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Résumés

Vie d’esclave : Le grand pharaon Haroeris demande à Maya, sa fidèle conseillère, de lui présenter un esclave pour faire passer le temps. Un banquet est alors organisé en son honneur où plusieurs jeunes hommes et femmes y seront présentés. Parmi ceux-ci, Haroeris devra faire son choix. Cependant, un jeune esclave attire particulièrement son attention.

 

Frères de cœur [en correction] : Dans un institut spécialisé, Terry et Ludovic vont tout deux tenter l’expérience de faire face à leur passé. Mais le destin réserve parfois bien des surprises.

 

Jeux dangereux : June est un homme hautain qui n’a jamais connu la défaite au poker. Mais lorsque son chemin croise celui d’un adolescent fragile qui sait y faire avec les cartes, sa vie prend brusquement un tournant inattendue.

 

Cabaret Améthyste [Co-écriture] : Cabaret Améthyste, charmant nom pour un lieu où huit jeunes hommes font tourner les têtes chaque soir grâce à leur physique de rêve. Mais à l’envers du décor, le paradis ne semble pas tout à fait parfait. Lorsque chacun tente de mener sa vie privée à sa façon, tout devient brusquement bien plus compliqué. Bienvenue en enfer ! Il y a des moments où il vaut mieux rester bien au chaud dans son lit.

Histoire en co-écriture avec Sheina.

 

Pour le sourire d'un ange [Co-écriture] : En rentrant chez lui, Alexis découvre un jeune homme évanoui dans la neige. Ne pouvant l’abandonner là, il l’emmène chez lui pour le soigner. Pourtant, il ignore tout de cet inconnu qu’il désire tant aider. Histoire en co-écriture avec Sheina. 

 

Mercenaire [Co-écriture] : La rencontre entre un mercenaire et un jeune homme devenu roi beaucoup trop jeune.

Histoire en co-écriture avec Sheina.  

 

La musique pour la vie [Co-écriture] : Décidé à recommencer sa vie à zéro de la façon dont il l’entend, Sacha quitte le foyer familial avec pour seuls bagages, un sac à dos et sa guitare. Artiste épris de liberté, il ne s’attendait certainement pas à ce que sa vie change autant en rencontrant Jack, le chanteur d’un groupe de rock. Histoire en co-écriture avec Kana.

Nuits éternelles: En plein cœur de l’Angleterre, deux frères aux personnalités totalement opposées cherchent à fuir leurs origines. Lorsqu’ils trouvent refuge dans un château de l’époque, ils sont loin de se douter qu’ils devront affronter un repère de vampires. Bien mieux que tout ceux dont ils aient déjà pu entendre parler. Bien plus différent de tout ce dont on parle dans les légendes. Et si les vampires étaient bien plus semblables qu’ils ne l’imaginaient ?

Fous à lier: Johan est suicidaire. Xanders est schizophrène. Tous les deux savent que vivre peut être difficile. Lorsque ces deux adolescents se rencontrent, c'est le clash. Comprendre les intérêts de l'autre s'avère compliqué. Surtout quand on se retrouve enfermé dans un hôpital psychiatrique pour un temps indéterminé.

Jeudi 3 avril 2008

Chapitre I : Première rencontre.

 

Paris était une ville aussi somptueuse que grande. Il en avait déjà entendu parler dans une émission à la télévision. Etonnement, si la réalité collait parfaitement à ce qu’il en avait entendu dire, il n’avait pas été impressionné. Ce n’était pas son genre. Il n’aimait pas toutes ces fantaisies que l’on pouvait accorder à une seule ville. Il n’aimait pas ce qui touchait au grandiose. Encore moins toutes ces lumières qui lui donnaient mal aux yeux. Mais par-dessus tout, il détestait déjà cette école dans laquelle il venait de mettre les pieds.

Posant ses valises sur le sol, Ludovic laissa échapper un soupir de frustration. Alors c’était ici qu’il passerait l’entièreté de son année… Dans une chambre composée uniquement du strict minimum, à savoir de deux lits, deux armoires, deux tables de nuit et un bureau, il sentait d’avance qu’il ne se plairait pas entre les murs de sa nouvelle école. Qui le pourrait d’ailleurs ? Coupé du monde extérieur, il se sentait particulièrement dépité.

Il décida de s’asseoir sur son nouveau lit pour se reposer un peu. Porter ses bagages depuis l’entrée jusqu’à ici en montant tous les escaliers qui le séparaient de sa nouvelle chambre l’avait complètement épuisé. Aussi profita-t-il de quelques minutes de répit pour mieux observer ce qui l’entourait. Ce qui l’interpella finalement et ce à quoi il n’avait pas immédiatement réfléchi fut que s’il y avait deux lits, cela voulait dire que cette chambre ne serait pas seulement la sienne. Elle ne lui appartiendrait pas à lui seul. Il devrait très certainement partager cette pièce avec quelqu’un d’autre. La question qui se posait alors était encore de savoir avec qui. Il espérait qu’il s’agirait de quelqu’un d’aussi sérieux que lui-même l’était. Il ne supportait pas non plus ces imbéciles qui jouaient de leur grands airs. Ce serait sans doute le cas avec nombre d’élèves. Se retrouver au cœur de Paris monterait certainement à la tête de la plupart de ceux-ci. Personnellement, il ne s’en sentait qu’un peu plus frustré. Un peu plus en colère.

Décidant finalement de s’allonger complètement sur son lit, il se fit doucement à l’idée que s’il devrait vivre dans cette pièce durant toute une année, autant commencer par s’y habituer tout de suite. D’ailleurs, il ne s’étonnait même pas de la décision de sa mère quant à son placement dans cette école. Il fallait dire qu’il ne lui avait pas facilité la tâche ces derniers temps. Il ne cessait plus de lui manquer de respect. Il lui arrivait même souvent de laisser ses nerfs prendre le dessus et il se mettait alors à casser tout ce qui se trouvait autour de lui. Tout ce qui lui tombait sous la main. Sans aucune raison valable. Dans ces moments, la seule excuse qu’il parvenait encore à trouver était qu’il s’agissait de l’unique façon qu’il avait trouvé pour évacuer ses crises de colère quotidiennes.

Pourtant, il savait que l’institut se spécialisait dans des cas comme le sien et qu’il devrait rapidement se calmer. Il ne voulait pas risquer une quelconque sanction. Encore moins de se faire remarquer par les autres pensionnaires. Non, il aspirait avant tout à la discrétion et la tranquillité. Ce fut sur cette pensée qu’il finit par fermer lentement les yeux et à s’endormir. Vraiment, il était épuisé.

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Sainte Bénédicte devait représenter une chance pour lui. C’était ce qu’on lui avait dit, et il n’en était pas le moins du monde convaincu. A peine avait-il fait quelques pas au sein de cette école que Terry sentait déjà tous les regards se poser sur lui. Il était loin d’être à l’aise face à cela. Il tenta d’ailleurs de se faire le plus petit possible et accéléra le pas. Il pouvait facilement deviner ce qu’ils devaient tous penser de lui. De par sa fine corpulence, ses cheveux blonds et la pâleur de son visage, chacun se disait déjà qu’une petite nature comme lui n’avait rien à faire dans un établissement spécialisé. Mais qu’y pouvait-il ? A présent considéré comme orphelin, un juge avait décidé de l’y placer. Terry ne savait pas qui lui avait soufflé cette idée, mais une chose était certaine, elle semblait particulièrement mauvaise. Cela faisait seulement dix minutes qu’il était entré et déjà il se sentait mal à l’aise.

Ce ne fut que lorsqu’il arriva devant la porte de la chambre qu’on lui avait attribuée qu’il se sentit un peu plus rassuré. Cependant, il fut surpris de remarquer que celle-ci était déjà ouverte lorsqu’il entra. Il se contenta en premier lieu de balayer la pièce du regard. Elle ne semblait pas très grande, mais ça lui convenait parfaitement. Il n’avait jamais eu besoin de beaucoup d’espace. Ni même de beaucoup de mobilier. Il s’était habitué à se contenter de peu. Il était hésitant. Même très hésitant. Il avait laissé la porte ouverte derrière lui. Un homme qu’il jugea certainement être un éducateur s’arrêta, curieux de le voir si lent dans chacun de ses mouvements. Et pour cause ! Il arrivait seul en un endroit qu’il ne connaissait pas.

-         Est-ce que tout va bien ? Lui demanda-t-il.

Il prit le soin de se reculer de quelques pas pour mieux pouvoir examiner l’homme relativement grand qui se tenait face à lui.

-         Ca va.

-         Est-ce que tu as besoin d’aide ?

-         Non… Ca ira.

Son ton avait été hésitant. Il remarqua que le regard de l’homme s’était arrêté sur l’unique valise qu’il avait en sa possession. Une vieillerie qu’on lui avait fournie pour y ranger ses affaires. Celles qu’il désirait emporter avec lui.

-         Très bien, reprit l’éducateur. Mais n’hésite pas à faire appel à quelqu’un en cas de besoin.

-         Merci.

Terry souffla lorsqu’il se décida enfin à le laisser seul. Il allait pouvoir se détendre un peu. Se retrouver avec lui-même. Ces derniers jours avaient été rudes pour lui. Tellement rudes qu’il referma la porte, espérant ne plus avoir à croiser personne pour aujourd’hui. Absolument personne

Ce fut seulement alors qu’il le vit. Allongé sur l’un des deux lits. Un jeune homme aux cheveux brun d’aspect plutôt court dormait sur l’un des deux lits présents dans la pièce. Sur le coup, il ne su pas vraiment comment réagir. Mais bien vite, lorsqu’il le vit lentement remuer dans son sommeil, il comprit que la discussion qu’il avait eue quelques minutes plus tôt n’avait pas dû passer inaperçue. En tout cas, il comprit sans mal qu’il l’avait réveillé.

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Lorsque Ludovic ouvrit les yeux, son regard rencontra immédiatement une silhouette non loin de lui. Etourdi comme il l’était, il n’avait pas senti qu’il s’était endormi et avait oublié de fermer la porte à clé. Revenant donc rapidement à la réalité, il se redressa, adressant un regard mauvais à celui qui avait osé venir perturber son repos. Il le vit se crisper, ce qui n’avait rien d’étonnant. Il n’aimait pas perdre son temps. Encore moins le faire perdre aux autres. Aussi interrogea-t-il immédiatement l’individu quant à sa présence dans sa chambre. Car oui, c’était désormais sa chambre. Même s’il n’y logeait que depuis peu.

-         Qui es-tu ? Et que viens-tu faire ici ?

Aussitôt, l’autre se figea sur place, ne s’attendant certainement pas au ton froid de sa voix. Une expression de panique se dessina sur son visage, mais il répondit tout de suite.

-         C’est… C’est la chambre qu’on m’a attribuée.

La voix était faible voire fragile. Il semblait à Ludovic qu’elle pouvait se briser à tout moment. Aussi décida-t-il de se montrer plus tolérant. Apparemment, le jeune homme qui se tenait face à lui était son colocataire et il serait idiot de l’effrayer dès leur première rencontre. Si tel était le cas, il n’osait imaginer ce que serait de passer toute une année avec lui. D’autant plus que sa première impression lui disait qu’il ne devait pas s’agir de ceux qu’il ne supportait qu’à faible dose. Il s’excusa directement.

-         Je suis désolé. J’ai été surpris de te voir ici.

-         Ce n’est rien.

-         Installe-toi à ton aise. Si c’est la chambre où tu vas rester, c’est chez toi ici. Comment tu t’appelles ?

Le garçon osa relever la tête. Tête qu’il avait baissée quelques minutes plus tôt, et il le regarda sérieusement avec une espèce de crainte au fond des yeux. Ludovic n’avait pas eu beaucoup de jugeote sur ce coup. Il risquait de se méfier de lui tant qu’il ne le connaîtrait pas mieux.

-         Terry.

-         Je suis Ludovic. Enchanté, et encore désolé de m’être montré si dur. Mais ne crois pas que je sois quelqu’un de particulièrement menaçant. Je suis enchanté de faire ta connaissance.

Il avait vu Terry tiquer à ce qu’il venait de dire. Quand on parlait sans exactitude réelle, il fallait bien s’y attendre. Particulièrement ne sonnait peut-être pas aussi bien qu’il l’aurait voulu. Il devait maintenant se demander ce qu’il avait voulu dire. Quoiqu’il en soit, il s’était levé de son lit et tendait à présent la main en sa direction.

-         De même, répondit juste le concerné.

Ludovic fut étonné de constater que s’il lui avait répondu, il n’avait néanmoins pas accepté de lui serrer la main. Il ne lui en tint pas rancune. Il devait tout simplement être très timide. Ou peut-être as-tu surtout réussi à lui faire peur pour de bon, ajouta-t-il mentalement.

Pour preuve, il lui tournait déjà le dos pour défaire ses affaires. Ludovic décida d’en faire de même de son côté. A quoi bon insister maintenant ? Il aurait pu faire mieux pour l’accueillir. Mais bon, celui-là semblait assez calme et respectueux des autres. Il n’en demandait pas plus. C’était déjà très bien comme ça.

Inévitablement, un lourd silence s’installa. Aucun d’eux ne trouvait quoique se soit à dire à l’autre, et cette situation était on ne pouvait plus gênante. Ludovic prit tout de même un moment pour mieux détailler Terry. Il n’était pas bien gros. Habillé très simplement d’un jean et d’une chemise blanche, on pouvait aisément deviner sous le tissu fin qu’il n’était pas bien robuste. Il semblait émaner beaucoup de fragilité de ce garçon. Décidemment, il semblait être totalement opposé à lui. Ludovic ne s’en préoccupa pas davantage, retournant à ses occupations.

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L’espace d’un instant, Terry eut l’impression de sentir le regard de son compagnon de chambre lui brûler la nuque. Surpris, il se retourna et vit que ce dernier se contentait de l’imiter en rangeant ses affaires. Toutefois, un détail particulier attira son attention. Un album était posé sur son lit. Il s’approcha alors et se permit de le prendre dans ses mains. Il lu durant quelques minutes les titres des différentes chansons. Il était fasciné. Il avait l’impression de tenir un trésor entre les mains. Du moins jusqu’à ce que le propriétaire de l’album ne le fasse revenir sur terre.

-         Tu aimes aussi ce groupe ? Demanda-t-il.

Terry sursauta, se reprenant rapidement.

-         Beaucoup. Je suis leur carrière depuis le début qu’ils ont commencé. Mais, en fait, cet album, je ne l’ai jamais vu.

-         Normal, c’est un exemplaire spécial ! Il n’y a pas si longtemps qu’il est sorti.

-         Je comprends mieux maintenant.

Terry fut ravi de trouver un terrain d’entente entre eux. Renfermé comme il l’était, il ne pensait même pas trouver un sujet de conversation et voilà qu’ils avaient un point en commun. Ludovic dû le remarquer.

-         Ca te dirait de l’écouter ? J’ai apporté mon lecteur cd avec moi si tu veux.

-         Je ne sais pas…

-         Allez, j’insiste.

Ce fut un grand sourire qui lui répondit.

Fallait-il un petit rien pour faire connaissance ? Terry l’ignorait, mais il avait suffit de bien peu pour qu’ils passent ainsi un long moment à commenter les différentes chansons qui passaient. A parler de concerts ou encore tout simplement des membres du groupe. Si Ludovic ne disait rien, il avait pourtant remarqué que Terry se tenait à une certaine distance de lui. Il était même certain que s’il n’y avait pas eu les fils des écouteurs, il se serait encore un peu plus éloigné. Cela l’incommodait quelque peu, mais il ne préférait pas le faire savoir. Il s’était tout de suite aperçu que le jeune homme était particulièrement renfermé, et lui faire comprendre que la distance qu’il mettait volontairement entre eux ne lui plaisait pas reviendrait sans aucun doute à le faire fuir davantage. De plus, il ne le connaissait que depuis quelques heures et par conséquence pas assez pour s’inquiéter d’un tel détail. Il préférait laisser les choses se faire au fur et à mesure. Terry viendrait vers lui à son rythme. Après tout, il avait au moins réussi à parler un peu avec lui. Il y avait un début à tout.

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Ce fut finalement Ludovic qui mit fin à ce moment partagé. Regardant sa montre, il s’aperçut qu’ils n’avaient pas vu le temps passer. Il était déjà l’heure du souper et leurs bagages n’étaient toujours pas rangés. Lors de son inscription, il avait rapidement compris que l’école était assez stricte sur les horaires. Le faire savoir à Terry ne serait en aucun cas une mauvaise idée.

-         Nous devrions descendre au réfectoire pour manger, proposa-t-il. Si nous arrivons après les heures, ils n’accepteront plus de nous servir un repas.

-         Tu es sûr de ça ?

-         Absolument. Tu n’imagines pas à quel point ils m’ont fait comprendre qu’il était interdit d’arriver en retard pour un repas. Encore pire en cours. Je voulais au moins que tu le saches. On ne t’a rien dit à toi ?

-         Non. Rien du tout.

-         Je vois.

Il nota l’expression contrariée de Terry. S’inquiétait-il de ce qu’il venait de lui annoncer ?

-         Tu n’as pas à t’inquiéter pour autant. Ca ne peut que bien se passer si on s’y tient.

-         J’en suis certain. Ca te dérange si je te rejoins dans quelques minutes ? J’ai quelques affaires personnelles à ranger avant.

-         Non.

-         Merci. Dans ce cas, pars devant, je te rejoindrai après.

Ludovic s’étonna de cette réaction. Toutefois, il se moquait suffisamment de savoir ce qu’il avait de si précieux à ranger pour ne pas le faire plus tard. Avant même d’arriver dans cette école, il s’était déjà fixé des limites. Sois sympa avec les autres, mais ne fais rien qui pourrait te lier davantage à eux. C’était peut-être un peu calculateur, mais Ludovic ne voulait pas s’attirer le moindre problème.

-         Tu aurais pu ranger tes affaires avant d’aller dormir, fit-il néanmoins remarquer.

Terry sembla hésiter, mais au bout d’un moment il finit tout de même par lui répondre.

-         Je veux juste m’assurer que certains objets qui me tiennent à cœur soient rangés pour ne pas être abimés.

Il n’insista pas plus, comprenant que chacun avait le droit d’avoir ses propres secrets. Si cette attitude lui semblait étrange, il ne la releva pas. Terry semblait vouloir garder certaines choses confidentielles pour lui et ça ne le regardait pas. Sans un mot de plus, il sortit donc de la pièce sans demander davantage d’explications.

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La porte fut à peine fermée que Terry se précipita sur sa valise pour l’ouvrir et en sortir un objet. Un objet inestimable. Un objet qui lui tenait à cœur. Plus à cœur que le tout ce que pouvait bien contenir le reste de ses bagages. Il ne s’agissait pas d’un bien spécifique à première vue. Il ne s’agissait que d’un violon. Protégé à l’intérieur de son étui, il n’avait pas besoin d’ouvrir celui-ci pour savoir à quoi il ressemblait. Il le connaissait par cœur. Il était capable de l’imaginer les yeux fermés. Il savait que le bois était usé en certains endroits, trahissant son âge. Il devinait la légèreté des cordes, tendues comme il le fallait. Et il voyait parfaitement l’archet posé à ses côtés. S’il était certain que l’instrument avait une valeur inestimable, il y était avant tout particulièrement attaché. C’était tout simplement la seule preuve d’amour qu’il lui restait de lui. Doucement, il le glissa sous son lit, endroit où il espérait que personne d’autre à part lui ne le trouverait. Et puis, même si ce violon lui était précieux, il n’avait pas spécialement envie de le voir. Pas pour le moment. Pas encore.

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Ce ne fut pas sans mal que Ludovic parvint à trouver le réfectoire. L’école était tout simplement immense, et il avait cherché le lieu pendant plus de dix minutes. Il se demandait même si Terry s’était décidé à sortir de la chambre dans le but de le rejoindre pour aller manger durant ce laps de temps. Il parcourut du regard la grande pièce. Peinte dans des couleurs claires, elle laissait irradier une certaine chaleur. Mais parmi tant d’élèves, il comprit bien vite qu’il ne serait pas facile de retrouver Terry s’il s’y trouvait, et inversement.

Néanmoins, il ne se tracassa pas davantage sur le sujet. Après tout, ils ne se connaissaient que depuis quelques heures, et l’année qui s’offrait à eux leur laisserait bien plus d’occasions qu’ils ne le souhaitaient de pouvoir prendre leurs repas ensemble.

Il décida donc de s’intégrer dans la file et de se mélanger aux jeunes de plus ou moins son âge qui attendaient leur repas tout comme lui. En silence, il commença à faire preuve de patience. Patience qui devait sans doute en déranger plus d’un. Mais ce n’était pas son cas. Il ne se plaignait pas de devoir attendre tant qu’on ne le dérangeait pas. Comme si quelqu’un avait entendu le cours de ses pensées, cette solitude reposant dont il bénéficiait jusqu’alors fut très rapidement troublé par un jeune homme qui se trouvait juste derrière lui. Un jeune homme dont le visage était orné d’un grand sourire. Il devait bien être le seul à paraître heureux de se trouver ici. A Sainte Bénédicte.

-         Eh ! T’es nouveau ici, toi ?! Je me trompe ?

Ludovic se retourna complètement. Face à l’inconnu, il pu constater que mis à part ce visage radieux, il laissait entrevoir de lui énormément de gaieté. De taille moyenne, il avait de courts cheveux bruns comme lui, et de grands yeux noisette. Il ne doutait pas un seul instant de l’attirance qu’il devait provoquer auprès des filles. Elle devait toutes lui tomber dans les bras. Malheureusement, Sainte Bénédicte n’était pas une école mixte. Il aurait donc du mal à faire ses preuves. S’apercevant qu’il le regardait toujours, Ludovic se décida à lui répondre.

-         Je suis arrivé en début d’après-midi.

Aussitôt, un sourire encore plus grand s’afficha sur le visage de son vis-à-vis.

-         Ca fait plaisir à entendre ! Tu es le premier nouveau que je croise. Les autres semblent vouloir rester cacher jusqu’au dernier moment… Ou alors ils se sont peut-être perdus dans les couloirs, ça arrive souvent !

Il s’arrêta un instant pour rire avant de reprendre plus sérieusement.

-         Je m’appelle Maxime !

-         Ludovic.

-         Ravi de te rencontrer !

-         Ravi aussi.

-         Tu viens manger à la même table que moi ?

Etait-il possible d’être plus direct ? Ludovic accepta sans se forcer. Maxime semblait être un garçon gentil et débordant de joie. Et surtout, il semblait savoir comment obtenir ce qu’il voulait sans forcer les gens. Lorsqu’ils furent servis et qu’ils commencèrent à parler de tout et de rien, il ne vit pas le temps passer et trouvait de plus en plus de passions communes avec le jeune homme. Tout comme lui, il aimait le rock ou les mêmes films. Il se fichait de se trouver à Paris. Il vivait juste au temps présent sans se poser de question, ce qui faisait un bien fou à entendre pour lui. Il s’amusa tellement en sa compagnie qu’il en oublia même Terry.

Mais finalement, il s’aperçut de l’heure qu’il était déjà et décida qu’il était temps de retourner dans sa chambre. Avant cela, Maxime se permit une dernière question. Il ne le lâcherait pas avant d’avoir obtenu toutes les informations qu’il voulait encore obtenir de lui.

-         Tu sais déjà dans quelle classe tu seras ?

Il fallut plusieurs secondes à Ludovic avant de s’en souvenir.

-         En deuxième B, je crois.

La déception se fit immédiatement sentir dans la voix de Maxime.

-         C’est dommage, je suis en troisième A.

-         Ne fais pas cette tête. Ca ne veut pas dire qu’on ne se reverra plus du tout. On pourra toujours se retrouver en-dehors des cours !

-         Ouais, t’as raison ! De plus, tu me sembles être un gars bien. Ca te dérange si on se revoit demain ?

-         Pas du tout.

Ludovic ne lui fit pas de compliment en retour car ce n’était pas dans ses habitudes. Il n’en était pas encore arrivé à accepter totalement son entrée dans cette école. Il aurait voulu se trouver ailleurs. Même si Maxime lui semblait également sympathique. Ce fut de cette façon qu’il se leva de table et le quitta avec l’ébauche d’un sourire pour regagner sa chambre.

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Plus tard, lorsqu’il ouvrit la porte, son regard se posa immédiatement sur son colocataire. Sur Terry. Lors du souper, il l’avait complètement oublié. Celui-ci s’était endormi sur son lit sans même se glisser sous les couvertures. En regardant le sol, Ludovic remarqua que sa valise n’était plus là. Apparemment, Terry avait bel et bien terminé de ranger ses affaires comme il l’avait convenu. Mais était-il seulement descendu manger ? Avait-il pris le temps de faire une pause pendant qu’il rangeait ? Il n’était même pas venu le rejoindre à sa table. Ludovic repensa à Maxime en se demandant ce qu’il se serait passé si ça avait été le cas. Il aurait pu les présenter, et ils auraient fait connaissance. Maxime devait avoir un don pour pousser les autres à lui parler. Il ne fallait pas être forcé de passer beaucoup de temps avec lui pour le comprendre.

Cependant, Ludovic ne voulait pas se passionner de détails sans grande importance. Encore moins se les imaginer. Si Terry et Maxime devaient un jour se rencontrer, cela se ferait sans lui. Tout ça n’avait pas grande importance. Il s’estimait déjà chanceux d’être parvenu à faire la connaissance de deux personnes en l’espace de quelques heures. Ce n’était que son premier jour ici. Il lui restait encore un goût amer au fond de la gorge. Il se contenta ainsi de tirer une couverture de ses propres affaires et de la déposer sur les épaules de Terry. Les cours ne commençaient que la semaine prochaine. Il aurait bien assez de temps libre durant les jours à venir pour faire en sorte qu’il fasse la connaissance de ses nouveaux camarades. Il n’était pas certain que tout se passerait bien. Mais au moins, le caractère social et sympathique de Maxime était parvenu à lui donner un semblant de confiance.

Le cœur léger, il se déshabilla et enfiler un t-shirt ainsi qu’un bas de pyjama avant de s’installer entre les draps de son propre lit.

Avant d’éteindre la lumière, il réfléchit une dernière fois à sa journée. Il n’aurait plus à revoir le monde extérieur pendant un long moment. Sainte Bénédicte se donnait le rôle d’un établissement spécialisé pour aider des cas comme le sien. Il s’attendait déjà à tout voir entre ces murs. Et il en riait à l’avance en se disant que les deux personnes avec qui il avait parlé n’avaient rien à voir avec lui. Maxime était très gentil et savait largement faire la conversation pour deux. Il avait tout pour devenir un ami attachant. Comment lui trouver une quelconque tare ? Quant à Terry, il semblait particulièrement renfermé et ne disait presque rien. Quant à lui, Ludovic avait le sentiment que quelque chose d’autre émanait. Il l’attirait d’une façon particulière, c’était indéniable. Il fallait dire que le jeune homme ne révélait pas grand-chose le concernant et il demeurait donc, pour l’instant, un vrai mystère à ses yeux.

Il pencha la tête sur le côté pour regarder le corps étendu sur l’autre lit avant de doucement fermer les yeux. Que faisait-il ici ? Il semblait relativement inoffensif. Rien à voir avec un cas psychologique… Rien à voir avec lui. Peut-être devrait-il attendre avant de le savoir. Ou peut-être Sainte Bénédicte était-elle une école où les parents se déchargeaient simplement du fardeau d’avoir un jour conçu un enfant.

Finalement, cette année n’allait peut-être pas être aussi ennuyante et décevante qu’il ne le pensait.

Par Azalea - Publié dans : Frères de coeur
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Jeudi 3 avril 2008

Chapitre III : Surveillance rapprochée.

 

Quiconque dirait en cet instant qu’il n’a jamais connu l’espace d’un instant cette sensation de calme et de plénitude dans sa vie comme l’éprouvait à présent Iséri était un menteur. La présence d’une chaleur rassurante demeurait encore en lui alors que son propriétaire était déjà partie depuis plusieurs heures.

Effectivement, après qu’il se soit senti mieux, Maya s’en était allée, le laissant pleinement se reposer. Et à présent, il avait la sensation qu’il pouvait savourer un repos mérité sans avoir la crainte de ce qui risquait encore de lui arriver. Après tout, il ne pouvait sans doute connaître pire. Ainsi, il avait fermé les yeux et s’était aussitôt endormi.

D’ailleurs, la nuit était déjà bien avancée lorsque Haroeris entra dans la chambre. Immédiatement, son regard se posa sur la forme installée sur le lit. Allongé sur le ventre, Iséri dormait torse nu, lui laissant ainsi une vision libre de ses blessures récentes.

S’il avait été sans pitié pour son jeune esclave, jamais il n’aurait imaginé que son dos serait si marqué. A en voir les marques, il était évident que beaucoup de sang en avait déjà coulé.

S’il s’était écouté, il l’aurait bien laissé là sans plus de considération et serait parti dormir dans une autre chambre du Palais. Néanmoins, il était tout à fait conscient que le laisser seul ici sans, au moins, nettoyer le sang séché n’était pas ce qu’il y avait de mieux à faire. Qui savait quelle infection il pourrait attraper en laissant les plaies ainsi à l’air libre.

Alors, décidé à le réveiller pour le laver, il ne voulut pas perdre de temps avec ce genre de détails. Le saisissant brutalement par le bras, il le tira directement hors du lit.

Iséri, loin de s’attendre à pareil réveil, pouvait sentir son cœur battre beaucoup trop rapidement. Mais pire encore, il sentait son dos lui faire de nouveau mal. Son maître semblait décidé à ne lui faire aucune faveur. D’ailleurs, lorsqu’il le força à se relever et à le suivre, il s’aperçut immédiatement que tous les gestes qu’il pouvait avoir à son égard étaient dépourvus de toute douceur. Il lui faisait tellement mal.

Dans la salle de bain, le scénario qui suivit n’en fut pas non plus des meilleurs. Sans aucune forme de sympathie, Haroeris le fit s’asseoir sur le bord du gigantesque bassin avant d’y faire couler de l’eau.

-         Tu es bien sale ! S’exclama-t-il soudainement, faisant par la même occasion sursauter le jeune homme. Il y a une odeur qui m’est inconnue sur toi et que je ne peux le supporter !

C’était dès son entrée dans la pièce qu’il avait pu la sentir. Il s’agissait d’une senteur douce… comme celui d’un parfum. Aussitôt, une colère sourde s’était emparée de lui. Il ne pouvait que comprendre qu’une personne s’était introduite dans sa chambre afin, sans doute, d’aller voir ce qu’il en était d’Iséri. Peut-être s’agissait-il de l’une de ses servantes. Toutefois, il savait qu’au fil des années la plupart d’entre elles avaient perdu l’habitude de se parfumer et de véritablement prendre soin d’elles. En dépit de leur enfermement entre les murs du Palais, il ne leur servait plus à rien de tenter d’être plaisantes pour un homme. Qui disait vouloir être au service du pharaon disait aussi devoir se priver de sa propre liberté.

Revenant à la réalité, l’homme s’aperçu qu’il y avait suffisamment d’eau à son goût. Il commença donc à se déshabiller sans complexe, sous les yeux d’Iséri. Celui-ci, gêné par la situation, détourna la tête face à la quasi-nudité de son maître.

-         Ne détourne pas le regard ! S’offusqua alors Haroeris.

Iséri ignorait comment il devait réagir. Poser ses yeux sur le corps dépourvu de tout vêtement du pharaon lui semblait peu respectueux et surtout très incommodant. Mais d’un autre côté, il s’agissait d’un homme tout comme lui et il savait que ne pas lui obéir une nouvelle fois risquerait sans doute de le mener doucement à sa perte.

Sans émettre le moindre commentaire, le jeune homme décida finalement de regarder son maître. Par les dieux que cet homme était loin d’être prude comme lui ! Et pour la peine, cela se comprenait. S’il ne tentait pas de cacher certaines parties de son anatomie, cela pouvait bien se comprendre de par la beauté de chaque partie de son corps. Aux yeux d’Iséri, celui-ci était parfait en tout point. D’une carrure bien proportionnée, il était à la fois fin et élancé. Il avait de quoi séduire n’importe quelle femme. Ce qu’il ne comprenait alors pas, c’était pourquoi le pharaon avait jeté son dévolu sur lui. Il n’était pas une femme et ne se jugeait certainement pas aussi beau que lui. Certes, on pouvait dire qu’il était particulièrement gracieux, mais ses traits pouvaient sembler parfois légèrement féminins aux yeux de certains.

-         Qu’attends-tu donc pour venir me rejoindre ?! La vue n’est-elle pas suffisamment à ton goût ?!

La voix dure le fit revenir à la réalité. Il aurait dû se douter que son maître le réclamerait. Peut-être s’agissait-il d’une nouvelle tentative pour le posséder, mais ce qui était certain, c’est qu’il devrait prendre ce bain avec lui. N’avait-il de toutes façons pas dit qu’il était sale ?!

Tremblant, il se releva doucement. S’il voulait entrer dans l’eau, il lui faudrait retirer à son tour ses vêtements. Pourtant, l’idée même avait de quoi l’effrayer. Se montrer nu devant cet homme le mettait très mal à l’aise, sans ajouter à cela qu’il ne savait pas comment réagirait celui-ci ensuite. Devant son hésitation, le pharaon mit fin à sa réflexion.

-         Déshabille-toi ! Tu ne vas pas te laver tout habillé !

Il était clair qu’il ne lui laissait pas le choix. Aussi, ce fut la mort dans l’âme que, d’une main hésitante, il défit la ceinture de son pagne. Celui-ci tomba à ses pieds. Aussitôt, il sentit le regard du pharaon se poser avec plus d’insistance sur lui. D’une démarche tremblante, il se dépêcha alors de le rejoindre dans le bain afin de cacher au mieux sa nudité qui avait déjà été trop exposée à son goût.

-         Décidemment, je ne regrette pas mon choix. Tu es vraiment très beau.

Ces paroles n’étaient bien évidemment en rien pour rassurer Iséri. Soucieux du comportement du pharaon, il tentait par tous les moins de se tenir le plus éloigné de lui.

------------

 

Après la punition qu’il avait reçu, Haroeris aurait espéré qu’il se montrerait plus docile. Cependant, si une partie de son insolence semblait s’être évanouie, la peur, elle, était toujours bien présente. Il n’avait jamais vraiment imaginé toucher le jeune homme en prenant ce bain avec lui. Certes, l’envie ne lui manquait pas, mais il n’était pas sauvage au point de profiter de quelqu’un de blessé. Il comptait tout de même lui laisser quelques jours de répit avant de lui prendre ce qu’il estimait désormais lui revenir de droit. Il était devenu son esclave, et il apprendrait à se plier à ses moindres désirs. C’était une certitude. Cette punition n’avait été là que pour l’aider à le faire comprendre au jeune homme.

Se tirant de sa courte réflexion, il posa son regard sur le concerné. Celui-ci se tenait bien loin de lui… trop loin. D’un mouvement gracieux, il décida de changer cela. Il s’avança dans l’eau pour arriver à quelques centimètres de lui. Immédiatement, le jeune homme tenta de reculer un peu plus, mais son dos heurta bien vite le bord, ce simple geste lui arrachant un gémissement de douleur.

-         Tourne-toi ! Ordonna le pharaon.

A la vue du regard de glace de son maître, Iséri hésita un peu, mais ne tenta pas davantage de résister. Il se tourna, exposant ses blessures.

Face au spectacle des quelques plaies qui s’étaient rouvertes et laissaient désormais le sang couler librement, Haroeris ne pu que constater avec désarroi qu’il avait peut-être été un peu dur avec lui. En tout cas, il aurait sans doute pu éviter quelques coups supplémentaires qui laisseraient son esclave dans un piteux état pendant plusieurs jours.

Quant à Iséri, il redoutait le moindre geste du pharaon. Il s’attendait déjà à ce qu’il profite de la situation. Mais à sa grande surprise, il n’en fut rien. Il pouvait sentir les gestes de son maître qui prenait soin de nettoyer ses blessures. Etonnement, cela lui fit le plus grand bien. Décidemment, il ne s’habituerait sans doute jamais au caractère de cet homme. Tantôt il pouvait se montrer brutal, tantôt il mettait toute la douceur du monde à le soigner. Il se surprit même à laisser un soupir de bien-être lui échapper, ce qui ne passa pas inaperçu.

-         Profite bien de ce moment, lui dit Haroeris. Il risquerait de ne pas se reproduire avant longtemps.

Aussitôt les mots prononcés, Iséri sentit son corps se raidir. Le pharaon le remarqua immédiatement. Il émit un ricanement discret.

-         Que croyais-tu ? Que je pourrais prendre soin de toi ?

-         Non… Bien sûr que non… Je…

Iséri tentait de trouver ses mots, mais rien ne lui vint à l’esprit pour justifier cet instant où il avait pu enfin se sentir bien. Alors, l’homme continua sur sa lancée.

-         Dis-toi simplement que je ne suis pas barbare au point de te sauter dessus alors que tu es blessé. Mais sois sûr que tu seras bientôt à moi !

Sur ce, un silence complet s’abattit dans la pièce, interrompu parfois par le bruit de leurs mouvements dans l’eau. Le jeune homme tentait tant bien que mal de cacher ses tremblements, mais en vain. Il pouvait aisément deviner l’air satisfait du pharaon dans son dos. Au bout d’un bon quart d’heure qui lui parut durer une éternité, il le vit finalement s’écarter de lui pour sortir du bain.

-         Dépêche-toi de sortir ! S’exclama-t-il sur un ton froid.

Iséri ne se fit pas prier. Se saisissant d’une serviette, il s’essuya le plus rapidement possible avant de se rhabiller. Il voulut alors sortir de la pièce, mais une main le retint par le poignet.

-         Où crois-tu aller comme ça ?!

-         Je suis à présent propre. Je comptais quitter la salle de bains.

-         Il ne me semble pas t’en avoir donné la permission !

S’il craignait la colère de son maître, celui-ci parvenait néanmoins à brusquement l’exaspérer et ce de plus en plus. A croire que son seul plaisir était de le provoquer dans le seul but de faire preuve d’autorité à son égard.

-         Sa Majesté permet-elle que je quitte la salle d’eau, je vous prie ?!

Le ton employé se voulait sarcastique, ce qui n’échappa évidemment pas à Haroeris.

-         Tu mériterais que je te jette aux lions ! S’écria ce dernier.

-         Mais faites donc ! Cela nous rendrait service à tous les deux. Vous n’auriez plus à me supporter, et je n’aurais plus à vous servir d’objet selon votre bon plaisir !

Iséri porta la main à sa joue. La gifle qu’il venait de recevoir prouvait bien qu’il venait de dépasser les limites de l’acceptable. C’était déjà la seconde fois qu’il levait la main de façon directe sur lui. Pourtant, il fallait bien avouer que lui-même le cherchait un peu en lui tenant tête comme il le faisait. Il ne lui faudrait pas s’étonner s’il se retrouvait une nouvelle fois à goûter la morsure du fouet. C’est pourquoi, il préféra baisser les yeux en signe de repentance.

Haroeris s’en aperçu et préféra immédiatement mettre de côté la situation qui venait de se produire. Néanmoins, sa colère restait présente. C’est pourquoi, il préféra se rhabiller dans le plus grand silence, ordonnant par là à Iséri d’en faire de même. Il était évident que ce n’était pas encore maintenant qu’il parviendrait à dresser son jeune esclave.

Au bout de cinq bonnes minutes, il finit par quitter les lieux, non sans quelques paroles désagréables à l’égard du jeune homme.

-         Je te conseillerais d’aller directement te coucher, tu ne m’es pas de bonne compagnie pour le moment !

Aussitôt, il quitta la pièce, le laissant seul.

------------

 

C’est ainsi qu’Haroeris avait fini par quitter la salle de bains. Il ne pouvait certainement pas supporter une minute de plus l’audace, mais surtout, l’insolence de son jeune esclave. Ce dernier ne semblait pas consentir à le laisser aller plus loin. La première solution qui lui était alors apparue était de le faire fouetter chaque matin afin qu’il comprenne la douleur que cela était de se refuser à lui et de lui manquer de respect par la même occasion. Néanmoins, lorsqu’il avait vu la souffrance qui s’infiltrer dans le corps du jeune homme à chacun de ses mouvements, il était revenu sur son idée première. S’il supportait très mal la séance précédente, il était pratiquement certain de le tuer à la longue.

Aussi, il préférait se résoudre à oublier le problème pendant quelques temps. A vrai dire, son esprit était encombré par tout autre chose. Il s’agissait de l’odeur parfumée qu’il avait pu sentir planer dans sa propre chambre. Il se doutait, bien entendu, d’où elle pouvait venir, mais il voulait être sûr de ne pas faire erreur. D’un pas décidé, il se dirigeait donc vers le seul lieu qui lui permettrait d’obtenir confirmation à ses soupçons. Lorsqu’il y parvint enfin, il poussa une lourde porte de bois claire et entra. Une pièce sombre se découvrit à lui. Désormais plongé dans une quasi-obscurité, il éprouvait du mal à distinguer quoique ce soit. Du moins jusqu’à ce qu’une voix grave se fasse subitement entendre.

-         Je m’aperçois que sa Majesté détient également le pouvoir d’entrer chez quiconque sans prévenance. Il me faudra me tenir sur mes gardes à l’avenir.

Un homme sortit de l’ombre et en une simple courbette sans plus de formalité, il salua Haroeris.

-         Je constate que tu as toujours autant d’humour, Théos !

Le dit Théos laissa un sourire se dessiner sur son visage. D’apparence sombre, il semblait que cet homme aux longs cheveux aussi noirs que ses yeux pouvaient l’être, était particulièrement à l’aise face au pharaon.

-         Et que me vaut votre visite en ces lieux ?

-         J’aurais un service à te demander.

-         Je vois… je me disais bien que vous n’étiez pas venu jusqu’ici en simple visiteur.

Ils échangèrent un regard, laissant place à un instant de silence, jusqu’à ce que Théos reprenne la parole.

-         Que diriez-vous de prendre place à mon humble table pendant que je vous sers un thé ?

Aussitôt, Haroeris se fit méfiant, ce qui n’échappa pas à l’homme.

-         Oh, vraiment ! S’exclama-t-il, ironique. Pensez-vous vraiment que je pourrais empoisonner le Seigneur de toute l’Egypte ?!

-         Serait-ce surprenant venant d’un maître des poisons ?!

-         Vous me semblez bien au courant…

Haroeris saisit l’occasion qui s’offrait brusquement à lui pour lui faire part de la raison de sa présence.

-         Je sais également que tu es un espion très doué.

Cette fois, ce fut Théos qui se fit méfiant.

-         Qu’attendez-vous de moi au juste ?

-         Une femme dont j’ai une idée quant à l’identité semble tourner autour de mon nouvel esclave dans l’espoir de le protéger. Je ne supporte pas cela !

-         Et je suppose que vous attendez de moi que je confirme vos soupçons ?

-         Exactement.

Rien n’était plus facile pour Théos que d’exécuter ce que lui demandait le pharaon. L’espionnage était le domaine où il excellait le plus. Cependant, la seule question qui se posait encore à lui était de savoir ce que lui proposerait l’homme assis à sa table une fois son travail fait.

-         Je ne suis pas contre le fait d’accepter, mais…

Haroeris lui adressa un regard interrogatif, le forçant ainsi à continuer.

-         J’exige d’être payé selon mon bon désir en retour.

A ces mots, il tiqua. Décidément, ce Théos ne manquait pas d’audace. S’il l’avait voulu, il aurait pu le faire exécuter sur le champ. Néanmoins, il était conscient que si tel était le cas, il ne parviendrait jamais à prendre la jeune femme par surprise. Aussi, tout ce qu’il pouvait faire était de tenter de reprendre le contrôle de la situation.

      -    Pour qui te prends-tu donc pour oser prendre ce genre de décision ? Dit-il sur un ton

            froid. Tu as la chance de vivre dans ce palais et tu te permets de m’imposer ton bon

            vouloir ? Je ne permets en aucun cas de prendre ce genre de décision à ma place ! Tu

            seras payé comme il se doit, mais n’espère pas en tirer un avantage.

Son vis-à-vis laissa un sourire mesquin naître au coin de ses lèvres.

-         Dans ce cas, ce fut un plaisir de boire un verre en votre compagnie ! S’exclama-t-il plus sûr de lui que jamais.

Evidemment, cela signifiait qu’il ne céderait pas aux conditions de son seigneur. Il avait pour habitude de ne jouer que sur son propre terrain et avec ses propres règles. Si celui-ci attendait un travail de lui dont il savait qu’il serait une réussite si c’était lui-même qui l’exécutait, il devrait céder à sa demande. Vu que le pharaon semblait ne pouvoir compter que sur lui pour ce genre de mission aussi banale soit elle, il savait qu’il céderait.

Sans surprise, il le vit reprendre la parole, un air mauvais affiché sur le visage.

-         Tu travailles aussi bien que tu négocies ?

-         Même beaucoup mieux, Majesté ! S’exclama-t-il sûr de lui.

-         Dans ce cas, c’est d’accord. J’accepte de te donner la chose que tu me demanderas une fois que tu m’auras confirmé l’identité de celle que je soupçonne et prise en flagrant délit. Mais je te préviens, si tu échoues, je serai sans pitié à ton égard.

Théos était parvenu à ses fins et il s’en félicita. Alors, levant son verre, il invita l’homme à boire à leur négociation. Celui-ci ignora l’invitation et se leva avant de partir d’un pas furieux.

-         Tache d’accomplir cette mission avec succès ! Ajouta-t-il en claquant la porte derrière lui.

Après tout, il pouvait bien le comprendre. Il était le pharaon en ces lieux et il n’était pas parvenu à avoir le dernier mot. Mais cela faisait parti du caractère de Théos. Jamais il ne laisserait quelqu’un le dominer. Et pour cela, il était capable de manier l’usage du chantage à volonté.

------------

 

Profondément endormi, Iséri n’entendit pas son maître entrer dans la chambre. Ce ne fut que lorsque celui-ci le poussa brutalement à l’autre bout du lit afin de pouvoir s’installer comme bon lui semblait qu’il se réveilla en sursaut. Plusieurs heures étaient passées et déjà la nuit tombait sur toute l’Egypte. Le jeune homme ne s’était pas aperçu qu’il avait dormi aussi longtemps.

-         Tu n’es pas mon esclave pour occuper mon lit à longueur de journée ! A moins que ce ne soit pour me satisfaire ! Bouge un peu de là, espèce de faignant !

De peur de se voir à nouveau puni, Iséri se décala immédiatement, tentant de mettre le plus d’espace possible entre lui et son maître. Ce fut peine perdue lorsqu’il sentit son dos toucher le mur. Un sursaut de douleur le prit et il ne pu que baisser les yeux au moment où le pharaon posait les siens sur lui, se voulant de dire qu’il était tout simplement pitoyable.

A cet instant, le jeune esclave aurait donné n’importe quoi pour pouvoir trouver du réconfort dans les bras maternels de Maya. Néanmoins, son maître dans la chambre, il ne pouvait espérer voir la jeune femme.

------------

 

Déambulant dans les couloirs sombres du palais, Théos repensait à ce que lui avait dit Haroeris. Il lui demandait de surveiller son nouvel esclave afin d’être certain de l’identité de celle qui venait le voir pour le soigner.

Théos avait déjà eu l’occasion de croiser le jeune homme à plusieurs reprises avant que le banquet n’ait lieu. Jamais il n’aurait un jour penser qu’il devrait le surveiller. C’était au-dessus de routes ses pensées. De plus, il n’admettait pas le comportement du pharaon. Comment pouvait-on maltraiter de la sorte un homme comme il le faisait ? Et pourquoi vouloir à tout prix empêcher quelqu’un de lui venir un minimum en aide en soignant ses blessures ? Non, vraiment, Théo ne pouvait pas comprendre ce genre de choses.

Pourtant, il savait aussi qu’il ne pouvait risquer de désobéir au maître de ces lieux. Si tel était le cas, ce serait certainement lui qui passerait sous la torture. Certes, il était capable de lui tenir tête, mais une de ses qualités était de connaître les limites à ne pas dépasser.

C’est ainsi, que d’un pas volontaire, il se fondit un peu plus dans l’ombre. Son travail ne commencerait que demain. En attendant, il avait tout son temps pour voguer à d’autres distractions. Seul le destin lui dirait de ce qu’il en serait pour le jeune Iséri.

Par Azalea - Publié dans : Vie d'esclave
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Jeudi 3 avril 2008

Chapitre I: Premier face à face.
 

Assis devant une table reconnaissable entre mille, June fixait chaque personne qui lui faisait face avec un intérêt certain. A travers son regard d’un bleu profond se lisait une ironie narquoise. Jamais il n’avait eu de considération pour quiconque et encore moins pour ses adversaires. S’ils étaient là, cela signifiait qu’ils connaissaient les risques à courir tout comme lui en ce moment même.

-         Je me couche. Dit l’un d’eux.

Personne ne répliqua quoique ce soit, fixant simplement la personne qui venait de parler. C’était un homme de la cinquantaine, le crâne dégarni et le cigare en bouche.

-         De toute façon, je crois que j’ai déjà perdu assez d’argent pour aujourd’hui. Continuez sans moi.

Sans un mot de plus, il se leva et quitta la table. Ils n’étaient à présent plus que trois à attendre que l’autre face un geste. Car oui, au Poker, tout n’était que question de stratégie et de chance.

June était sans nul doute celui qui pouvait au mieux se vanter de connaître les ficelles de ce jeu. Cela faisait maintenant plusieurs années qu’il y jouait et jamais encore il n’avait perdu une partie. Il était donc confiant. Ses deux derniers adversaires ne tiendraient pas bien longtemps. Entre une femme à l’allure sexy qui tentait par tous les moyens de tricher sans y parvenir et un jeune homme qui ne devait même pas être majeur, il n’y avait aucune raison pour lui de perdre.

La partie avait débuté en début de soirée, et plusieurs heures étaient passées, amenant avec elles la tombée de la nuit.

Voyant que personne ne semblait se décider à jouer, la seule femme présente perdit patience.

-         Bien, puisqu’il en est ainsi, je me jette à l’eau ! S’exclama-t-elle avec apparemment une certitude en son jeu qu’elle jugeait infaillible.

Elle mit alors en jeu les derniers jetons qu’il lui restait.

June connaissait bien ce genre de personne qui jouait avec une confiance aveugle en leurs capacités. De véritables imbéciles qui pensaient qu’il était facile de berner les autres avec de petites stratégies minables. Il la regarda juste retourner ses cartes… Un full.

-         Alors que dites-vous de cela, messieurs ?!

Il ne prit pas la peine de répondre. Il n’avait pas d’aussi bonnes cartes, mais il ne perdrait pas grand-chose.

-         Bien, je crois que je peux déjà reprendre ce qui m’appartient !

D’un mouvement souple, elle se penchait déjà pour attirer les jetons de son côté, exposant par la même occasion son décolleté duquel débordait une poitrine volumineuse. Mais alors qu’elle pensait bien s’en sortir, une voix lui fit stopper tout mouvement.

-         Attendez ! Je n’ai pas encore joué.

Le plus jeune d'entre eux qui gardait un visage fermé depuis le début, ne semblant vouloir laisser personne lire en lui ce qu’il avait en tête, retourna doucement ses cartes. Une expression d’horreur apparut brusquement sur le visage de cette femme plus arrogante que jamais.

-         Une quinte flush ! Dit-elle sur un ton moqueur. Ne vous fichez pas de moi ! Comment un gamin pourrait-il avoir un aussi bon jeu ?!

-         Madame, acceptez votre défaite sans faire de scandale, s’il vous plait.

Le croupier qui venait de parler et qui était présent depuis le début, observant le jeu sans faire de remarques, tentait de la calmer.

Pendant ce temps, le concerné restait silencieux, ne cherchant même pas à se défendre. June en profita pour mieux l’observer. Avec son teint pâle, ses grands yeux verts et ses cheveux bruns en bataille, il ressemblait énormément à un lycéen. Peut-être était-ce même le cas. Mais dans ce cas, que faisait-il ici à jouer contre un professionnel comme lui ? Et surtout, il n’avait pas l’air d’être majeur. Alors comment était-il parvenu à entrer dans un lieu tel que celui-ci ?

June revint brutalement à la réalité lorsque la voix de la femme se fit encore plus aigue qu’elle ne pouvait l’être.

-         Ce gosse est un tricheur ! S’écria-t-elle en désignant le concerné.

Une fois de plus, celui-ci ne tenta rien pour se défendre de ses accusations. Le croupier fit alors appeler deux hommes qui obligèrent cette enragée à quitter la table.

Le calme revint finalement. Ils n’étaient plus que deux à se faire face. June se méfiait. Son vis-à-vis venait de prouver qu’il savait parfaitement manier les cartes. Parvenir à sortir une quinte flush était tout simplement plus que brillant face à un full.

Pourtant, après coup, le jeune homme qu’il avait sous les yeux semblait brusquement un peu plus stressé qu’en début de soirée. Un sourire se dessina sur ses lèvres. Etait-ce donc lui qui lui faisait ainsi peur ? Il l’aperçut alors jeter un coup d’œil à sa montre le plus discrètement possible.

-         Messieurs, veuillez continuer cette partie, je vous prie.

Revenant tout deux à la réalité, ils s’échangèrent un regard, signe que la moindre faille dans le jeu de l’un ou de l’autre serait sans retour. Mais alors qu’il s’y attendait le moins, le brun prit une décision qui le surprit.

-         je mise tout, dit-il.

C’était impensable. Il avait joué avec prudence tout au long de la soirée. June ne comprenait pas. Etait-ce son précédent jeu qui l’avait mis autant en confiance ?

-         je vois ! Se moqua-t-il, saisissant alors l'occasion qui s'offrait à lui. Tu prends rapidement la grosse tête !

-         Absolument pas. Je n’ai juste pas de temps à perdre. Je tiens à ce que cette partie se termine au plus vite.

June laissa un rictus apparaître au coin des ses lèvres.

-         Très bien. Dans ce cas, je mise également tout.

Il devait bien se l’avouer. Oui, il trouvait le geste de son adversaire arrogant. Néanmoins, il aimait les gens qui savaient prendre des risques. Et à travers ce décor de casino, il sentait même une certaine fièvre le gagner. Qu’en serait-il du résultat ? Il ne lui restait qu’à jouer pour le savoir. Mais quoiqu’il en soit, gamin ou non, il ne comptait certainement pas le laisser gagner.

Les cartes distribuées, une atmosphère pesante s’installa presque immédiatement dans la pièce. Son vis-à-vis ne disait plus un mot. June le regarda un instant. Il semblait en pleine concentration bien qu’il ne pu lire aucune expression visible sur son visage.

Au bout d’un quart d’heure qui sembla durer une éternité, une ride se dessina finalement sur son front. Hésitant, il le vit brusquement relever la tête vers lui. Suite à cela, il retourna ses cartes sur la table.

-         Carré d’as. Avez-vous mieux ?

June prit un air déçu, ce qui sembla encourager le jeune homme. Il le fit languir un moment avant de répondre.

-         Je suis vraiment désolé que notre duel prenne fin maintenant, dit-il. J’aurais espéré qu’il dure un peu plus longtemps.

Sur ce, il posa à son tour ses cartes, les exposant aux yeux de tous.

-         Quinte flush royale !

Aussitôt, il vit le visage de celui qui lui faisait toujours face se décomposer. Certes il s’était bien défendu, mais le jeu était le jeu. L’espace d’un instant, il cru qu’il allait se mettre à pleurer devant lui tant il affichait un air désespéré, mais il n’en fut rien.

Au contraire, il se releva d’une seule traite et tendit la main vers lui.

-         Félicitations, vous avez gagné !

A cette main tendue, il fut d’abord surpris. Mais bien vite, il éclata d’un rire railleur sans aucune gêne.

-         Désolé, mais je n’ai pas pour habitude de serrer la main des perdants. Je trouve la défaite bien trop repoussante pour m’en donner la peine. Comme il est si souvent dit, il vaut mieux laisser les minables avec leurs semblables !

Il sentit le plaisir l’envahir lorsque le garçon retira sa main pour lui lancer un regard de pur dégoût.

-         Vous êtes d’une arrogance inqualifiable, dit-il en gardant toutefois son calme.

Toute autre personne aurait sans doute laissé exploser sa colère, mais en ce qui concernait cet inconnu, il semblait que rien ne pouvait l’atteindre. Etonnement, cette simple idée le poussa à continuer de le narguer.

-         Que se passe-t-il ? Reprit-il avec ironie. Tu ne supportes pas de perdre ?

-         Cela n’a rien n’à voir. Ce que je ne supporte pas, c’est votre comportement. Quel plaisir retirez-vous à mépriser les autres ?

Ce n’était pas la première fois que quelqu’un lui rétorquait cela. A chaque fois, l’envie d’en rire s’installait en lui comme un automatisme. Etait-ce la lassitude qui voulait cela ou bien la simple ironie d’observer toutes ces personnes sortir de leurs gongs et qui ne trouvaient jamais rien de bien original que ce genre de réplique pour se défendre ?

Pourtant, le garçon qui se tenait devant lui paraissait différent des autres. Pas un seul instant il n’avait flanché face à lui. Dès le moment où il s’était montré désagréable avec lui, il avait plongé son regard dans le sien avec franchise, lui tenant ainsi tête.

June s’approcha un peu plus près de lui. Il voulait prendre plaisir à le remettre à sa place. Il voulait lui faire comprendre qu’il n’était pas quelqu’un avec qui on pouvait prendre le risque de se montrer provocant.

Plus il approchait, plus il le voyait reculer. D’un pas plus large, l’homme se dressa furtivement de toute sa hauteur, faisant face au jeune homme. Il était bien plus grand que lui et il en tirait un avantage évident.

-         Je vous prierai de bien vouloir garder vos distances. Je n’aime pas cette proximité.

Un ton poli alors qu’il se montrait menaçant. C’en était plus que risible.

-         Pourquoi faire preuve de tant de manières ? Demanda-t-il.

Le garçon ne semblait pas emprunt à bien vouloir lui répondre. Alors, sans prévenir, June se pencha à sa hauteur afin de saisir son menton entre ses doigts et approcher son visage du sien.

-         L’heure à laquelle les enfants doivent aller se coucher n’est-elle pas passée depuis longtemps maintenant ? C’est papa et maman qui risquent de ne pas être contents, dis-moi !

La réaction de son vis-à-vis ne se fit pas attendre bien longtemps. D’un geste vif, il le repoussa, jugeant certainement qu’il se faisait bien trop proche, et se recula le plus loin possible de lui.

A ce moment, June s’attendit à ce qu’il lui crache sa haine au visage, peut-être même qu’un geste malencontreux se perde, mais rien ne vint. Il ne tentait pas de se défendre davantage.

Au contraire de ce qu’il avait imaginé, il le vit continuer à reculer, jusqu’à ce que son dos heurte le mur et qu’il se laisse tomber à même le sol.

Le croupier qui avait assisté à la scène depuis le début en faisant preuve de discrétion préféra brusquement intervenir pour mettre fin à toute cette comédie. Le gosse qu’il avait sous les yeux s’était mis à trembler et il ne voulait pas avoir à gérer une situation imprévue.

-         Messieurs, dit-il calmement. La partie est terminée. Veuillez tout deux à présent quitter le casino. Nous allons fermer.

A son plus grand soulagement, le plus âgé des deux se dirigea immédiatement vers la sortie sans se faire prier davantage. Toutefois, avant de partir pour de bon, il se retourna une dernière fois vers la forme qui se tenait lamentable assise par terre.

-         Tu ferais vraiment mieux de mener la vie de tous les jeunes de ton âge, murmura-t-il d’une voix lasse. Ce que moi je ne supporte pas, ce sont les sales gamins qui se permettent de venir fréquenter ce genre d’endroit en pensant qu’ils pourront ensuite aller se vanter auprès de leurs petits camarades le lendemain d’avoir fait quelque chose hors du commun. La prochaine fois, tu y réfléchiras à deux fois avant de claquer toutes tes économies pour un simple caprice !

June ne vit pas le regard blessé en réaction à ses paroles. Il ne vit pas non plus avec quelle difficulté le jeune garçon se releva comme assommé par son attitude plus que mesquine. Non, sans doute vexé de ne pas avoir eu les réactions attendues à ses provocations, il préféra quitter ce lieu, déçu, empochant malgré tout l’argent qui lui était dû.

Depuis des années où il venait jouer au poker, c’était bien la première fois qu’il rencontrait quelqu’un d’aussi étrange que ce garçon. A 29 ans, il remarquait brusquement que les adolescents ne semblaient plus être ce qu’ils étaient auparavant. Depuis quand étaient-ils devenus si ennuyeux ?

------------

 

Environ dix minutes plus tard, traînant des pieds sur la route, un jeune homme ne cherchait même pas à se protéger de la pluie. Depuis quand pleuvait-il ? Il n’avait même pas senti les premières gouttes lui tomber dessus, inondant ses vêtements et le faisant frissonner de froid.

Comment avait-il pu perdre autant d’argent en une seule soirée ? Il avait pensé un moment que gagner au poker lui offrirait une chance de se faire beaucoup plus que ce qu’il avait déjà, mais il n’avait apparemment pas mesuré l’étendue de sa bêtise.

Déboussolé, Liam continua à marcher sans trop savoir où il allait. De toute façon, il préférait encore traîner dehors toute une nuit plutôt que de rentrer chez lui où il savait que ses parents devaient certainement l’attendre de pied ferme.

Décidément, il devait avoir un don pour accumuler les problèmes ces derniers temps.

De plus, comme si cela arrangeait quelque chose, il avait cours le lendemain et il ne se sentait même pas d’attaque à rester assis sur une chaise pour écouter ces profs qui pensaient qu’en préparant à l’avance leurs petits discours avec soin ou en nommant quelques références bien connues du monde des jeunes, ils parvenaient à attirer l’attention de ceux-ci. C’était tout simplement naïf.

Alors qu’il arrivait près d’un lac, Liam fut brusquement attiré par le reflet de la lune qui se reflétait sur sa surface tel un miroir, juste troublé par la pluie qui ne cessait toujours pas de tomber. Il se sentait épuisé. Epuisé physiquement comme épuisé de lutter à longueur de journées pour une bataille qu’il savait perdu d’avance. Après tout, il venait de perdre le peu d’argent qu’il était parvenu à économiser, en si peu de temps. Cela équivalait à perdre ses derniers espoirs.

La terre se faisait boueuse en certains endroits à cause de l’humidité, mais il n’en avait que faire. Il s’assit en bordure de l’eau. Il ne sentait pas le froid et tout était calme. Quelque part, cela suffisait à le rassurer.

Il repensa alors à cet homme qui ne s’était pas gêné pour le narguer. Il ne comprenait pas ce genre d’attitude. En plus de lui avoir pompé tout son fric, il trouvait encore le moyen de le provoquer. Dès l’instant où il était entré dans la pièce et qu’il s’était installé en face de lui, prêt à jouer, Liam avait bien remarqué ce regard insistant qu’il posait sur chacun de ses adversaires.

Toutefois, il devait bien le reconnaître. Ce qui l’avait particulièrement attiré chez celui-ci au premier coup d’œil était ce charisme qui émanait de lui. Il était particulièrement beau. Des cheveux noirs lui arrivant jusqu’aux épaules, un visage fin aux traits provocants, mais surtout un regard profond duquel découlait un sentiment de supériorité. C’en était presque troublant.

Réalisant brusquement qu’il venait de perdre son argent contre quelqu’un d’aussi détestable, le jeune homme se laissa tomber de tout son long sur le sol, se fichant complètement de la saleté qui s’incrustait dans ses vêtements. Après tout, lui-même se sentait déjà si pitoyable.

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Au volant de sa voiture, June maudissait cette pluie qui ne lui permettait pas d’avoir une vision de la route impeccable. De plus, il détestait conduire en pleine nuit. Jamais encore une partie de poker n’avait duré aussi longtemps. Mais il devait bien le reconnaître. Malgré son jeune âge, ce garçon était très doué. Dommage qu’il ait pris trop de risques lors de la dernière partie.

Néanmoins, il n’avait pas supporté de le voir se laisser insulté tout au long de la soirée sans réagir ou encore d’accepter de perdre avec autant de facilité. Il détestait les personnes qui s’avouaient rapidement vaincues et qui ne semblaient avoir aucune rage pour obtenir à tout prix ce qu’elles voulaient. Lui-même avait rapidement compris que lutter dans la vie était primordial si l’on ne voulait pas se laisser écraser par les autres. Depuis maintenant longtemps, c’était avec cet état d’esprit qu'il passait presque toutes ses soirées au casino, ruinant jusqu’au dernier sou ceux qui avaient le courage de le défier.

Sa réputation avait, de ce fait, rapidement été faite. Imbattable et méprisant. Jamais encore il n’avait perdu une seule partie de poker et c’était tout en son honneur, mais c’était également ce qui faisait la malchance de ses adversaires. Par-dessus tout, il ne se gênait pas un seul instant pour se vanter aux yeux de tous. Il était détesté et il le savait. Mais cela le faisait sourire plus que toute autre chose.

Plongé dans ses pensées, il ne s’attendit alors pas à voir surgir brusquement une voiture à toute vitesse dans le sens inverse. Freinant du mieux qu’il pu, il fut néanmoins obligé de donner un bref coup de volant sur le côté pour éviter que le chauffard ne lui rentre dedans. Ce qu’il n’avait pas prévu, ce fut les arbres qui se trouvaient sur sa droite. Ne pouvant les éviter, il ne pu alors que se préparer à les percuter. Le choc fut violent.

June qui avait fermé les yeux un instant finit par les rouvrir lentement. Il ne semblait pas être blessé. Quant à savoir l’état de sa voiture, c’était autre chose. Il parvint à sortir de celle-ci sans trop de mal. Il s’éloigna alors juste un peu pour voir ce qu’il en était, mais à peine avait-il fait quelques pas qu’il se mit à pester tout seul. Tout le côté avait pris.

-         Ca va me coûter cher ! S’exclama-t-il tout haut même s'il savit que personne ne pourrait l’entendre.

Il devait bien se l’avouer, il s’était attendu à pire. Heureusement pour lui, il n’aurait sans doute aucun mal à redémarrer pour retourner jusque chez lui et aller dès que possible porter plainte pour délai de fuite. Si l’imbécile qui avait abîmé sa voiture comptait s’en sortir sans aucun problème, il se trompait totalement.

June s’apprêtait à reprendre la route. Mais tandis qu’il reprenait sa place de conducteur, quelque chose attira son attention.

Devant lui se dessinait un lac. Pourtant, ce n’était pas ce qui avait attiré le plus son regard. Non, il s’agissait plutôt un corps allongé sur le bord de celui-ci. Aussitôt, l’idée d’un cadavre abandonné là lui traversa l’esprit. Sa conscience lui indiquait de fuir, mais la curiosité l’emporta sur tout le reste.

Il ne lui fallut ainsi que quelque minutes pour arriver juste au-dessus du corps. Il se sentit alors soulagé en voyant qu’aucune trace de blessure n’était visible. La personne était apparemment toujours vivante et semblait juste s’être endormie. La poussant légèrement du pied, il tenta de la réveiller.

-         Eh ! Tu vas mourir de froid si tu restes ici, et je ne m’en porterai pas responsable !

Aucune réaction. June s’accroupit alors, retournant l’endormi pour qu’il lui fasse face. Le sol sous lui était boueux tout autant qu’une partie du visage qu’il pouvait à présent voir. Quelle ne fut pas alors sa surprise en reconnaissant celui-ci. 

-         Dites-moi que je rêve ! Ironisa-t-il sur un ton détaché. Je crois que je n’ai jamais vu quelqu’un d’aussi lourd que toi en à peine quelques heures. Tu n’es vraiment qu’un petit con à ce que je vois !

Poussant un soupir, il n’eut aucun mal à reconnaître, malgré la pénombre de la nuit, celui qu’il avait ruiné quelques heures plus tôt.

 

Par Azalea - Publié dans : Jeux dangereux
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Jeudi 13 mars 2008
Chapitre II : Insensible.

 

Lorsque Iséri ouvrit les yeux ce matin-là, il s’aperçut rapidement qu’il était seul dans le lit. Où donc était passé le pharaon ?

Commençant immédiatement à paniquer de se savoir encore dans le lit de son maître alors que celui-ci était déjà levé, il se dépêcha de reprendre contenance et de se mettre debout à son tour. Mais bien vite, il fut stoppé dans son élan par une voix autoritaire.

-         Nul besoin de quitter ce lit, tu ne quitteras pas cette chambre pour le moment.

Dans un coin de la pièce se tenait l’homme qu’il redoutait depuis peu. Assis dans un haut fauteuil, il ne le quittait plus de son regard froid. Iséri ne savait d’ailleurs plus comment il devait réagir.

-         Je suppose que tu ne veux toujours pas te donner à moi ?! Continua-t-il sur un ton dur.

La réaction d’Iséri fut alors immédiate.

-         Je ne vous laisserai jamais me toucher !

Haroeris fut étonné de cet élan d’humeur soudain. Le jeune homme lui était apparu jusqu’alors très réservé.

-         Je constate que tu es particulièrement insolent. Mais je pense que ce problème sera bientôt réglé.

-         Que voulez-vous dire ?

A cette question, le pharaon frappa dans ses mains afin de faire appeler quelques servantes.

      -     Préparez le, ordonna-t-il.

Il n’en fallut pas plus pour que les femmes entraînent Iséri avec elles jusqu’à la salle de bain. Le même scénario que la veille se déroula et il se retrouva à nouveau dans l’immense baignoire pendant qu’on le lavait. Il fut d’ailleurs étonné que le pharaon n’ait pas voulu assister au spectacle… Lui qui désirait tant obtenir son corps apparemment. Mais c’est alors que tout lui revint en mémoire et qu’il fut prit de violents tremblements. Il se souvenait des derniers mots du pharaon avant qu’il ne sombre dans les abîmes du sommeil. Il allait être puni. C’est ce qu’il lui avait dit. La peur s’insinua rapidement en lui. Il avait beau réfléchir, il ne pouvait rien faire pour lutter.

-         Vous sentez-vous mal ? Lui demanda alors une des femmes en l’aidant à sortir de l’eau.

Aucune émotion ne perçait dans sa voix. Comprenait-elle seulement quelle pouvait être la frayeur d’un homme à l’idée d’être fouetté ? Peut-être. Mais si c’était le cas, elle ne le montrait absolument pas.

Néanmoins, il tenait tout de même à garder un certain respect pour lui-même.

-         Je vais bien, se contenta-t-il ainsi de répondre.

Aucune autre parole ne fut échangée. On se contenta juste de l’habiller d’une tunique déchirée dans le dos. Son calvaire était donc pour bientôt.

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Haroeris avait préféré rejoindre directement les lieux où serait fouetté son jeune esclave. Il savait que ses serviteurs auraient la clairvoyance d’esprit de l’amener là où il recevrait sa punition.

Ce ne fut donc qu’un bon quart d’heure plus tard qu’il les vit arriver, maintenant le jeune homme avant de le pousser, face vers un poteau de bois où on lui noua les poignets avec une vieille corde qui devait servir depuis des années. Evidemment, les fibres qui s’échappaient de cette dernière ne purent que blesser ses poignets et il dû se faire violence pour ne pas prêter toute son attention à la douleur ressentie. Après tout, celle qui était à venir serait bien plus insupportable.

Un homme dont le visage était déjà bien marqué par l’âge mais dont la puissante musculature ne laissait pourtant rien présager de sa force, entra à son tour dans l’arène où se trouvait sa « victime ». Il se saisit du fouet qu’on venait de lui tendre et donna plusieurs coups à même le sol pour vérifier son efficacité. Au son de chaque claquement, Iséri sentit une boule se former au niveau de son estomac. Il avait peine à imaginer les conséquences désastreuses que cela engendrerait sur son dos.

Lorsque le test fut terminé, il vit ensuite l’homme en question tourner son regard vers le pharaon. Aucune pitié ne semblait imprimée sur son visage. Au contraire, on aurait pu même dire que son expression laissait à prétendre que toute cette mise en jeu n’était que pour satisfaire son propre honneur. C’est alors qu’il le vit lever la main. L’homme parla.

-         Vingt coups de fouets seront infligés à quiconque désobéira au pharaon, l’élu parmi les dieux !

Sans un mot de plus, il se plaça derrière Iséri. Ce dernier n’eut pas le temps de prévoir le premier coup que celui-ci s’abattit avec une violence inouïe. Il en gémit de douleur, les larmes lui venant irrémédiablement aux yeux. Cependant, il ne devait pas pleurer. Il en allait du peu de fierté personnelle qu’il lui restait. Il pu sentir la morsure d’un deuxième, puis d’un troisième coup s’enchaînant très rapidement. Son bourreau ne lui laissait décidemment pas de répit.

Lorsqu’il redressa la tête, il pu apercevoir le regard du pharaon posé sur lui. Un sourire satisfait ornait son visage. Comment pouvait-on prendre autant de plaisir à regarder un homme être torturé ? Iséri ne comprenait pas.

Au dixième coup de fouet, un léger cri lui échappa. La douleur devenait de plus en plus insupportable. Il s’en voulu, mais il n’avait néanmoins plus aucun contrôle.

Au treizième coup, les larmes perlèrent aux coins de ses yeux. Non, il ne devait pas pleurer. Jamais il n’accepterait de donner ce plaisir au pharaon. D’ailleurs, il pouvait toujours sentir son regard sur lui. Il en était à présent au quinzième coup et il sentait qu’il ne tiendrait plus très longtemps. Au seizième coup, sa vue se brouilla.

Les coups s’arrêtèrent un moment. Sentant que sa tête lui tournait, il eut quelques difficultés à distinguer ce qu’il se passait. Il vit son tortionnaire se tourner vers le pharaon et parler.

-         Majesté, le garçon menace de perdre connaissance. Dois-je continuer ?

Un silence s’en suivit, mais il fut rapidement coupé.

-         Il n’y a pas de pitié pour les insolents comme lui !

La voix était à la fois autoritaire et sarcastique. Il était clair que le pharaon prenait un malin plaisir à le voir en si piteux état. Ainsi, c’était à un homme tout aussi cruel qu’égoïste qu’il devrait dorénavant obéissance. Comment pourrait-il se plier à cela ? Ne valait-il pas mieux la torture ? Pourtant, il savait qu’être fouetté chaque matin finirait par le tuer. De plus, supporter de telles blessures lui semblait devenir impossible. Déjà, il ne savait pas s’il résisterait au dix-septième coup. Celui-ci ne tarda d’ailleurs pas. Pouvant à peine percevoir le bras de l’homme se lever, ce fut avec surprise qu’il sentit sa chair se déchirer encore un peu plus si c’était possible. Son dos était à sang, la douleur était tellement intense.

Sous le choc, il ne tenta pas de résister davantage. Relevant la tête une dernière fois, ce fut un regard rempli de rancune qu’il adressa au pharaon. Il détestait cet homme pour l’avoir choisi. Il le détestait de le faire tant souffrir. Il ne supportait pas l’idée d’être puni uniquement parce qu’il avait tenté de résister à ses caprices. Vraiment, il détestait son nouveau maître et ce, du plus profond de son âme.

Sur cette pensée, Iséri ferma les yeux et perdit connaissance.

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Le regard mauvais du jeune esclave n’avait en rien échappé à Haroeris. Alors qu’il pensait qu’il deviendrait plus docile suite à la punition qui venait de lui être infligée, celui-ci venait de lui faire comprendre qu’il n’en était rien.

Offensé par ce comportement, il insista alors pour que les trois derniers coups de fouet soient donnés, conscient ou inconscient. Après quoi, le jeune homme fut emmené sous ses ordres afin que les blessures soient désinfectées. Quitte à vouloir le voir souffrir, il ne tenait quand même pas à ce que ses blessures s’infectent et qu’il en perde la vie. Après tout, il attendait certaines choses de lui et il saurait les obtenir.

Néanmoins, il avait d’autres occupations qui l’attendaient pour le moment. Il irait sans doute voir à nouveau le jeune esclave plus tard dans la journée.

En attendant, il se leva et se dirigea à l’intérieur du Palais. Mais, très rapidement, une personne l’arrêta. Haroeris pu immédiatement reconnaître Maya.

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Maya avait assisté à la scène depuis la fenêtre de ses appartements. Au début, elle n’avait pas immédiatement compris de qui il s’agissait. Cependant, lorsqu’elle avait reconnu le pauvre Iséri, elle avait senti son sang se glacer. Comment pouvait-on seulement prendre plaisir à regarder un tel spectacle ? Pire encore, comment, au bout d’une seule nuit, le pharaon avait-il pu trouver une raison valable à cette torture ? Elle savait qu’Iséri avait du tempérament, mais elle avait tout de même du mal à croire qu’il soit parvenu à mettre en colère son nouveau maître aussi rapidement.

Finalement, à force de réflexion, elle en était venue à se dire que même pour n’importe quelle faute commise, Iséri ne mériterait jamais le fouet. Elle le connaissait mieux que quiconque. C’est pourquoi, elle savait que le jeune homme ne tenterait pas le diable avec le pharaon. Qu’avait-il donc bien pu se passer pour qu’il en arrive là ? Le pharaon pouvait-il se montrer si cruel ?

Voulant en avoir le cœur net, elle avait alors décidé d’aller en parler avec le concerné. Elle ne supportait décidemment pas l’idée de savoir Iséri en proie à la souffrance. A présent, elle se tenait agenouillé devant le pharaon, prête à parler.

-         Relève-toi, lui ordonna celui-ci. Que me vaut l’honneur de ta visite soudaine ?

-         Je m’inquiète pour Iséri, Majesté, le jeune esclave que vous avez choisi la veille.

Le visage du pharaon sembla se peindre en une expression de méchanceté.

-         Ce jeune impudent n’a eu que ce qu’il méritait. Il s’est permis d’aller à l’encontre de ma volonté et il en a payé les conséquences !

-         Qu’a-t-il fait, Majesté ? Qu’a-t-il donc fait qui aurait pu froisser votre fierté ?

Si la voix de l’homme montrait bien la colère qu’il ressentait, celle de Maya ne laissait rien présager. Les dieux devinaient pourtant à quel point son ressentiment par rapport aux événements grandissait déjà.

-         Il s’est refusé à moi. On ne refuse rien à son maître !

Maya avait du mal à en croire ses oreilles. C’était donc pour cela qu’Iséri avait été puni… Parce qu’il avait eu l’audace de refuser de combler l’un des nombreux plaisirs du pharaon. De plus, la jeune femme devinait assez facilement que ce dernier ne devait pas être du genre à avoir beaucoup de respect pour ses partenaires. Il était si froid et pouvait se montrer si cruel parfois.

-         Etait-ce vraiment une raison pour le punir ? Il est si jeune, Majesté.

-         Essayerais-tu de prendre sa défense, Maya ?!

La jeune femme était consciente que la moindre erreur dans ce qu’elle allait dire, la moindre parole déplacée, pouvait lui coûter cher. Pourtant, elle n’était pas décidée à se résigner aussi facilement lorsqu’il s’agissait de ce genre de choses. Elle réfléchit donc rapidement au choix de ses mots.

-         Je ne me permettrais pas de vous offenser, Majesté. Mais je ne pense pas que le punir de cette façon soit la meilleure façon d’agir.

-         Puis-je savoir ce qui te permet de mettre mes décisions en doute ?

-         Je ne prétendrais jamais vous contredire, Majesté.

L’expression d’Haroeris devint perplexe.

-         C’est pourtant ce que tu viens de faire.

Elle ne pouvait le nier. Elle n’approuvait pas son maître et tenter de mentir la mettrait tout autant en danger que d’être sincère sur sa façon de penser.

-         Veuillez m’excuser, Majesté. Il m’était impossible de rester sans agir en sachant qu’un de mes anciens esclaves subissait vos mauvais traitements.

-         Dans ce cas, pourquoi avoir accepté de me le présenter lors du banquet.

-         Je ne pensais pas que vous le choisiriez lui parmi tous mes esclaves réunis.

Dans un mouvement élégant, le pharaon se leva et avança vers Maya.

-         Il semblerait que ce jeune Iséri te soit très précieux. Puis-je en connaître la raison ?

Le jeune homme lui était précieux, c’était certain. Quant à l’avouer, elle ne pouvait pas deviner comment réagirait un homme aussi insensible qu’Haroeris. Qu’arriverait-il encore à Iséri si ses paroles étaient mal interprétées ?

-         Il a simplement été à mon service, Majesté.

Un rictus mauvais se forma au coin des lèvres de son vis-à-vis.

-         Et je suppose que c’est pour cette raison que tu te permets de venir me déranger simplement pour me faire mon temps avec des paroles aussi stupides qu’irrespectueuses ?

A ces mots, c’en fut alors trop pour Maya qui jusqu’à présent était parvenue à se contenir. Elle ne pu garder davantage son sang froid.

      -    Il se trouve que votre Majesté ait également consenti à perdre son temps pour assister à

            la torture d’un homme !

Le ton était si cinglant que le pharaon recula de quelques pas. Personne n’avait encore osé lui parler de cette façon.

-         Comment oses-tu donc t’adresser à moi en ces termes ?! Je ne te permets pas d’insinuer n’importe quoi à mon sujet !

-         N’importe quoi dites-vous ?! Dans ce cas, j’ajouterais même que vous avez apprécié le spectacle ! Voir le sang d’un pauvre esclave couler était-il suffisamment à votre goût ?!

Cette dernière remarque fut celle qui mit définitivement le pharaon hors de lui. Décidé à ne pas en entendre plus que ce qu’il avait déjà entendu, il mit fin à cette discussion.

-         Qu’on fasse immédiatement sortir cette femme de mes quartiers ! Je ne veux en aucun cas l’entendre et la voir davantage !

Ne cherchant pas plus à protester, Maya sentit deux gardes la saisir, chacun par un bras, et la jeter sans ménagement dehors. Elle ne tenta pas de résister. Mais elle ne regrettait pas non plus tout ce qu’elle avait pu dire. Après tout, qui pouvait bien regretter de se dresser face à un homme tel qu’Haroeris lorsqu’il s’agissait de mauvais traitements infligés à un jeune homme à peine âgé de 19 ans ?

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Allongé sur le lit à plat ventre, Iséri était toujours plongé dans un profond sommeil. Mais celui-ci n’avait rien de réparateur. Même s’il demeurait inconscient, il pouvait tout de même ressentir la douleur qui lui parcourait le dos dans son entièreté.

Une fois la punition terminée, il avait été ramené dans la chambre et à présent, plusieurs femmes faisaient de leur mieux pour nettoyer les blessures dont le sang ne cessait plus d’affluer. Au bout d’un moment, voyant que le saignement diminuait, elles se contentèrent de poser une serviette désinfectante sur son dos et de le laisser seul.

De longues heures passèrent ainsi pendant lesquelles il se sentait si affaibli qu’il ne trouvait plus là force d’émerger de son état d’inconscience. Il avait tellement mal que la douleur semblait peu à peu se répercuter dans tout son corps.

Pourtant, au bout de tant de temps à supporter sa souffrance, le son d’une voix semblait lui parvenir faiblement. Il ne pouvait pas distinguer ce qu’elle disait, mais elle était bien là, non loin de lui.

-         Tu… tellement… mal.

Il devait faire un effort pour revenir à lui. Il connaissait cette voix.

Alors, faiblement, il finit par ouvrir lentement les yeux. Immédiatement, il distingua un visage connu… Celui d’une femme qui n’était autre que Maya. Que faisait-elle donc ici, dans la chambre du pharaon ?

-         Maya… Réussit-il à articuler.

Sa voix était éraillée par la fatigue et la douleur. Il tenta de se relever un peu, mais une douleur fulgurante passa dans son dos et il fut forcé de rester couché.

-         Ne fais pas d’efforts et reste allongé, ton dos est vraiment en mauvais état.

Etait-elle venue s’assurer que sa santé n’était pas en péril après avoir reçu vingt coups de fouet tous plus douloureux les uns que les autres ? Si c’était le cas, le pharaon ne lui aurait certainement pas permis de venir le voir dans cette pièce.

-         Qu’est-ce que tu fais ici ? Demanda-t-il.

La réponse qu’il redoutait ne se fit pas attendre.

-         Je suis venue voir comment tu allais.

-         Mais enfin, c’est de la folie ! Et s’il revenait maintenant et qu’il te trouvait ici ?!

-         Ne t’en fais pas pour ça, je ne compte pas rester très longtemps… Juste le temps de t’appliquer un baume qui te fera sans doute plus d’effet que le simple traitement de ces femmes.

-         Maya ! Etre venue ici juste pour ça, c’est insensé !

-         Tais-toi et laisse-moi faire !

Sur ce, le silence revint et elle s’appliqua consciencieusement à étaler la substance sur toutes les blessures. Elle n’était pas dupe. Vu les dégâts, Iséri risquait de garder des marques pour le restant de ses jours. Jamais elle n’aurait dû accepter de trouver un nouvel esclave pour le pharaon. A voir le jeune homme aussi affaibli, elle ne pouvait que s’en vouloir.

Une voix la fit revenir à la réalité.

-         A quoi penses-tu ?

Brusquement, elle voulut être franche.

-         A toi. J’ai peur de ce que l’avenir te réserve.

A ces paroles, Iséri fut conscient de l’inquiétude de la jeune femme à son égard. Cependant, il ne voulait pas la voir se tracasser alors qu’ils se connaissaient depuis assez longtemps pour qu’il puisse savoir à quel point elle avait déjà pu s’inquiéter à son sujet.

      -    Tout va bien, Maya. Isis veille sur moi, dit-il.

Maya ne parut pas totalement convaincue, mais elle céda tout de même. Parler de tout cela ne servirait plus à rien. La situation était ce qu’elle était et ils n’avaient pas le temps d’en discuter. Le pharaon pouvait revenir d’un moment à l’autre.

-         Je l’espère de tout cœur, se contenta-t-elle donc de répondre.

Quelques minutes plus tard, Iséri pu enfin sentir les effets du baume. Ses blessures lui étaient devenues bien moins douloureuses et il pouvait espérer bientôt retrouver un sommeil cette fois réparateur.

En s’apercevant que le jeune homme commençait à se détendre, Maya avait quitté la pièce sans un bruit. D’ailleurs, Iséri n’avait même pas remarqué qu’elle n’était plus là. Trop occupé à penser à ce que serait le retour du pharaon en ces lieux, il préféra fermer les yeux afin de chasser ces pensées de sa tête. En tant qu’esclave, il ne pouvait défier l’autorité de son maître. Même avec la plus grande force de caractère, ses mots n’avaient aucune valeur face à un homme qui avait tout le pouvoir de l’Egypte entre les mains. Alors que devait-il faire ? Absolument obéir à tout ce qui lui était demandé ? Même si cette idée lui restait en travers de la gorge, il savait désormais qu’il ne pouvait que s’y résoudre. Mais une chose était certaine, il haïssait cet homme du plus profond de son être.

Par Azalea - Publié dans : Vie d'esclave
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Vendredi 7 mars 2008
Résumé : Le grand pharaon Haroeris demande à Maya, sa fidèle conseillère, de lui présenter un esclave pour passer le temps. Un banquet est alors organisé en son honneur où plusieurs jeunes hommes et femmes y seront présentés. Parmi ceux-ci, il devra faire son choix. Cependant, un jeune esclave attire particulièrement son attention.

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Chapitre I : Le banquet.

 

C’était une journée ensoleillée. Tout le personnel du palais semblait vaguer à ses occupations habituelles… trop habituelles peut-être. A vrai dire, c’est ce que pensait Haroeris, assis sur son trône. Tout était si parfaitement exécuté selon son bon vouloir qu’il ne trouvait plus rien d’intéressant à faire. Il se mourrait d’ennuie.

Pire que tout, sa seule véritable distraction de ces derniers temps s’était permis de quitter les lieux pas plus tard que ce matin. Il s’agissait d’un jeune homme de son choix avec lequel il passait la plupart de ses journées, mais aussi de ses nuits. D’un physique envieux, ses partenaires résistaient peu souvent. Les cheveux noirs et les yeux bruns, il avait un regard profond. Une barbe légère se dessinait sur son fin visage, ce qui lui donnait toute la maturité qu’un homme avait besoin pour séduire. Finalement, il n’avait besoin que d’ordonner pour obtenir celui qu’il souhaitait dans son lit. D’ailleurs, cela ne saurait tarder. Si ce jeune frivole avait décidé de partir, bien à lui, mais qu’il ne remette plus jamais les pieds ici ! Haroeris n’était pas décidé à attendre longtemps avant de le remplacer. Surtout qu’à l’instant précis, il s’ennuyait vraiment beaucoup trop. C’est ainsi qu’il décida de faire appeler sa conseillère en qui il pouvait avoir une grande confiance.

-         Majesté, vous m’avez fait demandé ? Demanda alors une voix féminine quelques instants plus tard.

Le pharaon adressa un regard à la jeune femme qui s’était agenouillée devant lui. Celle-ci comprit immédiatement qu’elle pouvait se relever. Apparemment, son maître irait droit au but dans sa demande. Elle en eut la confirmation rapidement.

-         Je voudrais que tu me trouves un nouvel esclave, dit-il.

Elle ne cilla guère. En fait, elle était habituée à ce genre de demande. Elle ne pu donc qu’acquiescer à sa demande.

-         Bien, Maya. Maintenant va et sois prête à me présenter tes esclaves lors du banquet qui aura lieu demain soir.

La dite Maya s’exécuta. La demande avait été courte et directe. Pourtant, elle était un peu anxieuse à l’idée de savoir qu’il fallait que tout soit prêt si tôt. Demain soir… cela ne lui laissait pas une grande marge de temps et il fallait qu’elle puisse s’assurer que tous les hommes et femmes à son service soient présentables à temps. Sa longue chevelure balayant son dos, ce fut d’une marche rendue rapide par le stress de cette soirée à venir qu’elle se rendit donc en ses quartiers pour débuter dès à présent les préparatifs. Même si elle était un des sujets en qui le pharaon accordait le plus sa confiance, elle se devait d’être à la hauteur. Elle savait pertinemment qu’il valait mieux ne pas faire d’erreur. Si tel était le cas, elle risquait amèrement de le regretter.

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Quand Iséri la vit entrer en cuisine, il en fut étonné. Ce n’était pas dans les habitudes de Maya de venir dans un tel endroit. C’était la place des esclaves et non pas de quelqu’un de son rang. Alors pourquoi ? Non pas qu’elle les considère à ce point comme des moins que rien, malgré leur état d’esclavage. Il n’en avait jamais été question, mais il était si rare qu’elle mette les pieds ici. Néanmoins, la réponse à toutes ses questions ne tarda pas à venir.

-         Je sais que je vous dérange durant votre travail, dit-elle. Ce n’est pas dans mes habitudes, mais ce que j’ai à vous expliquer est important. J’aimerais donc que vous arrêtiez un moment et que vous m’écoutiez.

Iséri remarqua immédiatement qu’à travers cette voix habituellement douce se cachait une certaine angoisse. Tous en prirent conscience.

-         Que se passe-t-il, Maya ? Demanda l’un d’entre eux.

La jeune femme sembla hésiter, cherchant ses mots, mais finit par parler.

-         Notre pharaon organise un banquet, commença-t-elle.

-         Rien d’inhabituel en soi…

Elle secoua la tête. L’idée ne lui plaisait finalement pas.

-         Il m’a demandé de vous présenter à lui. Je ne peux pas refuser.

Plus personne ne dit rien. Ils savaient tous ce que cela signifiait. Tout le royaume était au courant que le pharaon en question était loin d’être un homme bon et que ses seules préoccupations étaient son plaisir et ses intérêts personnels. Maya soupira. Elle avait plutôt espéré des protestations. Ce silence était pesant, alors elle prit de nouveau la parole.

-         Quoiqu’il en soit, je dois vous préparer pour demain. Lors du banquet de demain soir, vous devrez danser.

Bien entendu, peu d’entre eux connaissaient les danses de la haute société et il serait certainement très difficile de les leur apprendre. De plus, à la simple idée de devoir se séparer de l’un d’eux, la jeune femme ne se sentait pas le cœur à toutes ces festivités.

Bien qu’il ne s’agissait d’esclaves aux yeux de tous, elle avait appris à les connaître et à s’y attacher. Ils étaient à son service depuis déjà quelques années et elle n’avait pas voulu porter le chapeau de ces tyrans qui traitaient ces homme et femmes sans le moindre respect. Aussi, ceux-ci lui en étaient très reconnaissants et savaient lui rendre son respect en retour.

Quoiqu’il en soit, même si l’ambiance n’était pas réjouissante, chacun s’appliquait comme il le fallait à préparer le banquet. Que ce soit au niveau de la danse, de la cuisine ou encore des vêtements, tout se devait d’être prêt à temps.

Bien entendu, le travail était dur, mais à force de courage, ils y parvenaient. En tout cas, ils faisaient tout leur possible.

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Se délectant dans l’eau chaude de son bain, Haroeris se disait qu’enfin il pourrait s’amuser un peu ce soir. La journée de la veille lui avait semblé s’éterniser aux vues de ce qui l’attendait ce soir. Enfin il pourrait disposer d’un corps pour cette nuit. Il n’en demandait pas plus. Jamais il ne ferait preuve de sentiments dans une relation. Si un esclave venait à se sentir aimer, il ne pourrait qu’en profiter. C’était inévitable.

Mais la question n’était pas là. Il se demandait qu’elle serait sa surprise lorsque Maya lui présenterait ses esclaves et quel serait celui pour lequel il jetterait son dévolu. Evidemment, ce ne serait que pour quelques jours, une semaine tout au plus. Ensuite, il se chargerait de le rembarrer pour trouver quelqu’un d’autre et le remplacer. Cette comédie durait depuis déjà si longtemps.

Ainsi, résolu sur sa manière d’agir, il se mit debout, laissant le soin à ses propres esclaves de l’essuyer et l’habiller. Il avait opté pour une tenue typiquement égyptienne et de son rang. Il tenait tout de même à faire bonne figure et surtout à montrer qui commandait en ce royaume.

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La journée passait à une vitesse incroyable et tous étaient plus ou moins épuisés. Pourtant, ils n’avaient pas le droit de se reposer. Le plus important de la soirée allait seulement arriver. Quand arriva 19 heures, le banquet pu finalement commencer. Maya vit le pharaon prendre place sur son trône avec, bien entendu, sa femme à ses côtés. Celle-ci n’avait jamais été très présente à ses côtés. Sans doute était-ce pour cette raison que le fait que son mari puisse la tromper lui faisait peu d’effet. Car oui, elle se rendait compte du petit jeu de ce dernier mais ne disait rien.

Durant toute la soirée, on servit des mets divers, aux saveurs variées, de toutes les régions du monde. La musique allait également bon train. Mais à bien y regarder, le pharaon semblait en proie à un profond ennui. Mais en fait, Maya comprit rapidement qu’il s’impatientait tout simplement.

Ne voulant pas risquer d’étendre l’impatience de son maître jusqu’à le pousser dans une profonde colère, elle décida qu’il était temps de faire entrer son personnel en scène. Ainsi, elle se présenta devant le pharaon.

-         Majesté, dit-elle. Permettez-moi de vous présenter mes esclaves.

Le ton sur lequel elle avait parlé se voulait poser. Pourtant, l’angoisse qui était en elle venait d’atteindre son summum. D’un geste délicat, elle frappa dans ses mains et une musique aux tons orientaux commença à se faire entendre.

Alors qu’elle venait de se mettre de côté, elle vit enfin ses esclaves se présenter dans les tenus qu’elle leur avait spécialement choisis. Rien de très habillé finalement. Les femmes ne portaient qu’une simple jupe et un haut léger en lin, alors que les hommes étaient tout simplement torse nu, ne portant qu’un simple pagne maintenu par une ceinture, le tout également en lin.

Tandis que chacun commençait à se déhancher gracieusement sur la musique, mettant en avant leur corps, Maya ne pu ignorer le regard plein d’intérêt que le pharaon portait sur ses sujets. Elle savait qu’il était en train d’imprégner chaque trait, chaque mouvement dans son esprit. Ce qu’elle ignorait encore, c’était celui ou celle qui serait choisi.

La danse dura ainsi de longues minutes sans qu’elle ne puisse deviner quoique ce soit. Du moins jusqu’à ce que l’homme principal de la soirée finisse par se lever et mettre fin à tout cela, juste avec un geste de la main. Maya ne pu que voir ses sujets se prosterner, mais surtout le regard mauvais de la reine qui se trouvait jusqu’alors assise aux côtés de son mari.

Le pharaon, apparemment sûr de lui, descendit, tel la démarche d’un félin en quête de sa proie, les marches de l’escalier et se dirigea vers un jeune homme. Automatiquement, Maya sentit un frisson lui parcourir le dos. Elle avait tant espéré qu’il ne le choisirait pas lui. Mais comble de tout, parmi tant de choix, il avait fallu que ce soit tout de même le cas.

Prenant la main de celui qu’il voulait, il se tourna vers sa cour.

-         Voici celui que j’ai choisi. Il passera la nuit avec moi. Veillez à ce que personne ne me dérange jusqu’au lendemain.

Si le regard de la reine s’était fait sombre jusqu’à maintenant, il était à présent glacé. Bien qu’elle ait l’habitude du comportement de son époux, elle ne pouvait s’empêcher d’être jalouse. D’ailleurs, Maya l’entendit murmurer quelques paroles à une dame de la haute société qui se tenait non loin d’elle.

-         Il s’en lassera comme d’habitude. Juste le temps de dresser ce gamin, et il me reviendra !

Les mots avaient été dits avec amertume. Mais au final, être l’épouse d’un homme aussi hautain et dépravé justifiait bien ces paroles.

Maya détourna à nouveau le regard vers le pharaon qui reprenait de nouveau la parole. Il s’adressait aux femmes qui étaient à son service.

-         Veuillez le conduire à mes appartements, ordonna-t-il avec un regard pour le jeune homme qui semblait brusquement tétanisé par la peur. La soirée est terminée !

Bien que l’heure n’était pas tardive, tous quittèrent les lieux, laissant au personnel le loisir de tout débarrasser. Vu le travail, cela prendrait sans aucun doute une bonne partie de la nuit.

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Iséri ne pouvait croire que c’était lui qui avait été choisi. Qu’avait-il donc de plus que les autres pour que ce soit le cas ? Il n’avait rien demandé, et encore moins à être le favori du pharaon. Qu’allait-il se passer maintenant ?

Il avait été demandé à ce qu’on le conduise dans les appartements de sa majesté. C’est pourquoi, plusieurs femmes le guidèrent à travers les couloirs du palais. Durant ce temps, il n’eut pour seul compagnon que le silence. Arrivé devant une grande porte, on le fit pénétrer dans une grande pièce aux couleurs chaudes, alternant le rouge et l’or. Devant tant de richesse, il ne pu qu’être admiratif. Tout était si grand et si beau.

-         Est-ce la chambre de sa majesté ? Osa-t-il demander.

-         Oui, c’est ici que vous passerez certainement la nuit.

Bien que la voix de la jeune femme qui lui avait répondu fut douce, il ne pu s’empêcher de trembler. S’il devait passer la nuit ici, que lui arriverait-il ? Devrait-il partager le lit du pharaon ou dormirait-il à même le sol ? Il fut coupé dans ses pensées par la même femme qui lui avait répondu quelques instants plus tôt.

-         Suivez-nous, nous devons nous occuper de votre toilette.

S’occuper de sa toilette ? Que devait-il comprendre par là ? Les suivant, il entra dans une salle de bains où se trouvait un immense bassin.

-         Je pense ne pas avoir besoin d’aide pour me laver, tenta-t-il.

Mais on ne lui laissa pas le loisir de protester qu’il sentit ses vêtements quitter son corps avant qu’on ne le guide jusque dans l’eau. Gêné, il pu néanmoins profiter de la douce chaleur du bain. Jamais il n’aurait cru un jour être amené à se baigner dans de telles circonstances, mais il fallait avouer que malgré les mauvais côtés, ce n’était pas tellement déplaisant.

Plusieurs femmes prirent soin de le laver avant de finalement le rincer et l’aider à sortir de l’eau. Ensuite, on l’essuya et on l’habilla.

Sachant pertinemment qu’il serait inutile de protester, Iséri s’était laissé faire sans rien dire. A présent, il se trouvait habillé d’un autre pagne, ainsi que d’un collier qui n’avait rien de léger. On avait également pris soin de lui passer des bracelets d’or autour des bras et de le coiffer. Quand tout cela fut terminé, on le ramena dans la chambre.

-         Le maître ne va plus tarder.

Sur ces derniers mots, il se retrouva seul. Le jeune homme entendit juste la porte se fermer complètement, ne lui laissant même pas la chance de tenter de partir. Ce fut alors une longue attente qui commença. Il ne savait pas à quoi s’attendre et tout cela l’effrayait.

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Jamais il n’eut cru trouver un esclave aussi beau. Il n’avait d’ailleurs pas hésité bien longtemps avant de le choisir. Il le voulait lui et aucun autre. C’est pourquoi, il avait rapidement mis un terme à cette soirée qui brusquement ne l’intéressait plus. Non, ses pensées étaient désormais tournées vers le jeune homme qui devait certainement l’attendre dans ses appartements. Alors, sans un regard pour sa femme, il s’était levé et s’était immédiatement dirigé vers sa chambre. Il ne lui fallut que quelques minutes pour traverser les couloirs et arriver devant la porte. Sans plus d’hésitation et ne mesurant plus son impatience, il ouvrit celle-ci.

Qu’il était beau ! Encore plus que ce qu’il n’avait pu entrevoir. Aussitôt qu’il était entré, il s’était mis à genoux devant lui, laissant ses cheveux bruns mi-longs reposer sur ses épaules.

-         Relève-toi, dit- il alors d’un ton qui ne laissait passer aucune émotion.

Le jeune homme s’exécuta, et les faibles tremblements qu’il tentait tant bien que mal de cacher apparurent aux yeux de son maître.

-         Quel est ton nom ? Demanda-t-il.

Lorsque le concerné releva la tête pour lui répondre, le pharaon fut immédiatement aspiré par son regard d’un gris profond.

-         Iséri, Majesté.

-         As-tu peur, Iséri ?

-         Devrais-je ?

Il sourit devant tant d’audace. Décidemment, il lui plaisait de plus en plus. A vrai dire, cela lui donnait presque envie de le tester.

-         C’est à toi de voir, se contenta-t-il de répondre.

Le mettant ainsi au défi d’affronter ce qui allait suivre, il s’avança un peu plus près, jusqu’à ce que son buste touche celui du jeune homme. Aussitôt, comprenant que son vis-à-vis se voulait plus intime, celui-ci se mit à reculer. Il avait espéré qu’on lui laisserait au moins un peu de temps pour s’adapter à cette nouvelle situation, mais jamais il n’avait imaginé que les intentions du pharaon seraient aussi précipitées. Apparemment, il n’avait nullement l’intention de patienter pour le mettre à l’aise.

-         Ne vous approchez pas de moi ! S’écria-t-il.

Tant devant l’impertinence que le refus que manifestait le jeune esclave, le pharaon ne pu que sourire. Tout cela l’amusait.

-         Tenterais-tu de me résister, Iséri ?

-         Je n’ai aucunement l’envie de passer la nuit avec vous !

-         Mais je ne t’en laisse pas le choix. Tu sais que je pourrais même te punir de ne pas te plier à mes désirs ?

Le brun ne s’en formalisa pas davantage et restait toujours sur ses gardes. Son expression se voulait d’ailleurs de lui faire comprendre qu’il ne céderait pas à ce qu’on lui demandait, quelles qu’en soient les conséquences. Mais cela ne dérangeait en rien Haroeris. A vrai dire, c’était la première fois qu’on tentait réellement de lui résister et l’idée même l’excitait.

Elle l’excitait tellement qu’il ne pu s’empêcher un mouvement en avant, faisant reculer le jeune homme jusqu’au lit.

-         Arrêtez ça tout de suite ! Protesta-t-il de nouveau tandis qu’il sentait deux mains se poser sans délicatesse sur ses épaules pour le pousser un peu plus en arrière encore. Dans un geste de trop, il perdit l’équilibre et tomba.

Face aux yeux du pharaon se trouvait alors un jeune homme revenu à sa place initial, à savoir celle d’un esclave soumis. A présent, il était clair que ce dernier ne possédait pas la force nécessaire pour se défendre. D’ailleurs, Haroeris profita de l’occasion pour grimper à son tour sur le lit et se positionner au-dessus de lui.

-         Allons… ne ferme pas les yeux… je veux que tu me regardes lorsque je te ferai mien.

Liant les gestes aux paroles, il passa une main dans le cou de l’objet de ses désirs, la laissant descendre jusqu’à ses clavicules dans une lente caresse. L’autre s’appliquait à défaire la ceinture qui retenait le pagne, unique rempart à ce corps qu’il voulait possédait. Iséri ouvrit bien les yeux, mais ce fut sous la peur de ce qui était en train de se passer.

-         Par pitié, je ne veux pas ! Laissez-moi !

Mais voyant que le pharaon était sourd à ses protestations, il se mit à se débattre. Cela déplut évidemment à Haroeris qui ne pouvait plus obtenir ce qu’il voulait de son esclave, faute de se prendre un coup.

-         Vas-tu te tenir tranquille ! S’énerva-t-il.

Pour toute réponse, le brun continua de se débattre, accentuant davantage sa colère.

-         Cesse donc de t’agiter de la sorte ! C’est ridicule !

Mais rien n’y fit et au bord de l’énervement total, il le gifla sans faire attention à la force qu’il mit dans son geste. Celui-ci eut au moins l’effet escompté. Iséri se calma immédiatement.

Néanmoins, Haroeris était à présent frustré et se releva sans un regard pour se diriger vers la salle de bain. Resté seul sur le lit, le jeune esclave porta sa main à sa joue. Elle lui était douloureuse. Mais était-ce le plus important ? Il venait de se refuser à son maître. Qu’allait-il se passer ensuite ? Allait-il être puni ? A cette pensée, il fut brusquement pris de tremblements incontrôlables et se mit à pleurer. Pourquoi avait-il donc fallu qu’il soit celui que le pharaon ait choisi ? Il n’avait rien demandé après tout. Mais lui demandait-on vraiment son avis ? Bien sûr que non, tout ce qu’on demandait à un esclave était d’obéir sans protester. Pour le coup, il était loin d’avoir respecté cette règle.

Quelques minutes passèrent ainsi avant qu’il n’entende le pharaon revenir dans la chambre. Aussitôt, il se redressa et se plaça loin du lit, sachant pertinemment qu’il voudrait sans doute dormir vu l’heure tardive. Ce fut le cas. Sans lui prêter aucune attention, il se glissa sous les couvertures et lui tourna le dos. Durant ce temps, Iséri se senti désemparé. Il ne savait plus quoi faire ni où se mettre. Finalement, il décida de s’installer dos contre un mur et de passer la nuit ainsi. Mais alors qu’il faisait quelques pas pour se retourner, il entendit une voix dans son dos.

-         Tu comptes rester longtemps debout ? Viens dormir dans ce lit !

Le ton était froid et sans sentiments. Aussi, il décida de ne pas contrarier davantage son maître qui ne devait pas être de très bonne humeur. Ne réfléchissant donc pas à deux fois, il s’avança d’un pas hésitant jusqu’au lit et souleva la couverture doucement avant de s’y glisser. Bien évidemment, il souhaitait mettre le plus de distance possible entre lui et le pharaon, nullement rassuré de dormir avec lui après ce qu’il venait de se passer. Ce ne fut pas bien difficile, le lit étant immense. Pourtant, il restait tout de même mal à l’aise en sachant l’homme non loin de lui.

C’est alors qu’une voix s’éleva dans le silence de la nuit.

-         N’espère pas que je laisserai passer ce qui est arrivé ce soir. Tu seras puni dès le levé du jour pour cet affront !

Un violent frisson parcouru le corps d’Iséri. Même s’il devinait d’avance ce qui l’attendait et qu’il n’était pas surpris par la décision du pharaon, il redoutait déjà la morsure certaine du fouet sur sa peau. Par Isis, qu’avait-t-il donc bien pu faire pour mériter ce qui lui arrivait ?

La peur s’installa en lui durant une bonne partie de la nuit, mais la fatigue prit le dessus et il finit par s’endormir. Le peu d’espoir qu’il gardait encore venait de mourir en lui.

Par Azalea - Publié dans : Vie d'esclave
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