon de débilités qui trônait sur leur table. Il avait un dégoût assez prononcé pour l’actualité. Il jugeait utile de se tenir informé tout comme il jugeait qu’ils avaient déjà assisté à assez de drames pour se coltiner ceux de parfaits étrangers. Même s’il s’agissait du malheur d’un pays. Même s’il agissait en parfait égoïste. Depuis tout jeune, sa devise était restée la même. Garder le sourire en toute circonstance. Au moins pour prendre la vie du bon côté. C’était important pour lui. Tout comme ça l’était pour Yanis.

-         Je n’arrive pas à y croire, commenta-t-il. Dire qu’on a passé plusieurs années de notre jeunesse dans ces bâtiments.

-         Tu t’attendais à quoi franchement ? Tu as toujours été le plus naïf de nous tous, mais c’était visible que quelque chose ne tournait pas rond avec cette école. Cet article dénonce une escroquerie de la part de la directrice. D’où venait tout ce luxe d’après toi ? Tu croyais vraiment que l’Etat avait tout financé de sa poche ? Surtout qu’il s’agissait également d’un orphelinat.

-         J’avoue que tu as toujours été plus observateur que je ne le suis. Mais quand même… C’est un choc.

-         Je le reconnais. D’ailleurs, si tu n’y vois pas d’inconvénient, je n’ai aucune envie de parler de ça toute la journée. J’ai encore une tonne de travail qui m’attend. A quoi bon m’encombrer l’esprit inutilement ?

Maxime se rapprocha d’un peu plus près de lui et passa un bras autour de ses épaules. Yanis connaissait cette attitude. Il savait qu’il aurait dû se mettre au travail dans l’immédiat au lieu de lui donner une chance de perturber son emploi du temps. Car lorsque Maxime agissait de la sorte, il devinait d’avance que c’était pour une raison bien précise. Et celui-ci ne tarda pas à lui en donner la preuve.

-         J’espère que notre très cher professeur d’histoire oubliera un peu toutes les copies qu’il doit corriger aujourd’hui pour me consacrer un peu de son temps.

-         Je ne vois pas pourquoi je ferais ça.

-         Pour la simple et bonne raison que j’ai deux nouvelles importantes à t’annoncer.

Cette simple révélation suffit à le sortir pour de bon de sa léthargie matinale. Maxime était infernal lorsqu’il le voulait. Lorsqu’il souhaitait vraiment obtenir ce qu’il désirait. Yanis sentait déjà que toute résistance ne servirait qu’à le fatiguer. Et pourtant, il y avait des habitudes qui n’avaient pas changées. Même avec les années.

-         Si tu veux me faire perdre mon temps, j’espère que c’est pour une raison valable.

-         C’est donc okay ?

-         Je ne me prononce jamais avant d’avoir obtenu toutes les informations. Surtout si elles proviennent de toi.

Maxime fit une drôle de moue. A la fois boudeuse et enjouée. Yanis s’étonnait encore aujourd’hui de voir que son compagnon n’avait pas tellement changé depuis Sainte Bénédicte. Il était resté ce gamin d’autrefois. Un gamin aux airs joyeux. Il était resté le Maxime qu’il avait connu. Quelque part, Yanis supposait que c’était rassurant pour tout le monde. Car il était formidable de voir qu’il avait pu réaliser son rêve. Maxime était devenu un très bon photographe. Un photographe qui n’avait de cesse de l’importuner pour le prendre comme model alors que sa propre profession ne lui permettait pas spécialement d’avoir autant de temps libre qu’il l’aurait souhaité. Lui-même avait fait le choix d’enseigner l’histoire, et il assumait parfaitement son choix malgré tous les inconvénients que cela comprenait. Quand Maxime attira de nouveau son attention, il consentit néanmoins à se dire qu’il devrait peut-être parfois penser à faire la part des choses.

-         J’aimerais savoir si tu as une semaine de libre dans les prochains temps à venir.

-         Pourquoi faire ?

-         Et il me demande pourquoi faire ! Réfléchi un peu, Yanis. Pour passer du temps ensemble bien sûr.

-         Personnellement, je te trouve déjà assez collant à l’instant pour vouloir me sacrifier une semaine entière tout à toi.

Il n’avait pas tout à fait tort. Il se le disait bien, même s’il pensait ce qu’il venait de dire à moitié. A l’instant même où il avait prononcé ces mots, Maxime avait passé une jambe par-dessus les siennes, et se tenait à présent à califourchon sur lui, bien décidé à ne pas lâcher l’affaire tant qu’il n’aurait pas obtenu son consentement.

-         Ce n’est pas n’importe quelle semaine que je te demande. Cette semaine à deux, nous allons la passer à Tahiti.

-         En quelle honneur ? Parce que, excuse-moi de te le dire, je ne vois franchement pas ce que j’irais faire à Tahiti.

-         Je dois y réaliser des photos. Autant faire d’une pierre deux coups.

-         Je suppose que je n’ai pas beaucoup le choix ?

Maxime fit mine de réfléchir avant de lui répondre avec un grand sourire. Juste à sa façon.

-         Non, tu ne l’as même pas du tout. Cette semaine, on va la passer en amoureux. Je crois qu’on a un peu besoin de se retrouver tous les deux.

-         Peut-être. Mais tu sais que même si je continue à me montrer dur dans mon caractère, ça ne signifie pas forcément que je t’aime moins qu’avant.

-         Je le sais. Et tu connais aussi mes sentiments. Et même si je te les prouve plus que toi tu ne le fais, je m’en fiche. Le principal, c’est que tu sois avec moi.

Il se pencha pour laisser son front se poser sur le sien. Son souffle caresser sa peau. Bientôt, leurs lèvres se rencontreraient pour échanger l’un de ces baisers dont ils ne s’étaient jamais lassés avec le temps. Il y avait toujours cette retenue en eux qu’ils appréciaient mutuellement. Ce plaisir d’aller au rythme de l’autre. Cet intérêt de former un couple uni malgré leurs différences. Avec les années, Yanis avait finalement compris qu’ils avaient un besoin absolu de l’autre. Ne serait-ce que pour se compléter.

-         Tu n’avais pas une seconde nouvelle à m’annoncer ? Se souvint soudainement Yanis.

Maxime échangea alors juste un bref baiser avec lui avant de se redresser, de se remettre complètement debout et de se saisir des clés posées sur la table.

-         Pour ça, il va falloir prendre la voiture. Je suis certain que tu vas adorer mon idée.

-         Quelle idée ?

-         Ca, tu le sauras quand on sera arrivés à destination.

Yanis n’insista pas. Maxime ne lui dirait rien pour le moment. Délaissant pour de bon ses occupations de la journée, il se leva également et le suivit. Celui-ci semblait plus que joyeux à l’idée de lui présenter sa seconde surprise de la journée. Yanis s’attendait à tout lorsqu’il s’agissait de lui.

-         Au fait, c’est quoi cette lettre pourpre sur la table ? Fit brusquement remarquer Maxime.

Il jeta un œil à la lettre en question avant de soudainement s’en souvenir. Comment avait-il pu oublier quelque chose d’aussi important ? Ce simple morceau de carton qui ferait plaisir à Maxime ? C’était le genre de nouvelle qui le comblerait de joie.

-         Une invitation, dit-il.

-         Une invitation ? De quoi ?

-         Tu n’as qu’à regarder par toi-même.

Sans se faire prier davantage, le concerné s’en saisit avant d’y jeter un coup d’œil. En un instant, son visage sembla s’éclairer un peu plus si c’était encore possible.

------------

 

Avec le temps, il était peu à peu parvenu à prendre ses marques dans cette maison qui était aussi devenue la sienne pour de bon. Bien sûr il la connaissait par cœur depuis son adolescence, mais Nash n’avait de cesse de se combler de joie en se rappelant à qui elle appartenait réellement. Cette maison perdue au milieu de nul part. Cette maison proche de ce bois dans lequel ils effectuaient de longues promenades à deux. Alors qu’il peignait depuis des heures, depuis son réveil, il sentit une présence dans son dos. Il n’eut même pas besoin de tourner le visage pour savoir de qui était ce souffle qui caressait son cou. Un souffle chaud. Un souffle qui n’avait jamais cessé de se vouloir rassurant et protecteur.

-         Tu es déjà en train de peindre ?

-         Comme tu le vois. Mais rassure-toi, je vais bientôt pouvoir m’arrêter. Ev vient de sonner pour demander s’il pouvait passer avec Nathan. Je vais ranger mon matériel.

-         Non, va y, continue. J’aime te regarder peindre.

Nash le savait. Depuis Sainte Bénédicte il le savait parfaitement. Pourtant, il posa tout de même son matériel sur le bord du chevalet. Il n’aimait pas peindre en sachant qu’il devrait brutalement s’arrêter dans quelques minutes lorsque l’on sonnerait à la porte. Autant le faire tout de suite dans ces conditions. Surtout que ce tableau avait beaucoup d’importance.

-         J’ai une galerie dans deux semaines.

-         Vraiment ? C’est une excellente nouvelle. Je comprends mieux pourquoi tu ne cesses de peindre ces derniers temps. Un thème particulier je suppose ?

-         Les souvenirs.

Les souvenirs… Dieu savait qu’à deux, ils en avaient. Aussi doux que aiguisés. Sans jamais être futiles. Nash et Frédéric se souvenaient de tout. Ils ne voulaient pas oublier ce qui les avait rapproché. Ce qui avait fait ceux qu’ils étaient aujourd’hui. Même si ça avait été avec une bonne dose de souffrance. Mais c’était la vie qui voulait ça. La fatalité. Et personne n’échappait jamais à la fatalité. Encore moins au temps. Quand Nash se retourna et lui prêta toute l’attention particulière qu’il méritait pour avoir su se faire une place prioritaire dans son cœur, Frédéric lui apparut comme au premier jour. Comme lorsqu’il avait encore trente-quatre ans. Et pourtant, il avait vieilli. Avec le cours des années. Sous son regard qui n’avait jamais changé. Qui n’avait jamais été moins aimant. Nash appréciait de le voir vieillir à ses côtés. Parce qu’il était justement avec lui. Rien qu’à lui. Il aimait voir qu’à quarante-six ans, il commençait à avoir ses premiers cheveux gris. Il arborait parfois l’expression réfléchie de son âge avec les quelques rides qui se présentaient peu à peu au grand jour. Si Frédéric s’en faisait des complexes, Nash aimait ça. Il le trouvait toujours aussi beau qu’auparavant. Il le désirait toujours autant.

-         Comment se passe ton travail ?

Frédéric prit un air plus absorbé. Remonta ses lunettes sur son nez. Il avait souvent ce geste lorsqu’une situation était plus critique qu’une autre. Cette nuit, on l’avait appelé d’urgence parce qu’un adolescent s’était pris d’un élan suicidaire. Ce n’était pas la première fois. Ce ne serait pas non plus la dernière.

-         Rien à y redire pour le moment. Je ne parviens pas à cerner ce gamin. Il passe d’énervements soudains à une tristesse infinie. Il est comment dire…

-         … Sauvage ?

-         Je crois que c’est le mot.

Chacune des situations que lui confiait parfois Frédéric le ramenait un peu en arrière. Lui permettait de comprendre la chance qu’il avait eue. Celle de se trouver ici aujourd’hui. Avec lui. Et sauvage, il l’était resté. Il lui arrivait encore aujourd’hui de vouloir prendre des risques. Sans que cela ne mette en danger leur couple.

-         Dis-moi, fit Frédéric en le tirant de ses songes, je ne t’ai jamais demandé ce que tu avais pensé durant ces deux années où nous avons été séparés.

-         Ne me dis pas que tu as attendu dix ans avant d’oser me le demander ?

-         Non. C’est juste qu’il m’arrive d’y penser. De temps en temps.

-         Eh bien, tu m’as énormément manqué. Mais ça tu le sais déjà.

-         Mais encore ?

-         Mais encore ? Je pensais à toi chaque jour. Ca me rendait malade de ne pas te voir comme je le voulais. J’étais forcé de peindre ton portrait en permanence pour ne pas risquer de devenir fou. Il y a des fois où j’aurais bien tout cassé pour qu’on me laisse te voir autant de fois que je le voulais. Pourtant, je savais que ça n’aurait pas servi à grand-chose.

-         Tu en parles comme si c’était hier.

-         Il faut croire que cette période m’a marqué. Il n’y avait pas tellement longtemps que nous nous étions retrouvés. Et après les évènements précédents…

-         Oh oui, je comprends ce que tu veux dire ! Toi aussi tu me manquais. Je craignais de te perdre à chaque seconde.

-         Ce qui ne nous tue pas, nous rend plus fort, n’est-ce pas ? Pour revenir au sujet de l’adolescent sauvage dont tu t’occupes, je ne me fais pas de souci. Tu parviendras à l’aider à résoudre son problème. Comme d’habitude.

Frédéric lui jeta un regard qui en disait long. Comme ils auraient voulu parfois lâcher tout ce qu’il y avait autour d’eux à cette époque. Se retrouver en permanence. Se glisser dans un lit. Et envisager le monde sous les draps. Ca arrivait souvent encore aujourd’hui. Il arrivait qu’ils se surprennent à vouloir oublier leurs responsabilités pour rester en permanence ensemble. Mais la vie avait ses obligations. Chacun avait son travail. Même si le soir venu n’en restait que plus beau lorsqu’ils étaient tous les deux réunis.

Quelques minutes plus tard, alors que Nash essuyait ses pinceaux, ils entendirent sonner à la porte. D’un pas pressé, il alla ouvrir. Une douce odeur provenant de la cuisine lui laissa deviner que Frédéric était parti préparer du café pour leurs invités.

Le jeune homme fut heureux comme toujours d’ouvrir la porte sur le visage amical d’Evan. Un Evan qui serrait la main de Nathan dans la sienne. Et un Nathan qui ne perdait jamais ses grands airs décontractés. Nash se réjouissait de les voir. Pour ne pas changer. L’attente de leur visite avait été longue. Il les soupçonnait de lui cacher quelque chose. Rejoint par Frédéric, il les invita à entrer. Le visage rayonnant de celui qui était resté son meilleur ami lui indiquait qu’ils auraient des choses à se raconter. Ils en auraient sans doute pour des heures. La journée allait passer vite. Trop vite.

Par Azalea - Publié dans : Frères de coeur
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Commentaires

Enfin une chose inteligente : fermer Sainte-Bénédicte xD Je me disais bien aussi que la directrice n'était pas droite dans ses bottes ^^' Je suis contente de voir que, dix ans après, Maxime et Yanis et Evan et Nathan, sont toujours ensemble, ça fait chaud au coeur =) P.S : Là je pense que ta nouvelle déco est définitive pour un momnt non ? Alors je peux te dire qu'elle est encore mieux que la nouvelle que tu avais essayé (si c'est possible =P). De plus, j'aime beaucoup Zero ^^
commentaire n° :1 posté par : Sasu le: 07/11/2008 à 15h30

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