Chapitre LXVII : Faire à nouveau connaissance.
Partie 1
Fascinant comme quelqu’un pouvait aller mieux par la présence d’une seule personne en particulier. Frédéric avait pu observer ce comportement chez Terry. Depuis qu’il avait retrouvé Ludovic, le
jeune homme allait nettement mieux moralement. Il lui arrivait parfois encore d’avoir l’un ou l’autre coup de déprime, et sa relation avec le brun s’était faite beaucoup plus maladroite depuis la
dernière fois. Mais ils devraient juste apprendre à se réhabituer l’un à l’autre. Ca prendrait certainement un peu de temps, mais ils y parviendraient. L’homme en était convaincu.
Trois jours plus tard, Terry pouvait enfin sortir comme promis. Son état était encore loin d’être stable. Toutefois, il avait prouvé
qu’il était capable de reprendre des forces au fur et à mesure des jours. Il fallait également dire que ses camarades étaient souvent venus le voir au cours des dernières heures. Cela l’avait
aidé. Enormément. Maxime était bien décidé à l’aider à surmonter son retard scolaire à sa sortie. Yanis comptait bien surveiller le fait qu’il prenne suffisamment soin de lui. Quant à Ludovic, il
restait silencieux. Silencieux tout en restant constamment à ses côtés.
Cependant, Frédéric avait profité de l’occasion qu’ils soient tous présents pour sa sortie afin de tirer au clair certains détails.
Terry rentré à l’école, il devait mettre au point tout un tas de responsabilités à prendre. Le blond était encore très faible. Presque totalement incapable de se tenir seul sur ses jambes. Ils
devraient donc lui apporter un maximum d’aide.
- Qu’est-ce que vous attendez exactement de nous ?
Demanda Yanis en allant s’asseoir à ses côtés sur le lit.
Terry était déjà prêt, habillé correctement, un sac avec tout ce dont il avait eu besoin lors de son séjour à l’hôpital posé près de
lui.
- Je parle surtout de ses déplacements au sein de
l’école.
- Nous pouvons l’aider à se déplacer jusqu’au bâtiment de
cours en le soutenant s’il désire s’y rendre dès son retour, répondit Maxime. Mais je ne pense pas qu’il soit encore suffisamment en forme pour ça.
- Non, je veux y retourner dès demain. J’ai déjà raté assez de
cours et je ne veux pas passer mes journées allongé sur un lit. J’y ai déjà passé trop de temps.
A cet aveu de Terry, Frédéric posa un regard sérieux sur lui.
- Est-ce que tu en es certain ? Tu n’es pas obligé de
forcer dès ton retour.
- Je le sais, mais je resterai de toute façon assis une grande
partie de la journée de toute façon. Et puis, il y aura également Nash.
- Je comprends. Mais ne va pas au-delà des efforts que tu peux
fournir pour le moment. Je te fais confiance.
Il résuma la situation pour en venir à un autre point. Prenant place juste en face du garçon, il lui expliqua un tout autre détail
fort important et qui demandait tout autant réflexion.
- Pour ce qui est de tes déplacements au sein de l’école, ça
ne semble pas être un réel problème a priori. Cependant, il reste à savoir comment se passeront les choses concernant ta toilette. Tu ne pourras pas te débrouiller tout seul. Est-ce que tu
désires que je fasse chaque jour venir une dame pour t’y aider ?
- Ca coûtera cher, n’est-ce pas ?
- Ca peut très bien être l’infirmière de
l’école.
Cette idée ne semblait pas plaire au jeune homme. S’il avait été forcé de se laisser faire à l’hôpital, il n’avait certainement pas
envie de répéter ce moment qui ressemblait plus à une torture qu’autre chose pour lui. Même si les infirmières s’étaient montrées très douces à son égard. C’était quelque chose qui restait
relativement gênant pour lui. S’en apercevant, Ludovic se leva alors brusquement de la chaise près de la table où il s’était installé pour les rejoindre.
- J’ai quelque chose à proposer, dit-il.
- Quoi donc ?
Il se tourna vers Terry et le regarda avec la plus grande sincérité.
- Si je t’aidais moi-même à faire ta toilette le matin et le
soir, est-ce que tu penses pouvoir me faire suffisamment confiance ?
Le jeune homme se crispa aussitôt à cette demande dont il ne s’était pas attendu. Autoriser Ludovic à entrer dans la salle de bain
avec lui à ce moment précis sous-entendait beaucoup d’autres choses.
- Je te fais confiance, mais ça signifie que tu…
- Que je te verrai nu ? Je te promets de faire au maximum
pour ne pas poser les yeux sur ton corps si tu acceptes. Tout comme je ferai attention de poser le moins possible les mains sur toi.
- Je ne sais pas, Ludo. C’est délicat ce que tu me demandes
là.
- Qu’est-ce qui te dérange le plus
là-dedans ?
- Je ne veux pas être un poids pour toi.
- Tu ne le seras pas. Je peux t’assurer que je veux le faire
parce que je désire sincèrement te venir en aide. Tu n’as pas besoin de te culpabiliser pour si peu.
Terry se plongea dans une profonde réflexion. Le temps de se décider. En même temps, ses yeux examinaient ceux du brun. Il y lisait de
la sincérité. Une véritable envie de tout faire pour le voir aller mieux.
- Ce ne sera que pour m’aider à me
doucher ?
- Ce ne sera que pour ça.
- Alors je veux bien essayer.
Ludovic acquiesça simplement. Il allait repartir s’asseoir dans son coin. Terry voyait bien qu’il éprouvait bien plus de mal que lui à
renouer une vraie relation. Mais en ce qui le concernait, il avait appris bien plus de choses. Il avait tiré une profonde leçon de tout cela. Il avait compris que les mots n’avaient pas toujours
un réel effet. Que les mensonges pouvaient être pareils à des lames. Que finalement, Ludovic avait une honnêteté à toute épreuve. Il était une personne particulièrement droite. Il ne voulait plus
le trahir pour cette raison. Il avait appris que suite à leurs larmes et disputes, il ne leur restait plus qu’à tourner une bonne fois pour toute la page. Sans prévenir, il l’attrapa du bout des
doigts par la main afin de le pousser à venir s’asseoir à ses côtés sous le regard approbateur des autres. Sous le regard approbateur de Frédéric Armand. Ludovic se laissa faire et n’osant pas le
prendre dans ses bras devant tous, il posa juste une main sur le lit derrière lui. De façon à ce que leurs épaules se touchent. C’était discret, mais ce contact les rassurait
incontestablement.
- Je crois que tout ira pour le mieux à ton retour, commenta
le professeur Armand.
Quelques minutes après qu’il eut dit cela, une infirmière entra dans la chambre avec un fauteuil roulant sur lequel ils installèrent
Terry pour l’amener jusqu’à la voiture. C’était la façon de procéder de tout hôpital. Une fois revenu à l’école, il devrait se débrouiller avec la seule aide de ses camarades. Mais pour l’instant
présent, Ludovic prit son sac tandis que Frédéric le poussait, et tous ensemble, ils quittèrent enfin cette chambre qui avait tant hanté Terry de la solitude qu’elle lui avait fait
ressentir.
Le trajet se passa ensuite sans encombre. Maxime à l’avant, Terry se tenait entre la portière et Ludovic alors que Yanis lui jetait
parfois quelques regards pour vérifier que tout allait bien. Frédéric avait alors pu remarquer qu’ils avaient pris le soin de lui passer le foulard multicolore de Maxime autour du cou de peur de
le voir prendre froid à cause de sa trop grande faiblesse.
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Arrivé à l’école, Ludovic fut le premier à aider Terry à sortir de la voiture. Passant l’un de ses bras autour de son cou, il passa le
sien autour de sa taille fine tandis qu’il le soutenait pour le mieux.
- Ca va aller, Terry ? Lui demanda le professeur
Armand.
- Je crois bien. Après tout, il n’y a pas beaucoup de chemin à
faire.
Voyant que tout se passerait pour le mieux, l’homme marcha un peu à leurs côtés avant de finalement les délaisser. Après tout, son
rôle avait pris fin à l’instant même où Terry avait retrouvé ses amis pour de bon. Ils prendraient le plus grand soin de lui, ça ne faisait pas l’ombre d’un doute.
Ludovic n’avait aucun mal à supporter le poids devenu trop léger de Terry, mais il le sentait, le jeune homme se soutenait
complètement à lui. Finalement, il fut tout de même soulagé d’entrer dans la chambre et de pouvoir l’installer sur son lit. Entre temps, en apprenant son retour, il avait pris la peine de mettre
de l’ordre dans la chambre.
Ludovic aurait tout aussi bien pu ignorer le désordre qu’il avait causé en étant bien trop absorbé par son retour et la façon dont
allait désormais évoluer leur relation puisque tout était à reconstruire, mais il ne voulait pas accueillir Terry dans un lieu encombrant à son moral. Un endroit qui serait resté marqué par les
mauvais souvenirs de sa dernière crise de colère.
- Tu as tout rangé, lui fit d’ailleurs remarquer
celui-ci.
Il n’avait même pas remarqué qu’ils étaient désormais seuls dans la pièce. Quand donc les avaient quitté Yanis et Maxime ? Il
n’avait rien vu.
- Oui. Tu dois te sentir plus rassuré dans
l’ordre.
- Rassuré ? Je ne sais pas. Je suis juste touché de
toutes ces petites attentions. Tu n’avais pas besoin d’en faire autant.
D’où il se trouvait, il pouvait facilement tendre le bras sans trop se fatiguer pour poser les doigts sur le morceau de papier collant
qui avait servi à recoller les deux parties de la photo déchirée. Sans doute était-ce ce geste qui le toucha le plus.
- Je suis désolé, dit Ludovic avec une certaine gêne emprunte
dans la voix. Je n’ai pas pu faire mieux. Je suppose que c’était juste lamentable de ma part de l’avoir déchiré sous tes yeux. Pardon. Vraiment.
- Ludovic, on est de nouveau réunis là. C’est tout ce qui
compte. Je ne t’en veux absolument plus.
Le brun se sentit quelque peu soulagé et entreprit d’ouvrir le sac de Terry pour en faire le tri et ranger les affaires propres. Tout
à son activité, il entendit le jeune homme prendre de nouveau la parole.
- Qu’est-ce que tu as fait pendant tout ce
temps ?
- Le temps où tu étais absent ? J’ai travaillé. Les
examens approchent et tu sais comment je suis.
- Oui ! Un vrai acharné du travail. Je devine même que tu
dois avoir déjà pratiquement tout étudié. En ce qui me concerne, j’en suis encore loin…
- Rassure-toi, personne ne compte te laisser tomber.
Maintenant, je vais d’ailleurs avoir tout le temps nécessaire pour pouvoir t’aider à réviser. Tu peux aussi compter sur Yanis et Maxime. Et le professeur Armand. Ne l’oublie pas.
Il ne l’oubliait pas. En aucun cas. Celui-ci était resté à ses côtés durant tout son séjour à l’hôpital. C’était plus que respectable
pour un professeur. Un professeur qui se souciait du bien-être de ses élèves.
- Je luis dois beaucoup, finit-il par avouer.
Ludovic eut alors l’esquisse d’un sourire en se dirigeant vers son bureau.
- Je crois que tu vas pouvoir le remercier de la meilleure
façon qui soit pour un professeur.
- Qu’est-ce que tu veux dire ?
Il lui présenta juste un petit paquet de feuilles. Des devoirs. Ceux que Frédéric Armand avait rédigés lors des moments où il dormait
à l’hôpital. Ceux-là même qu’il lui avait dit ne pas y échapper. Terry était désespéré en se demandant comment il pourrait bien venir à bout de tout ce travail. Quelque part, il comptait un peu
sur Ludovic pour lui expliquer tout ce qu’il ne comprenait pas.
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Cet après-midi là, c’était bien la première fois qu’il avait été heureux de retrouver Nash qui aurait dû avoir cours avec lui s’il ne
s’était pas montré absent pour cette dernière journée. A peine était-il entré dans sa chambre que le jeune homme avait passé les bras autour de son cou pour joindre ses lèvres aux siennes.
- Il doit être heureux d’être enfin revenu.
- Tu l’as vu ?
- Par la fenêtre de ta chambre.
- Sois plus discret, Nash. Quelqu’un aurait pu te
voir.
- Comme si je ne l’étais pas. Je te signale que tu étais le
premier à faire preuve d’un peu trop de liberté pas plus tard qu’il y a quelques jours.
Effectivement. Frédéric avait sauté sur l’occasion. Pendant que Terry était en compagnie de ses amis, il l’avait invité dans un petit
restaurant sans grand intérêt. Ca ne ressemblait même pas vraiment à un restaurant. Plutôt à un petit bistro chic où fumer était interdit. Il ne s’étonnait plus des endroits où ils passaient du
temps à deux. Loin de tout ce qu’ils connaissaient. Loin de toutes ces personnes qui auraient pu les soupçonner. Qui aurait pu le soupçonner de n’être qu’un pervers profitant d’un adolescent. De
sa jeunesse. Mais au fond, Nash savait qu’il n’avait rien à lui envier. Il était beau. Beau à sa manière. Beau à ses yeux. Nash était juste heureux de se dire que Terry sorti, il pourrait à
présent de nouveau coucher chaque soir en le désirant de tout son corps et se lever à l’aube dans ses bras.
Nash venait de s’installer dans un petit fauteuil de velours prune qu’avait acheté Frédéric il y avait peu. A ses aises, il se faisait
tentateur malgré lui. Tout dans son être évoquait l’envie. Le désir. Le désir qu’avait Frédéric de pouvoir enfin le retrouver à peu près normalement. A peu près normalement tout en continuant à
se cacher. Le regard que lui envoya Nash à l’instant ne sonnait pas comme un reproche. Il ne sonnait pas non plus comme une invitation à la luxure. Pourtant, il lui fit bien vite part de son
impression actuelle.
- Maintenant que Terry n’a plus besoin de toi vingt-quatre
heures sur vingt-quatre, tu n’as pas envie de rattraper le temps perdu ? Qu’est-ce que tu attends pour venir me rejoindre ?
- Le fauteuil est trop petit pour nous deux.
- Voyons, Frédéric. Je ne connais aucun fauteuil qui soit trop
petit pour accueillir nos étreintes.
En disant cela, il se positionna autrement, laissant l’homme venir s’installer entre ses jambes.
- Tu n’as pas envie de te laisser aller à tes envies une
nouvelle fois ? je ne te tente pas ?
- Je suis à peine revenu que tu essayes déjà de
m’attiser ?
- Tu ne disais pas ça la dernière fois que tu m’as fait
l’amour. Est-ce qu’il faut que je me déshabille pour te faire comprendre le message ?
- Tu ne penses vraiment qu’à ça !
Il fallait dire que garder à longueur de journées ses sentiments sans pouvoir pleinement les exprimer était parfois malsain. En tout
cas chez Nash. Quand il aimait, il ne faisait pas semblant. Jamais. Toutefois, il calma momentanément ses ardeurs, sachant que son compagnon était à présent épuisé mentalement comme physiquement
d’avoir été mis à rude épreuve récemment.
- Ca semble bien difficile de prendre soin de quelqu’un,
lâcha-t-il.
- Tu parles de Terry ? Maintenant qu’il est rentré, tout
devrait bien se passer. Il va juste avoir besoin d’aide. De la tienne aussi.
- Tu sais que ce n’est pas un problème. Qu’est-ce que tu
attends de moi au juste ?
- Que tu prennes soin de lui durant les cours. Que tu l’aides
à se déplacer en cas de besoin. Mais ça ne devrait pas poser de problème.
- Compte sur moi.
Frédéric en était satisfait. Cependant, Nash ne semblait pas avoir la tête à autre chose qu’à lui pour le moment. Passant ses mains
sous sa chemise pour aller caresser son torse, il laissa ensuite sa bouche se perdre dans son cou, humidifiant chaque centimètre de peau qui lui était accessible d’une langue plus joueuse que
jamais. Il ne comptait pas lui faire l’amour dès le premier jour de son complet retour à ses côtés, il le savait. Mais malgré tout, il se doutait qu’il désirait surtout le taquiner un peu avant
de laisser en paix.
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Terry avait finalement demandé un petit coup de main à Ludovic pour l’amener jusqu’à son bureau. Il se sentait encore très fatigué,
mais il n’était pas question pour lui de rester sans rien faire. C’était sans doute ce qui expliquait qu’il puisse chercher le courage nécessaire pour entreprendre de répondre aux premières
questions des travaux du professeur Armand. Il aurait voulu se donner le courage de pouvoir répondre à tout le jour même. Malheureusement, à peine était-il arrivé à la troisième question que
celle-ci lui faisait déjà obstacle. Rechignant, il tapotait du crayon le bord de son bureau, et Ludovic qui travaillait tout autant se rendit bien vite compte du problème.
- Tu bloques à une question ? Demanda-t-il.
- On peut dire ça comme ça. Je dois avoir perdu l’habitude. Je
voudrais bien prendre mon cours de sciences, mais je crois qu’il doit être tout près de mon lit. En même temps, je ne veux pas te déranger toutes les deux minutes.
- Ca ne me dérange pas. J’ai même mieux à te
proposer.
Il prit sa chaise avec lui et vint s’asseoir à ses côtés.
- Qu’est-ce que tu ne comprends pas ?
- Et ton travail ?
- Je te l’ai dit, j’ai pris énormément d’avance.
Se saisissant de son crayon, il tira sa feuille jusqu’à lui et lut rapidement ce qui lui semblait impossible à résoudre.
- Calculs d’onde en tenant compte d’un axe horizontal. Je ne
savais pas que vous voyiez déjà ça.
- Le professeur Armand ne plaisante pas quand il s’agit de
sciences, tu devrais être le mieux placé pour le savoir.
- C’est vrai. Mais je vais t’expliquer. Tu vas voir, c’est
moins compliqué que tu l’imagines.
Terry était toujours impressionné de voir avec quelle facilité il résolvait les problèmes les plus compliqués. Les calculs qui lui
semblaient sans réponse. Les mots que le brun comprenait alors qu’ils n’évoquaient rien de bien spécial pour lui-même. Finalement, il revenait sur une constatation qu’il avait eue plus d’une
fois, et il lui en fit part.
- Je me rends compte que je ne te connais pas aussi bien que
je le voudrais.
Ludovic s’arrêta d’écrire pour lui jeter un coup d’œil. Il s’en rendait compte lui-même.
- Je crois surtout que je suis très secret à propos de tout ce
qui me concerne. C’est une habitude que j’ai prise avec le temps. Et puis, tu en sais plus que ce que tu le penses à mon sujet. Tu sais que j’aime l’astronomie. Tu as déjà vécu à plus d’une
reprise mes crises de colères, et surtout, nous avons le même père. Qu’est-ce que je pourrais t’apprendre de plus ? Je ne suis pas quelqu’un de particulièrement intéressant.
- Détrompe-toi. Tu es justement quelqu’un de juste et honnête.
Tu m’as appris beaucoup de choses sur moi-même. En tant que petit ami, tu m’as appris à avoir confiance en moi. C’est déjà pas mal. Et cette passion pour l’astronomie, elle te rend justement
intéressant. Fascinant. Comme tous les choix que tu fais dans ta vie. C’est pourquoi, je ne veux pas avoir à te poser de questions pour en apprendre plus sur toi. Je préférerais même que tu
t’ouvres de toi-même à moi.
Ludovic détourna
un instant la tête, troublé par cette discussion qu’ils avaient. La sincérité avec laquelle Terry lui parlait le mettait dans un étrange état. Elle lui faisait ressentir des sensations qui lui
avaient toujours été inconnues jusqu’à présent. Un frisson de plaisir parcouru tout son corps, et il préféra revenir sur les exercices qu’ils avaient délaissé pendant quelques minutes.
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