Partie 2
Seth prit un air des plus détendu en s’installant sur un tabouret. Il souriait également. Bien que Sidned n’était pas dupe. Il n’était jamais dupe de ses supercheries. Il y avait toujours quelque
chose de sournois dans les sourires de Seth. Tout comme dans l’éclat de ses yeux. Sentant sans aucun doute le regard insistant qu’il posait sur lui, le barman, un homme grand et maigre dont les
cheveux blonds semblaient faits de paille, s’adressa à lui.
- Vous désirez, monsieur ?
- Servez-moi ce que vous avez de plus fort. Quand au jeune
homme à côté de moi, il prendra volontiers une eau gazeuse.
Sidned le prit sous la forme d’une moquerie. Il ne dit cependant rien. Après tout, il n’avait jamais nié détester l’alcool. Même si
Seth aurait pu lui demander son avis au lieu de le ridiculiser comme il aimait tant à le faire. Quelques minutes plus tard, il se retrouvait avec son verre d’eau devant lui. Verre dont il but une
gorgée tout en écoutant parler son frère.
- Plutôt pas mal ce petit bar, dit Seth. Quant à ce qui est de
le trouver… Vous êtes bien éloigné de la région, dites-moi.
- Je n’ai pas la prétention de faire de mon auberge un endroit
des plus réputés. Pour tout dire, vous êtes bien le premier à en vanter les qualités. A en croire ce que vous dites, vous vous fichez de moi.
Ou peut-être essaye-t-il juste de t’embobiner malgré toi. Sidned n’avait
pu s’empêcher cette remarque mentale. Seth se pencha brusquement un peu plus en avant afin que le barman se sente davantage en intimité avec lui. De façon à l’absorber dans son monde. Ne plus lui
laisser aucune possibilité de fuite. Le faire prisonnier du plan qu’il venait sans nul doute d’élaborer de toutes pièces. Un plan à suivre dans l’absolu.
- Est-ce qu’il vous ait déjà arrivé de rester bloqué dans les
bois pendant plus de deux heures entières ?
- C’est ce qui vous ait arrivé ?
- Affirmatif. C’est pour cette raison que votre auberge est un
véritable havre pour moi. Enfin… pas seulement pour moi. En particulier pour mon frère.
- Votre frère, pourquoi donc ? Je ne vois pas le rapport.
Il semble bien jeune. Plus jeune que vous.
- Il a à peine dix-sept ans.
- A cet âge, on est à la recherche d’aventure. De sensations
fortes. Se perdre dans les bois n’est qu’un petit frein sans importance.
- Pas pour lui… Croyez-moi, il déteste perdre son temps
inutilement.
- Je ne vous suis plus. Il n’a que dix-sept ans, voyons !
Quel gosse de cet âge craint de voir le temps s’écouler ? Je me souviens encore de mes dix-sept ans, j’étais narcissique au point de me croire immortel.
Seth haussa un sourcil accusateur. Le sourire qu’il gardait affiché depuis leur entrée en ce lieu ne s’accentua qu’un peu plus.
- Et aujourd’hui, que savez-vous à propos de
l’immortalité ? L’êtes-vous toujours ? Est-ce que ça a changé votre vie ?
Le barman sembla quelque peu dérouté.
- Bien sûr que non, je l’affirme.
- Vous l’affirmez ?
- Evidemment !
- Qui pourrait se venter d’être immortel, n’est-ce pas ?
Si j’y croyais, je dirais que seul Dieu a ce pouvoir. Et pourtant, ça ne m’a jamais empêché de me dire qu’il existe peut-être des êtres capables de jouir de l’éternité. Peut-être même en toute
tranquillité.
- C’est une drôle d’idée.
- Je suppose.
Seth eut un rictus plus prononcé encore. Cependant, il le transforma rapidement en une expression déçue, ce qui éveilla tout l’intérêt
de l’homme en face de lui.
- Que se passe-t-il ? S’inquiéta-t-il. Ai-je dit quelque
chose qui vous aurait déplu ?
- Ce n’est pas vraiment ça.
- Qu’est-ce que c’est alors ?
Sidned écoutait toujours d’une oreille attentive sans pour autant se mêler à la conversation. Il n’y avait tout simplement pas sa
place. Pas quand Seth s’amusait des autres comme il le faisait actuellement. Alors qu’il venait de se convaincre que tout se passerait comme d’habitude, Seth tourna le visage vers lui. Un visage
sur lequel s’inscrivait une fausse tristesse.
- Petit frère, est-ce que tu ne voudrais pas aller m’attendre
plus loin ? Je dois parler sérieusement avec ce charmant homme.
- Je ne vois pas pourquoi, protesta-t-il.
- Parce que c’est moi qui te le demande.
Il ne chercha pas à ajouter quoi que ce soit, se levant pour se diriger plus loin. Vers une table libre. Là où personne ne viendrait
l’ennuyer. Là où il serait le seul témoin des agissements de Seth. Des agissements qu’il redoutait sans vraiment savoir pourquoi. Mais n’était-ce pas à chaque fois pareil ? Les évènements ne
se passaient-ils pas à chaque fois de façon imprévisible ?
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Sidned leva la tête vers le ciel. A travers les vitres sales, il pouvait parfaitement voir la lune se dessiner au centre d’une toile
faite de noir. Il n’aimait pas beaucoup cet endroit. Plus la nuit avançait, et plus il pressentait mal tout ce qui se passait pour le moment. Déjà qu’il n’appréciait que très légèrement ce
voyage, voilà qu’il se sentait à présent étranger à ce décor. Il se sentait de trop aux côtés de Seth. Comme un animal de compagnie qu’on emportait avec soi pour ne pas être seul. Pour compenser
à sa solitude. Quelque part, tout ça lui disait que Seth ne devait pas être facile à vivre à côté de lui. Surtout pour qu’il ne se soucie de lui que pour seule compagnie. Maintenant qu’il y
réfléchissait, Seth n’avait-il pas une petite amie avant ce voyage ? Il ne se souvenait pas les avoir vu rompre. Dans ce cas, pourquoi n’était-ce pas elle qui l’accompagnait ? Depuis
qu’ils étaient dans les bois, Sidned avait des doutes quant aux intentions de ce voyage qu’avait entreprit Seth.
De sa table, il pouvait l’observer faire des gestes élégants. Des gestes qui lui allaient bien. Des gestes qui lui donnaient une
impression mystérieuse. Et le barman qui se laissait peu à peu avoir entre ses filets. Mais il était difficile de ne pas s’y laisser prendre. Très difficile. Sidned en savait quelque
chose.
Alors qu’il détournait de nouveau son attention vers la fenêtre, quelqu’un vint s’asseoir en face de lui. Du coin de l’œil, il
distingua la présence d’un homme d’environ la quarantaine. Peut-être mal rasé et dont l’hygiène laissait à désirer de par les effluves d’alcool qui émanaient de lui, mais un homme qui était
pourtant loin d’être repoussant. C’était du moins ce qu’aurait dit Seth à sa place. Car lui, il refusait tout bonnement de lui accorder son attention.
- Bonjour, commença-t-il sans la moindre gêne. Même s’il ne le
regardait pas. Tu es nouveau ici. Je ne t’avais encore jamais vu avant. Je viens pourtant tous les soirs.
Sidned n’était pas étonné. Il préféra faire la sourde oreille. Surtout ne pas le regarder maintenant. Ne pas croiser son regard. Si
par malheur ses pupilles rencontraient celles de l’autre, il se ferait piégé. L’homme croirait qu’il était parvenu à attirer son attention. Il ne le lâcherait alors plus du tout.
- Tu n’es pas très bavard à ce que je vois. Je peux très bien
faire la conversation pour deux, tu sais. Ca ne pose pas le moindre problème.
Silence de la part de Sidned. Une nouvelle fois. Il entendit l’homme boire sa bière d’une seule traite. Il l’entendit de par le bruit
que fit le verre lorsqu’il le reposa ensuite sur la table. Un son creux. Le vide.
- Faudrait-il encore que tu me regardes quand je te parle,
insista-t-il.
Mais Sidned était obstiné. Sidned ne voulait pas avoir à discuter avec un alcoolique. Pourquoi avait-il fallu que Seth lui demande de
le quitter pour quelques instants ? Pourquoi fallait-il qu’il lui tourne le dos ? Et pourquoi ce barman qui pouvait parfaitement voir la scène d’où il se trouvait n’intervenait
pas ? Sidned n’aimait pas être la cible des autres. Encore moins des alcooliques. Non, vraiment, la situation laissait à désirer.
Tandis qu’il cherchait à éloigner son esprit de l’auberge où il se trouvait actuellement, tandis que son regard se perdait à travers
le paysage qu’il examinait depuis maintenant un long moment, il ne s’attendit certainement pas à sentir une main lui attraper le menton pour l’obliger à tourner la tête. Sidned pu alors faire
face à deux yeux injectés de sang. Un regard pervers. Au moins, Seth ne laissait jamais rien entrevoir de ses pensées. Même des plus mauvaises. Au moins, lui savait être discret et réfléchi. Il
se recula brutalement sans pour autant lâcher l’homme du regard. C’était maintenant trop tard. Et quand c’était trop tard, il ne restait plus qu’à faire face.
- Tu n’es pas mal du tout, reprit son vis-à-vis. D’ailleurs,
maintenant que tu daignes bien vouloir me regarder, tu ne voudrais pas répondre à mes questions ?
- Je n’ai rien à vous dire.
- Au contraire. Je pense justement que nous avons beaucoup de
choses à partager. Est-ce que tu es seul ?
- Peut-être. Et j’aimerais le rester.
Sidned aurait très bien pu lui parler de Seth. Lui dire quel genre d’homme il était. Qu’il ne valait mieux pas le contrarier. Il
aurait pu lui dire qu’il était si particulier qu’il hantait son esprit jour et nuit. Et pour cause… Mais l’alcoolique semblait bien se foutre de ses pensées. Il ne semblait pas prêt à le lâcher.
Sidned pouvait voir son visage se refléter dans le regard de l’autre. Son expression d’inquiétude. Son propre regard apeuré. Car sans Seth, il se sentait démuni de quelque chose. Quelque chose
d’essentiel. Sans Seth, il était la proie de tous.
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Seth était particulièrement fier de lui. En un rien de temps, le barman s’était mis à n’avoir plus d’yeux que pour lui. Il buvait ses
paroles. Chacun de ses mots. Oubliant quasiment de servir ses autres clients. C’était tellement jubilant de prendre ce genre de type au piège. Il en aurait presque rie à gorge déployée s’il
n’avait pas dans la certitude de se voir accorder quelques faveurs. En plus de s’amuser. A force, il avait même fini par apprendre son nom. Hadrien. D’ailleurs, Hadrien servit un whisky à un
ivrogne avant de revenir le voir. Un ivrogne parmi tant d’autres. Il n’y avait que ça ici.
- C’est souvent comme ça ? Demanda Seth.
- Tous les soirs.
- Et ça ne te fait rien que ton auberge puisse risquer de se
transformer en véritable foutoir ?
- Je devrais m’en inquiéter, je suppose. Mais plus ils
boivent, mieux je termine ma soirée. Tu n’imagines pas un seul instant combien je gagne grâce à eux.
- Oh si, j’imagine très bien.
Il était jeune, c’était ce qui expliquait que la valeur de l’argent prenne le dessus sur la maturité. En tout cas, ça ne faisait pas
l’ombre d’un doute. Seth s’abstint de tout commentaire. Hadrien le fixait à nouveau.
- Tu ne m’as pas dit d’où tu venais.
- D’un peu partout, mentit-il.
- D’un peu partout ? C’est vague.
- Disons que je voyage surtout pour Sidned. Il en a davantage
besoin que moi.
- Ton petit frère ? Il a l’air très calme pourtant. Il
n’a même pas dit un mot depuis que vous êtes arrivés. Alors l’imaginer voyager ainsi…
- Détrompe-toi. Ca a tout de bénéfique pour lui. Et puis,
est-ce que tu ne m’as pas dit qu’on était à la recherche d’aventure à dix-sept ans ?
- Ton frère et toi êtes un vrai mystère pour moi, Seth. Je ne
te suis plus une nouvelle fois.
- C’est bien normal. Il y a tellement de choses que tu ignores
sur nous deux… Du moins un terrible secret si j’ose l’exprimer ainsi. Je n’en parle pratiquement à personne pour tout t’avouer.
- Je ne te force pas à m’en parler.
Seth regarda Hadrien avec cette touche de folie qui s’installait peu à peu en lui quand il se savait parvenir au fur et à mesure à ses
fins. Toutefois, il mit un point d’honneur à paraître suffisamment blasé pour qu’Hadrien ne se doute de rien.
- Sidned est très malade, dit-il. Les médecins ne parviennent
même pas à trouver de quoi il souffre.
- Il n’a pourtant pas l’air si malade.
- Tu ne comprends pas, Hadrien. Il n’est pas malade comme tout
le monde le serait. Dans son cas, tout se passe dans sa tête.
- Tu veux dire qu’il s’invente des maux, c’est ça ? Comme
un malade imaginaire le ferait ?
Quel idiot était-il donc pour ne pas immédiatement comprendre ? Seth s’en contraria légèrement sans pour autant abandonner la
partie. Ce n’était pas grave. Si Hadrien ne saisissait pas le sens de ses mots dans l’immédiat, il allait s’expliquer plus clairement. Il allait doucement le faire glisser sur le chemin qu’il lui
avait destiné. Car Seth avait la prétention de vouloir modifier son destin à sa guise. Il voulait qu’il marche comme il l’entendait.
- Ce n’est pas ce que je voulais dire. C’est d’ailleurs pour
cette raison que je ne voulais pas en parler devant Sidned. Pour ne pas le mettre mal à l’aise par rapport à tout ça. Le fait est que… Sidned perd parfois la tête, soupira
Seth.
- Tu me fais marcher, c’est ça ?
- Pas du tout. C’est triste à dire, mais c’est malheureusement
la vérité. Tu ne trouves pas que cette façon qu’il a d’être aussi calme est toute particulière ?
- Assez, je l’admets. J’étais le premier à en être
surpris.
- Je m’inquiète beaucoup pour lui. Dernièrement, il me disait
même communiquer avec les esprits des défunts. C’est pour ça que j’ai voulu faire une halte ici. Pour qu’il puisse se reposer. Il est suffisamment imprévisible pour que je me risque à continuer
de voyager dans ces conditions.
Hadrien sembla enfin comprendre. Tout du moins à un détail près.
- S’il est malade, pourquoi te risques-tu tout simplement à
voyager avec lui ?
Seth répondit sans hésiter une seule seconde.
- Pour lui faire plaisir. Voyager a toujours été son rêve. Je
veux qu’il puisse en profiter un maximum. Après tout, il n’a pas choisi d’être ainsi. C’est déjà assez triste comme ça.
- Tu es donc prêt à te sacrifier pour lui ?
- Si c’est le prix à payer, je le ferai. Je ferais n’importe
quoi pour lui.
- N’importe quoi, vraiment ? C’est courageux. Tu es
quelqu’un de noble, Seth.
- Je t’en remercie. Mais ce n’est pas grand-chose à côté de ce
qu’il doit ressentir au quotidien. D’ailleurs, évite d’aborder le sujet avec lui quand il reviendra. D’accord ?
- Tu as ma parole.
- Merci beaucoup.
Hadrien sortit de derrière son bar pour venir s’asseoir à ses côtés et partager un verre avec lui. Ne jamais boire devant les clients.
C’était la règle. Mais l’auberge commençait peu à peu à se vider. Soit les dits clients s’en allaient, soit ils prenaient un escalier pour accéder à l’étage. Seth les regardait faire depuis un
moment.
- Est-ce qu’il est possible de passer la nuit dans ton
auberge ? Demanda-t-il.
- Bien entendu. C’est ce que tu désires ?
- Je crois bien. Mais je n’ai pas beaucoup d’argent sur moi.
Je ne peux pas me permettre de le dépenser comme je le voudrais.
La mine défaite, il prit un visage ennuyé, se pinçant les lèvres au passage.
- Où comptez-vous vous rendre après ? Le questionna
Hadrien.
- En direction de l’ouest. Nous voyageons sans vraiment savoir
où nous allons. Nous sommes à la recherche de l’inconnu si tu préfères.
- Vers l’ouest, tu dis ?
Ce fut au tour du barman de se montrer sous un jour ennuyé. Quelque chose n’allait pas dans ce qu’il venait de dire. Seth s’en rendait
compte. Depuis le début, jamais encore Hadrien n’avait pris une expression aussi confuse.
- Est-ce qu’il y a un problème ?
- Alors tu n’es pas au courant ?
- Je devrais être au courant de quelque
chose ?
- Eh bien… Comment dire ? Il y a pas mal de rumeurs ces
derniers temps. Des voyageurs auraient pris le chemin vers l’ouest pour ne jamais en revenir.
- Ils ont sans doute dû continuer leur chemin.
- Des voyageurs de la région, Seth. Ils auraient dû revenir.
Ils auraient dû et ce n’est pas le cas. Tout laisse à présager qu’il se passe des choses étranges de ce côté de l’Angleterre.
- De toute façon, soupira Seth, je n’ai pas vraiment le choix.
Si je ne peux pas passer la nuit ici, il faut que je me remette en chemin. Ton auberge est peut-être sympathique, mais m’y éterniser n’est pas la solution.
- Ecoute, hésita Hadrien, reste au moins jusqu’à demain matin.
Tu me plais bien et je suis prêt à t’offrir un abri pour cette nuit. Uniquement celle-ci.
Seth sourit. Au fond, n’était-ce pas ce qu’il recherchait ? Se voir offrir tout ce qu’il désirait ? Hadrien était
suffisamment naïf pour être tombé dans le panneau. Bientôt, il pourrait lui demander de se plier à ses pieds sans qu’il émette la moindre résistance. Il savait comment s’y prendre. Peut-être
pourrait-il même penser à passer cette nuit avec lui. Mais dans ce cas, il y aurait quelque chose à payer. Il y avait toujours quelque chose à payer. Seth ne partageait jamais son lit avec
quelqu’un. Pas gratuitement en tout cas. Plus maintenant.
- Tu es certain que ça ne te dérange pas ?
Répondit-il.
- Je te le propose.
- Dans ce cas, encore merci.
Mais alors qu’il allait se réjouir d’avoir gagné la partie, Hadrien s’était levé et affichait désormais une expression
soucieuse.
- Je crois que tu ferais par contre mieux d’aller voir ton
frère, dit-il. Il a l’air d’avoir quelques soucis.
Seth se retourna. Une colère sans fin se peignit brusquement sur chacun de ses traits.
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