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Résumés

Vie d’esclave : Le grand pharaon Haroeris demande à Maya, sa fidèle conseillère, de lui présenter un esclave pour faire passer le temps. Un banquet est alors organisé en son honneur où plusieurs jeunes hommes et femmes y seront présentés. Parmi ceux-ci, Haroeris devra faire son choix. Cependant, un jeune esclave attire particulièrement son attention.

 

Frères de cœur [en correction] : Dans un institut spécialisé, Terry et Ludovic vont tout deux tenter l’expérience de faire face à leur passé. Mais le destin réserve parfois bien des surprises.

 

Jeux dangereux : June est un homme hautain qui n’a jamais connu la défaite au poker. Mais lorsque son chemin croise celui d’un adolescent fragile qui sait y faire avec les cartes, sa vie prend brusquement un tournant inattendue.

 

Cabaret Améthyste [Co-écriture] : Cabaret Améthyste, charmant nom pour un lieu où huit jeunes hommes font tourner les têtes chaque soir grâce à leur physique de rêve. Mais à l’envers du décor, le paradis ne semble pas tout à fait parfait. Lorsque chacun tente de mener sa vie privée à sa façon, tout devient brusquement bien plus compliqué. Bienvenue en enfer ! Il y a des moments où il vaut mieux rester bien au chaud dans son lit.

Histoire en co-écriture avec Sheina.

 

Pour le sourire d'un ange [Co-écriture] : En rentrant chez lui, Alexis découvre un jeune homme évanoui dans la neige. Ne pouvant l’abandonner là, il l’emmène chez lui pour le soigner. Pourtant, il ignore tout de cet inconnu qu’il désire tant aider. Histoire en co-écriture avec Sheina. 

 

Mercenaire [Co-écriture] : La rencontre entre un mercenaire et un jeune homme devenu roi beaucoup trop jeune.

Histoire en co-écriture avec Sheina.  

 

La musique pour la vie [Co-écriture] : Décidé à recommencer sa vie à zéro de la façon dont il l’entend, Sacha quitte le foyer familial avec pour seuls bagages, un sac à dos et sa guitare. Artiste épris de liberté, il ne s’attendait certainement pas à ce que sa vie change autant en rencontrant Jack, le chanteur d’un groupe de rock. Histoire en co-écriture avec Kana.

Fous à lier: Johan est suicidaire. Xanders est schizophrène. Tous les deux savent que vivre peut être difficile. Lorsque ces deux adolescents se rencontrent, c'est le clash. Comprendre les intérêts de l'autre s'avère compliqué. Surtout quand on se retrouve enfermé dans un hôpital psychiatrique pour un temps indéterminé.

Lundi 11 août 2008 1 11 /08 /Août /2008 08:44

Partie 2

Pouvait-ce être pire ? Yanis se le demandait. Il fut sans doute le seul à ne pas trouver les visites qui suivirent lassantes comme lui avait fait comprendre Maxime pour celles de ce matin. L’Espagne était magnifique à voir, c’était un fait. Si magnifique qu’elle avait déjà trop brillée aux yeux de celui-ci pour aujourd’hui. Si seulement quelqu’un avait pu entendre la demande de son petit ami. Si seulement. Rien de ce qui suivi ne se serait passé.

Une nouvelle fois, Maxime s’était éloigné de lui pour aller rejoindre Terry, celui-ci ayant disparu l’espace d’un instant sans qu’ils le voient. S’il avait alors su, il l’aurait suivi. Car en ce qui le concernait, il était si absorbé par les édifices qui se dressaient devant lui. Si absorbé qu’il ne faisait même plus attention à rien d’autre. Même pas attention au fait que ni Terry ni Maxime s’étaient peu à peu complètement éloignés de lui. Tout seul, il était alors devenu une cible idéale. Si bien que lorsqu’il s’isola en plus de cela des éducateurs, un groupe de quatre garçons vinrent l’accoster.

-         Eh toi ! Ca ne te fait rien de nous gâcher la vue ?

-         Gâcher la vue ?

Yanis s’était retourné, s’attendant à voir quelques visiteurs vouloir prendre des photos de l’endroit où il se trouvait. Il fut étonné de tomber sur des élèves. Il reconnut alors ces garçons comme faisant partis de sa classe. Il ne leur avait jamais adressé la parole. Pourquoi fallait-il qu’ils viennent si brusquement lui adresser la parole ? Et puis, en quoi gâchait-il la vue ?

-         Oui, tu fous tout le paysage en l’air, reprit l’un d’eux à l’allure nonchalante. Je n’aime pas les mecs comme toi.

-         Tu parles d’un mec ! Fit remarquer un autre. Je dirais plutôt une gonzesse ! C’est bien beau de vouloir se donner des airs avec ces vêtements noirs, mais tu n’en restes pas moins une tantouze !

Yanis les regarda avec indifférence. Leurs mots ne l’atteignaient pas. Il ne s’était de toute façon jamais laissé atteindre jusqu’à présent. Mais il aurait dû s’en douter. Etre homosexuel dans une école réservée uniquement à des garçons avait été un risque. Il devait déjà se satisfaire de ne pas avoir été victime de propos homophobes jusqu’alors. Aucun d’eux d’ailleurs, que ce soit Maxime, Terry ou Ludovic n’en avait été victime. Pourtant, ceux qu’il avait face à lui ne semblaient pas posséder la tolérance comme point fort. Il décida de mettre un terme à ce qu’il jugeait être une perte de temps dès maintenant. Après tout, il n’avait certainement pas à se justifier devant eux concernant ses choix personnels.

-         Vous avez terminé ? Demanda-t-il d’une voix froide.

-         Là, ne rêve pas trop, rétorqua le plus grand d’entre eux en lui barrant complètement le passage. Je ne supporte pas ceux qui se la pètent comme toi.

-         Je ne vous supporte pas non plus, ça tombe très bien. Nous n’avons rien à faire ensemble. Au revoir.

Il voulut le bousculer pour s’en aller, mais c’était sans compter sur deux mains qui le retinrent par les épaules pour le plaquer contre le mur juste derrière.

-         Tu es bouché, ma parole ! S’exclama Yanis. Je n’ai rien à te dire ! Maintenant casse-toi de mon chemin, j’ai mieux à faire !

Même si son sang froid était impressionnant, il ne suffit pas à le sortir d’affaire. Il ne se sentit qu’un peu plus brutalement accolé au mur. De par la pression qui y était exercé, il sentit même les muscles de ses épaules commencer à lui brûler.

-         Ne compte pas sur nous pour te lâcher de si tôt. J’ai envie de frapper sur une pédale aujourd’hui. Pas vous les gars ?!

Les autres garçons qui se trouvaient derrière lui approuvèrent. Yanis sentit un sentiment de colère intense s’emparer de lui.

-         Bien sûr, allez y, frappez ! Quatre contre un, c’est bien le sommet culminant de la lâcheté !

-         C’est qu’elle n’a pas froid aux yeux la tantouze !

Des rires se firent entendre. Des rires qui n’énervèrent qu’un peu plus Yanis. L’envie de les démonter un à un brûlait en lui. S’ils n’étaient pas aussi nombreux contre lui seul, il se jurait qu’il leur aurait fait ravaler la facilité avec laquelle ils s’en prenaient à lui. Mais les faits étaient là, ils étaient quatre et il était seul. En mauvaise posture. Cependant, qu’importe ce que cela lui coûterait, il n’était pas question qu’il baisse les yeux.

------------

 

Nash aurait voulu faire cette visite avec Frédéric. Il aurait souhaité qu’ils ne soient qu’à deux. Malheureusement, il devait bien se rendre compte que ce ne serait pas possible. Ce ne serait pas encore pour aujourd’hui. Ce n’était pas juste ! Il comprenait parfaitement qu’il veuille garder ses distances par rapport aux autres éducateurs, mais que craignait-il au juste ? Que le fait de lui parler laisse place aux soupçons ? Depuis quand un professeur ne pouvait-il plus parler avec l’un de ses élèves normalement sans arrière pensée ?

-         Tu n’en as pas assez de toujours rester seul ?

Nash tourna instinctivement la tête pour croiser deux yeux verts qui le regardaient avec intérêt. Terry avait apparemment décidé de lui tenir compagnie.

-         Tu pouvais très bien te joindre à nous, ajouta-t-il.

-         Je ne voulais pas te déranger alors que tu as l’air de t’amuser aux côtés de tes amis. Et puis, je ne sais pas s’ils seraient vraiment contents à l’idée de devoir me supporter pour quelques heures.

-         Je suis certain qu’ils n’y auraient pas vu le moindre inconvénient.

Il remercia intérieurement le jeune homme de cette intention. Or il n’y avait qu’une personne avec qui il désirait passer le plus clair de son temps. Terry dû le comprendre.

-         Vous ne restez plus aussi souvent ensemble ?

-         Tu as remarqué ?

-         Difficile de faire autrement vu la tête que tu tires.

Comprenant que Terry ne le laisserait pas en paix avant d’en savoir plus, il concéda à faire une partie du chemin avec lui.

-         Il n’y a pas si longtemps, nous avons failli nous faire surprendre à deux.

-         Par qui ?

-         Un éducateur. Marco. Depuis, il doit s’en vouloir de ne pas avoir été suffisamment prudent, et il met volontairement une certaine distance entre nous.

-         Tu t’y attendais dès le moment où tu as souhaité que vous soyez ensemble, non ?

-         Possible. Mais si on part de ce principe, c’était juste dégueulasse de se montrer plus attentionné que jamais avec moi si c’était pour ensuite m’éviter. En même temps, je peux comprendre. C’est bien le pire.

Terry n’aurait su dire s’il souffrait de cette distance. Il se contenta de rester avec lui. Imaginant qu’être seul depuis ce matin était le meilleur moyen de ressasser l’injustice dont il était victime, il avait principalement envie de passer du temps avec lui. De toute façon, il n’y avait pas besoin de l’y forcer pour qu’il le veuille.

-         Tes amis, ils ne vont rien dire si tu restes avec moi ?

-         Quand ils auront remarqué que je reste avec toi, ils n’y verront aucun inconvénient. De plus, je ne sais même pas où ils se trouvent.

-         Tu ne devrais pas t’en inquiéter ?

-         Non. Ils ne demandent pas mieux que d’être à deux.

Il ne fallut pas d’autre explication pour que Nash comprenne ce qui liait les deux garçons.

------------

 

Maxime était revenu un peu en arrière pour vérifier que Yanis n’était pas à la traîne. Il ne s’était alors pas attendu à voir le jeune homme entouré par quatre autres élèves dans un coin. Que lui voulaient-ils ? Lui faisaient-ils du mal ? Maxime n’en savait rien et il fallut qu’il s’approche d’un peu plus près pour saisir des bribes de conversation.

-         Faites un geste à mon égard et je n’hésiterai pas à vous le faire payer, sales lâches !

-         C’est qu’il a du répondant ! On t’a entendu parler de fantômes tout à l’heure, ma mignonne. Ce sont tes amis ?

-         En quoi ça vous regarde ?!

-         Tu savais qu’on faisait brûler les sorcières au Moyen Age ? Je t’imagine parfaitement sur un bûcher. Il n’y a rien de mieux pour les petites salopes de ton espèce.

-         Saloperies d’homophobes, c’est vous qu’on devrait faire brûler !!

Le ton montait et Maxime sentit qu’il serait bon qu’il intervienne. Passant au centre de ce petit groupe, il alla se positionner près de Yanis et leur jeta un regard accusateur.

-         Max, va t’en ! Lui dit aussitôt agressivement le jeune homme.

-         Je ne vois pas pourquoi. Ils t’emmerdent, c’est ça ?

En l’entendant parler, l’un des gars manifesta sa présence.

-         T’es qui toi ? Son petit copain ?

-         Exactement. Ca vous pose un problème ?

-         Regardez-moi ça, les gars ! Je crois qu’on s’était trompés tout à l’heure. La gonzesse, c’est lui. Rien que sa tenue nous indique que c’est une folle !

Ils éclatèrent tous de rire. Yanis enrageait de son côté sans rien dire. Cependant, c’était mal connaître Maxime que de croire qu’il ne possédait pas les moyens de se défendre. D’autant plus calme, il prenait le temps de réfléchir posément et n’attaquait pas avec les poings ou avec une franchise à tout épreuve. Yanis possédait un esprit brillant, c’était un fait. Malheureusement, il laissait trop rapidement la colère prendre le dessus.

-         Ca vous amuse ?

-         De vous emmerder ? En effet.

-         Je voulais dire, ça vous amuse de vous faire passer pour des saletés d’homophobes aux yeux des espagnols qui nous regardent ? Car je vous signale que tous les regards sont braqués sur nous.

Ils prirent le temps d’observer les alentours pour constater qu’il ne leur avait pas menti. Mais il en fallait bien plus pour les impressionner. Si tel était le cas, il savait comment agir avec eux. Comme il l’avait déjà fait avec les salauds qui avaient fait du mal à Terry.

-         Il me semble que nous sommes dans la même classe, dit-il en gardant son calme.

-         Bien vu, la folle !

-         Si bien vu que cela me permet d’avoir connaissance de vos noms et prénoms. Rien d’étonnant à force d’avoir passé plus d’une année entière dans la même classe que quatre imbéciles !

-         Quatre imbéciles, tu dis ?

-         C’est bien ce que j’ai dit en effet. Mais je suppose que vous ne comprenez toujours pas ce que cela signifie ?

Vexé par son ton posé, l’un d’eux menaça de s’en prendre à lui. N’ayant pas le courage de Yanis, il se recula de quelques pas. Mais cela ne l’empêcha en rien d’aller jusqu’au bout de ce qu’il avait à dire.

-         Essayez de lui faire du mal et je jure de vous dénoncer auprès d’un éducateur.

-         Si tu fais ça, on te casse la gueule, la folle !

-         Vous n’en seriez que virés de Sainte Bénédicte.

Sachant qu’ils ne pouvaient répliquer contre cela, il les vit prendre des airs mauvais. Ils ne pouvaient lutter contre l’autorité de l’école. D’autant plus qu’ils n’avaient pas la meilleure des réputations au sein de celle-ci. Ca ne serait qu’un jeu d’enfant pour Maxime de faire entendre raison au professeur Armand pour qu’il agisse en conséquence.

-         Sales tantouzes !

Ils ne trouvèrent que ces insultes à prononcer avant de finalement se détourner d’eux. Soulagé, Maxime comprit qu’il pouvait continuer à respirer sans crainte.

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Se rendant compte que Yanis l’avait laissé faire sans s’en mêler, il porta toute son attention sur lui. Il n’avait aucune idée d’où était passé le groupe d’élèves. Certainement avait-il continué à avancer sans eux. Terry s’était-il rendu compte de leur absence ?

S’approchant un peu plus de son compagnon, Maxime comprit que quelque chose n’allait pas. Yanis semblait s’entêter à l’éviter. Il se détournait volontairement de lui.

-         Quelque chose ne va pas ?

Pas de réponse. Il insista.

-         Yanis, Qu’est-ce qu’il y a ?

Cette fois, le jeune homme céda et plongea son regard dans le sien. Dans ces yeux qui le fixaient, Maxime pouvait y lire une colère. Une colère qu’il ne comprenait pas. Lui était-elle adressée ?

-         J’ai fait quelque chose de mal ?

-         Tu le demandes ?

-         J’ai bien le droit quand tu me regardes aussi méchamment.

-         Tu n’avais pas à intervenir.

-         Comment ?

Il avait du mal à en croire ses oreilles. Avait-il bien entendu ? Yanis le lui confirma.

-         J’aurais pu me débrouiller sans toi.

-         Contre quatre gars ?

-         Oui. Si tu n’avais pas eu l’idée de les menacer de prévenir un éducateur, tu aurais été le premier à avoir des problèmes.

-         Et toi ?

-         Moi ? Je ne sais pas. Je suppose que j’ai suffisamment de tempérament pour ne pas me laisser faire.

-         Arrête, Yanis. Tu n’aurais pas pu te défendre. Je désirais juste te venir en aide.

Cependant, Yanis était fier. Maxime ignorait s’il pouvait l’être davantage qu’en ce moment. Il se rendait compte qu’il ne connaissait pas complètement la profondeur de son caractère et de sa manière d’agir. Lorsqu’un souffle de vent passa dans ses cheveux, il se sentit suffisamment à l’aise pour le lui faire remarquer.

-         C’est ta fierté qui te fait mal ?

-         Il faut croire.

Un sentiment occulte passa sur le visage de Yanis. Maxime ne su pas comment l’envisager. Etait-ce réellement de la fierté ? N’était-ce pas plutôt de la méfiance ? Une certaine inquiétude ? Il fut rassuré quand il s’exprima à nouveau.

-         J’ai beau être en colère contre ton intervention, je ne peux pas t’en vouloir. Elle m’a même fait plaisir, je crois.

-         Mais…

-         … Mais je refuse de te voir prendre des risques pour moi.

-         Je ne vois pas pourquoi. Je tiens à toi, il était normal que j’intervienne pour te défendre.

-         J’aurais pu me défendre tout seul. Combien de fois faudra-t-il que je te le répète ?

-         Admettons. Mais je maintiens qu’il était normal que j’intervienne.

-         Reconnais que tu ne sais même pas te battre.

-         Et alors ? J’ai bien le droit de me montrer courageux de temps en temps.

-         Ce n’est plus du courage à ce stade, c’est de l’inconscience.

Ressentant au fond de lui que Yanis voudrait peut-être se confier sur autre chose, il était tenté de le pousser à parler plus longuement. Malheureusement, l’endroit était plutôt mal choisi et il se demandait si les éducateurs avaient remarqué qu’il manquait deux adolescents. Lorsqu’il voyait la mauvaise surveillance qu’ils effectuaient en temps normal, il en doutait.

-         On devrait rejoindre les autres, se contenta-t-il de dire, abandonnant l’envie d’en savoir plus.

D’un commun accord, ils décidèrent alors de rejoindre le reste du groupe, craignant par-dessus tout de définitivement se perdre. La discussion serait pour plus tard.

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Terry fut heureux de se retrouver assis dans le car vers la fin de la journée. Il était tout simplement exténué de cette marche qu’il avait fait à longueur de journée. Sans compter qu’il s’impatientait à l’idée de revoir Ludovic. Ayant pris place à côté de Nash, son regard s’arrêta sur Maxime. Maxime assis près de Yanis avec une étrange expression. Maxime qui semblait avoir beaucoup de choses à dire mais qui se taisait. Et Yanis qui appuyait sa tête sur son épaule semblait tout avoir autant de choses à dire. Ils semblaient brusquement tous les deux emprunts à prendre certaines décisions qui les feraient avancer. Même à cette distance d’eux, Terry pouvait le sentir. Quand ils avaient cette expression, il devinait amplement qu’il y avait des aveux dans l’air. Etait-ce le fait d’en avoir lui-même eu par le passé pour Ludovic qui lui faisait penser une telle chose ?

Ce qu’il n’aurait néanmoins su lire sur le visage de Maxime, c’était ce sentiment que les vacances commençaient mal pour eux. On leur avait cherché des noises dès les premières visites et cela le freinait dans ses démarches personnelles envers Yanis. Car au fond, tout ce qu’il avait voulu, c’était se montrer à la hauteur. Défendre celui qu’il aimait tant au point de vouloir très bientôt lui faire l’amour sur une plage. Mais était-il possible d’allonger quelqu’un sous soi alors qu’il prétendait juste n’avoir besoin de personne pour la protéger ? Quelque part, Maxime se demandait si les rôles ne devaient pas être échangés entre eux. Il craignait de ne pas être à la hauteur d’un Yanis au caractère bien trempé et qui lui avait prouvé qu’il ne supportait pas de se faire dominer. Encore moins défendre. Dans ce sens, Maxime avait surtout besoin de penser qu’il pouvait être autre chose qu’une folle et ce n’était brusquement plus aussi évident qu’avant quand tout devenait beaucoup plus sérieux.

Par Azalea - Publié dans : Frères de coeur
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Lundi 11 août 2008 1 11 /08 /Août /2008 08:37

deedlit: Si tu es passionnée tout au long des chapitres, je ne peux qu'en être contente. Merci pour ton commentaire.

Chapitre LXXI : Incompréhension.

 

Partie 1

Il existe un moment dans l’histoire de chaque être où tout tourne à la dérision. La perspective de voir les choses autrement. La possibilité de voir son entourage s’effondrer. S’effondrer soi-même. Risquer de déplaire. De se retrouver seul. L’immortalité n’était pas quelque chose d’accessible. Loin de là. Ce matin, ils visiteraient l’Andalousie avec leur classe. Cela annonçait des découvertes culturelles qui plairaient à Yanis. Réunis à trois avec Maxime et Terry, il était alors loin de s’imaginer que cette journée serait un désastre. Il avait eu le temps de réaliser. Réaliser qu’il ne faisait pas partie de la communauté que formaient les autres élèves. Mais lui s’en moquait pas mal, ne voulant changer en rien.

Quand après un certain parcours en car ils arrivèrent devant la mosquée de Cordoue, il se rappela avoir lu dans un quelconque livre d’histoire que l’Andalousie n’était pas seulement marquée des empreintes des Maures, mais aussi des héritages phéniciens et romains. Le tout lui plaisait énormément. C’était comme s’il se sentait renaître dans un paradis qui était le sien. Il ne doutait pas un seul instant que comme dans tout monument ancien, l’âme des peuples perdues y respirait encore. Il était comme hypnotisé.

-         Tu as l’air fasciné par toutes ces découvertes, lui fit remarquer Maxime.

Il ne résista alors pas à l’envie. Les mots s’échappèrent tout seuls de sa bouche.

-         Je pourrais presque sentir planer les âmes des êtres défunts dans des lieux tels que celui-ci.

-         Arrête de raconter ce genre de bêtises, Yanis.

-         Tu ne me crois pas ?

-         Je pense surtout que tu lis trop de livres sur l’occulte.

Yanis eut un sourire et profita du fait que Maxime avait appuyé une main contre le mur de la chapelle pour le surprendre dans sa propre frayeur.

-         Comment expliques-tu que les pierres soient froides alors qu’il fait plein soleil dehors ?

Maxime sursauta et retira précipitamment sa main sous le regard perfide du jeune homme qui était ravi de parvenir à l’effrayer. Si Ludovic avait été là, il lui aurait posé la question et le brun aurait pu lui donner une explication tout à fait scientifique. Mais Ludovic n’était pas là au grand bonheur de Yanis qui pouvait en profiter librement. L’acte était audacieux avec son petit ami, mais il ne pouvait s’empêcher de lui faire peur. Peut-être espérait-il quelque part pouvoir le retrouver le soir même en train de trembler sous la chaleur de ses draps.

Terry intervint à son tour.

-         Tu n’es pas drôle.

-         Pourquoi ?

-         Moi aussi ça me fait flipper.

-         Qu’est-ce qui te fait peur, Terry ? Tu crois qu’un fantôme va apparaître juste devant toi ?

-         Non. Mais je ne supporte pas quand tu fais toutes ces allusions.

L’intérieur de la mosquée était impressionnant. Entre ses multiples colonnes de marbre et ses vitraux qui laissaient à deviner l’héritage multiple qui s’y rapportait, Yanis se fascinait un peu plus encore en découvertes. Il remarqua immédiatement les styles pourvus à la fois du gothique, de la Renaissance ou encore du baroque. C’était exactement comme dans ce grand livre d’histoire qu’il avait lu. En bien mieux.

Il avait fini par s’éloigner de ses camarades. Suffisamment pour s’approcher d’un peu plus près du guide qui s’évertuait à leur expliquer l’histoire du monument. Les rituels qui s’y rapportaient. Bref, tout ce qui faisait son charme aux yeux de Yanis.

Le jeune homme était ainsi. Attiré par ce qui renfermait toute une époque entre ses murs. Sans doute était-il le seul à s’y intéresser.

Maxime s’ennuyait à mourir lors de telles visites. Il s’approcha alors de Yanis dans l’espoir de chasser son ennui, Terry ne trouvant rien de plus à dire tant l’envie de quitter cette mosquée se manifestait en lui. Mais quand Yanis lui adressa un regard, il comprit que ce lieu devait grouiller de vie à ses yeux, car il ne lui prêta que vaguement attention. Il se demandait même parfois comment il parvenait à se faire à ce côté étrange de sa personnalité.

-         Est-ce que tout ça t’intéresse vraiment ? Questionna-t-il.

-         Pas toi ?

-         Pas vraiment.

-         Si tu savais que ça t’ennuierait autant, il fallait rester à l’hôtel. Je vois bien que tu es indifférent à tout ce décor.

-         Je suis aussi transparent que ça ?

-         Oui.

Maxime n’émit plus un seul mot. Lorsqu’il le voulait vraiment, Yanis pouvait se montrer très désagréable. Il rejoignit Terry qu’il avait laissé seul dans un coin et patienta jusqu’à la fin de la visite en sa compagnie.

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Cette journée ayant déjà mal commencée, il fut heureux lorsque les éducateurs leur indiquèrent l’heure de la pause, et donc le moment de manger le sandwich qu’ils avaient tous emportés de l’hôtel. L’Espagne était magnifique et riche culturellement, il ne s’en cachait pas. Néanmoins, il préférait de loin la tranquillité des paysages quotidiens. Même sa bonne humeur habituelle ne le sauvait pas. D’autant plus qu’il lui avait formellement été interdit d’emporter son appareil photo, les éducateurs ne voulant pas être responsable des éventuels dommages qui pourraient lui être apportés. A quoi servait alors celui-ci si ce n’était pas pour prendre quelques photos ? Néanmoins, s’il ne l’avait pas avec lui actuellement, cela ne l’avait en rien empêché de le glisser dans sa valise entre quelques vêtements pour veiller à bien le protéger.

Sur cette courte pensée, il reporta son attention sur Yanis et Terry qui mangeaient avec appétit. Il fallait croire que marcher leur avait donné faim. Il entendit alors Yanis entamer un quelconque sujet de conversation.

-         Ca ne pose pas de problème par rapport au régime que tu suis de venir en Espagne ? Demanda-t-il à l’égard de Terry.

-         Le médecin a bien voulu faire une exception pour une semaine. Du moment que je mange correctement.

-         Mais tu n’as pas encore repris tout ton poids, je me trompe ?

-         Tu as raison. J’ai toujours eu du mal à grossir. Tout de suite, ça complique tout.

Ca compliquait tout, c’était vrai. Mais Terry ne comptait pas jouer avec sa santé, Maxime le savait. Cela n’empêchait cependant pas Yanis de se soucier davantage de lui comme à son habitude depuis son retour à l’école. Terry n’y faisait plus vraiment attention. Il se contentait de répondre à ses questions, et par la même occasion de le rassurer. Lui-même allait néanmoins intervenir en voyant Yanis se préparer à lui poser d’autres questions. Le jeune homme se faisait infernal quand il s’inquiétait.

-         Laisse-le un peu tranquille, tu veux ?!

-         Ca ne me dérange pas, intervint immédiatement Terry.

-         Non, il a raison, conclut alors Yanis. Je peux parfois me montrer insistant.

Si Terry décidait de laisser passer le sujet, il n’était néanmoins que ravi d’être assis à côté de Yanis sur un muret pendant qu’il dégustait son sandwich. Il n’avait déjà plus faim, mais il se forçat avant de reprendre la parole d’une voix posée. Il s’était rappelé ce qu’avait dit Yanis un peu plus tôt dans la matinée. De sa fascination pour la mosquée. De cette vision qu’il se faisait des fantômes et probables esprits qui hantaient les lieux.

-         C’est idiot de ma part, dit-il en s’installant un peu plus confortablement, mais depuis que je connais, c’est la première fois que je remarque combien tu es particulier.

-         Tu veux parler de mon intérêt pour les sciences occultes ? Est-ce que ça te semble trop bizarre ?

-         Je ne crois pas que ce soit le mot exact. Ca semble plutôt être hors du commun cette passion que tu entretiens.

-         Je te rassure, je n’en suis pas encore à conserver des organes humains dans des bocaux ou à pratiquer des rituels sur les personnes que je n’apprécie pas.

Terry ne pu s’empêcher de trouver cette insinuation comique. Yanis prenait tout avec tellement de spécificité que s’en était presque surnaturel.

-         Si c’était le cas, je jurerais que tu es propice à devenir un psychopathe.

-         Ne dis pas ça, tu vas lui donner de mauvaises idées, se manifesta Maxime.

-         Ca te ferait peur ? Se moqua Yanis. Pourtant, ne dit-on pas qu’ils ont un esprit brillant ? Je pourrais presque leur ressembler. Sauf que je suis incapable de tuer.

C’était lors de conversations de ce genre que Terry laissait la tristesse de ce qu’il jugeait désormais être les vieux moments prendre le dessus sur son envie de se donner une chance de profiter de la vie. Comme tout le monde. Heureusement, ils étaient peu nombreux. Mais cela n’empêchait en rien la question de tourner en rond dans sa tête. Pour la première fois, il s’y attarda.

-         Comment est-ce que tu considères la mort à travers tes croyances, Yanis ?

-         La mort ? Qu’est-ce que je pourrais te dire ? C’est simplement la fin de tout ce qui peut prouver que nous existons bel et bien.

-         Très spirituel, mais ce n’est pas ce que je veux dire.

Yanis comprenait parfaitement où il voulait en venir. Il avait besoin de trouver certaines réponses à ses propres actes. S’il s’était justifié par rapport à eux, le plus important restait qu’il soit en accord avec lui-même.

-         Je suppose que la mort devrait toujours rester naturelle. Elle n’est pas pardonnable à partir du moment où elle ne l’est pas. Même s’il reste des erreurs à effacer ou des décisions à prendre, vivre en laisse l’opportunité. Au risque de me répéter, vivre c’est prouver qu’on existe.

Prouver que l’on existe. C’était parfois bien compliqué à faire. Mais en même temps tellement vrai. Cette conversation ne dû pas plaire à Maxime, car il se permit d’intervenir.

-         Parler de la mort par une journée aussi ensoleillée ! S’exclama-t-il. Un peu plus de joie, je vous prie.

Ils le lui accordaient pleinement. Dans quelques minutes, ils devraient bientôt continuer la visite de l’Andalousie, et c’était déjà bien assez pénible pour certains d’entre eux. Il était en conséquence hors de question d’en rajouter une couche.

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Frédéric était ravi de constater que le petit groupe de Terry se portait parfaitement bien. Lors de la visite de la mosquée, en les entendant parler, il avait cru comprendre que deux d’entre eux ne s’amusait pas totalement. Lui-même n’était pas friand du tourisme culturel, mais il avait finalement décidé de s’y coller pour aujourd’hui. Il avait pourtant failli rester à l’hôtel ce matin, mais il s’était en fin de compte décidé à les accompagner dans l’unique but de suivre Nash. Il n’avait pas pu résister, c’était plus fort que lui. Il fallait absolument qu’il l’ait dans son champ de vision, faute de pouvoir le toucher librement. Il semblait autant s’ennuyer que Terry et Maxime, mais ne les accostait pas pour autant. C’était à croire qu’il avait décidé de passer cette journée en solitaire. Sans doute était-ce juste dû à de bonnes vieilles habitudes qu’il ne désirait pas perdre.

Frédéric aurait bien voulu lui tenir compagnie, même en s’affichant pleinement sous son rôle de professeur, mais il préférait rester prudent jusqu’au bout. Le poussant ainsi à passer son chemin sans lui adresser la parole, il attendit que les visites reprennent pour se placer juste à côté de Terry qui s’était détaché de son groupe et espérer faire passer ce sentiment de frustration intense qui le rongeait en discutant un peu avec lui.

-         Ce n’est pas trop fatiguant pour toi toute cette marche ?

Ce furent les premiers mots qui lui vinrent à l’esprit, et donc les premiers qu’il prononça sans tenir compte qu’après autant de temps, Terry ne voudrait peut-être plus vouloir entendre parler de ses faiblesses.

-         Je vais bien maintenant, professeur. Vous n’êtes plus sans cesse obligé de me demander si je me porte convenablement.

-         C’est vrai, excuse-moi. Je ne peux pas m’empêcher de me faire du souci pour toi.

-         J’aimerais juste que l’on oublie que j’ai pu un jour être fragile. J’ai l’impression que c’est impossible pour mon entourage.

-         D’accord, allons changeons de sujet. Comment trouves-tu cette visite ?

-         Longues.

Frédéric le comprenait et il posa la question la plus adéquate à la situation.

-         Qu’est-ce qui te fait le plus envie ?

Elle aurait pu sembler suspecte à n’importe qui, mais le jeune homme savait qu’elle n’était autre qu’une façon bien détournée d’en venir à son humeur actuelle.

-         Ce que je voudrais, répéta-t-il d’un air mi-absent mi-concerné. Je voudrais voir cette visite s’achever. Rentrer à l’hôtel et retrouver Ludovic pour passer un peu de temps avec lui. C’était le but de ce voyage, non ? Passer du temps entre amis. Bien sûr, tout cela en plus de découvrir du paysage.

-         C’est très juste.

-         Dans ce cas, je ne suis pas satisfait actuellement. Je suis privé de certaines personnes à qui je tiens pour une journée entière.

C’était audacieux de lâcher cela de cette manière, mais ce n’en était pas moins ses ressentiments actuels. Qu’en était-il du professeur Armand dans ces conditions ? Il se le demandait bien volontiers.

-         Et vous, vous aimez ces visites ?

-         Moi ? Oh tu sais, l’Espagne, je l’ai déjà visité étant jeune. J’étais juste un peu plus âgé que toi.

-         Vous en avez gardé un bon souvenir ?

-         Assez bon pour ne pas désirer tout revisiter une seconde fois. Des monuments comme la mosquée de ce matin, ça ne s’oublie pas.

-         Donc, vous partagez mon ennui en ce jour ?

-         Seulement en ce jour, Terry.

Le concerné eut rapidement fait de suivre son regard. Celui-ci s’aventurait sur une personne bien précise. Un jeune homme qui leur tournait le dos et ne s’encombrait de personne à ses côtés.

-         C’est Nash que vous regardez ?

-         Tu as deviné ?

-         Ce n’était pas bien difficile. Mais pourquoi n’allez-vous pas près de lui ?

-         Tu imagines la réputation d’un professeur qui fait chaque visite en tenant compagnie à un seul élève ? Et les autres ?

-         Vous me parlez bien actuellement.

-         Ce n’est pas pareil.

Terry le savait. Ce n’était pas sa compagnie qu’il recherchait vraiment. Ce n’était pas non plus de la même manière. Mais c’était blessant de les voir en solitaire chacun de leur côté. C’était particulièrement triste quand on avait connaissance de ce qui les poussait à agir de la sorte.

Par Azalea - Publié dans : Frères de coeur
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Dimanche 10 août 2008 7 10 /08 /Août /2008 09:23

Partie 2

En fin de compte, Evan les avait délaissé pour partir seul en ville. Leurs chemins divergeant, Nash et Terry s’étaient retrouvés sur la plage non loin de l’hôtel. S’étant assis, il s’abîmaient à présent à contempler le couché du soleil dont les vagues semblaient vouloir s’emparer pour l’attirer au plus profond de l’océan. C’était une belle image. Une vue superbe qui les laissait plus détendus que jamais côte à côte.

-         Est-ce que ça te plait ? Demanda soudainement Nash. C’était ce à quoi tu t’attendais ?

-         Difficile à dire pour le moment. L’Espagne est grande, j’ai encore beaucoup de découvertes qui m’attendent.

-         L’Espagne est grande… Tu ne mâches pas tes mots.

-         Tu t’attendais à ce que je me fasse une idée à la simple vue d’un couché de soleil ? Je compte toujours sur toi pour jouer les guides touristiques.

Nash laissa ses épaules se secouer d’un léger rire. Terry n’avait pas oublié leur promesse et il s’en réjouissait d’avance. Pourtant…

-         Notre complicité n’a pas l’air de plaire à Ludovic.

-         Je crois que c’est avant tout le fruit d’une mésentente entre vous. Comment ça se fait que vous détestiez autant ?

La couleur oranger que projetait le soleil parcourait désormais l’entièreté de la plage, les plongeant eux aussi dans cette atmosphère particulière qu’elle dégageait. Dans ces moments-là, Terry était d’humeur à croire que tout pourrait changer. Mais Nash eut bien vite fait de le contredire.

-         Au début, je pensais que tout démarrait uniquement de cette histoire de chantage que je t’avais fait, mais finalement, je pense que nous possédons simplement deux caractères qui ne pourront jamais s’entendre. C’est triste à dire, mais ça existe bel et bien, et nous en sommes victimes.

-         Tu dis ça comme si c’était normal.

-         Ca ne l’est pas ? Moi je pense surtout que c’est la vie qui veut ça. Certaines personnes s’entendent particulièrement bien comme nous deux, et pour d’autres…

-         N’en dis pas plus, je crois que j’ai compris.

Terry laissa sa tête basculer en arrière pour contempler le ciel. Il semblait songeur, et Nash n’en était que plus curieux.

-         Est-ce que ça te déçoit ?

-         Ca devrait, mais ce n’est pas le cas. Je suis toujours parvenu à vivre avec ce détail jusqu’à présent. Je ne vois pas pourquoi il en serait autrement. Je serais sans doute même désarmé si vous commenciez à bien vous entendre.

-         Je te l’accorde.

Nash préféra ne pas insister sur le sujet.

-         Au fait, dit-il en lui faisant remarquer sa tenue actuelle d’un signe de tête, tu ne comptes pas te balader avec des manches longues durant tout ton séjour ?

-         C’est pour les marques…

Terry lui accordait cette remarque. Toutefois, il ne désirait pas sentir le regard des autres élèves ou des espagnols sur son bras qui gardait encore les traces de coupure qui ne partiraient sans doute plus jamais. C’était quelque chose au-dessus de quoi il n’était toujours pas parvenu à passer. Nash se saisit alors de celui-ci pour remonter sa manche. Il n’avait encore jamais eu l’occasion de considérer ses blessures. La plupart s’étaient colorées d’une couleur rosée, d’autres qui avaient été moins profondes laissaient apparaître de fines lignes blanches. En aucun cas son camarade ne désirait reparler de ce qu’il avait fait, étant d’accord pour passer à autre chose et laisser au passé ce qui lui appartenait. Aussi tourna-t-il cela à la dérision.

-         On va dire blessures de guerre. Mais même les guerriers les plus féroces ont droit à un repos bien mérité. Tu es ici pour t’amuser et non pas pour te soucier de l’avis des autres. Profite-en, Terry. Ne te cache plus sous des vêtements qui ne masquent pas seulement ton corps, mais aussi ta joie de vivre. Au moins quand nous sommes avec toi.

-         J’y penserai.

Nash n’insista pas. Il considéra plutôt l’heure qui passait. Dans à peine dix minutes, ils devaient être à l’hôtel pour le repas du soir.

-         Ca te dérange si on fait notre possible pour arriver à l’heure pour le repas ? Demanda-t-il.

-         Ca te dérange si on court ?

D’un commun accord, ils se hâtèrent de retourner rapidement à l’hôtel. En aucun cas, ils ne voulaient risquer de se voir en proie aux remarques dès leur arrivée.

------------

 

Le repas se déroula à peu près tranquillement. Depuis la table des éducateurs où il se trouvait, Frédéric avait été soulagé de voir Nash et Terry arriver avant qu’ils ne soient suffisamment en retard pour se faire remarquer de tous. Ils se séparèrent, allant chacun s’asseoir à leur propre table où étaient déjà installés leurs amis.

Frédéric aurait alors cru que le repas se déroulerait placidement. Même ennuyeusement lorsqu’il entendait Marco à ses côtés commencer à lui faire la conversation. Mais discrètement, son regard glissa de son assiette à Nash à qui l’on servait son plat. Pour leur premier repas, ils avaient droit à un mélange de poissons et de fruits de mer. Un véritable délice aux yeux de la plupart des élèves qui n’avaient pas pour habitude de souvent se régaler de tels mets.

Bien vite, son regard s’accrocha à celui du jeune homme qui regardait dans sa direction. Que devait-il y lire ? Une certaine colère de se voir priver de celui qu’il désirait ardemment ? Un sentiment de solitude comme il lui en avait fait part à leur arrivée ? Mais tout cela fut remplacé par un rictus moqueur. Se saisissant d’une longue crevette, il la porta à ses lèvres et se mit à laisser sa langue la caresser de haut en bas, façon bien particulière de le provoquer d’où il se trouvait, mais qui lui était caractéristique. Frédéric lui envoya juste un regard mauvais pour toute réponse, et il le vit ensuite croquer dans l’aliment avec plaisir en s’apercevant qu’il le gênait. L’allusion ne pouvait être plus prononcée. Il détourna la tête.

A ses côtés, Marco sembla se vexer de son comportement à lui.

-         Est-ce que vous m’écoutez, professeur Armand ? Depuis tout à l’heure vous semblez ailleurs.

-         Veuillez m’excusez.

-         Je vous disais simplement qu’une visite avait été organisée pour demain dans la matinée. Est-ce que vous serez des nôtres ? Tous les éducateurs ne sont pas forcés de venir, nous ne partons qu’avec une partie des élèves.

-         Je verrai cela demain matin.

Cette soirée-là, Frédéric n’avait pas la tête à réfléchir quant à son emploi du temps. Il maudissait d’ailleurs même Marco de le coller autant depuis quelque temps. Exactement depuis la fois où il avait vu Nash sortir de sa chambre. Se doutait-il de quelque chose ? Quoiqu’il en soit, il ne savait pas s’il lui serait véritablement facile de trouver des occasions où ils ne pourraient être qu’à deux. Juste à deux, Nash et lui-même.

------------

 

Nash ressortit frustré du restaurant en compagnie de Nathan et Evan. Les deux garçons avaient certainement dû noter son petit jeu, mais ils ne lui avaient fait aucune remarque, préférant se consacrer l’un à l’autre. Il s’était donc momentanément séparé d’eux, mais ce fut seulement pour se retrouver face à Ludovic qui en avait profité pour s’approcher de lui. Ils allèrent dans un coin où les élèves étaient peu nombreux.

-         J’ai à te parler, dit-il simplement, laissant un doute planer quant à ce qu’il avait lui annoncer.

Quelque chose dans sa voix sonnait différemment. Il semblait moins en colère. Moins susceptible de s’énerver à la moindre remarque. Nash prit sur lui pour l’écouter.

-         J’ai cru comprendre que ces vacances étaient importantes pour lui. A cause de toi.

-         Pas seulement, corrigea Nash.

-         Peut-être, mais j’aimerais que les choses soient claires entre nous.

-         Précise ta pensée.

-         J’accepte que tu profites de ces vacances avec lui, mais je tiens à ce que tu n’entraves pas ce que je vis avec lui. Je compte moi aussi sur ces vacances pour complètement le retrouver. Je refuse que tu me voles tous les moments d’intimité que je pourrais avoir avec lui.

Nash encaissa sans broncher. Voler ses moments d’intimité. Il en était donc là dans ses préjugés à son égard. Il préféra rectifier le tir tout de suite.

-         Je n’ai jamais eu l’intention d’être un obstacle à votre relation. Je désire juste passer quelques moments avec Terry. Pas tous. Est-ce que ça pose à ce point un problème ?

-         Je suppose que je suis forcé de te les accorder. Mais je le fais uniquement pour lui. Parce que je sais ce que tu représentes pour lui.

-         Très touchant cette démonstration de bons sentiments. Alors faisons un marché. Essayons de vivre dans la même chambre sans nous sauter à la gorge une seule fois pendant cette semaine. Je me comporterai de façon exemplaire avec toi pendant toute cette semaine à condition que tu en fasses de même. Uniquement pour Terry.

-         Uniquement pour Terry ? Qu’est-ce qui me prouve que tu ne me nuiras vraiment pas ?

-         Le fait que je veuille son bonheur moi aussi.

Ludovic aurait pu refuser de s’accorder à ce marché qui signifiait qu’il serait forcé de supporter sa vue durant toute une semaine sans rien dire. Sans même protester une seule fois. Pourtant, il pensa à ce que ressentirait Terry s’ils se menaient une guerre froide chaque jour.

-         J’accepte. Pour lui…

-         Ravi que nous soyons tombés d’accord.

Ca avait été dit, et Nash s’empressa de le délaisser. Ce qui était alors étrange était de les voir marcher à l’écart l’un de l’autre alors qu’ils se dirigeaient tous les deux en direction de la même chambre.

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Nathan avait bien cerné le problème qui menaçait la chambre qu’ils partageaient tous ensemble. Il avait bien compris que Nash et Ludovic risquaient de gâcher l’ambiance si quelqu’un ne mettait en œuvre les dispositions nécessaires pour créer une atmosphère plus détendue. Plus propice à de vraies vacances. Les deux jeunes hommes étaient revenus presque en même temps, mais ne se regardaient même plus.

Nathan s’était alors mis à jouer de la guitare, attirant tous les regards sur lui, mais détendant les visages. La mélodie qu’il interprétait était joyeuse. En accord avec le soleil d’Espagne qui brillerait de nouveau dès le lendemain matin. Dès leur réveil. Personne ne parlait plus. Certains se décidèrent même à ranger leurs affaires tout en l’écoutant. Il allait continuer sur sa lancée quand Evan se montra surprenant. Il eut juste le temps de le voir s’installer à ses côtés. Juste le temps d’entendre un tout autre son se joindre à celui de sa guitare. Il s’arrête alors de jouer pour tourner la tête dans sa direction. Evan tenait entre ses jambes croisées deux minis tambourins reliés entre eux sur lesquels il s’acharnait à tenter d’associer un même rythme au sien.

-         Ne t’arrête pas, confia-t-il. Laisse-moi essayer d’aller à ton rythme.

Nathan se remit à gratter les cordes de sa guitare avec un grand sourire. Un sourire qui s’agrandit lorsqu’il s’aperçut qu’Evan s’accordait de mieux en mieux avec lui et que la mélodie qui se dégageait de leurs instruments devenait de plus en plus agréable. De plus en plus enjouée. De plus en plus prenante. Pour preuve, l’un de ceux qui les fixaient désormais avec des yeux ouverts grands comme des soucoupes se leva pour venir se déhancher non loin d’eux tout en frappant dans ses mains. C’était le plus excentrique de la bande. Le plus amusant. Celui qui n’avait pas peur de se ridiculiser.

-         Maxime…

Cette voix gênée était celle de son camarade qui tentait de le rappeler à l’ordre, sans doute honteux de le voir s’exhiber de cette manière. Mais le concerné eut vite fait de l’attirer à lui pour l’obliger à l’imiter. Il se laissa faire quelque peu réticent au début.

-         Vous devriez déjà être debout vous aussi, lança-t-il finalement en se sentant un peu seul dans une telle situation.

Et il avait raison. La chambre regorgeait de bien assez d’espace pour qu’ils participent tous. Nash comprit le message, car il se leva à son tour suivi de Terry. Il ne restait plus que Ludovic, plus sérieux que jamais, assis sur son lit. Il était en proie à une hésitation colossale. Mais Maxime l’en dissuada rapidement.

-         Toi aussi, Ludo. Oublie le plus important, nous sommes en vacances là !

Il le tira par une main et le jeune homme fut bien forcé de se mettre dans l’ambiance lui aussi.

Nathan était fier de lui comme d’Evan. En à peine quelques minutes, ils étaient parvenus à détendre l’atmosphère. Le calme était bien trop triste. Personne ne devait être mis de côté. Surtout pas. Ils le savaient, les éducateurs débarqueraient sans doute rapidement pour leur demander de cesser ce boucan infernal puisque la nuit approchait. Mais pour l’heure, ils s’en moquaient. Si ce début de vacances avait mal commencé pour tous, il menaçait à présent de se dérouler dans une ambiance plus joyeuse. Il le souhaitait sincèrement, car lui n’aimait pas s’ennuyer. Cela lui rappelait trop souvent les jours où il restait enfermé chez lui à attendre sa prochaine sortie dans les quartiers de Paris. Aujourd’hui, ils étaient en Espagne et il savourait une ambiance toute autre, mais bien plus joyeuse que ce qu’il avait connu à Sainte Bénédicte pendant une année entière.

Par Azalea - Publié dans : Frères de coeur
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Dimanche 10 août 2008 7 10 /08 /Août /2008 09:19

deedlit: Bon retour^^Puisque tu es décidée à lire la suite, j'espère juste qu'elle te plaira.

Chapitre LXX : L’arrivée.

 

Partie 1

Frédéric était déjà venu en Espagne autrefois. A l’époque, il était encore jeune homme. Un voyage entre amis. Un voyage pour lequel il avait fêté la fin de ses études et ses jours à venir en tant qu’éducateur. Quel âge avait-il ? Vingt-deux ans tout au plus ? Il s’en rappelait très bien. Il avait été charmé par la beauté des paysages. Réchauffé par le soleil. Il plaisait autant qu’aujourd’hui. Pourtant, ce n’était pas sur lui que le regard des espagnols se posait le plus. Mais bien sur Nash. Nash et sa chemise légèrement ouverte sur un torse bronzé et bien fait. Un pantalon moulant galbant avec perfection ses jambes finement musclées. Ses cheveux sombres encadrant avec charme un visage sculpté tout en beauté. Il avait l’impression qu’en devenant un homme, le garçon s’embellissait davantage qu’au début de leur rencontre. C’était sans compter qu’il ne lui suffisait que d’une démarche quelque peu féline pour faire tourner la tête à chaque homme et femme sur son chemin. Cela semblait l’amuser. Bien plus qu’à lui-même. Mais ce n’était pas son souci principal actuellement. Il lui faisait suffisamment confiance pour savoir qu’il n’avait pas à s’inquiéter d’une quelconque trahison de sa part. Il pouvait avoir confiance malgré les airs de débauché qu’il prenait plaisir à se donner.

En compagnie de certains éducateurs, il entra dans l’immense hall lumineux de l’hôtel qui les accueillait. Ce n’était pas un hôtel de luxe. Tout juste dans les moyens de l’école. Des murs peints en des couleurs vives. Un tapis miteux sous ses pieds. L’école n’avait pas les moyens de s’offrir le grand luxe d’un logement à plusieurs étoiles.

Passant devant la longue file des élèves, il décida qu’il était temps de les répartir dans les chambres. On lui apprit à la réception qu’il s’agissait de chambres de six ou huit personnes, les rares chambres de deux personnes n’étant réservées qu’aux éducateurs. Il allait alors prendre la parole lorsque brusquement, Evan vint à sa rencontre.

-         Professeur Armand, Nash ne se sent pas bien.

Alerté, il suivit immédiatement le châtain jusqu’à lui. Pourquoi fallait-il qu’il détourne les yeux de lui l’espace d’un instant pour qu’un incident survienne ? Quand il arriva tout près du car, il le retrouva assis sur sa valise, la tête plongée entre les mains. Il s’agenouilla devant lui et s’abstint de justesse de passer une main sur son visage.

-         Qu’est-ce qui ne va pas, Nash ?

Le garçon osa poser sur lui un regard que Frédéric lui avait connu il y a bien longtemps. Un regard qui mijotait un mauvais coup. Un regard empli de malice.

-         Le voyage m’a un peu retourné, professeur. J’aimerais me rafraîchir le visage avec un peu d’eau.

L’homme le poussa alors à se lever pour le suivre. Il avait veillé à ne pas lui proposer sa main pour qu’il puisse la saisir. Juste à le lui faire comprendre. Il avait repéré des toilettes dès son entrée dans l’hôtel. Il allait l’y accompagner. Malheureusement, il avait simplement été inconscient. Il ne s’était pas douté de quoique ce soit venant de Nash. Il le connaissait pourtant si bien.

A peine se retrouvèrent-ils seuls qu’il se retrouva accolé contre la porte de l’une des cabines. Nash se faisait une nouvelle fois imprévisible. Les personnes imprévisibles étaient souvent les plus dangereuses. Il s’en voulait de s’être fait aussi facilement piégé. Lorsque le jeune homme libéra sa bouche qu’il avait capturée avec fougue, il s’empressa de reprendre les choses en mains. Du moins l’espéra-t-il. Il inversa les rôles et le plaqua à son tour sous lui en prenant bien garde de maintenir une certaine distance entre leurs corps.

-         Plutôt rapidement passé ton chamboulement si soudain. Apparemment, le voyage ne t’a pas autant retourné que tu l’aurais cru.

-         Tout va bien, professeur. Le voyage m’a surtout chamboulé parce qu’il s’est fait long. Je crois que je souffre en réalité de solitude.

-         Ne te fous pas de moi, Nash ! Tu as délibérément menti pour m’attirer avec toi dans les toilettes de l’hôtel. Est-ce que tu te rends comptes de l’imprudence dans laquelle tu me plonges ?!

-         Tout va bien, Frédéric. Personne ne viendra tout de suite ici. Pas avant que les chambres ne soient réparties en tout cas. Je voulais en profiter pour être avec toi. Je ne pouvais pas attendre plus longtemps avant de te retrouver. Toi non plus. Avoue-le au moins. Tu es si distant depuis quelque temps que ça va nous rendre fou tous les deux.

Frédéric était chamboulé. Davantage que ce que Nash avait pu lui inventer au travers de son mensonge vicieux. A trente-six ans, il se rendait compte que ses agissements n’étaient pas un exemple de sagesse. Il s’était éprouvé d’un adolescent au point de sentir ses tripes se retourner lorsqu’il n’était plus là. Il y avait quelques jours, il avait même carburé au whisky. Une vieille bouteille qu’il avait achetée dans un supermarché non loin de l’école. Il aurait espéré se changer les idées pour ne pas avoir à prendre de nouveaux risques inutiles. Il avait même mis un point d’honneur à mettre un terme à leurs fugues le soir venu lors des week-ends pour se retrouver chez lui. Simple question de prudence. Ils devaient s’aimer en cachette et faire attention au moindre regard. Pourtant, à l’instant, c’était bien lui qui avait attrapé avec poigne Nash par les épaules pour prendre possession de ses lèvres avec avidité. Pour labourer sa bouche de sa langue insistante. Jusqu’à ce qu’à le libérer à bout de souffle. Le garçon afficha un air perfide.

-         On dirait bien que je ne suis pas le seul à être en manque, dit-il en passant deux doigts dans son cou. Deux doigts qui vinrent titiller le col de sa chemise.

-         Ne plaisante pas avec ça. Ce que tu fais…

Il remonta immédiatement ceux-ci à hauteur de son visage pour l’empêcher de parler. Au niveau de ses lèvres.

-         Ne dis rien. Je comprends parfaitement. Mais fais-moi plaisir, réserve-nous des occasions. J’ai très envie de te sentir en moi rapidement.

Et il le laissa sur cette irrésistible demande. S’il s’écoutait, Frédéric lui aurait arraché ses vêtements un à un pour bien lui faire comprendre que lui aussi désirait tout autant le posséder. Mais il y avait des choses qu’il ne pouvait ignorer. Des élèves qui attendaient qu’il vienne à leur rescousse pour certaines formalités, les éducateurs devant sans doute se montrer bien trop stricts que ce qu’il n’était.

Lorsqu’il revint, il fit mine de ne rien ressentir de l’excitation que lui avait fait ressentir Nash. Il aperçut d’ailleurs celui-ci en compagnie de Nathan et Evan qui avait rapidement dû comprendre sa petite comédie dans le but de se retrouver quelques instants en tête à tête avec lui.

------------

 

Ludovic n’aurait jamais cru qu’ils en arriveraient là au moment même où il avait mis les pieds dans l’hôtel. Terry étant incapable de porter seul sa valise, il maudit le manque d’organisation du personnel scolaire de les faire autant attendre. Il se sentait encombré avec tous ces bagages autour de lui. Tout comme Yanis et Maxime, il n’en doutait pas. Cependant, si seulement il avait alors prévu ce qui arriverait, il se serait abstenu de vouloir rapidement obtenir le numéro de leur chambre. Le problème venait de là, il le savait, du fait qu’il faille absolument composer des chambres de huit élèves. Maxime fut le premier à s’en inquiéter.

-         Nous ne sommes que quatre et je n’ai franchement pas envie de me retrouver avec d’autres élèves que je ne connais pas.

-         Tu n’avais pas besoin de le dire pour qu’on te l’accorde, Max.

Yanis qui avait rétorqué ces mots parut un instant songeur. Mais ce fut Terry qui les surprit le plus, accordant à Ludovic une réflexion désagréable.

-         Et si on demandait à Nash, Evan et Nathan de venir avec nous ?

Ca aurait pu à première vue ne poser aucun problème. En tout cas, ça n’en était pas un pour Maxime. Yanis savait qu’il pourrait supporter la situation. Mais en ce qui le concernait, il était partagé. Ravi de partager éventuellement la même chambre avec Evan. Indifférent par rapport à Nathan qu’il ne connaissait même pas. Colérique à l’idée de devoir supporter Nash même durant quelques minutes. Ce mélange de sentiments le plongeait dans un dilemme qui lui donnait presque envie d’abandonner sur le champ tout choix à faire et de dormir seul dans le couloir s’il avait pu le faire. Mais Terry le regardait avec cette innocence sur le visage qui se manifestait toujours dans ces moments-là. Maxime osa alors se manifester.

-         Si c’est Nash qui te dérange, il y a toujours moyen de l’éloigner un maximum de toi. Huit personnes, ça signifie huit lits. La chambre doit être grande.

Ludovic passa un regard hésitant sur lui. Il avait beau lui dire cela pour tenter de le convaincre, il restait indécis. Nash était Nash et le resterait. Même à une distance raisonnable, il pourrait sans difficulté se montrer agaçant. Il lui suffisait de se rappeler sa provocation de la veille pour en être convaincu.

-         C’est du délire ! S’exclama-t-il au bout de plusieurs minutes. On n’a pas idée de faire des chambres de huit personnes ! Qu’est-ce que c’est que ça pour un hôtel ?

-         Tu sais que l’école n’avait pas moyen de se payer le grand luxe, expliqua Yanis. Nous avons beau avoir l’impression d’être au sein d’une école privée à Sainte Bénédicte, il y a tout de même des limites. D’autant plus que tous les élèves ne sont pas capables de se payer un tel voyage et qu’elle doit intervenir pour eux.

-         Merci pour tes explications, Yanis, mais elles ne m’éclairent pas sur la décision à prendre.

-         Pour ma part, ça ne pose aucun problème.

Comme pour l’enfoncer un peu plus dans sa prise de décision difficile, Terry n’en ajouta qu’un peu plus. Il aurait alors voulu lui dire de se taire. De ne pas le contrarier davantage, mais il l’écouta tout de même parler. Il fut attentif à sa façon de tenter de le convaincre de la sympathie que lui évoquait l’allusion de passer cette semaine dans la même chambre que Nash. Ce qui suffit à en ajouter un peu plus à sa haine contre lui. A cette soudaine crise de jalousie qui avait pris possession de lui depuis bien des semaines.

-         Ca me ferait vraiment plaisir, Ludovic. Tu sais combien Nash est un ami précieux pour moi. Ce serait certainement les vacances les plus parfaites que je connaîtrai.

S’il avait eu le courage de le contrarier ! Pourtant, les mots roulèrent sur sa langue et s’échappèrent dans murmure des ses lèvres sans qu’il ne puisse les retenir plus longtemps.

-         Très bien, c’est d’accord.

Il le regretterait tôt ou tard, il en était persuadé. Mais la joie soudaine du jeune homme le partagea entre jalousie et bonheur.

------------

 

Terry s’était lui-même chargé d’aller les prévenir de cet accord passé. Les trois jeunes hommes n’y avaient vu aucun problème. Bien entendu, il s’était également chargé de mettre en garde Nash contre un quelconque mauvais comportement qui plongerait à tous les coups Ludovic dans une rage terrible. Sa façon de le dire n’avait rien de contrariant. Il y avait mis beaucoup de tact. Le temps nécessaire pour faire comprendre à son camarade qu’il désirait que tout se passe pour le mieux. Nash avait compris et lui avait juste promis de mettre ce séjour à contribution pour passer un peu de bon temps ensemble.

La chambre n’avait pas été aménagée pour leur plaire davantage que le hall d’entrée. Quatre lits superposés les uns par rapports aux autres dans une chambre aux couleurs étrangement accordées. De quoi se regarder froidement dans le blanc des yeux le soir venu. Sans compter sur l’unique salle de bain qu’ils devraient se partager.

L’atmosphère était tendue. Les deux groupes s’étaient répartis chacun de leur côté, mis à part peut-être Evan qui s’était fait plus proche de Ludovic dans le choix de son lit.

Toutefois, ils n’étaient qu’en fin d’après-midi, et les éducateurs leur avaient laissé une bonne heure de libre avant le repas du soir. Nash, loin de se soucier de ce genre de détail pour l’instant, fut le premier à prouver qu’il comptait bien en profiter. Il bascula sa valise sur l’un des lits du haut et les regarda tous avec attention.

-         Je vais aller faire un tour en ville. Quelqu’un veut-il venir ?

Evan fut le premier à répondre.

-         Ca me tente bien. Et puis, j’ai déjà repéré quelque chose qu’il faut absolument que j’achète.

Curieusement, Nathan ne se montra pas réceptif au fait de les suivre. Il préférait sans aucun doute défaire ses bagages, ce qui était la meilleure chose à faire dès leur arrivée. Le regard de Nash se balada alors sur les autres garçons, jusqu’à ce qu’il s’arrête sur Terry.

-         Et toi, Terry ? Ca ne te dit pas de découvrir l’Espagne en avant première ? Tu pourrais également emmener Ludovic avec toi.

Aussitôt, le jeune homme jeta un regard au brun qui paraissait excédé par toutes ces remarques. S’il n’avait pas été présent, il était convaincu qu’il l’aurait suivi. Mais sa colère rien qu’en le voyant dû prendre le dessus sur la difficulté qu’il éprouvait à laisser partir son petit ami avec lui. Et puis, Evan était là.

-         Va y, dit-il à l’égard du blond. Nous aurons bien le temps de nous promener à deux dès demain.

Terry sourit et partit directement en compagnie des deux autres garçons tandis que Ludovic s’asseyait sur l’un des lits. Celui-ci  écartait le problème plutôt que de le résoudre. Il aurait très bien pu avouer à Nash qu’il ne désirait simplement pas partager Terry avec lui. L’injurier jusqu’à faire pénétrer le message dans son cerveau. Mais il écarta cette idée de son esprit. Avoir Nash dans la même chambre que lui n’était pas un cadeau. La preuve en était qu’il lui avait déjà volé son petit ami à peine arrivé.

Ce fut seulement alors qu’il posa ses yeux sur ce garçon aux cheveux noirs qui avait décidé de rester avec eux. Il en était déjà à défaire quelques vêtements qu’il rangeait avec soin dans l’un des tiroirs non loin de lui. Sentant qu’on le regardait, il prit la parole.

-         Tu ne devrais pas tellement t’inquiéter au sujet de Nash. Il l’a juste pris en affection.

Sa voix était traînante. Comme s’il se fichait de ce genre de problème en faisant néanmoins semblant de s’y intéresser. Ludovic le lui aurait bien fait remarquer dans un accès de colère. Mais il s’agissait de Nathan. Du compagnon d’Evan.

-         Qu’est-ce que je dois comprendre par là ?

-         Ce que tu veux. Ce que moi je sais, c’est que Nash est celui qui l’a maintenu en vie pendant un certain moment en lui promettant des vacances exceptionnelles en Espagne.

-         Et alors ?

-         Rien. Juste que des amitiés sincères, ça existe encore de nos jours.

Que ce soit Ludovic ou Yanis et Maxime qui avaient suivi l’échange sans intervenir, tous avaient compris à quoi il faisait référence. Contre toute attente, Nathan s’avéra être quelqu’un de particulier qui ne se prenait pas la tête. Qui n’encombrait pas non plus celle des autres en mauvaises paroles ou en se montrant curieux et méprisant. Il était juste lui-même en permanence. Les trois autres garçons se surprirent à longtemps discuter avec lui. A parler de choses et d’autres, faisant passer le temps plus rapidement que prévu.

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Samedi 9 août 2008 6 09 /08 /Août /2008 09:10

Partie 2

Maxime s’était empressé de leur trouver une table à quatre. Il voulait absolument qu’ils puissent se faire face durant le trajet. La chance avait voulu qu’ils irritent de Nathan et Evan non loin d’eux, Nash s’étant placé tout seul juste à l’arrière. Cela rendant la route à faire d’autant plus agréable, Yanis se permit de se mettre à l’aise en sortant un vieux livre de son sac. Un vieux livre que Maxime avait souvent déjà pu voir. Les pages étaient jaunies parfois même brunies en coin. Introduction aux sciences occultes.

-         Tu vas lire ça dans le car ? Lui fit-il remarquer.

-         Pourquoi ? Tu as peur que ça attire les mauvais esprits ? je te l’ai déjà dit, ça ne risque pas. Ils auraient bien trop peur de quelqu’un comme toi.

-         N’inverse pas les rôles.

-         Je n’inverse pas les rôles. Imagine un peu leur tête en te voyant avec un sweet-shirt rouge et gris. Sans oublier le foulard orange qui s’y accorde.

-         Tu es juste jaloux.

-         Tu es fou. Jamais je ne serai jaloux de toi. Tu es bien trop… coloré.

Terry eut un rire dans son coin.

-         Avoue, Yanis, que tes vêtements noirs risquent de ne pas vraiment s’accorder avec l’Espagne, dit-il. Sur ce coup, Maxime risque d’être un peu mieux accueilli.

-         Pour une fois qu’il pourra se fondre dans la masse… Je suis sûr que ça va lui déplaire de perdre de son originalité.

Mais Maxime arborait toujours son sourire habituel. De son côté, Ludovic l’observait avec attention. Quand finalement il le vit se saisir de son sac et en sortir quelques sucreries, il ne pu à son tour s’empêcher de sourire sous l’expression de surprise de Yanis qui n’avait même pas dû s’apercevoir de tout ce qu’il avait emporté avec lui.

-         Tu es impossible, Max.

-         Ca ne devrait même plus t’étonner avec le temps.

Il plaça les friandises au centre de la table, les invitant à se servir. En même temps, il en profita pour sortir quelques livres personnels qu’il avait lui aussi emportés. Mais en ce qui le concernait, ce n’était pas pour lui, mais bien pour Terry. Il les le lui tendit et le jeune homme les prit avec joie. Toutefois, en s’apercevant des thèmes qu’ils abordaient, il ne savait pas si cela allait vraiment lui plaire. Extraterrestres. Aliens. Conquête du monde.

-         Tu crois vraiment que Terry va aimer ça ?

-         Ca ne me coûtait rien d’essayer. Ce sont les seuls livres que je possède. Ils sont vieux, mais je voulais au moins essayer de les lui faire découvrir.

-         Ne t’inquiète pas, je compte bien les lire, lui répondit celui-ci en feuilletant l’un des fameux bouquins.

Néanmoins, il n’était lui-même pas vraiment convaincu que ce genre de lecture lui plairait. Mais il ne s’étonnait plus de rien avec Maxime. Il avait toujours eu des goûts quelque peu à part.

Il allait en commencer la lecture lorsqu’il remarqua combien Ludovic restait silencieux. Il lui arrivait parfois d’être comme ça. C’était à croire que même après un mois, il restait encore sous le choc des derniers évènements. Il ne pouvait pas lui en vouloir. Ca ne faisait pas si longtemps qu’il allait mieux. Ils se redécouvraient doucement. Mais celui-ci semblait à présent être le plus touché d’entre eux deux. C’était dans ces moments où il restait complètement muet qu’il le comprenait. Tout ne pouvait pas s’arranger après une simple discussion à l’hôpital. Passant alors son bras sous le sien, il posa sa tête contre son épaule. Il faisait nuit et il pouvait à peine voir le paysage au travers de la vitre. Cela ne l’empêchait cependant pas de le retenir à une certaines proximité de lui.

------------

 

Au bout de plusieurs heures, Ludovic remarqua seulement que Terry s’était endormi. En face de lui, Yanis n’en menait pas plus large, et à peine quelques minutes plus tard, il fermait à son tour les yeux en laissant partir sa tête contre le dossier du siège. Ce fut justement à ce moment là qu’on leur annonça un arrêt pour qu’ils puissent enfin se dégourdir les jambes et aller à la toilette en cas de besoin. Ayant besoin de prendre l’air, il proposa à Maxime de l’accompagner dehors. Il se décala donc de Terry qu’il installa confortablement sans le réveiller avant de sortir du car.

Ce n’était pas une nuit chaude. Mais ce n’était pas non plus une nuit à basse température. Elle était juste comme il les aimait. Fraîche. Un vent s’insinuait parfois dans leurs cheveux alors qu’ils avaient trouvé un endroit calme pour pouvoir se détendre un peu en parlant.

-         Tu ne parviens toujours pas à t’y faire, n’est-ce pas ? Commença Maxime.

Il le regarda sans vraiment comprendre et il précisa sa pensée.

-         Au fait que Terry aille mieux et que vous puissiez reprendre votre histoire normalement ?

-         C’est si voyant que ça pour que même toi tu t’en aperçoives ?

-         Je ne suis pas toujours aveugle à tout. Mais ton silence depuis le début du trajet… Tu prenais plus d’initiatives avant. Tu te montrais plus entreprenant envers lui. Même moi je m’en suis rendu compte.

Ludovic s’appuya contre un arbre non loin de là.

-         Je ne sais plus vraiment comment m’y prendre avec lui. Parfois tout va bien et j’arrive à le serrer sans mal dans mes bras, mais d’autres fois, je crains de voir tout se briser à nouveau avec une facilité déconcertante. Je me rends même compte que je suis constamment en train de veiller à ce qu’il ne fasse plus une quelconque bêtise. C’est plus fort que moi et j’en reste paralysé de terreur.

Le brun était parti dans sa tirade, mais Maxime ne désirait pas entendre le discours hésitant de ce qu’il s’était passé. Il valait mieux y mettre un terme immédiatement.

-         Ca m’aurait étonné que tu puisses tout oublier et faire comme de rien n’était. Je t’avoue que j’ai quelquefois moi-même du mal à ne pas m’inquiéter en voyant de temps en temps son moral baisser. Il en est de même pour Yanis. A chaque fois qu’il se montre dur avec toi en te demandant si tout va bien pour Terry, c’est sa façon à lui de te dire qu’il s’inquiète. Terry n’est pas encore complètement stable. Nous en avons chacun conscience. Toi le premier. Mais rester muet dans ton coin ne servira à rien. Nous devons tous parvenir à lui faire à nouveau confiance. Ne plus craindre de le voir se faire du mal au moindre problème. Ce sera dur. Ce sera long. Mais nous devons tenir bon pour y parvenir.

-         Tu sembles tellement serein quand tu dis ça. Parfois, je ne parviens pas à te comprendre, Maxime. Comment est-ce que tu fais pour ne te soucier de rien ?

-         Tu crois vraiment que je ne me soucie jamais de rien ?

Ludovic tenta de s’imaginer son camarade se mettre dans tous ses états sans y parvenir. Vaincu, il ferma un instant les yeux, ses longs cils touchant presque son visage. Maxime reprit alors d’une voix un peu plus terne que d’habitude.

-         Je me suis toujours dit que ça ne servait à rien de dévoiler l’étendue de sa tristesse ou de son inquiétude aux autres. J’ai toujours tout pris sur moi. L’humour, c’est une excellente façon de se cacher quand quelque chose va mal.

-         Je ne sais pas si ça m’enchante de l’apprendre. C’est pénible de se dire que personne n’a jamais rien vu de ta tristesse quand elle était bien présente. A vrai dire, je crois même que je t’ai rarement vu triste ou en colère. Ca m’a toujours un peu perturbé.

-         Yanis est le seul à deviner mes émotions.

-         Quelque part, je suis un peu jaloux.

-         De nous ?

-         Je remarque simplement que vous ne connaissez pratiquement jamais de mauvais moments. Vous vous comprenez parfaitement. Même le mauvais caractère de Yanis n’a aucun effet sur toi. En ce qui me concerne je n’aurai jamais ta patience.

-         C’est parce que j’ai connaissance de ce qu’il a vécu. Je le connais par cœur. Je sais quand il est bon de le calmer ou pas. Ce qui est à dire quand il se montre trop direct.

Comme le brun se redressait de cet arbre contre lequel il s’était maintenu appuyé jusqu’à présent, Maxime trouva bon de continuer.

-         Tu as parfois du mal à le supporter ?

-         Il pousse parfois les limites au-delà du raisonnable. Il se montre franc à en blesser les autres. Il se fiche de l’impact qu’auront certaines de ses paroles. Mais au fond, il reste également un ami comme toi. Nous nous comprenons juste très mal.

-         Je ne devrais pas te dire ça, mais Yanis est particulier pour des raisons qui lui sont personnelles. Tu sais, quand un gosse se voit enfermé dans une cave par ses parents pendant des heures, ça laisse le temps de se forger une carapace d’acier. Quand j’ai fait sa connaissance la première fois, j’aurais pu le détester si je n’avais pas tenté de l’approcher à ma manière.

-         Qu’est-ce que tu essayes de me faire comprendre ?

-         Rien de bien particulier. Je te fais juste part de ce que moi-même je ressens en cet instant. Tu pourrais même détester Yanis que je resterais toujours à ses côtés comme je resterais ton ami. Mais je pense que c’est important de ne pas s’arrêter sur quelques détails et d’aller plus loin dans sa connaissance de l’autre.

Ludovic haussa les épaules, mais Maxime voyait qu’il lui avait donné à réfléchir. C’était bien la première fois qu’il parlait de cette manière avec quelqu’un. De son côté, il se sentait également grandir. Grandir pour devenir cette personne qui pourrait rendre Yanis heureux. Gagner en maturité. Surtout que pour ces vacances, il l’avait chargé d’une lourde responsabilité. Voyant Ludovic repartir en direction du car, il le suivit tranquillement sans rien ajouter.

------------

 

Nash et ses deux camarades étaient parvenus à se trouver un endroit paisible loin des autres sur une petite colline qui donnait une vue splendide sur la ville illuminée de milles feux sous leurs pieds. Dans quelle région de France se trouvaient-ils actuellement ? Aucun d’eux n’avait pris la peine de jeter un œil aux panneaux indicatifs durant tout le trajet. Cependant, était-ce vraiment important ? Pas vraiment.

D’un seul coup, Nash s’étendit de tout son long dans l’herbe tandis qu’Evan venait s’asseoir à ses côtés. Quant à Nathan, il préférait rester debout à contempler l’horizon. Il faisait nuit complète et cela laissait inéluctablement la place aux confidences. Si bien qu’Evan fut le premier à prendre la parole.

-         Tu étais vraiment obligé de provoquer Ludovic comme tu l’as fait tout à l’heure ?

-         Frédéric se fait distant avec moi, il fallait bien que je tue le temps à ma façon.

-         Je ne m’attendais pas à une autre réponse de ta part. C’est frustrant parfois.

-         Ca prouve juste que tu n’es pas mon meilleur ami pour rien.

Fatigué, Nathan n’intervint pas quant à ce comportement puéril dont pouvait encore de temps à autre faire preuve Nash. Il se contenta juste d’écouter d’une oreille peu attentive ce qui suivi.

-         Qu’est-ce que tu cherches au juste ?

-         Pas grand-chose. Je m’amuse juste en le voyant crever de jalousie à l’idée que je suis un ami trop précieux pour Terry. Je crois qu’il ne comprend pas vraiment cette conception comme il se devrait.

-         Je crois surtout qu’il a encore du chemin à faire pour retrouver les liens qu’il entretenait autrefois avec lui.

-         C’est certain. C’est même ce qui expliquerait ce côté protecteur qu’il évacue en faisant preuve de mauvaise foi à mon égard.

-         Ludovic est juste sérieux à sa manière.

-         Bon Dieu, tu vas même jusqu’à prendre sa défense.

-         A quoi tu t’attendais ? Que je te soutienne dans ta démarche ?

-         Laquelle ? Celle de lui faire comprendre qu’il se fait du souci inutilement ? Qu’il se montre brusquement trop protecteur et jaloux sans qu’il n’ait de véritable raison à cela ? Ce gars se morfond d’inquiétude comme ce n’est pas permis.

Frustré par le comportement de Nash, Evan se laissa à son tour tomber de tout son long dans l’herbe. Elle était légèrement humide, mais il s’en moquait suffisamment pour ne plus bouger.

-         Va y quand même doucement avec lui, dit-il d’une voix éteinte par une soudaine fatigue qui le prenait tout comme Nathan.

-         Je ne suis pas non plus un tortionnaire. Je connais les limites à ne pas dépasser. Et puis, même si l’attitude de Ludovic m’amuse, je ne compte en aucun cas interférer dans leur histoire. Ils sont assez grands pour se débrouiller.

Evan ne répondit rien, laissant juste son regard s’aventurer parmi le ciel étoilé qui s’offrait à eux. Il ne doutait pas que Nash évacuait de cette façon la rage que lui procurait cette distance que Frédéric Armand et lui devaient mettre entre eux durant le trajet en car. Mais lui-même s’avouait que Ludovic n’était plus aussi à l’aise qu’autrefois.

------------

 

Ca faisait déjà cinq bonnes minutes que Ludovic et Maxime étaient entrés dans le car et avaient regagné leur place respective lorsque le brun surprit Yanis en train de trembler de froid. C’était vrai qu’ils n’entretenaient pas la meilleure amitié possible, mais il ne l’appréciait pas moins. Loin de là. S’il lui reprochait sa franchise parfois insolente et son manque de tact, il lui reconnaissait une attention particulière pour les autres et un sens de l’observation à toute épreuve. Se préoccupant avant tout de Terry, il s’aperçut que le jeune homme ne risquait pas d’avoir froid de si tôt alors qu’il dormait contre le dossier de son siège.

D’un geste, il ouvrit alors son sac à dos à l’intérieur duquel il y avait rangé quelques affaires pour deux le temps du voyage et en sortit une couverture. Il n’apprécier pas de voir le jeune homme en proie à la fraîcheur de la nuit, ce qui le poussa à la tendre à Maxime qui menaçait également de s’endormir à tout moment.

-         Je n’ai pas froid, dit-il sans comprendre.

Mais Ludovic lui fit un signe de tête en direction de son voisin. Comprenant immédiatement et le gratifiant d’un sourire en guise de remerciement, il reprit des mains de son petit ami le livre de sciences occultes qu’il tenait toujours sur ses genoux, même dans son sommeil, pour le poser ouvert sur la table.

Pendant qu’il entourait les épaules de Yanis du tissu chaud, il y jeta un bref coup d’œil. L’une des pages était tâchée du sillon de probables larmes versées par le passé. Il ne chercha pas à en savoir davantage. Sous les yeux de Maxime, il se contenta juste de refermer le livre. Celui-ci devant contenir des secrets que Yanis gardait pour lui seul, il voulait respecter son intimité.

Maxime ne dit rien, comprenant sans doute. Peu de temps après, il vit celui-ci se laisser aller à sa propre fatigue tout en appuyant sa tête sur l’épaule de la personne qu’il aimait malgré sa forte personnalité, et qui s’acharnait de temps à autre sur lui, pour fermer les yeux.

Désormais le seul éveillé, Ludovic posa à son tour une main dans les cheveux de Terry pour le forcer à doucement poser la tête contre son cœur. Cette nuit s’annonçait longue s’il ne parvenait pas lui aussi à trouver le sommeil.

Par Azalea - Publié dans : Frères de coeur
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Samedi 9 août 2008 6 09 /08 /Août /2008 09:06

Chapitre LXIX : Le début du voyage.

 

Partie 1

Plus de trois semaines étaient passées et Terry venait d’effectuer son dernier examen quelques heures plus tôt. Il avait compris que Sainte Bénédicte était une école particulièrement organisée. Si les examens se faisaient aussi tôt, c’était uniquement pour permettre à ses élèves de se préparer un minimum au voyage qui allait suivre. Ils avaient un week-end entier pour se préparer à découvrir l’Espagne.

Terry se sentait mieux depuis tout le temps qui était passé. Il avait repris du poids. Il n’avait plus besoin qu’on l’aide à se déplacer, il le faisait très bien lui-même. C’était certain, il n’avait pas encore repris tout son poids initial, faute d’en éprouver beaucoup de mal, il lui arrivait même parfois encore de se trouver en proie à des vertiges, mais il allait bien. Même son moral était complètement revenu. Il lui était rare d’éclater en sanglots brusquement ou de se mettre à déprimer en se prenant au piège d’anciens souvenirs dont sa tentative de suicide faisait désormais partie. Il ne désirait pas non plus reprendre ses séances chez le psychiatre. Il savait qu’il avait parcouru tout le chemin à faire dans le domaine et que le reste ne dépendait plus que de lui. Cependant, Ludovic éprouvait dorénavant le besoin constant de veiller sur lui. Craignait-il une nouvelle faiblesse de sa part ? Un nouveau drame ? Il n’y avait plus de raison véritable à cela, mais il ne semblait pas encore tout à fait confiant pour le moment. Pouvait-il seulement lui en vouloir de ne toujours pas croire en des bases stables après toutes les épreuves par lesquelles ils étaient passés ?

Quoiqu’il en soit, il l’avait attendu jusqu’à la fin de son dernier examen, le sien s’étant terminé quelques jours plus tôt. Revenus ensemble jusqu’à la chambre, Terry s’afférait à présent à faire sa valise.

Il jeta un regard circulaire à la pièce. Posés sur une chaise quelques vêtements propres. Sur son bureau, il y avait ses cours. Dans la salle de bain, tout ce qu’il aurait besoin pour sa toilette personnelle. Il y avait tant de choses à prendre qu’il ne savait pas par où commencer. Il se dit alors qu’il devrait peut-être débuter par ce qui avait la priorité pour lui. Par ce qui avait le plus d’importance. Allant vers son lit, ce fut le livre de Ames perdues qu’il saisit en premier. Il ne lui restait plus que quelques pages à lire, mais il voulait le terminer coûte que coûte. Ensuite, le reste de la monnaie qu’il lui restait des courses de noël. Ce n’était pas grand-chose, même presque rien, mais il espérait pouvoir se trouver un petit souvenir pas cher pour ne pas avoir à oublier les agréables moments qu’ils passeraient certainement tous ensemble là-bas. Ce ne serait que matériel à côté de tout cela, mais ça n’en perdrait pas pour autant son importance.

Depuis son lit sur lequel il s’était installé, Ludovic le regardait faire sans rien dire. Du moins jusqu’à ce qu’il se décide à faire une remarque sur son empressement.

-         Tu fais déjà tes bagages ?

-         Oui. Je ne veux pas m’y prendre à la dernière minute. Il y a tellement de choses auxquelles il faut penser que j’ai peur d’oublier.

-         Relaxe-toi. Tu aurais très bien pu la commencer demain matin et penser à te détendre un peu ce soir.

-         Je le sais, mais c’est tellement important pour moi ces vacances.

Le brun se leva alors et l’attrapa par le bras pour l’obliger à venir s’asseoir quelques minutes à ses côtés.

-         Elles sont importantes pour tout le monde.

-         Pour moi, elles sont symboliques.

-         Symboliques ? Tu n’exagères pas un peu ?

Non, il n’exagérait pas. Beaucoup de valeurs s’inscrivaient à l’avant de cette semaine. Notamment une promesse d’amitié entre Nash et lui. Une promesse riche en découvertes. Mais Terry n’aborda pas ce point avec Ludovic. Si ces vacances étaient importantes pour lui, c’était aussi parce qu’elles recélaient d’autres ambitions.

-         J’aimerais que nous puissions complètement nous retrouver pendant ce séjour.

-         Tu crois que je t’aime moins qu’avant ?

-         Ce n’est pas ça. Je crois surtout qu’il reste encore quelques barrières entre nous. Tu n’as pas oublié ce qu’il s’est passé. Je ne te demande pas de le faire, mais au moins de ne pas constamment vivre avec ça.

-         C’est difficile pour moi.

-         Je le sais bien. C’est pourquoi je veux te prouver que je vais bien maintenant. Tu n’as plus besoin de t’inquiéter en permanence pour moi. Et puis, il y a autre chose qui me dérange.

-         Quoi donc ?

-         Depuis que je suis rentré, nous n’avons toujours pas redormis ensemble.

En effet, c’était comme si Ludovic estimait que le rapprochement de leurs sentiments et de leurs corps lors des nombreuses fois où il l’avait aidé durant sa toilette suffisaient. Terry n’avait pas encore trouvé le courage de lui parler de ce détail, craignant de revenir sur un sujet sensible. Mais la proximité du brun lui manquait. Il réclamait désormais la chaleur de ses bras.

-         Je pensais que tu n’en éprouvais plus le besoin vu qu’il est désormais rare que je doive me lever dans la nuit pour venir te consoler.

-         Parce que tu crois que parce que j’ai réussi à digérer plus ou moins mon passé, je n’ai désormais plus envie de dormir avec toi ? Tu n’en ressens plus le besoin de ton côté ?

-         Bien sûr que si. Nos étreintes me manquent. Mais je ne savais pas comment aborder le sujet avec toi.

-         Je t’aime, Ludovic. Tout ça me manque pour cette raison. Non pas pour que tu me consoles.

Ludovic avait compris le message. Agirait-il alors en conséquence ? Terry devrait juste attendre avant de le savoir. En attendant, il quitta le lit sur lequel il s’était assis pendant un court instant pour revenir à la liste des affaires qu’il devrait emporter. Il s’occupa de ses vêtements avant ses affaires de toilette. Mais alors qu’il en finissait sur tout cela et qu’il repassait en mémoire tout ce qui lui appartenait, il tomba sur un objet qui le perturba quelque peu. Mais il devait le faire. Il y avait déjà pensé et il voulait aller jusqu’au bout de sa décision. Pendant que l’ambiance entre Ludovic et lui était sereine. C’était le moment idéal.

Se positionnant à quatre pattes devant son lit, il l’attrapa rapidement et le sortit de sous la couche de poussière qui s’y était une nouvelle fois incrustée. Le violon de leur père. Il se plaça ensuite juste devant Ludovic qui l’avait suivi des yeux, comprenant à l’avance que la conversation à venir était encline à devenir brusquement plus importante.

-         Je ne veux plus avoir à le cacher, dit-il en le lui tendant. Après tout, il te revient également puisqu’il appartient à notre père.

Ne réalisant pas dans l’immédiat ce qu’il se passait, il se saisit de l’instrument qu’il posa sur les draps. Terry ne bougeait plus, le regardant faire avec le cœur gros tandis qu’il en ouvrit l’étui. Du bout des doigts, Ludovic caressa le bois usé du vieux violon tout en regardant Terry dans les yeux. Des yeux dont ressortait énormément de tristesse. Des yeux qui lui faisaient bien comprendre la valeur de ce violon pour lui. Des yeux de violoniste. D’un seul coup, il referma le tout et le lui rendit.

-         Il te revient, Terry. De nous deux, il n’y a que toi qui sache jouer du violon. Tu es le seul violoniste ici. La seule chose que j’exige, c’est que tu ne cherches plus à en faire un secret.

Terry l’en remercia intérieurement du plus profond de son cœur. Précautionneusement, il alla alors le poser sur son bureau avant de rejoindre les bras de son petit ami au sein desquels il se logea. Il posa un dernier regard sur l’instrument avant de lui porter toute son attention. Après tout, ce n’était qu’un objet de valeur pour lui. Rien qui puisse être comparable aux sentiments qu’il portait à l’égard du brun. Celui-ci sembla le comprendre car il le serra un peu plus fort, l’encourageant à confortablement s’installer contre lui. Terry ne se fit pas prier. Doucement, il profita de sa chaleur rassurante.

------------

 

Qui aurait cru qu’il suffisait juste de mettre des mots sur ses désirs pour les voir s’accomplir ? S’il l’avait su, Terry aurait plus rapidement fait part à Ludovic de son envie de dormir de nouveau avec lui. A présent collé à lui, son corps tout contre le sien, il pouvait pleinement rêver à de nouveaux espoirs. Alors qu’il allait fermer les yeux, son regard se posa sur l’ombre du violon posé sur son bureau. Ludovic dû le comprendre puisqu’il lui fit une remarque qui ne l’étonna pas vraiment.

-         Est-ce que tu crois être un jour capable de rejouer du violon ?

-         Pourquoi tu me demandes ça ?

-         Parce que j’aimerais beaucoup t’entendre en jouer.

-         Tu es sérieux ?

-         Evidemment. Tu crois que parce que notre père était un grand violoniste et que je le détestais lui et sa maudite passion je ne pourrai pas t’écouter ?

Terry laissa planer un moment de silence avant de répondre.

-         Je ne sais pas. Je ne serai sans doute jamais à sa hauteur. Et puis, rejouer du violon, ça me semble presque impossible. Je crois te l’avoir déjà dit. Pire, jouer avec son violon…

-         Je ne comprends pas, Terry. Tu sais en jouer, n’est-ce pas ? Pourquoi ne pas tirer un deuil de ce qu’il s’est passé de cette façon ?

-         Ce n’est pas quelque chose que l’on fait facilement. Ce violon, avant d’être celui de notre père, il était aussi celui de Markus Lorraine, le grand violoniste. Comment pourrais-je seulement être à la hauteur de son talent ? Un violon conserve toujours l’histoire de son possesseur initiale.

L’étreinte du brun se referma avec un peu plus de conviction autour de lui. Elle se voulait rassurante. Lui faire comprendre qu’il accordait beaucoup trop d’importance à tout cela. Peut-être n’avait-il pas tort. Mais serait-il véritablement un jour capable de reprendre en main l’archet qu’il avait lui-même tenu devant des milliers de personnes ? Serait-il capable d’émettre un son aussi raffiné que le sien ? Avait-il le maintien parfait pour cela ? Il en doutait au plus profond de lui-même.

-         C’est douloureux à dire, reprit Ludovic, mais je suis certain qu’à se montrer sévère et aussi dur qu’il l’a été avec toi, en te rabaissant sans cesse, il a dû te faire croire que tu n’avais aucun talent alors que tu dois savoir magnifiquement jouer.

-         C’est vrai qu’il ne m’a jamais fait le moindre compliment. Ce qui l’amusait, c’était de me répéter que je ne ferai jamais un bon violoniste.

-         Etre violoniste, c’est bien ton rêve, constata Ludovic à la façon de parler du blond. Je ne m’étais pas trompé la dernière fois.

-         Ca l’est, en effet, depuis mon plus jeune âge. Il a fallu que je le vois une fois jouer pour me dire que je voudrais pouvoir dégager les mêmes émotions que lui.

-         Ne renonce pas à ce rêve, Terry. Il était peut-être talentueux, mais il n’était pas sincère dans ce qu’il faisait. Tire-en avantage. Ce sera ta force. Celle de mettre ce que tu ressens réellement dans ce que tu joueras. Et alors, je te fais la promesse de toujours t’écouter. Si un jour tu deviens toi aussi violoniste, je te promets d’être présent à chacun de tes récitals.

-         Merci.

Terry ne trouvait rien d’autre à dire. Il songerait à ses paroles, il le savait. Au moment venu. Au moment où il oserait poser de nouveau les mains sur un violon sans avoir peur de représailles qui ne viendraient de toute façon plus jamais. A ce moment, il imaginerait ce que serait de jouer d’un instrument aussi profond avec ses propres sentiments. Ses propres convictions. Son propre message à faire passer. Mais pour l’heure, il voulait oublier tout cela. Il ne voulait plus qu’imaginer ce que serait leur voyage en Espagne qui commencerait dès la fin de ce week-end.

------------

 

Nash débordait d’une énergie qu’il ne s’était encore jamais connu en ce dimanche soir. Ils commenceraient le voyage en soirée pour être certains d’arriver dans la journée du lundi. De bonnes initiatives, ça allait s’en dire. Derrière lui, Nathan et Evan ne semblaient pas aussi enthousiastes. Voyager en pleine nuit n’était pas pour leur plaire. Ils préféraient de loin le confort des bras de l’un et l’autre pour passer la nuit à celui des sièges de l’autocar. Cependant, ils devraient s’y faire. Personne n’avait le choix.

Lorsqu’ils arrivèrent à l’entrée des dortoirs, Nash fut heureux de constater que Terry s’y trouvait déjà avec ses camarades. Sans gêne, il s’approcha de lui malgré la présence de Ludovic.

-         J’espère que tu as emporté tout ce qu’il te fallait après tout ce temps à patienter. Heureux que l’Espagne t’attende à bras ouverts ?

-         Plus qu’heureux. Je n’ai d’ailleurs pas oublié tout ce que tu m’as dit.

Si Evan n’était pas arrivé à sa suite, il aurait juré voir le brun lui sauter à la gorge. Etait-ce sa présence qui le dérangeait ? Etait-il jaloux ? Ne se demandait-il pas ce que devaient être ce qu’il venait de dire à Terry et qui rendait le jeune homme si heureux ? Si tel était le cas, il comprenait parfaitement sa soudaine mauvaise humeur.

-         Je compte rester aux côtés de mes camarades dans le car, expliqua alors Terry à l’égard de Nash. Mais on pourra toujours se retrouver à l’hôtel. Je souhaite toujours sincèrement que tu me fasses découvrir l’Espagne.

-         Je tiens toujours ma parole. Dès notre arrivée, nous pourrons certainement déjà faire un tour de la ville. Peut-être même nous promener sur la plage. Je te ferai même goûter aux plats traditionnels. Je veux de toute façon découvrir tout cela moi aussi.

Terry arborait un grand sourire. Ce fut alors qu’il sentit brusquement la main de Ludovic se saisir de la sienne. Avec force. Il ne semblait pas décidé à le lâcher de si tôt.

-         On dirait que ton petit ami n’apprécie pas spécialement de me voir en ta compagnie.

Malgré la conversation qu’il entretenait avec Evan, le concerné se tourna sur lui pour le regarder méchamment.

-         Je ne t’apprécie pas tout court, Nash. Mais ne viens pas t’immiscer trop longtemps dans notre petit groupe.

-         Evan reste auprès de toi, et je compte bien rester auprès de lui pour ce voyage.

-         Ce n’est pas pareil en ce qui le concerne. Tu n’es pas forcé de rester ici uniquement pour cette raison.

-         Dans ce cas, vois-tu, c’est bien dommage pour toi, mais il se trouve qu’Evan fait partie de mon groupe. Je n’ai donc pas l’intention de quitter le lieu où je me trouve actuellement dans l’immédiat. Mais je ne vois pas où se situe le problème.

-         Ce ne serait pas un réel problème si tu ne te manifestais pas aussi souvent entre Terry et moi.

Terry ne comprenait pas bien cette soudaine colère émanant de Ludovic, ni même cette façon qu’il avait de lui serrer la main à presque lui en briser les os. Le ton particulièrement moqueur du brun ne l’éclaira qu’un peu plus lorsqu’il répondit à la prochaine remarque de Nash.

-         Je souhaitais lui servir de guide en Espagne. Mais même une simple amitié semble te contrarier.

-         Ca c’est original. Qu’est-ce que je suis censé faire pendant ce temps ?

-         Tu comptes rester collé à ses basques sans cesse ? C’est bien beau la vie de couple, mais l’un comme l’autre, vous devriez parfois vous laisser un peu de liberté. Maintenant que Terry va mieux, c’est à ton tour de commettre la même erreur ?

En entendant ces paroles, Evan préféra mettre fin à cette conversation qui n’avait même plus de sens. Si Ludovic semblait avoir de plus en plus de mal à le supporter, Nash prenait plaisir à le provoquer. Il savait que leur mésentente tournerait rapidement au problème, aussi décida-t-il plutôt de rapidement les séparer. L’attitude de Ludovic se faisait également soudaine et étrange depuis quelque temps. Depuis qu’il arborait une méfiance à toute épreuve. Mais quand il y réfléchissait véritablement, il ne s’agissait que du résultat de la fois où il avait surpris Terry allongé sur les jambes de Nash. Sans doute cela ne lui avait-il tout simplement pas plu. Il en aurait bien rie si le brun ne prenait pas tout avec autant de sérieux.

-         Que dirais-tu d’aller porter les valises, Nash ? Il n’y a que deux cars pour trois classes, ça risque d’être drôle si nous nous y prenons à la dernière minute.

Nash concéda à sa demande sans émettre la moindre résistance. Après tout, il avait suffisamment pris de plaisir à ennuyer Ludovic qui ne voulait tout simplement pas s’avouer qu’il était jaloux. Une fois éloigné, il pu alors seulement le voir lâcher la main de Terry. Quant à Yanis et Maxime, ils se regardèrent sans vraiment comprendre ce qui venait de se passer. Mais les soucis rapidement oubliés, ils montèrent à leur tour dans l’un des cars.

 

Par Azalea - Publié dans : Frères de coeur
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Vendredi 8 août 2008 5 08 /08 /Août /2008 09:00

Partie 2

Le lendemain, le jeune homme était heureux de pouvoir retourner en cours. Yanis et Maxime l’avaient aidé à se déplacer jusqu’à sa place aux côtés de Nash. Quand celui-ci était arrivé en classe, il l’avait accueilli avec un grand sourire. Cependant, il avait préféré attendre la pause de midi pour réellement s’adresser à lui.

De par le soleil qui acceptait d’éclairer leur journée, Nash lui proposa de passer cette heure dans le parc cet il accepta.

-         Prendre l’air ne te fera pas de mal. Tu restes beaucoup trop enfermé, ce n’est pas comme ça que tu vas aller mieux.

Il respectait cette idée. Ce n’était pas comme s’il avait véritablement eu l’occasion de profiter du temps meilleur que leur offrait le mois de mai à venir. Ainsi, assis sur un banc à ses côtés, il tira de son sac une boîte contenant un plat froid qui lui avait été préparé ce matin et qu’il avait pu emporter avec lui pour ce midi. Une sorte de liberté donnée pour ne pas avoir à se rendre obligatoirement au réfectoire. Nash jeta un coup d’œil à ce qu’il allait manger.

-         Je m’attendais à un régime plus strict, dit-il. Je vois qu’elle s’est surpassée.

-         De qui tu parles ?

-         De la cuisinière en chef bien sûr. Elle n’a jamais su me voir, et elle te prépare de bons petits plats. Je trouve ça hilarant. On dirait que ta tête d’ange lui plait !

-         Ne te moque pas, Nash. Ca me gêne plus qu’autre chose qu’elle soit aussi gentille avec moi.

-         Je ne me moque pas, rassure-toi. C’est juste terriblement drôle.

Terry fit mine de se montrer boudeur, mais ça ne prenait pas avec son camarade. Celui-ci revint d’ailleurs sur un sujet plus sérieux.

-         Comment ça se passe avec Ludovic depuis la dernière fois ?

-         Doucement mieux. Je vois bien qu’il éprouve un peu de mal à se faire à certaines choses, mais il fait aussi des efforts de son côté.

-         J’espère que tu en fais également.

-         Ne t’inquiète pas. A deux, on s’en sort très bien. Mais quelque part, je crains toujours de voir tout à nouveau se briser. Ca me fait un peu peur.

Nash sourit en comprenant parfaitement ce qu’il voulait dire.

-         Ce n’est pas parce que vous êtes jeunes et beaux que vous devez nécessairement vous sentir à l’abri de tout. Tu l’as suffisamment compris ces derniers temps.

-         C’est vrai. Mais justement…

Nash avait une façon de dire les choses qui le gênait toujours quelque peu. Jeunes et beaux. Pouvait-il seulement se sentir dans cet état d’esprit lorsqu’il constatait la maigreur de son corps ? Depuis quelque temps, il s’en faisait un véritable complexe. Depuis que Ludovic l’avait vu nu pour être plus précis. Son ami sembla se rendre compte de son malaise.

-         Qu’est-ce qui te trouble dans ce que j’ai dit ?

-         Ton jeune et beau.

-         Je ne vois pas où est le problème.

-         Ludovic ne doit pas… je veux dire…

Il ne parvenait pas à trouver ses mots, mais Nash lui laissa le temps nécessaire pour prononcer les bonnes paroles. Celles qui décrivaient ce qu’il ressentait.

-         Il ne doit pas me trouver à son goût avec ce corps.

-         Tu t’en fais un complexe ? Tout à coup ?

-         Un peu.

Le basané savait qu’il serait alors bon de le rassurer.

-         Tu es beau toi aussi, Terry. A ta manière. C’est certain que tu n’es pas comme tous les garçons qui cherchent par tous les moyens à se montrer un minimum virils, mais tu as ton charme personnel. Une certaines fragilité qui te va bien. Des traits fins. Une certaine grâce pour un garçon. C’est rare.

Frédéric aurait bien rie de ce qu’il venait de dire. Il se souvenait encore de son avis sur la grâce qui pouvait être évoquée par un homme dans les peintures de nus. Mais dans le cas de Terry, c’était incontestablement ce qui faisait sa beauté naturelle. Peut-être même ce qui l’avait un jour poussé à le dessiner avec un violon. Il n’était pas difficile de l’imaginer jouer de l’instrument avec toute la délicatesse et le raffinement possible.

Ce que lui avoua ensuite le blond l’étonna plus que jamais. Il ne s’était pas attendu à une telle révélation.

-         Il m’a vu nu, dit-il d’une voix légèrement tremblante.

-         Ludovic ?

-         Oui. Il m’aide à prendre ma douche tous les jours. Il m’aide à me déshabiller, et même si je sais qu’il ne le fait pas exprès, je sens parfois son regard sur moi.

-         Tu t’attendais à ce qu’il ne soit pas tenté de te regarder alors que tu es sans doute la personne qu’il désire plus que tout ? Et toi ? Ca ne te fait rien quand il te touche pour t’enlever tes vêtements ?

Terry repensa à ce qu’il avait ressenti durant ces nombreux moments. Au début, il avait eu peur. Il n’avait pu s’empêcher de revoir les images de son père qui le déshabillait. De ses mains qui le touchaient. Mais bien vite, il s’était aperçu que Ludovic n’avait pas sa brutalité. Ses gestes étaient doux. Il faisait tout pour le rassurer. Au fur et à mesure, Terry s’était même surpris à éprouver davantage de plaisir à le sentir poser ses mains sur lui.

-         D’abord j’avais peur, avoua-t-il. Mais par la suite, je crois que je désirais presque sentir le contact de ses mains à même ma peau. Je ne saurais pas l’expliquer.

-         Tu es si naïf. Tu n’imagines même pas.

Mais alors qu’il allait poursuivre, Nash le vit porter une main devant ses yeux.

-         Ca ne va pas ?

-         Mon anémie. Est-ce que tu permets que…

Il constata son plat auquel il n’avait pas encore touché à force de parler. Il allait rapidement résoudre ce problème, mais avant, il laissa le jeune homme s’allonger sur ses genoux.

-         Tu as beau être très intelligent, reprit-il. Mais crois-moi, tu as encore beaucoup de choses à apprendre. Cependant, je ne me fais aucun souci. Ludovic sera certainement être un très bon professeur pour toi.

Terry l’écoutait désormais à peine, la tête posée sur ses jambes, profitant de cette main qui caressait ses cheveux. Nash pouvait se montrer particulièrement doux lui aussi. Tout comme Ludovic. Il se montrait tout aussi protecteur.

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A force de ne plus supporter de le voir s’agiter sur sa chaise, Evan avait consenti à aller à la rencontre de Terry. Cependant, une fois arrivé dans sa classe, ils avaient ensemble constaté qu’il ne s’y trouvait plus. Tout comme Nash. Cela leur avait au moins permis de comprendre qu’ils avaient dû décider d’aller manger dans un endroit plus tranquille. Connaissant parfaitement son meilleur ami, Evan avait une idée d’où il avait bien pu l’emmener. Et il ne s’était pas trompé. Ludovic comme lui furent ravis de les retrouver sur ce banc devenu trop habituel. La première réaction du brun fut alors de se précipiter vers eux en voyant Terry couché.

-         Qu’est-ce qu’il a ?

Le ton sur lequel il venait de parler était froid. Presque agressif. Terry qui avait fermé les yeux les ouvrit en voyant son expression à la fois d’inquiétude et de colère. Il parvint à se redresser par lui-même, même si Nash le soutenait par sécurité.

-         C’est de ma faute, j’ai eu une crise d’anémie. Ca va mieux maintenant. Je vais manger mon plat et ça va certainement complètement passer.

-         Tu as plutôt intérêt. Je compte de toute façon rester à tes côtés pour vérifier.

Nash allait répliquer quelque chose à son tour, mais Evan arriva bien avant auprès de lui, et tendit ses deux mains face à lui pour qu’il puisse les saisir. Comprenant immédiatement le message, le jeune homme y posa les siennes et il le tira en avant pour l’obliger à se remettre debout.

-         Moi aussi j’ai à te parler, dit le châtain.

Nash ne se fit pas prier. Il le suivit, laissant Ludovic et Terry ensemble. Suite à tout ce qu’ils avaient vécu, il était compréhensif que le brun se fasse du souci pour son compagnon. De plus, ils désiraient certainement ne rester qu’à deux pour le restant de cette pause.

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Ils étaient alors partis s’installer à un tout autre endroit du parc. Un endroit où ils ne pourraient être qu’à deux. Un lieu calme où Evan pourrait clairement lui faire part de certaines de ses inquiétudes. A l’ombre d’un arbre, il ne s’en priva pas.

-         Je voudrais savoir où tu étais durant toute la journée de dimanche. Je t’ai cherché sans te trouver. Pareille pour une bonne partie de la journée de samedi.

-         Chez Frédéric.

Evan prit un air contrarié.

-         Bon sang, Nash ! Ne me dis pas que vous avez passé toute la nuit et la journée chez lui.

-         Je ne vois pas en quoi ça t’inquiète.

-         Ca signifie que tu n’étais pas à l’école durant tout ce temps. Qu’est-ce qui vous a pris ?

-         Qu’est-ce qui lui a pris, tu veux dire ? C’est lui qui voulait m’avoir entièrement à sa disposition durant de longues heures. Figure-toi que nous avons fait l’amour plus d’une fois pendant celles-ci.

-         Epargne-moi les détails, s’il te plait. Je me rends compte qu’il devient aussi insouciant que toi. Je ne me pose même pas la question quant à savoir à cause de qui.

Evan sentit se réveiller ses instincts protecteurs. Nash et Frédéric Armand avaient beau s’aimer, l’impression de les voir devenir de moins en moins prudents prenait peu à peu le pas sur le reste.

-         Cet homme est fou de toi, Nash. Ca se voit. Il serait prêt à toutes les imprudences pour ton simple plaisir et tu ne t’en rends même pas compte.

-         Ev, tu te fais vraiment du souci pour rien. Je t’assure qu’on garde malgré tout les pieds sur terre. Ce n’est pas comme si j’ignorais ce que nous risquons si nous nous faisons prendre. En tout cas, je ne l’ignore plus.

Le châtain avait conscience que son meilleur ami pouvait se montrer particulièrement têtu. Mais il avait au moins pris le temps de le prévenir. Le prévenir de ce que lui-même entrevoyait de leur relation. S’ils manquaient de prudence, il devait le dire. Il valait bien mieux que ce soit lui qui le fasse.

-         Si vous gardez les pieds sur terre, cessez de quitter les dortoirs en cachette de tous comme vous le faites. Un jour, vous vous ferez prendre si ça continu.

-         Je t’assure que non.

-         Ton insouciance n’est que trop flagrante. Et la sienne… Comment un homme de son âge peut-il se laisser aller à prendre les mêmes risques qu’un adolescent ?

-         Comment un adolescent de ton âge peut-il prendre les choses avec autant de sérieux ?

C’était parfois vrai, il prenait tout avec un sérieux à faire peur, mais il y avait des limites à tout. Il ne pu alors s’empêcher de se laisser aller aux mêmes paroles que Nathan.

-         Ce genre de choses finit toujours par se savoir tôt ou tard.

Nash se contenta juste d’avoir un sourire tout en l’invitant à se rapprocher de lui. Evan s’exécuta sans qu’il n’ait à se répéter, et il lui prit la main.

-         Tu sais que rien n’est jamais simple avec moi.

-         Oui. Je ne le sais malheureusement que trop bien…

Pourtant, Nash avait un don pour ce qui était d’endormir les inquiétudes des autres. Il menait sa vie comme elle lui semblait être la meilleure. Il n’écoutait que ses propres désirs. Ses propres envies. Il se mettait même en danger s’il jugeait que cela en valait la peine. Derrière tout cela, Evan devait se contenter de le regarder faire en se tenant prêt à intervenir en cas de besoin. Mais pour rien au monde il n’aurait cependant voulu le voir changer.

------------

 

Ludovic s’était fait un sang d’encre en voyant Terry une nouvelle fois victime de son anémie durant la pause de midi. Il avait même éprouvé bien du mal à le délaisser pour les cours de l’après-midi. Ce soir, il avait donc été content de le retrouver. Il s’était même montré davantage plus attentif quant au souper afin qu’il se nourrisse correctement. A présent, il ne lui restait plus qu’à l’aider à prendre sa douche. Mais le jeune homme ne semblait pas être comme d’habitude. Il semblait brusquement plus détendu. Plus docile. Il se laissait déshabiller sans émettre la moindre résistance.

-         Tu n’as plus peur ?

-         Non.

-         Pourquoi ?

-         Parce que c’est différent.

-         Qu’est-ce qui est différent ?

-         C’est différent parce que c’est toi.

Il ne chercha pas à se cacher davantage. C’était presque comme s’il s’offrait à son regard. Ludovic était tenté de passer ses mains dans son dos et de le serrer contre lui. Juste pour sentir ce corps fragile contre lui. Il se moquait de le savoir maigre. Sa seule préoccupation concernant le sujet se dirigeait uniquement vers sa santé. Mais de ces os saillants ou de cette peau pâle, il ne désirait que les couvrir de ses mains. Terry le tira cependant de sa rêverie pour entrer sous la douche.

Pour la première fois, il ne chercha pas à regarder ailleurs. Il ne voulait pas troubler le jeune homme, aussi se montra-t-il discret. Mais inlassablement, son regard s’attardait sur l’eau qui coulait sur ses épaules. Les fines goûtes qui sillonnaient le long de son dos jusqu’au creux de ses reins. Il allait alors poser ses yeux un peu plus bas, mais il revint subitement à lui, s’interdisant de trahir l’intimité du jeune homme. C’était sans compter sur cette chaleur qui s’emparait de tout son être. Terry avait-il conscience de l’effet qu’il lui faisait ? Certainement pas. Ludovic se rendait compte combien il le trouvait beau. Malgré tous ses défauts, il était celui qu’il aimait. Malgré ses faiblesses. Malgré le fait qu’il était un garçon, il se sentait de plus en plus étrange rien qu’en l’admirant.

Quand finalement il l’aida à sortir de sous la douche, celui-ci passa directement ses bras autour de son cou.

-         Qu’est-ce que tu as aujourd’hui, Terry ?

-         Je me sens de mieux en mieux avec toi.

Il l’embrassa tandis que lui-même passait ses mains dans son dos. Il trembla d’abord un peu, mais bien vite, il sembla apprécier le contact. L’apprécier au point de le laisser caresser certaines parties de son corps. Il n’y avait rien d’indécent dans leurs gestes. D’ailleurs, Ludovic s’arrêta avant d’aller trop loin. Il se sentait en extase sous les yeux de son petit ami. Depuis leurs réconciliations, tout semblait prendre un tournant décisif. Il avait même peur que tout aille trop rapidement. Mais Terry profita de cet instant pour s’exprimer.

-         Si nous pouvons nous enlacer ainsi sur les plages d’Espagne, j’ai juste hâte d’y être. Pas toi ?

-         Si. Moi aussi.

-         Je croyais que tu étais indifférent à l’Espagne ?

-         Ca dépend avec qui. Si c’est avec toi, je sais que ce sera de toute façon un beau voyage.

Terry sourit. Apparemment, Ludovic avait attendu de partager son intimité avec la sienne pour lui faire part de cet aveu. Venant de quelqu’un qui mettait peu d’importance dans le fait de se prendre du bon temps, cela sonnait simplement comme des paroles précieuses à son cœur. Nash avait raison. Il y avait des choses qu’il ne comprenait pas. Comme ce courage qu’il ressentait actuellement en se sachant pleinement en confiance avec Ludovic. Comment était-il seulement possible pour lui de passer d’un sentiment de peur à celui de plaisir ? Mais il le savait, s’il avait été capable de ces gestes, il ne pourrait aller plus loin facilement. Ce qu’il faisait lui demandait déjà beaucoup d’efforts sur lui-même. Aussi se contenta-t-il juste de le laisser l’habiller avant de se serrer contre lui.

------------

 

Nash avait une nouvelle fois passé la soirée avec son professeur. Mais pour le coup, il lui faudrait également penser à étudier en vue des examens. A contrecœur, il sortit de la chambre non sans l’avoir embrassé avant pour aller récupérer quelques cahiers. Mais alors qu’il ouvrait la porte en oubliant de regarder dans le couloir, il sortit en tombant nez à nez avec l’un des éducateurs. Marco. Il lui semblait que celui-ci se faisait de plus en plus présent ces derniers jours. A croire qu’il avait trouvé un plaisir personnel nouveau à faire un métier qu’il avait toujours détesté. Il le regarda de façon suspecte. Tout comme Frédéric Armand qui venait à son tour de sortir.

-         J’avais besoin de voir le professeur Armand pour parler, se justifia Nash sur un ton qui ne laissait paraître aucune hésitation.

-         Il y a des éducateurs pour ça.

-         Des éducateurs comme vous ? Peu pour moi. Le professeur Armand est bien plus compréhensif.

En voyant Nash devenir peu à peu agressif dans sa façon de s’exprimer, Frédéric préféra intervenir.

-         Veuillez excuser Nash, dit-il. Il est un peu chamboulé ce soir. Certains mauvais souvenirs se sont rappelés à lui et il déprimait. Il avait donc besoin d’une oreille attentive pour l’écouter. J’ai été cette oreille.

-         Vous savez que j’ai le plus grand respect pour vous, professeur Armand. Mais mis à part pour des cours particuliers qui doivent être signalés auprès de la directrice, vous ne pouvez pas accueillir d’élèves dans votre chambre. C’est le règlement de l’école en ce qui concerne les éducateurs qui logent au sein des dortoirs. Vous êtes peut-être professeur, mais cela s’applique également à vous.

-         Bien entendu. Mais à ma place, auriez-vous eu le courage d’abandonner un élève à sa tristesse ?

-         Bien sûr que non. C’est pour cette raison que je ne vous dénoncerai pas pour cette fois. Mais je tiens à préciser que vous devriez moins vous impliquer dans ce genre de situation.

-         Dans ce cas, cela ne vous dérangerait-il pas de raccompagner Nash jusqu’à sa chambre ? Il y restera bien sagement ensuite, excusez-le également d’avoir déserté celle-ci à une heure si tardive.

Nash n’osa rien ajouter. D’ailleurs, les deux hommes se souhaitèrent bonne nuit sans lui en laisser l’occasion. A qui en voulait-il le plus ? A Frédéric d’avoir autant insisté sur le fait qu’il ne quitterait plus sa chambre après ce qui venait de se passer ? A lui-même pour son imprudence ? Ce soir ils avaient été idiots, ça ne faisait aucun doute. Il avait été idiot. Il repensa alors subitement à Evan et à ses avertissements quant à leur relation. Pourtant, Nash n’y prêta plus attention au bout de plusieurs minutes. Il était certain que ce genre d’erreur ne se reproduirait plus jamais. Vivement l’Espagne, se dit-il. Vivement l’Espagne et les possibles moments d’intimité qu’elle leur offrirait certainement.

Par Azalea - Publié dans : Frères de coeur
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Vendredi 8 août 2008 5 08 /08 /Août /2008 08:55

Chapitre LXVIII : Le présage de belles vacances.

 

Partie 1

Frédéric voulu consacrer le week-end qui suivi à eux. A leur couple. A Nash. Le garçon lui avait manqué plus que tout durant le temps qu’il avait dû consacrer à Terry. Endormi entre ses draps bien à lui, une odeur sucrée vint lui chatouiller les narines. Une odeur qu’il aurait pu reconnaître entre mille. Ouvrant les yeux tant par gourmandise que pour constater que c’était bel et bien un croissant aux amandes dont Nash s’amusait à lui faire respirer le parfum, il croisa directement deux yeux sombres. Deux onyx qui le regardaient avec envie.

-         Tu as bien dormi, mon amour ? Lui demanda-t-il.

-         Mon amour, répéta-t-il. Tu parles déjà comme si nous étions un vieux couple.

-         Pas difficile avec un vieux comme compagnon.

Frédéric afficha un large sourire. Ils avaient fait l’amour à longueur de nuit. Savourant à souhait la peau de l’autre. Goûtant au fruit qui leur était normalement défendu. Se satisfaisant amplement de se foutre des autres pour s’aimer de la façon la plus vraie qui soit. Le ciel était encore maquillé d’une profonde couleur lavande, signe qu’ils s’étaient réveillés à l’aube. Nash avant lui.

-         Tu as vu ? Je t’ai apporté tes croissants préférés au lit. Comment comptes-tu me remercier maintenant ?

Il fit mine de réfléchir. Mais bien vite, il se redressa, attrapa un croissant et en caressa la bouche de Nash qui ne se fit pas prier pour mordre dedans à pleines dents. Quelques traces de sucre et d’amandes se répandirent sur ses lèvres, les laissant collantes. Frédéric patienta le temps qu’il avale avant de venir les lécher avec délice. Nash se laissa faire. A bout de patience, il entrouvrit celles-ci pour qu’il puisse laisser sa langue se faire plus gourmande encore. A peine quelques secondes plus tard, ils s’embrassaient savourant la salive de l’autre.

-         Tu peux me réveiller de cette manière quand tu le veux.

-         J’y compte bien.

Nash nicha alors sa tête dans le creux de son épaule, s’amusant à mordiller sa nuque avec douceur. Cependant, il se stoppa un moment le temps de parler.

-         J’aimerais pouvoir faire ça chaque jour si c’était possible. Mais je m’étonne déjà suffisamment que tu oses prendre autant de risques.

Il avait raison. Des risques, il en prenait. Subitement, il avait pris la décision de l’emmener chez lui la veille. Dans sa maison. Dans son lit pour pouvoir partager ses étreintes sans devoir se cacher. Mais il avait bien de la chance de ne pas se faire démasquer par un quelconque éducateur qui était chargé de garder les dortoirs le soir venu. Faisaient-ils si mal leur travail pour ne jamais s’apercevoir de rien ? Si c’était le cas, cela l’arrangeait. D’autant plus qu’il venait de passer une nuit entière en compagnie du jeune homme et qu’il ne doutait pas que rentrer à l’école sans se faire voir de personne ne serait pas simple. Ils devraient improviser. En tout cas ne surtout pas se montrer l’un et l’autre en même temps.

-         Je m’étonne moi-même, finit-il par répondre en embrasant Nash dans les cheveux.

Alors qu’il caressait sa poitrine du bout des doigts, celui-ci lui posa une question à laquelle il ne s’attendait pas mais à laquelle il avait déjà pris le temps de réfléchir.

-         Qu’est-ce qu’on risquerait si on se faisait surprendre à deux.

-         Pas grand-chose pour toi.

-         Et pour toi ?

-         De gros ennuis. Crois-moi bien.

-         Je te crois, mais de gros ennuis, ça ne m’indique rien de bien précis.

Frédéric arbora une expression plus dure pour lui répondre. Ca n’avait rien de drôle. Sainte Bénédicte ne lui réserverait pas un « châtiment » des moindres, mais la loi était encore plus intraitable sur le sujet.

-         Je serais certainement viré.

-         Je suppose que ce n’est pas tout.

-         Je me ferais arrêter par la police pour avoir un jour pu t’aimer. Ce qu’ils appellent un abus sur mineur se paye cher.

-         C’est-à-dire ?

-         En prenant en compte que tu es consentant et que je ne suis pas de ta famille, j’en aurais pour facilement cinq ans de prison.

Nash stoppa un instant ses caresses sur son corps. Il reprit ensuite tout en relevant la tête pour le regarder. Imaginer que Frédéric pourrait finir en prison uniquement parce qu’il avait eu le courage d’assumer ses sentiments à son égard lui faisait mal au ventre. Surtout si on tenait compte qu’il était un homme formidable qui se souciait du bien-être des adolescents. Pour preuve, il était parvenu à le tirer de la prostitution comme il avait soutenu Terry jusqu’au bout. Il lui prouva combien il l’aimait à travers la confession qu’il lui.

-         Si tu te retrouvais un jour en prison, je ferais n’importe quoi pour t’y rejoindre. Je serais même prêt à tuer pour ça.

-         Ne raconte pas n’importe quoi. Tu aurais beau faire n’importe quoi, tu te retrouverais de toute façon en maison de correction. Et puis, un meurtre se paye beaucoup plus cher. Ca n’aurait pas de sens de foutre ta vie en l’air.

-         Je t’aime, Frédéric. Ce que je suis prêt à faire pour toi ne s’explique pas.

L’homme en était conscient. Tout comme lui aussi l’aimait. Ils avaient lutté pour en arriver là. Pour pouvoir s’aimer. Mais en y réfléchissant, il comprit qu’il avait eu tort de sortir en cachette de l’école avec lui au risque de se faire repérer. Ca avait été idiot maintenant que cette discussion le poussait à y penser plus sérieusement. Terriblement idiot. Ce qu’ajouta Nash ne fit que lui en faire prendre conscience un peu plus.

-         Je serais prêt à te suivre jusqu’en enfer s’il le faut.

-         Pas l’enfer, Nash. Nous n’avons pas besoin de l’enfer pour nous aimer. Juste de nous armer d’un peu de patience. Dans deux ans tu seras majeur.

-         Et c’est toi qui me dis ça ? On ne peut pas dire que tu m’ais vraiment laissé dormir cette nuit.

-         Ce n’est pas comme si tu avais fait preuve de beaucoup de résistance.

-         Je demande vengeance.

Se redressant sur ses avant-bras, il se glissa sous les draps pour ensuite grimper sur son corps. Tout dans le regard du jeune homme trahissait son désir brûlant. Sa peau contre la sienne laissait à deviner le plaisir ardent qui guidait chacun de ses gestes. D’un seul coup, il plongea ses lèvres dans son cou. Elles se mirent à le couvrir de baisers. Sa langue à tracer le chemin qui le mènerait en des lieux interdits. Frédéric le laissa faire tout à son aise. Quand Nash arriva au niveau de son ventre, il ne s’amusa qu’un peu plus à le faire languir. A jouer avec son nombril. A finalement s’aventurer en direction de son bas-ventre. Quand sa tête disparut entre ses cuisses écartées, il arqua violemment le dos.

Nash était un prédateur. Un féroce prédateur qui lui avait tendu un piège. Mais il n’avait pas émis beaucoup de résistance. Parce qu’au final, il n’avait désiré que cela. Se faire prendre entre ses filets.

------------

 

Frédéric Armand absent, c’était l’un des éducateur qui avait guidé le médecin jusqu’à leur chambre. La femme avait été impressionnée de voir que Terry affichait un bien meilleur moral qu’au moment où il avait quitté l’hôpital. Elle devait alors donner raison à ce professeur qui avait eu la conviction qu’il irait bien mieux de retour dans ce décor plus familier pour lui. Néanmoins, Terry n’en restait pas moins fragile physiquement, et il était de son rôle de médecin de prendre le temps nécessaire pour l’examiner. Le garçon dû le comprendre car elle n’eut même pas besoin de lui demander de s’allonger sur le dos pour qu’il le fasse. Toutefois, elle pria l’éducateur qui était resté dans la chambre de bien vouloir sortir. Celui-ci s’exécuta sans émettre la moindre protestation.

Quant à Ludovic, il n’avait pas été forcé de sortir de la pièce. Ainsi, depuis son bureau, il la vit sortir un stéthoscope pour vérifier le rythme cardiaque du jeune homme alors que celui-ci venait d’enlever le haut de ses vêtements comme elle le lui avait demandé.

-         Respire profondément, dit-elle.

Il s’exécuta. Sans protester. A l’instant, Ludovic le trouvait courageux. Courageux de se laisser faire de la sorte alors qu’il était voyant à son expression qu’il n’aimait pas se montrer aussi vulnérable aux yeux d’autres personnes. Sans doute était-ce même un complexe par rapport à lui-même. Comme ça l’avait été lors de toutes les fois où il avait dû l’aider à se doucher.

La femme prit ensuite sa tension. Elle examina ses yeux. Elle prenait un soin particulier à vérifier son état de santé. Finalement, le diagnostique tomba.

-         Ta tension est encore basse, mais je note une certaine amélioration. Tu es déjà un peu moins pâle que tu l’as été à l’hôpital. Est-ce que tu suis parfaitement le régime alimentaire qui était prescrit à ta sortie ?

-         Oui. Je ne parviens pas à manger tout ce qu’on me prépare, mais j’essaye de faire de mon mieux.

-         C’est très bien. Je ne veux surtout pas que tu ais à te forcer.

Ludovic observait Terry. Son corps maigre qui lui faisait l’impression de pouvoir devenir poussière au moindre coup de vent. Son petit ami lui donnait de nouveau envie de le protéger de ses bras comme auparavant. Pourtant, il ne le pouvait pas encore. Le médecin n’en avait pas fini avec lui. En fin de compte, ce qu’elle annonça ensuite ne lui fit qu’un peu plus peur.

-         Je crois que je vais pouvoir enlever les fils de tes blessures, Terry. Je ne serai peut-être même plus obligée de te refaire le bandage. A moins que ce ne soit ce que tu désires pour en masquer la vue aux autres pour le moment. Mais je crois qu’il serait plus raisonnable que tu apprennes à vivre avec. Tu garderas de toute façon des marques.

-         Je désire complètement assumer ce que j’ai fait.

C’était dit, et Ludovic dû se cramponner au dossier de la chaise sur laquelle il s’était assis pour ne pas en tomber. Voir les blessures de Terry. La douleur qu’il s’était volontairement infligé. Ce n’était pas beau à regarder. Comment avait-il seulement pu se couper à ce point ? Il lui semblait qu’aucun carré de peau n’avait été épargné. Etait-ce humain ?

-         Ca va te faire un peu mal.

Elle n’avait pas tort. Les traits de Terry se crispèrent tandis qu’elle retirait un à un les fils. Ludovic aurait voulu le soutenir de toute son âme. Mais une partie de lui-même défaillait inéluctablement. Le blond tourna un instant ses yeux verts emplis de larmes de douleur sur lui. Leurs regards se croisèrent et il dû comprendre ce qu’il ressentait. Ce fut la voix de la femme qui brisa ce bref contact.

-         C’est terminé. Est-ce que ça va ?

Il opina de la tête et la suite se passa rapidement. Si le temps s’était un instant arrêté, il passait à présent à une vitesse folle. Elle lui prescrit juste des fortifiants et de quoi faire au plus vite remonter son manque en fer. C’était nécessaire selon elle puisqu’il était toujours sujet à de nouveaux malaises dus à son anémie. Une fois partie, un calme plat tomba sur la pièce. Mais Terry le brisa immédiatement.

-         Ce sont mes blessures qui te mettent dans cet état ?

-         Un peu.

-         Tu ne t’attendais pas à ça ?

-         Pas vraiment.

Comprenant ce qu’il ressentait, il parvint à s’asseoir sur le bord du lit. Avec les jours, il avait repris suffisamment de forces pour parvenir à se sentir plus libre de ses mouvements. Bien entendu, il ne parvenait pas encore à se déplacer par lui-même, mais il y avait du progrès. Quand Ludovic comprit donc qu’il cherchait à venir jusqu’à lui, il se leva plutôt pour aller le rejoindre. Son bras mutilé non loin de lui, il avala un bon coup sa salive.

-         Ca te fait peur à ce point ?

-         Après avoir vu ça, je me dis surtout que tu as dû avoir beaucoup de chance pour avoir survécu.

-         Beaucoup de chance…

Un goût amer s’était installé au fond de la gorge du jeune homme, mais il l’oublia vite lorsqu’il sentit Ludovic prendre son bras sur ses genoux.

-         Est-ce que ça te fait mal ?

-         Plus maintenant.

Comme si sa réponse avait été une permission, il passa ses doigts sur l’une des blessures. Il mettait beaucoup de douceur dans son geste. Il touchait avec tendresse la ligne rouge qui s’étendait sur son bras sans flancher. Sans le brusquer. Etait-ce sa façon à lui de l’accepter ? Il ne le savait pas. Mais il le laissait faire.

De la chance. Peut-être avait-il raison en fin de compte. Après tout, il savait désormais qu’il y aurait toujours une personne pour l’envier même lorsqu’il se montrait sous son aspect le plus lamentable.

------------

 

Dans la journée, Yanis et Maxime les rejoignirent dans la chambre pour travailler un peu plus sérieusement sur les examens à venir. Le mois d’avril venait de toucher à sa fin. Ils en avaient tous conscience. Il leur faudrait travailler durement jusqu’aux épreuves pour parvenir à réussir cette année. En tout cas, Terry devrait s’y mettre à fond.

Le jeune homme avait caché les blessures de son bras sous un t-shirt à longues manches. Au moment où il sortit un cahier de son sac, Yanis en profita pour vérifier qu’il se sentait pour le mieux.

-         Comment ça se passe depuis que tu es rentré ? Après tout, nous ne te voyons pas aussi souvent que Ludovic.

-         Le médecin est passé ce matin. Je me remets doucement.

-         Je suis content de l’apprendre. Je ne voudrais surtout pas que Ludovic se montre trop dur avec toi. J’espère au moins qu’il prend correctement soin de toi.

Le brun lui adressa aussitôt un regard noir. Mais il savait après tout que Yanis devait toujours lui en vouloir un peu de sa dernière colère passée sur lui.

-         Je prends parfaitement soin de mon petit ami comme il se doit, Yanis !

-         Je le sais, Ludovic. Mais je commence aussi à te connaître.

-         Qu’est-ce que ça signifie ?

-         Tu le sais très bien.

-         Si tu m’en veux toujours à propos du livre que je t’ai jeté au visage la dernière fois, il me semble que je me suis excusé.

-         Je t’en veux encore un peu, mais j’étais juste soucieux.

Terry comme Maxime avaient pour habitude de les voir se confronter l’un à l’autre. Le temps avait transformé de la sorte leur amitié. Mais ils savaient que cela ne les empêchait en rien de tenir l’un à l’autre. La preuve en fut par ce que dit Yanis ensuite.

-         Je ne dis pas ça contre toi, Ludo. Je veux juste savoir si Terry va mieux. Vous avez été si cons tous les deux ces derniers temps. Je crois que je me suis suffisamment fait de souci pour toi pour ne pas m’en faire à présent pour lui.

-         Tu n’es pas pour autant obligé de constamment revenir sur le sujet.

-         C’est vrai. Alors changeons-en. Qu’est-ce que tu proposes ?

Terry profita de l’occasion pour briser la glace.

-         Parlons des vacances en Espagne qui approchent.

-         Je n’étais même pas au courant que nous partions en Espagne, répondit le brun. Et puis, il y a les examens à passer avant.

-         Oublie deux minutes les études, Ludo, intervint Maxime. Ca ne te fait pas rêver l’Espagne ?

-         Pas particulièrement.

Mais le blond savait qu’il mentait. Il se montrait juste trop sérieux. Pour ne pas changer. Ce n’était autre que de la mauvaise foi. Toutefois, la scène de ce matin l’avait particulièrement marquée. Aussi passa-t-il sa main sous le bureau pour aller chercher la sienne. Il se laissa faire sans rien dire. Il referma même en conséquence ses doigts autour des siens.

-         Tu pourras dire ce que tu veux, Ludovic, dit-il, mais je suis prêt à parier que l’Espagne te plaira tout autant. Ca ne te fait pas envie les beaux paysages et la guimauve grillée le soir venu ?

-         La guimauve grillée ? Comment tu sais ce genre de choses ?

-         Disons que j’ai ma source d’information personnelle.

Ludovic ne chercha pas à en savoir plus. Après tout, Terry avait également le droit d’avoir ses petits secrets personnels. Et puis, il savait se montrer raisonnable.

-         Cependant, tu as raison, reprit-il. Avant tout, nous devons travailler dur. Pour que ces vacances ne soient pas gâchées par un quelconque échec. Tout le monde est d’accord ?

Il jeta un œil à Yanis et Maxime.

-         C’était déjà ce que je voulais, répondit le plus excentrique des deux.

-         Je ne vois rien à y redire.

La bonne ambiance revenue, ils se remirent tranquillement au travail. Ludovic se vit rapidement accablé par les explications qu’ils lui demandaient. Mais ça avait toujours été comme ça. Il avait toujours été celui qui les aidait à comprendre ce qui leur semblait difficile. Dans cette ambiance quotidienne, Terry pouvait enfin se sentir totalement à son aise. Il retrouvait ses marques et il ne pouvait demander mieux.

Par Azalea - Publié dans : Frères de coeur
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Jeudi 7 août 2008 4 07 /08 /Août /2008 09:00

Partie 2

Le soir venu, il semblait à Terry qu’il s’agissait juste d’une journée comme tant d’autres. Si sa faiblesse ne le lui rappelait pas, il aurait été difficile pour lui de se dire qu’il avait passé de nombreux jours dans un lit d’hôpital. Mais les faits étaient bien là. Bien réels. S’il avait pris son repas de midi à l’hôpital, il lui faudrait à présent affronter celui du soir. Les cuisinières avaient déjà dû être mises au courant de son régime à suivre. Il devrait donc demander le menu qui lui était destiné. Ou du moins, l’un de ses camarades devrait le faire pour lui puisqu’il n’avait même pas la force de se déplacer seul.

Le faisant revenir à la réalité, deux coups furent frappés à la porte, le sortant de son assommant travail de sciences. Quand Ludovic alla ouvrir, il comprit rapidement que ce n’était autre que Yanis et Maxime qui venaient les chercher pour aller souper. Intérieurement, Terry redoutait un peu ce moment. La suite encore plus, car il savait à quoi il devrait s’attendre un peu plus tard dans la soirée.

Ludovic l’aida une nouvelle fois à se lever, cette fois aidé par Maxime. Il s’agrippa à eux tant bien que mal, faisant ainsi le chemin jusqu’au réfectoire avec un peu plus de lenteur que d’habitude. Chaque pas lui coûtait un effort considérable, puisant incessamment dans ses réserves d’énergie. Il fut d’ailleurs heureux d’arriver au réfectoire et de pouvoir s’asseoir à table. Seul en compagnie de Yanis, il entendait le jeune homme lui parler, mais il n’y répondait que vaguement, son esprit brusquement préoccupé par tout autre chose. Autre chose qui le blessait. Le mettait mal à l’aise. Lui donnait brusquement l’envie de s’enfuir. Yanis allait lui faire part de son inquiétude, mais Ludovic et Maxime revinrent bien avant avec les plateaux.

-         Ton plat, Terry, lui dit le brun en posant une assiette devant lui.

La cuisinière en chef avait dû être touchée personnellement par son état car elle lui avait préparé une assiette bien copieuse dont, il se doutait, il aurait bien du mal à venir à bout. Mais l’avantage qu’il y avait par rapport à l’hôpital était que contrairement à un effet de la nourriture trop bourratif, elle avait préféré lui préparer un menu varié.

Juste un merci et il entama son repas dans un calme plat. Un silence trop pesant selon Ludovic qui n’hésita pas à le lui faire remarquer.

-         C’est le fait de devoir te nourrir autant qui te met dans un état pareil ? Tu sais, le professeur Armand nous a bien précisé que tu devais manger un maximum sans te forcer.

-         Ce n’est rien, j’ai juste un peu de mal à reprendre les anciennes habitudes.

-         Ca va aller, Terry. Tu n’es pas tout seul.

Pourtant, malgré les encouragements de ses camarades, il pouvait sentir le regard des autres élèves se fixer sur lui. Des regards de prétention. Des regards de compassion. Parfois même des regards de pure pitié. Il n’avait pas besoin de cela. Il n’avait pas besoin qu’on le désigne du doigt tel un animal de foire pour avoir tenté de mettre fin à ses jours. Ca avait déjà été assez difficile pour lui.

Il continua à manger pendant quelques minutes sans rien dire, quand brusquement, sans prévenir, il laissa ses larmes couler. Maxime fut le premier à le remarquer et il se leva pour se placer derrière lui. Il passa ses bras autour de lui. Il était triste de le voir ainsi. Yanis et Ludovic regardèrent dans sa direction. Mais ils laissèrent faire leur camarade qui le berçait à présent tout en tentant de le raisonner.

-         Qu’est-ce qui ne va pas, Terry ?

-         Ils me regardent tous.

-         Qui ?

-         Les autres élèves. Je n’ai pas besoin de leur pitié.

-         Ignore-les. Tu ne les connais même pas, et ils te prouvent bien qu’ils ne te connaissent pas non plus.

-         J’ai beau ne pas les connaître, ça fait quand même mal. J’ai l’impression qu’on me jette toutes mes fautes à la figure.

-         Ils ne comprennent pas ce que tu vis. Pas comme nous.

Au fur et à mesure que Maxime parlait, Terry cessait de pleurer, l’écoutant attentivement lui donner les raisons nécessaires de ne pas s’inquiéter.

-         Regarde-nous plutôt qu’eux. Dans quelques jours, ils auront déjà tous oublié. Mais ce qui compte, c’est que toi tu ailles mieux. Tu es avec nous, Terry. A la même table que tes amis. C’est la seule chose qui a de l’importance. Tu comprends ?

-         Oui.

-         Alors maintenant, je vais aller me rasseoir et tu vas continuer à manger tout en discutant avec nous comme d’habitude. Tu verras, tu oublieras très vite jusqu’à leur présence.

Terry complètement calmé, Maxime se détacha de lui et repartit s’asseoir. Gênés par la scène qui venait de se produire, la plupart des élèves n’osaient plus vraiment regarder dans leur direction. Il ne restait plus que quelques curieux qui ne pouvaient s’empêcher de se montrer indiscrets de par leur regard, mais le jeune homme les ignora pour de bon. Il écouta plutôt Yanis parler des difficultés qu’il éprouvait tout comme lui à répondre à certaines questions des travaux de sciences qu’il devait tout comme lui rendre. Terry participait autant que possible, mais son esprit était ce soir bien trop troublé. En plus d’avoir dû subir la curiosité des autres élèves, il pensait que bientôt, il lui faudrait se doucher. Pourrait-il seulement laisser Ludovic l’aider sans crainte ?

Au final, il fit comme si de rien n’était, et mangea un peu plus de la moitié de son assiette. Ludovic ne lui dit rien, sachant qu’il avait fait de son mieux pour s’alimenter correctement.

------------

 

Bien des heures plus tard, Yanis se faisait un résumer personnel de la journée. Elle s’était davantage mieux passée que ce qu’il avait imaginé. Il se serait attendu à voir Terry revenir à Sainte Bénédicte avec un moral plus bas. Mais il n’avait craqué qu’une seule fois, et ça s’était bien terminé. Bien terminé grâce à Maxime à qui il n’hésita d’ailleurs pas à faire la remarque.

-         C’est bien ce que tu as fait pour Terry lors du souper.

-         J’ai juste agi comme je le jugeais le plus approprié.

-         Quelque part, c’est la première fois que je te vois prendre ce genre d’initiative par toi-même.

Maxime savait parfaitement où il voulait en venir. Il comprenait ce qu’il essayait de lui exprimer.

-         Tu pensais que j’allais une nouvelle fois compter sur toi ?

-         Un peu. Tu le fais depuis si longtemps.

-         J’avoue.

Yanis vint alors le rejoindre sur le lit où il était déjà installé en pyjama. Il attendait beaucoup plus de son petit ami. Le problème étant qu’il ne savait pas comment le lui faire réellement comprendre. C’était sans doute le seul sujet pour lequel il ne se montrait pas franc. Peut-être parce qu’il s’agissait de quelque chose de plus délicat. Jamais Yanis ne l’aurait avoué à quiconque, mais Maxime et ses manies de garçon naïf le mettaient dans tous ses états depuis quelque temps. Tout comme il aimait le voir arborer un style bien différent de tous en l’assumant complètement, il appréciait de l’observer devenir de plus en plus entreprenant à son égard. Des mains qui caressaient son ventre le soir venu, il en était arrivé à l’embrasser dans le cou. A sculpter à sa manière la forme de ses clavicules et de ses épaules en prenant possession de celles-ci de par sa bouche. Ses mains se baladaient à présent même sur ses côtes. Sur ses reins. S’arrêtaient à la limite de ses fesses. Ca pouvait paraître insipide aux yeux d’autres, mais aux leurs ce n’était qu’une façon bien à eux de se découvrir avec maladresse.

-         Si tu pouvais prendre davantage d’initiatives, j’en serais très heureux, murmura Yanis en venant s’installer tout contre lui.

-         Pourquoi est-ce que ça devrait toujours être moi ? Répondit Maxime en comprenant tout de suite où il voulait en venir.

-         Parce que je ne sais absolument pas comment faire.

Maxime croyait halluciner en l’entendant lui faire cette révélation. Il avait toujours cru Yanis plus doué que lui pour ce genre de choses. Plus pressé aussi. Sans doute l’était-il, mais il attendait beaucoup plus de lui.

-         Tu veux que je t’avoue un fantasme ? Dit-il.

-         Un fantasme ?

-         Oui. Un désir personnel si je peux dire ça comme ça.

-         Va y.

-         Je veux qu’on le fasse en Espagne lors du voyage prévu après les examens. Sur la plage. Je veux que ma première fois se passe de cette façon. Avec toi.

Maxime se sentait honoré qu’il lui fasse un tel aveu. S’il suivait parfaitement les dires de Yanis, le garçon espérait qu’ils passent tout deux à l’acte à ce moment. Cela lui laissait au moins le temps de se préparer mentalement. Car en réalité, lui-même n’avait jamais fait l’amour avec personne, et il y mettait beaucoup d’importance. L’importance d’aimer sincèrement une personne en la comblant de plaisir.

------------

 

Lorsqu’ils étaient revenus à deux dans la chambre, Terry savait que le moment qu’il redoutait depuis suffisamment longtemps serait pour bientôt. Ludovic l’avait déposé sur son lit pour qu’il puisse reprendre sa lecture de Ames perdues qu’il avait été forcé de délaisser. Le brun avait ensuite disparu dans la salle de bain dans le but de se doucher le premier. Pendant le temps qui s’écoula, le bruit de l’eau lui parvenant à travers la porte lui envoya presque un frisson dans le dos, tandis qu’il tentait au mieux de se concentrer sur ce qu’il lisait sans y parvenir. Combien de temps s’écoula dans ce stress permanent ? Il n’aurait su le dire quand Ludovic revint dans la chambre en lui lançant un regard lui signifiant que ça allait être son tour.

-         Tu te sens prêt à prendre ta douche ? Lui demanda-t-il.

-         Je ne sais pas. Mais il va bien falloir que je me lave.

-         Ne t’inquiète pas, tout va bien se passer. Je te le promets.

Joignant les gestes à la parole, il l’obligea à abandonner son livre pour s’accrocher à lui. Quelques instants plus tard, ils étaient tout deux dans la salle de bain. Terry attendait. Il attendait que Ludovic prenne l’initiative d’agir. Le laissant s’appuyer contre la paroi de la douche, celui-ci prit la parole.

-         Est-ce que tu veux que je t’aide à te déshabiller ? Tu crois y parvenir tout seul ou pas ?

-         Je ne crois pas.

C’était un aveu forcé, mais c’était la triste vérité pour Terry. Ludovic allait lui-même devoir se charger de retirer les vêtements pour lesquels il aurait bien du mal. Le problème étant qu’il ne pouvait pas se lâcher, il était forcé de compter presque entièrement sur le brun.

-         Je vais commencer par retirer le haut, prévint-il.

Ce n’était pas facile pour Terry aussi ferma-t-il simplement les yeux lorsqu’il sentit ses mains se poser sur le col de sa chemise et commencer à défaire chaque bouton un à un. Si Terry avait opté pour l’une de ses fameuses chemises, ça avait été dans l’espoir de masquer aux yeux de tous cette maigreur qui l’effrayait à présent lui-même. Désormais, il lui était impossible de tromper Ludovic quant à son état. Lorsqu’il rouvrit les yeux, celui-ci en profita pour le retenir d’une main tandis qu’il séparait complètement le tissu du haut de son corps.

Ludovic était attristé en contemplant son buste dont les os comme les coups étaient si apparents. Ces mêmes coups qu’il avait eu une seule fois l’occasion de voir. Tout comme il ne pu s’empêcher de jeter un coup d’œil au bandage de son bras.

Il allait alors s’attaquer à la ceinture de son pantalon, mais Terry posa directement ses mains sur les siennes et il dû immédiatement le retenir par les épaules pour ne pas qu’il tombe. A partir de là, il défit lui-même sa ceinture et déboutonna son jean devenu trop large pour lui. Mais au moment où il voulut le descendre sur ses jambes, il n’y parvint pas et prit aussitôt un air paniqué. Ludovic décida alors de doucement reposer une main au niveau de sa taille, mais la réaction fut instantanée.

-         Non.

-         Ca va aller, Terry. Je ne veux en aucun cas te faire de mal.

Le jeune homme ferma à nouveau les yeux. Le voyant fermement s’agripper à la paroi de la douche, le brun se positionna derrière lui pour à la fois descendre pantalon et sous-vêtement. Sans le vouloir, il avait effleuré de ses pouces la peau du jeune homme. Terry avait frissonné. De plaisir ? De peur ? Il l’ignorait. Mais lorsqu’il refit face au jeune homme, il remarqua combien celui-ci retenait ses larmes.

-         Respire, Terry. Tu n’as pas à avoir peur. Tout va bien.

Pendant que le jeune homme passait un bras autour de sa taille, il avait pris la précaution de le maintenir par les épaules pour ne pas qu’il interprète mal son geste. Ca n’avait rien d’évident. Pour Terry comme pour lui. Sentir le corps nu de son petit ami contre lui malgré ses vêtements donnait lieu à certaines sensations étranges en lui. Il avait brusquement chaud. Trop chaud, et il fut heureux d’abandonner le jeune homme sous la douche. Là où il savait qu’il n’aurait pas besoin de lui. La douche étant conçue d’un siège pour s’y asseoir. Peu de temps après, l’eau se mit à couler. Ludovic en profita alors pour se diriger près du lavabo sur lequel il s’appuya et respira un bon coup. Le miroir d’en face lui renvoyait juste l’image de lui-même plus écarlate que jamais. Comment pouvait-il se mettre dans un tel état ? Terry en était-il le responsable ?

Quoiqu’il en soit, il profita de ces quelques minutes de répit avant que le jeune homme ne l’appelle pour lui signaler qu’il avait terminé de se laver. Il se dirigea donc de nouveau vers la douche et accueilli son petit ami dans ses bras. Celui-ci le tenait par les épaules alors que Ludovic se saisissait d’un grand essuie qu’il passa autour de ses épaules. Il commença à lui frictionner le dos le plus délicatement possible de peur de lui faire mal.

-         Ca va, Terry ?

-         Du moment que tu ne me regardes pas.

-         C’est promis.

Se sentant un peu en confiance, le jeune homme posa son front contre son épaule en le laissant lentement descendre un peu plus bas. Arrivé à l’endroit de ses fesses, il prit lui-même l’essuie d’une main et se sécha du mieux qu’il pu. Ludovic l’y aidait. Cependant, il fut à un moment forcé de poser une main sur une hanche osseuse, et il se mit aussitôt à trembler.

-         Je ne vais rien te faire.

Terry restait muet. Mais il s’accrochait désespérément à lui. Comme si tout allait s’écrouler autour de lui. Comme s’il risquait de se perdre lui-même. Il se sentit néanmoins un peu mieux lorsqu’il le vit se saisir de son pantalon de pyjama et l’aider à enfiler chaque jambe sans tomber. Le jeune homme se laissa faire. Sans protester. Il fut d’ailleurs soulagé quand il lui passa sa veste de pyjama et qu’il pu enfin tranquillement réaliser que ça n’avait pas été si dramatique.

Ludovic le ramena ensuite jusque dans la chambre.

-         Tu vois que ce n’était pas bien terrible. Nous y sommes parvenus ensemble.

-         C’est vrai. Pardonne-moi d’avoir eu si peur.

-         Tu n’as rien à te faire pardonner. Tes réactions étaient juste normales.

Terry hésita à parler. Il ne voulait pas revenir là-dessus, mais il n’avait pas le choix. Il devait également exprimer ce qu’il ressentait. C’était essentiel.

-         J’ai beau savoir qu’il s’agit de toi, je ne me suis encore jamais retrouvé nu devant quelqu’un d’autre que mon père.

-         Je ne suis pas lui. Je sais ce que tu ressens, mais je n’aurai jamais le même regard que lui sur ton corps.

-         Je le sais. Je ne voulais d’ailleurs pas en arriver à cette discussion avec toi.

-         Non. Je suis content que tu te montres franc. Ca me permet au moins de te comprendre.

Il allait repartir travailler à son bureau, mais le blond le retint alors par le poignet. Il voulait brusquement le garder auprès de lui. Il avait besoin de sentir une nouvelle fois la chaleur de ses bras. Le réconfort de ses étreintes.

-         Je veux que tu restes auprès de moi.

-         Maintenant ?

-         Oui. Tu m’as manqué. Je veux pouvoir te retrouver pour de bon.

Ludovic ne répondit rien, se contentant juste de s’installer à ses côtés sur le lit. Pour la première fois, Terry prit l’initiative d’aller vers lui. De se loger dans ses bras. De passer ses mains dans sa nuque. De poser ses lèvres dans son cou. Mais il avait également besoin qu’on l’aide. Qu’il l’aide. Ludovic sembla comprendre le message, car il prit soudainement son visage entre ses deux mains et le dirigea vers le sien. Bien vite, leurs lèvres s’effleurèrent. Se firent plus pressantes. Plus gourmandes. Ce n’était pas l’un de ces baisers qu’ils avaient tant connu autrefois. Ce n’était pas fougueux. C’était plus doux. Plus tendre. C’était une redécouverte mutuelle. Terry comme Ludovic se retrouvaient enfin. Enfin après tant d’épreuves qu’ils étaient parvenus à surmonter. Pour rien au monde, ils ne voulaient voir leurs étreintes se briser à nouveau.

Par Azalea - Publié dans : Frères de coeur
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Jeudi 7 août 2008 4 07 /08 /Août /2008 08:57

Chapitre LXVII : Faire à nouveau connaissance.

 

Partie 1

Fascinant comme quelqu’un pouvait aller mieux par la présence d’une seule personne en particulier. Frédéric avait pu observer ce comportement chez Terry. Depuis qu’il avait retrouvé Ludovic, le jeune homme allait nettement mieux moralement. Il lui arrivait parfois encore d’avoir l’un ou l’autre coup de déprime, et sa relation avec le brun s’était faite beaucoup plus maladroite depuis la dernière fois. Mais ils devraient juste apprendre à se réhabituer l’un à l’autre. Ca prendrait certainement un peu de temps, mais ils y parviendraient. L’homme en était convaincu.

Trois jours plus tard, Terry pouvait enfin sortir comme promis. Son état était encore loin d’être stable. Toutefois, il avait prouvé qu’il était capable de reprendre des forces au fur et à mesure des jours. Il fallait également dire que ses camarades étaient souvent venus le voir au cours des dernières heures. Cela l’avait aidé. Enormément. Maxime était bien décidé à l’aider à surmonter son retard scolaire à sa sortie. Yanis comptait bien surveiller le fait qu’il prenne suffisamment soin de lui. Quant à Ludovic, il restait silencieux. Silencieux tout en restant constamment à ses côtés.

Cependant, Frédéric avait profité de l’occasion qu’ils soient tous présents pour sa sortie afin de tirer au clair certains détails. Terry rentré à l’école, il devait mettre au point tout un tas de responsabilités à prendre. Le blond était encore très faible. Presque totalement incapable de se tenir seul sur ses jambes. Ils devraient donc lui apporter un maximum d’aide.

-         Qu’est-ce que vous attendez exactement de nous ? Demanda Yanis en allant s’asseoir à ses côtés sur le lit.

Terry était déjà prêt, habillé correctement, un sac avec tout ce dont il avait eu besoin lors de son séjour à l’hôpital posé près de lui.

-         Je parle surtout de ses déplacements au sein de l’école.

-         Nous pouvons l’aider à se déplacer jusqu’au bâtiment de cours en le soutenant s’il désire s’y rendre dès son retour, répondit Maxime. Mais je ne pense pas qu’il soit encore suffisamment en forme pour ça.

-         Non, je veux y retourner dès demain. J’ai déjà raté assez de cours et je ne veux pas passer mes journées allongé sur un lit. J’y ai déjà passé trop de temps.

A cet aveu de Terry, Frédéric posa un regard sérieux sur lui.

-         Est-ce que tu en es certain ? Tu n’es pas obligé de forcer dès ton retour.

-         Je le sais, mais je resterai de toute façon assis une grande partie de la journée de toute façon. Et puis, il y aura également Nash.

-         Je comprends. Mais ne va pas au-delà des efforts que tu peux fournir pour le moment. Je te fais confiance.

Il résuma la situation pour en venir à un autre point. Prenant place juste en face du garçon, il lui expliqua un tout autre détail fort important et qui demandait tout autant réflexion.

-         Pour ce qui est de tes déplacements au sein de l’école, ça ne semble pas être un réel problème a priori. Cependant, il reste à savoir comment se passeront les choses concernant ta toilette. Tu ne pourras pas te débrouiller tout seul. Est-ce que tu désires que je fasse chaque jour venir une dame pour t’y aider ?

-         Ca coûtera cher, n’est-ce pas ?

-         Ca peut très bien être l’infirmière de l’école.

Cette idée ne semblait pas plaire au jeune homme. S’il avait été forcé de se laisser faire à l’hôpital, il n’avait certainement pas envie de répéter ce moment qui ressemblait plus à une torture qu’autre chose pour lui. Même si les infirmières s’étaient montrées très douces à son égard. C’était quelque chose qui restait relativement gênant pour lui. S’en apercevant, Ludovic se leva alors brusquement de la chaise près de la table où il s’était installé pour les rejoindre.

-         J’ai quelque chose à proposer, dit-il.

-         Quoi donc ?

Il se tourna vers Terry et le regarda avec la plus grande sincérité.

-         Si je t’aidais moi-même à faire ta toilette le matin et le soir, est-ce que tu penses pouvoir me faire suffisamment confiance ?

Le jeune homme se crispa aussitôt à cette demande dont il ne s’était pas attendu. Autoriser Ludovic à entrer dans la salle de bain avec lui à ce moment précis sous-entendait beaucoup d’autres choses.

-         Je te fais confiance, mais ça signifie que tu…

-         Que je te verrai nu ? Je te promets de faire au maximum pour ne pas poser les yeux sur ton corps si tu acceptes. Tout comme je ferai attention de poser le moins possible les mains sur toi.

-         Je ne sais pas, Ludo. C’est délicat ce que tu me demandes là.

-         Qu’est-ce qui te dérange le plus là-dedans ?

-         Je ne veux pas être un poids pour toi.

-         Tu ne le seras pas. Je peux t’assurer que je veux le faire parce que je désire sincèrement te venir en aide. Tu n’as pas besoin de te culpabiliser pour si peu.

Terry se plongea dans une profonde réflexion. Le temps de se décider. En même temps, ses yeux examinaient ceux du brun. Il y lisait de la sincérité. Une véritable envie de tout faire pour le voir aller mieux.

-         Ce ne sera que pour m’aider à me doucher ?

-         Ce ne sera que pour ça.

-         Alors je veux bien essayer.

Ludovic acquiesça simplement. Il allait repartir s’asseoir dans son coin. Terry voyait bien qu’il éprouvait bien plus de mal que lui à renouer une vraie relation. Mais en ce qui le concernait, il avait appris bien plus de choses. Il avait tiré une profonde leçon de tout cela. Il avait compris que les mots n’avaient pas toujours un réel effet. Que les mensonges pouvaient être pareils à des lames. Que finalement, Ludovic avait une honnêteté à toute épreuve. Il était une personne particulièrement droite. Il ne voulait plus le trahir pour cette raison. Il avait appris que suite à leurs larmes et disputes, il ne leur restait plus qu’à tourner une bonne fois pour toute la page. Sans prévenir, il l’attrapa du bout des doigts par la main afin de le pousser à venir s’asseoir à ses côtés sous le regard approbateur des autres. Sous le regard approbateur de Frédéric Armand. Ludovic se laissa faire et n’osant pas le prendre dans ses bras devant tous, il posa juste une main sur le lit derrière lui. De façon à ce que leurs épaules se touchent. C’était discret, mais ce contact les rassurait incontestablement.

-         Je crois que tout ira pour le mieux à ton retour, commenta le professeur Armand.

Quelques minutes après qu’il eut dit cela, une infirmière entra dans la chambre avec un fauteuil roulant sur lequel ils installèrent Terry pour l’amener jusqu’à la voiture. C’était la façon de procéder de tout hôpital. Une fois revenu à l’école, il devrait se débrouiller avec la seule aide de ses camarades. Mais pour l’instant présent, Ludovic prit son sac tandis que Frédéric le poussait, et tous ensemble, ils quittèrent enfin cette chambre qui avait tant hanté Terry de la solitude qu’elle lui avait fait ressentir.

Le trajet se passa ensuite sans encombre. Maxime à l’avant, Terry se tenait entre la portière et Ludovic alors que Yanis lui jetait parfois quelques regards pour vérifier que tout allait bien. Frédéric avait alors pu remarquer qu’ils avaient pris le soin de lui passer le foulard multicolore de Maxime autour du cou de peur de le voir prendre froid à cause de sa trop grande faiblesse.

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Arrivé à l’école, Ludovic fut le premier à aider Terry à sortir de la voiture. Passant l’un de ses bras autour de son cou, il passa le sien autour de sa taille fine tandis qu’il le soutenait pour le mieux.

-         Ca va aller, Terry ? Lui demanda le professeur Armand.

-         Je crois bien. Après tout, il n’y a pas beaucoup de chemin à faire.

Voyant que tout se passerait pour le mieux, l’homme marcha un peu à leurs côtés avant de finalement les délaisser. Après tout, son rôle avait pris fin à l’instant même où Terry avait retrouvé ses amis pour de bon. Ils prendraient le plus grand soin de lui, ça ne faisait pas l’ombre d’un doute.

Ludovic n’avait aucun mal à supporter le poids devenu trop léger de Terry, mais il le sentait, le jeune homme se soutenait complètement à lui. Finalement, il fut tout de même soulagé d’entrer dans la chambre et de pouvoir l’installer sur son lit. Entre temps, en apprenant son retour, il avait pris la peine de mettre de l’ordre dans la chambre.

Ludovic aurait tout aussi bien pu ignorer le désordre qu’il avait causé en étant bien trop absorbé par son retour et la façon dont allait désormais évoluer leur relation puisque tout était à reconstruire, mais il ne voulait pas accueillir Terry dans un lieu encombrant à son moral. Un endroit qui serait resté marqué par les mauvais souvenirs de sa dernière crise de colère.

-         Tu as tout rangé, lui fit d’ailleurs remarquer celui-ci.

Il n’avait même pas remarqué qu’ils étaient désormais seuls dans la pièce. Quand donc les avaient quitté Yanis et Maxime ? Il n’avait rien vu.

-         Oui. Tu dois te sentir plus rassuré dans l’ordre.

-         Rassuré ? Je ne sais pas. Je suis juste touché de toutes ces petites attentions. Tu n’avais pas besoin d’en faire autant.

D’où il se trouvait, il pouvait facilement tendre le bras sans trop se fatiguer pour poser les doigts sur le morceau de papier collant qui avait servi à recoller les deux parties de la photo déchirée. Sans doute était-ce ce geste qui le toucha le plus.

-         Je suis désolé, dit Ludovic avec une certaine gêne emprunte dans la voix. Je n’ai pas pu faire mieux. Je suppose que c’était juste lamentable de ma part de l’avoir déchiré sous tes yeux. Pardon. Vraiment.

-         Ludovic, on est de nouveau réunis là. C’est tout ce qui compte. Je ne t’en veux absolument plus.

Le brun se sentit quelque peu soulagé et entreprit d’ouvrir le sac de Terry pour en faire le tri et ranger les affaires propres. Tout à son activité, il entendit le jeune homme prendre de nouveau la parole.

-         Qu’est-ce que tu as fait pendant tout ce temps ?

-         Le temps où tu étais absent ? J’ai travaillé. Les examens approchent et tu sais comment je suis.

-         Oui ! Un vrai acharné du travail. Je devine même que tu dois avoir déjà pratiquement tout étudié. En ce qui me concerne, j’en suis encore loin…

-         Rassure-toi, personne ne compte te laisser tomber. Maintenant, je vais d’ailleurs avoir tout le temps nécessaire pour pouvoir t’aider à réviser. Tu peux aussi compter sur Yanis et Maxime. Et le professeur Armand. Ne l’oublie pas.

Il ne l’oubliait pas. En aucun cas. Celui-ci était resté à ses côtés durant tout son séjour à l’hôpital. C’était plus que respectable pour un professeur. Un professeur qui se souciait du bien-être de ses élèves.

-         Je luis dois beaucoup, finit-il par avouer.

Ludovic eut alors l’esquisse d’un sourire en se dirigeant vers son bureau.

-         Je crois que tu vas pouvoir le remercier de la meilleure façon qui soit pour un professeur.

-         Qu’est-ce que tu veux dire ?

Il lui présenta juste un petit paquet de feuilles. Des devoirs. Ceux que Frédéric Armand avait rédigés lors des moments où il dormait à l’hôpital. Ceux-là même qu’il lui avait dit ne pas y échapper. Terry était désespéré en se demandant comment il pourrait bien venir à bout de tout ce travail. Quelque part, il comptait un peu sur Ludovic pour lui expliquer tout ce qu’il ne comprenait pas.

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Cet après-midi là, c’était bien la première fois qu’il avait été heureux de retrouver Nash qui aurait dû avoir cours avec lui s’il ne s’était pas montré absent pour cette dernière journée. A peine était-il entré dans sa chambre que le jeune homme avait passé les bras autour de son cou pour joindre ses lèvres aux siennes.

-         Il doit être heureux d’être enfin revenu.

-         Tu l’as vu ?

-         Par la fenêtre de ta chambre.

-         Sois plus discret, Nash. Quelqu’un aurait pu te voir.

-         Comme si je ne l’étais pas. Je te signale que tu étais le premier à faire preuve d’un peu trop de liberté pas plus tard qu’il y a quelques jours.

Effectivement. Frédéric avait sauté sur l’occasion. Pendant que Terry était en compagnie de ses amis, il l’avait invité dans un petit restaurant sans grand intérêt. Ca ne ressemblait même pas vraiment à un restaurant. Plutôt à un petit bistro chic où fumer était interdit. Il ne s’étonnait plus des endroits où ils passaient du temps à deux. Loin de tout ce qu’ils connaissaient. Loin de toutes ces personnes qui auraient pu les soupçonner. Qui aurait pu le soupçonner de n’être qu’un pervers profitant d’un adolescent. De sa jeunesse. Mais au fond, Nash savait qu’il n’avait rien à lui envier. Il était beau. Beau à sa manière. Beau à ses yeux. Nash était juste heureux de se dire que Terry sorti, il pourrait à présent de nouveau coucher chaque soir en le désirant de tout son corps et se lever à l’aube dans ses bras.

Nash venait de s’installer dans un petit fauteuil de velours prune qu’avait acheté Frédéric il y avait peu. A ses aises, il se faisait tentateur malgré lui. Tout dans son être évoquait l’envie. Le désir. Le désir qu’avait Frédéric de pouvoir enfin le retrouver à peu près normalement. A peu près normalement tout en continuant à se cacher. Le regard que lui envoya Nash à l’instant ne sonnait pas comme un reproche. Il ne sonnait pas non plus comme une invitation à la luxure. Pourtant, il lui fit bien vite part de son impression actuelle.

-         Maintenant que Terry n’a plus besoin de toi vingt-quatre heures sur vingt-quatre, tu n’as pas envie de rattraper le temps perdu ? Qu’est-ce que tu attends pour venir me rejoindre ?

-         Le fauteuil est trop petit pour nous deux.

-         Voyons, Frédéric. Je ne connais aucun fauteuil qui soit trop petit pour accueillir nos étreintes.

En disant cela, il se positionna autrement, laissant l’homme venir s’installer entre ses jambes.

-         Tu n’as pas envie de te laisser aller à tes envies une nouvelle fois ? je ne te tente pas ?

-         Je suis à peine revenu que tu essayes déjà de m’attiser ?

-         Tu ne disais pas ça la dernière fois que tu m’as fait l’amour. Est-ce qu’il faut que je me déshabille pour te faire comprendre le message ?

-         Tu ne penses vraiment qu’à ça !

Il fallait dire que garder à longueur de journées ses sentiments sans pouvoir pleinement les exprimer était parfois malsain. En tout cas chez Nash. Quand il aimait, il ne faisait pas semblant. Jamais. Toutefois, il calma momentanément ses ardeurs, sachant que son compagnon était à présent épuisé mentalement comme physiquement d’avoir été mis à rude épreuve récemment.

-         Ca semble bien difficile de prendre soin de quelqu’un, lâcha-t-il.

-         Tu parles de Terry ? Maintenant qu’il est rentré, tout devrait bien se passer. Il va juste avoir besoin d’aide. De la tienne aussi.

-         Tu sais que ce n’est pas un problème. Qu’est-ce que tu attends de moi au juste ?

-         Que tu prennes soin de lui durant les cours. Que tu l’aides à se déplacer en cas de besoin. Mais ça ne devrait pas poser de problème.

-         Compte sur moi.

Frédéric en était satisfait. Cependant, Nash ne semblait pas avoir la tête à autre chose qu’à lui pour le moment. Passant ses mains sous sa chemise pour aller caresser son torse, il laissa ensuite sa bouche se perdre dans son cou, humidifiant chaque centimètre de peau qui lui était accessible d’une langue plus joueuse que jamais. Il ne comptait pas lui faire l’amour dès le premier jour de son complet retour à ses côtés, il le savait. Mais malgré tout, il se doutait qu’il désirait surtout le taquiner un peu avant de laisser en paix.

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Terry avait finalement demandé un petit coup de main à Ludovic pour l’amener jusqu’à son bureau. Il se sentait encore très fatigué, mais il n’était pas question pour lui de rester sans rien faire. C’était sans doute ce qui expliquait qu’il puisse chercher le courage nécessaire pour entreprendre de répondre aux premières questions des travaux du professeur Armand. Il aurait voulu se donner le courage de pouvoir répondre à tout le jour même. Malheureusement, à peine était-il arrivé à la troisième question que celle-ci lui faisait déjà obstacle. Rechignant, il tapotait du crayon le bord de son bureau, et Ludovic qui travaillait tout autant se rendit bien vite compte du problème.

-         Tu bloques à une question ? Demanda-t-il.

-         On peut dire ça comme ça. Je dois avoir perdu l’habitude. Je voudrais bien prendre mon cours de sciences, mais je crois qu’il doit être tout près de mon lit. En même temps, je ne veux pas te déranger toutes les deux minutes.

-         Ca ne me dérange pas. J’ai même mieux à te proposer.

Il prit sa chaise avec lui et vint s’asseoir à ses côtés.

-         Qu’est-ce que tu ne comprends pas ?

-         Et ton travail ?

-         Je te l’ai dit, j’ai pris énormément d’avance.

Se saisissant de son crayon, il tira sa feuille jusqu’à lui et lut rapidement ce qui lui semblait impossible à résoudre.

-         Calculs d’onde en tenant compte d’un axe horizontal. Je ne savais pas que vous voyiez déjà ça.

-         Le professeur Armand ne plaisante pas quand il s’agit de sciences, tu devrais être le mieux placé pour le savoir.

-         C’est vrai. Mais je vais t’expliquer. Tu vas voir, c’est moins compliqué que tu l’imagines.

Terry était toujours impressionné de voir avec quelle facilité il résolvait les problèmes les plus compliqués. Les calculs qui lui semblaient sans réponse. Les mots que le brun comprenait alors qu’ils n’évoquaient rien de bien spécial pour lui-même. Finalement, il revenait sur une constatation qu’il avait eue plus d’une fois, et il lui en fit part.

-         Je me rends compte que je ne te connais pas aussi bien que je le voudrais.

Ludovic s’arrêta d’écrire pour lui jeter un coup d’œil. Il s’en rendait compte lui-même.

-         Je crois surtout que je suis très secret à propos de tout ce qui me concerne. C’est une habitude que j’ai prise avec le temps. Et puis, tu en sais plus que ce que tu le penses à mon sujet. Tu sais que j’aime l’astronomie. Tu as déjà vécu à plus d’une reprise mes crises de colères, et surtout, nous avons le même père. Qu’est-ce que je pourrais t’apprendre de plus ? Je ne suis pas quelqu’un de particulièrement intéressant.

-         Détrompe-toi. Tu es justement quelqu’un de juste et honnête. Tu m’as appris beaucoup de choses sur moi-même. En tant que petit ami, tu m’as appris à avoir confiance en moi. C’est déjà pas mal. Et cette passion pour l’astronomie, elle te rend justement intéressant. Fascinant. Comme tous les choix que tu fais dans ta vie. C’est pourquoi, je ne veux pas avoir à te poser de questions pour en apprendre plus sur toi. Je préférerais même que tu t’ouvres de toi-même à moi.

Ludovic détourna un instant la tête, troublé par cette discussion qu’ils avaient. La sincérité avec laquelle Terry lui parlait le mettait dans un étrange état. Elle lui faisait ressentir des sensations qui lui avaient toujours été inconnues jusqu’à présent. Un frisson de plaisir parcouru tout son corps, et il préféra revenir sur les exercices qu’ils avaient délaissé pendant quelques minutes.
Par Azalea - Publié dans : Frères de coeur
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