meroko: Les commentaires de la grande meroko^^Merci beaucoup, ils me font toujours très plaisir. Tout ce que j'espère, c'est
que la suite te plaira^^
Chapitre LXXX : A la lueur des étoiles.
Partie 1
La nature timide de Terry l’empêchait de s’extasier devant la beauté de la maison qui s’offrait à son regard. Si l’extérieur paraissait à première vue banal, l’intérieur était entièrement sculpté
dans le bois. Que ce soit les portes ou les meubles, tout reposait sur un travail minutieux qui impressionnait le jeune homme. S’il ne l’exprimait pas avec des mots, son regard ne trahissait pas
moins son émotion, et Elea ne pu s’empêcher de s’approcher de lui pour faire en sorte qu’il se sente rapidement à son aise.
- N’hésite pas à faire comme chez toi, Terry. Je te rappelle
que tu es le bienvenu. Commence déjà par retirer tes chaussures.
Le jeune homme s’exécuta en restant aussi muet qu’au début. Mais elle était néanmoins ravie de le voir déjà se plaire chez elle. Si la
maison lui plaisait, elle ne pouvait plus qu’espérer que son séjour ici lui plairait. En tout cas, elle ferait tout pour cela. Malheureusement, certains empêchements la maintiendraient hors de la
maison pour le reste de la soirée. Elle devrait donc compter sur Ludovic pour s’occuper de tout le reste. Elle s’empressa de le faire savoir, voyant l’heure tourner.
- J’aurais voulu te faire faire le tour de la maison moi-même,
mais je ne vais pas pouvoir rester ce soir. Ludovic te montrera les différentes pièces importantes afin que tu ne te sentes pas trop perdu.
- Vous partez ? S’étonna le jeune homme.
- Oui, je n’ai pas le choix. Je ne serai là qu’à partir de
demain matin. En attendant, je sais que je peux vous laisser seuls tous les deux en toute sécurité.
Elle se tourna cette fois vers son fils qui restait toujours aussi silencieux qu’à leur départ de l’école. Terry s’étant endormi dans
la voiture, elle avait eu la nette impression de parler seule durant tout le trajet. A présent, elle espérait surtout que cette situation ne durerait pas. Que penserait son camarade en le voyant
se comporter de cette manière avec elle ? Elle se le demandait mais ne désirait en aucun cas le savoir.
- J’ai laissé un plat dans le four, Ludovic. Il ne te restera
plus qu’à le réchauffer pour que vous puissiez manger tous les deux.
- Agréable comme soirée, je n’en attendais pas moins venant de
toi. Heureusement que Terry est là. Si ça n’avait pas été le cas, j’aurais déjà été tout seul dès le début des vacances.
- Ludovic, je t’en prie.
- Bien sûr, excuse-moi, je ne tenais pas à me montrer une
nouvelle fois offensant !
Ludovic la délaissa sur cette réplique provocante pour aller décharger les valises du coffre. Elea l’aida, Terry restant à l’entrée,
surpris autant par ce que venait de dire le brun que par le ton qu’il avait employé. Il ne l’avait encore jamais vu se comporter de la sorte. Il s’attendait encore moins à ce que ce soit contre
sa mère. Celle-ci semblait encaisser tant bien que mal toutes ses paroles sans pour autant répliquer bien méchamment. Lorsqu’elle s’adressa d’ailleurs à lui pour lui indiquer qu’elle s’en allait,
Terry était tellement pétrifié qu’il n’y prêta pas la moindre attention. Elle ne lui en voulut pas. La pièce redevenue silencieusement, il n’osait même plus faire un seul geste.
Le voyant rester sans bouger, Ludovic s’approcha de lui et le prit par la main pour le forcer à le suivre.
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En peu de temps qu’il ne fallait pour le réaliser, Ludovic l’avait entraîné dans les escaliers. Il ne le lâchait pas. Il serrait
fortement sa main dans la sienne comme si la simple idée de le perdre lui était inconcevable. Les marches des escaliers craquaient sous leurs pas. Le défaut du bois, se dit Ludovic. Lui-même
n’était pas aussi admiratif que Terry en ce qui concernait les particularités de cette maison. Toutefois, le lieu qu’il s’apprêtait à lui faire voir était sacré pour lui. C’était son univers bien
à lui. Un endroit qui lui était personnel et au sein duquel il ne laissait pas entrer n’importe qui. Quand il se fit tout proche de celui-ci, son cœur battit un peu plus rapidement. Depuis quand
n’avait-il pas retrouvé ses repères bien à lui ?
Sa chambre n’était pas très grande et plutôt simple. Elle était faite pour adolescent normal à quelques détails près. Il se sentit
heureux quand il aperçut Terry poser ses yeux sur ce qui l’entourait avec un intérêt tout particulier.
- C’est super ici ! Ta chambre elle est…
superbe.
- Elle n’a rien d’extraordinaire.
- Au contraire, je la trouve fascinante.
Déjà il s’aventurait dans ce lieu regorgeant des souvenirs d’un enfant. D’une passion qui avait dû naître il y avait bien longtemps.
Ecrasant la moquette grise sous ses pieds, il laissa son regard balayer l’ensemble de la pièce pour observer des posters divers sur les murs d’un vert pastel agréable. Ca allait de photos de
groupes de rock à des affiches de la galaxie toute entière. Il se laissa aller à promener ses mains sur les différents bibelots, garnitures en tout genre, qui traînaient en divers endroits. Mais
par-dessus tout, il se laissa tomber en arrière sur le lit, admirant le plafond du jeune homme sur lequel étaient représentées une multitude d’étoiles et de constellations.
- C’est le paradis sur terre.
S’étonnant de cette conclusion tirée à la hâte, Ludovic le rejoignit et s’allongea sur le dos tout comme il l’avait fait.
- Ma chambre est on ne peut plus banale.
- Loin de là. En tout cas pas pour moi.
- Pas pour toi ? Elle te semble
étrange ?
- Un peu. Il y a tellement de choses partout. Tu as de la
moquette. Et ce plafond… Il me fait rêver. Tu n’imagines pas.
Ludovic ne savait s’il devait se réjouir du fait que sa chambre regorgeait de trésors pour le jeune homme, ou bien s’en inquiéter. Il
croyait presque voir ses yeux se brouiller de larmes. Etait-ce donc aussi fabuleux pour lui ? Cela ne cachait-il pas plutôt un problème ? Terry avait-il au moins connu cela dans son
enfance ?
- Quand tu vivais chez toi, ta chambre ne ressemblait pas à la
mienne ? Je veux dire, elle devait être à ton image. J’avais cru comprendre que mon père faisait également grâce de son argent dans le milieu dans lequel tu vivais.
- Ma chambre… Oh, tu sais, je crois qu’elle a dû un jour être
ainsi. Comme la tienne. Il y a très longtemps, je ne m’en souviens que très peu, mais je crois que j’avais un grand lit dans lequel je me noyais presque. Une bibliothèque complète qui m’était
réservée. Et un ordinateur sur lequel je pouvais m’amuser comme bon me semblait. J’étais très jeune. Ca remonte à si loin.
- Mais après ? Quand tu as grandi ?
- Après, hésita-t-il, il a commencé à me faire enlever tout ce
que j’avais petit à petit. C’était l’un de ses plaisirs favoris.
Ludovic comprit sans mal de qui il voulait parler et à la seule notion de ce qu’il avait fait, une boule lui resta au travers de la
gorge.
- Tu ne me l’avais pas dit.
- Je ne le jugeais pas nécessaire. Quoiqu’il en soit, ma
chambre n’était finalement plus composée que d’un lit, une armoire et une table de nuit. Les murs étaient juste blancs. Il n’y avait même plus une affiche. Je crois que je devais m’y sentir
triste.
- J’imagine que tu n’as pas dû en voir une grande différence à
Sainte Bénédicte. Question décoration, s’il n’y avait pas eu Yanis et Maxime pour nous motiver, on ne pouvait pas dire que c’était très chaleureux.
- Pas vraiment.
- Et ta mère, elle n’a jamais rien dit à propos de ce qu’il
faisait ?
- Elle n’entrait jamais dans ma chambre. Pour ce qui était du
ménage, il avait engagé une femme qui venait deux fois par semaine. Elle n’émettait aucun signe qui aurait pu l’alerter.
Laissant son imagination faire son travail sur tout le reste, Ludovic n’eut aucun mal à comprendre que Terry ne réalisait même pas que
ce qu’il avait subi à ce niveau était abominable. Aujourd’hui, il comprenait mieux le pourquoi de tant d’admiration. Profitant de sa présence à ses côtés, il agrippa l’une de ses épaules,
rapprochant considérablement son corps du sien.
- Je n’en reviens pas qu’il ait pu être aussi méprisable. Tu
es ici chez toi, Terry. Profite du confort qui t’est offert autant que tu le veux. Je veux que tu t’y sentes le mieux possible. Ma chambre est la tienne. D’accord ?
- C’est gentil, mais ce n’est pas quelque chose qui m’ait
particulièrement marqué. Il me manquait surtout des livres. J’allais en emprunter en cachette.
Quand il pensait qu’il s’était plaint de cette maison un peu plus tôt, il le regrettait durement. Terry lui ayant donné la meilleure
preuve possible qu’il ne pouvait critiquer le confort qu’il possédait, il se rendait compte qu’il ne mesurait pas à sa juste valeur tout ce qui était mis à sa disposition. Une maison confortable.
Une chambre personnalisée. La liberté d’exprimer sa passion comme il le désirait.
Resserrant un peu plus encore son étreinte, il fit passer tout son amour dans le baiser qu’il déposa sur ses lèvres.
- Quoique tu en dises, tout ça c’est terminé maintenant. Tu
n’es plus forcé de te conduire comme il l’exigeait. Tu peux te contenter de beaucoup plus. Tu as aussi le droit de te montrer exigeant de temps en temps.
- Je peux vraiment me montrer exigeant ? Se permit de
demander le jeune homme.
- Bien entendu. Tu es ici chez toi.
Terry afficha un grand sourire.
- J’ai faim.
Ludovic le lui rendit avec une pointe d’humour.
- Je vois que tu comprends rapidement.
En réalité, il ne voulait surtout pas le décevoir. Rien ne l’empêchait de ne pas se sentir tout à fait pour le mieux au sein de ce
lieu qui lui était encore inconnu, mais il ne voulait pas se montrer pessimiste. Se sentant tout de même en sécurité, Terry se serra de lui-même contre Ludovic, profitant pour un temps de sa
présence. Juste quelques minutes avant qu’ils ne se décident à se lever pour redescendre.
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Ce ne fut que lorsque leurs estomacs crièrent famine en cœur qu’ils se décidèrent à mettre fin à leur étreinte pour définitivement
aller manger un morceau. Il était tard. Il faisait même nuit. N’avisant pas l’heure qu’il était pour autant, Ludovic invita Terry à s’asseoir à la table de la cuisine pendant qu’il ouvrait le
four pour en sortir plusieurs pizzas géantes. Il en fut presque saisi.
- Elle s’est surpassée, murmura-t-il pour
lui-même.
Sa mère lui avait parlé de plat à réchauffer, il ne s’était pas attendu à ça.
Terry avait certainement dû l’entendre, mais il préféra faire comme si de rien n’était. Se tournant vers lui, il l’observa un instant
avant de lui faire part du menu.
- Tu aimes la pizza ?
- Oui.
- Dans ce cas, qu’est-ce que tu préfères ? Quatre
fromages, fruits de mer ou bien sauce aux champignons ?
- Quatre fromages.
- Très bon choix. C’est aussi ma préférée.
Tout deux satisfaits de leur menu, il se contenta de réchauffer leur repas avant de venir rejoindre son petit ami à table. Celui-ci
semblait quelque peu mal à l’aise. Il ne disait rien pour ne pas ruiner l’ambiance. Ludovic ne le connaissait que trop bien pour ne pas se laisser prendre au jeu.
- Qu’est-ce qu’il y a ? Demanda-t-il en plongeant son
regard dans le sien pour tenter d’y décrypter une quelconque explication.
- Je ne veux pas m’imposer dans cette maison.
- Qu’est-ce qui te fait dire que tu
t’imposes ?
- Ta mère ne semble déjà pas avoir beaucoup de temps pour elle
sans qu’en plus je reste ici pendant les vacances. La preuve en est qu’elle n’a pas pu rester ce soir.
- Ma mère n’a surtout jamais de temps pour les autres. En
revanche, je te corrige. Elle en a largement pour elle.
Une nouvelle fois, Terry se sentit pris au dépourvu. Non seulement par le ton glacial qu’il avait employé pour parler d’elle, mais
aussi par ses paroles. Ludovic semblait mener une sorte de petite guerre personnelle contre sa mère. Une guerre dont il ne saisissait pas les fondements principaux.
- Est-ce que tu la détestes ? Demanda-t-il
subitement.
- Qui ?
- Ta mère.
- J’en avais parlé lorsque nous étions tous ensemble avec
Yanis et Maxime.
- Peut-être, mais je ne m’attendais pas à ça. J’ai le droit de
me poser des questions.
- Je ne ressens pas de haine envers elle. Juste une profonde
colère que je ne parviens pas à contrôler.
- Je ne comprends pas, Ludovic. Elle a l’air si
gentille.
Ludovic soupira un bon coup avant de lui répondre. S’était-il attendu à ce qu’il se permettre de lui faire une remarque concernant son
comportement désastreux envers elle ? Peut-être. Quoiqu’il en soit, il était temps qu’il comprenne un point essentiel de sa personnalité. Depuis qu’il le connaissait, même s’il en avait
également subi les conséquences, il ne semblait pas s’en retourner plus qu’il ne devrait. Il préférait même tout bonnement ignorer le problème. Car c’en était bien un, et il le contrariait
lui-même, lui laissant même quelques fois un goût amer.
- Je suis caractériel, Terry, et ma principale cible est ma
mère. Ne me demande pas de t’expliquer pourquoi, ce ne serait qu’une perte de temps.
- Tu lui reproches quelque chose en
particulier ?
- Ce n’est plus le problème. C’était avant. Je suis passé à
autre chose maintenant.
- Tu as bien des motivations pour te conduire ainsi avec
elle.
- Ne cherche pas à les connaître.
Entre temps, le brun avait servi la pizza. Malgré la bonne odeur qui montait jusqu’à leurs narines, aucun d’eux ne se servit une part.
Occupés à tenter de déchiffrer ce que l’autre cherchait à dire, ils se faisaient face sans pour autant accuser mutuellement le coup. Au final, Ludovic prit un morceau de pizza, incitant Terry à
en faire de même. Il le voyait, le jeune homme cherchait un moyen de lui faire savoir qu’il n’était pas décidé à abandonner. Il voulait connaître la vérité. Ludovic n’en doutait pas, il était
même touché par son attention, mais c’était hors de question.
- Pour revenir au sujet principal de cette discussion,
reprit-il avant qu’il n’ait le temps de parler, tu n’as pas à te sentir gêné d’être ici. Elea a accepté que tu loges ici lorsque je le lui ai demandé. Elle n’est pas du genre à revenir sur une
décision. Juste à prendre très au sérieux ce qu’elle fait. J’ai moi-même cru comprendre qu’elle devait travailler sur des dossiers. Tu n’as donc pas de raison de te culpabiliser pour une faute
que tu n’as pas commise.
- Je comprends parfaitement. Simplement, il va me falloir
quelques jours pour m’habituer à un tel changement de vie.
- Qu’est-ce qui est dérangeant ?
- Rien. Mais toutes mes petites habitudes sont
bouleversées.
- Tout se passera bien, ne t’inquiète pas. Laisse-toi juste
aller sans te préoccuper de ce qui pourrait bien arriver.
- Je vais essayer.
Ravi d’avoir pu exprimer une partie de ce qu’il gardait sur le cœur, Terry se resservit une seconde part sous l’œil heureux de Ludovic
qui le voyait manger avec appétit. La vie pouvait se montrer sournoise avec n’importe qui, et la santé du jeune homme avait déjà suffisamment été mise en péril. S’il avait été facile pour lui de
perdre tout son poids, le reprendre était une autre affaire. Malgré tous ses efforts, il restait considérablement maigre, et Ludovic s’en inquiétait constamment.
A la fin du repas, il était parvenu à engloutir trois grandes parts à lui tout seul, rendant le brun plus que satisfait de ses
efforts.
Ce ne fut que lorsqu’il eut la certitude qu’il n’avait plus faim qu’il jugea bon de quitter la table. Finalement, ils n’avaient pas
davantage touché au sujet de son comportement envers sa mère, et Ludovic l’emportait à son avantage.
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